Élection présidentielle malawite de 2025

Élection présidentielle malawite de 2025
Président de la République
Sortant
Lazarus Chakwera
MCP

L'élection présidentielle malawite de 2025 se déroule le afin d'élire le président de la République.

Le président sortant, Lazarus Chakwera, est candidat à sa réélection. Le scrutin de 2025 est alors le quatrième duel entre lui et l'ancien président Peter Mutharika.

Contexte

Peter Mutharika, président sortant.

L'élection présidentielle de mai 2019 voit le président sortant Peter Mutharika, du Parti démocrate-progressiste, proclamé vainqueur avec un peu plus de 38 % des suffrages devant Lazarus Chakwera, du Parti du congrès du Malawi.

L'opposition rejette cependant la réélection de Peter Mutharika et dénonce des résultats frauduleux, les candidats Lazarus Chakwera et Saulos Chilima déposant un recours devant la Cour constitutionnelle[1]. Ce rejet des résultats prend la forme d'un mouvement national de manifestations populaires qui culmine au cours des mois de mai à . Les manifestants accusent le président Peter Mutharika d'avoir truqué les résultats avec la complicité ou le manque de contrôle sur les dépouillements de la présidente de la commission électorale malawite, Jane Ansah, dont ils exigent également la démission[2]. Des manifestations sont organisées dans les principales villes du pays, entremêlées de manifestations de soutiens de femmes jugeant Jane Ansah victime de sexisme[3].

Le jugement de la Cour constitutionnelle est alors attendu avec fébrilité[4]. Le , celle-ci se réunit à Lilongwe sous la protection d'une importante escorte policière pour se prononcer sur les recours[5]. Le jugement, qui s'étale sur plus de sept heures, voit les cinq juges de la Cour se relayer pour lire leur décision, mise par écrit sur un document de cinq cents pages[6]. Ce dernier fait état d'une élection truquée n'ayant pas été organisée dans des conditions libres et régulières, mais au contraire marquée par des fraudes à répétition, des falsifications de documents et de nombreuses autres pratiques illégales. L'« utilisation généralisée de Tipp-Ex » pour modifier les procès verbaux est notamment citée comme ayant « gravement sapé l'intégrité des élections », de même que la présence répétée de doublons et l'absence de signatures sur la plupart des documents[6], réduisant les procès verbaux dûment vérifiés à un quart seulement du total[5]. Ces éléments conduisent la Cour à qualifier le scrutin du de « démonstration d'incompétence » de la part d'une commission électorale ayant « failli à ses devoirs »[6].

En conséquence, la Cour déclare nulle et sans effet l'élection de Peter Mutharika, et ordonne qu'une nouvelle élection soit convoquée dans un délai de 150 jours, cette fois-ci par le biais du scrutin uninominal majoritaire à deux tours, tel que prévu avant la modification de la loi électorale par le Parlement en 2018, sans avoir pu être appliqué[5],[6]. La tenue de nouvelles élections législatives et municipales est un temps évoquée par plusieurs sources, sans fondement. L'opposition tente de faire valoir que les critiques de la Cour constitutionnelle à la commission électorale sont également valables pour ces scrutins mais, faute d'avoir déposé des recours similaires, ne parvient pas à les faire annuler. Le Parlement vote quant à lui le la prorogation d'un an de son mandat et de celui des conseils municipaux afin de conserver une organisation simultanée de ces différents scrutins et de celui présidentiel en 2025, en accord avec la constitution[7]. Cette même loi fixe le scrutin présidentiel au [7], et le président sortant annonce le son intention de participer à la nouvelle élection[8]. Mutharika revient cependant sur sa décision deux jours plus tard en décidant finalement de faire appel du jugement après l'avoir publiquement envisagé. La commission électorale, pointée du doigt par la Cour constitutionnelle pour ses dysfonctionnements, demande également à cette dernière de suspendre sa mesure[9]. Évoquant un manque de temps, la commission propose par ailleurs de reporter le scrutin au , bien au delà du délai de 150 jours fixé par la Cour[10]. Le , la Cour constitutionnelle rejette la demande de la commission électorale de suspendre le jugement prononcé[11], puis rejette le recours présidentiel le suivant[12].

Candidat arrivé en tête par district.

L'absence volontaire de préparation du scrutin par le gouvernement dans le but de retarder son organisation contraint le pays à un report de l'élection présidentielle. Courant mars, la commission électorale annonce son report au , soit la veille du délai de 150 jours fixé par la Cour[13]. Celle-ci confirme définitivement l'annulation de la présidentielle de 2019 le [14], mais décide de limiter la nouvelle élection aux seuls candidats ayant participé au scrutin de l'année précédente[15]. Le Parlement décide finalement le de fixer la date d'organisation du scrutin au [16],[17].

Le scrutin se déroule dans le calme sous l'égide du nouveau président de la commission électorale, Chifundo Kachale, avec une participation en hausse selon les observateurs[18],[19].

Lazarus Chakwera l'emporte contre le président sortant dès le premier tour[20]. Le président sortant reconnaît sa défaite et quitte le palais présidentiel au soir du [21]. Cependant, dénonçant des irrégularités, le parti au pouvoir réclame dès le lendemain la tenue d'un troisième scrutin[22]. La commission électorale confirme cependant les résultats le [23], et le nouveau président prête serment dès le lendemain[24].

En août 2021, la Cour constitutionnelle examine un recours déposé par le Parti démocrate progressiste de Peter Mutharika. Il demande l'annulation de l'élection présidentielle de 2020, arguant que quatre de ses représentants avaient été interdits de faire partie de la Commission électorale[25].

Mode de scrutin

Le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans[5],[6]. Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré élu.

Analyse et conséquences

Notes et références

  1. « Présidentielle au Malawi : l’opposition rejette la victoire de Peter Mutharika », Jeune Afrique, (lire en ligne)
  2. (en) « Malawi’s concerned youths on MEC Chair Jane Ansah must fall campaign », sur www.maravipost.com (consulté le ).
  3. (en) « Malawi Women Protest in Defense of Embattled Election Chairperson », sur Voice of America (consulté le ).
  4. (en) « Malawi anxiously awaits verdict on alleged presidential election fraud - RFI », sur RFI, RFI.English, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 Le Point, magazine, « La Cour constitutionnelle du Malawi annule la présidentielle de 2019 », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 (en) « Malawi top court annuls presidential election results », sur www.aljazeera.com (consulté le ).
  7. 1 2 (en) « Elections May 19 – The Nation Online », sur mwnation.com (consulté le ).
  8. « Annulation de la présidentielle au Malawi : « une grave subversion de la justice » pour Peter Mutharika – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le ).
  9. « Malawi : Peter Mutharika fait appel de l'annulation de sa réélection - Le Point », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le ).
  10. (en) « Malawi electoral commission seeks to suspend annulment of vote - France 24 », sur France 24, FRANCE24.English, (consulté le ).
  11. « Malawi: des manifestants cadenassent les bureaux de la commission électorale », sur Le Figaro.fr, lefigaro, (ISSN 0182-5852, consulté le ).
  12. VOA Afrique, « La Cour suprême du Malawi rejette l'appel du président Mutharika, la présidentielle aura lieu en mai », sur VOA, VOAAfrique (consulté le ).
  13. (en) « Not May 19, Malawi fresh elections slated for July 2 – MEC - Malawi Nyasa Times - News from Malawi about Malawi », sur Malawi Nyasa Times - News from Malawi about Malawi, NyasaTimes-Newspaper-250647473519, (consulté le ).
  14. « Malawi: la justice confirme l’annulation de la réélection du président Mutharika », sur Libération.fr, Libération, (consulté le ).
  15. (en) « Malawi’s supreme court rules in favour of election rerun, but only with original candidates », sur RFI, RFI.English, (consulté le ).
  16. (en) « Malawi's electoral chief resigns ahead of election rerun », sur www.aljazeera.com (consulté le ).
  17. (en) « June 23 for Malawi fresh presidential election endorsed by Parliamentary committee », sur Malawi Nyasa Times - News from Malawi about Malawi, NyasaTimes-Newspaper-250647473519, (consulté le ).
  18. Présidentielle dans le calme au Malawi, après l’annulation du scrutin de 2019
  19. (en) AfricaNews, « Malawi rerun: poll chief warns against 'unofficial' results », sur Africanews, (consulté le ).
  20. Reuters/VOA, « Présidentielle au Malawi: Peter Mutharika loin derrière son adversaire, selon des résultats partiels », sur VOA, VOAAfrique (consulté le ).
  21. (en) Gibbs Dube, « Malawi State Official Says Mutharika Has Conceded Defeat, Moved Out of Presidential Palace », sur VOA, VOALiveTalk (consulté le ).
  22. « Au Malawi, le parti au pouvoir juge "pas concluante" la présidentielle de mardi », sur TV5MONDE, (consulté le ).
  23. « Malawi: l’opposant Lazarus Chakwera élu président », sur RFI, RFI, (consulté le ).
  24. « Malawi : élu président, le chef de l'opposition Lazarus Chakwera prête serment », sur LExpress.fr, lexpress, (consulté le ).
  25. rfi, « Malawi: recours de l’ancien parti au pouvoir contre les résultats de la présidentielle de 2020 », sur rfi, www.rfi.fr (consulté le ).
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