Église Saint-Manvieu de Marchésieux

Église Saint-Manvieu de Marchésieux
Vue du sud-ouest.
Présentation
Type
Fondation
XIIIe siècle-XIVe siècle
Style
Religion
Usage
Église paroissiale catholique (d)
Patrimonialité
Classé MH (peinture murale en )
Inscrit MH (église en )
Localisation
Localisation
Coordonnées
49° 11′ 15″ N, 1° 17′ 22″ O
Carte

L'église Saint-Manvieu de Marchésieux est un édifice catholique, des XIIIe et XIVe siècles, qui se dresse sur le territoire de la commune française de Marchésieux, dans le département de la Manche, en région Normandie. L'édifice est totalement protégé aux monuments historiques.

Localisation

L'église est située dans le bourg de Marchésieux, dans le département français de la Manche.

Historique

Le prieuré de Marchésieux a été fondé en 1070 par Robert d'Aubigny, un des compagnons de Guillaume le Conquérant. Il a été donné à l'abbaye bénédictine de Cormery, près de Tours[1].

Son histoire est peu connue. En 1256, l'archevêque de Rouen Eudes Rigaud a visité le prieuré où il ne trouve que trois moines qui ne respectent pas de règles, ni le jeûne, mangent de la viande. Le prieur n'est pas présent dans le prieuré. Il fait une nouvelle visite en 1266.

De l'église du XIe siècle il ne subsiste rien. La croisée du transept, la partie la plus ancienne de l'église actuelle, ne remonte qu'à la seconde moitié du XIIe siècle. La nef et ses collatéraux de style gothique ont été construits vers le milieu du XIIIe siècle. La construction a commencé par la première travée de la nef pour aller vers la croisée. Le collatéral sud a été le dernier construit. Les piles de la croisée sont remaniées dans le troisième tiers du XIIIe siècle en même temps que les croisillons sont édifiés. Le chœur est élevé à la fin du XIIIe siècle ou dans les premières années du XIVe siècle. Le clocher date de la même période, ainsi que l'agrandissement de certaines fenêtres de la nef, la fin de la construction du portail occidental et le porche qui le précède.

L'église est décrite en assez mauvais état au cours des visites diaconales de 1686 et 1687. Les répérations ont été faites car elle est décrite en excellent état en 1728. Des travaux sont faits au XVIIIe siècle. En mars 1914, le sol est abaissé car les bases des colonnes avaient été enfouies. Un ravallement général est fait en 1918. Les bases des colonettes des collatéraux sont refaites du 1925 ainsi que les fenêtres des croisillons. La Seconde Guerre mondiale n'a pas fait de dégâts importants. Les voûtes de la première travée du chœur et de la travée adjacente du collatéral nord ont été crevées. La toiture et la face oriental du clocher ont été éventrées[2].

Description

L'église qui date des XIIIe et XIVe siècles[3] a une nef du début du XIIIe siècle, et un chœur du début du XIVe siècle, aveugles dotés de collatéraux. Le transept date du troisième tiers du XIIIe siècle et les deux travées qui composent son chœur à chevet plat sont de la fin du XIIIe siècle[4].

Son clocher carré est coiffé en bâtière. Les piles de la croisée du XIIe siècle sont encore romanes[4].

Les peintures murales présentent dix tableaux mis au jour en 1947 lors de la reconstruction de l'église qui datent du début du XIVe siècle[3] : enfance du Christ, légendes de saint Manvieu, évêque de Bayeux et de saint Jouvin, moine maçon de la cathédrale de Coutances, Cène, anges, apôtres et Christ en majesté entouré des évangélistes sur le mur du chevet. Les larges clefs de voûte sculptées accrochées aux ogives de la nef figurant l'Annonciation, la Nativité, l'Adoration des mages, du XVe siècle[3], sont un décor venu tout droit de l'Anjou et du Saumurois, où elles décorent les voûtes à nervures multiples, comme à Crouzilles (statuettes), Airvault, Saint-Jouin-de-Marnes (clés de voûte)[1]. Les statuettes-nervures, représentant trois moines donateurs. L'édifice abrite également un relief du XVIe siècle du martyre de sainte Apolline[5].

Protection

Au titre des monuments historiques[6] :

  • l'église est inscrite par arrêté du  ;
  • les peintures murales du XIVe siècle représentant le massacre des Innocents et la Présentation au Temple qui décorent les tympans surmontant les grandes arcades et les voûtains du chœur sont classées par arrêté .

Mobilier

L'église abrite un aigle lutrin du XVIIIe siècle classé au titre objet aux monuments historiques, ainsi que des fonts baptismaux du XVIIe siècle, des statues de saint Manvieu du XVIIIe siècle et sainte Marguerite du XVIe siècle, et une verrière du XXe siècle de Jean Barillot[7].

Notes et références

  1. 1 2 Bernard Beck (photogr. Bernard Pagnon), Quand les Normands bâtissaient les églises : 15 siècles de vie des hommes, d'histoire et d'architecture religieuse dans la Manche, Coutances, Éditions OCEP, , 204 p. (ISBN 2-7134-0053-8), p. 130.
  2. Thibout 1966, p. 266-268
  3. 1 2 3 Maurice Lecœur (ill. Michel Lemonnier, photogr. Norbert Girard), Trésors du Cotentin : Architecture civile & art religieux, Mayenne, Isoète, , 296 p., 25 × 29 cm, couverture couleur, cartonné (ISBN 978-2-913920-38-5), p. 99.
  4. 1 2 Beck 1981, p. 169.
  5. Beck 1981, p. 150.
  6. « Église », notice no PA00110444, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 388.

Voir aussi

Bibliographie

  • J. Delaville le Roulx, « Notes sur les prieurés de Marmoutiers et Cormery au diocèse de Coutances », Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. 4, 1877-1878-1879, p. 170, 175, 178-181 (lire en ligne).
  • Gaétan Guillot, « L'église de Marchézieux », dans La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc. : Manche 1re partie, Le Havre, Lemale & Cie, imprimeurs éditeurs, (lire en ligne), p. 165-166.
  • de Pontaumont, « Histoire de l'ancienne élection de Carentan d'après les monuments paléographiques : Marchézieux », Mémoires de la Société impériale académique de Cherbourg, , p. 35, 63-64 (lire en ligne).
  • Marc Thibout, « Les églises du XIIIe et XIVe siècles du département de la Manche », Bulletin monumental, , p. 10, 18, 20, 2229, 3039, 43 (lire en ligne), plan de l'église.
  • Marc Thibout, « L'église de Marchésieux », dans Congrès archéologique de France. 124e session. Cotentin et Avranchin. 1966, Paris, Société française d'archéologie, (lire en ligne), p. 266-279.

Articles connexes

Liens externes

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