Émeutes de 2013 à Stockholm
| Date | 19-28 mai 2013 |
|---|---|
| Localisation | Husby, Stockholm (Suède) |
| Participants | Jeunesse immigrée[1] |
|---|---|
| Nombre de participants | 50–100[2],[3],[4] |
| Types de manifestations | Émeutes, agressions |
| Morts | 1 (Mort d'un immigré portugais tué par la police, événement déclencheur des émeutes) |
|---|---|
| Blessés | +7 (policiers)[2],[4] |
Les émeutes de 2013 à Stockholm ont éclaté le dans une banlieue de la capitale de la Suède. Elles ont commencé à Husby puis se sont étendues dans d'autres banlieues de Stockholm, au nord, au sud et à l'ouest. Ces événements sont largement médiatisés, notamment par The Local[5]. Le , plus de 70 incidents sont recensés[6]. Le , la police annonce le retour à la normale et la fin quasi-complète des violences[7].
Contexte
Les émeutes ont initialement touché Husby, une banlieue de Stockholm, la capitale de la Suède. La population de cette banlieue est majoritairement immigrée, à 80 %[8]. Elle est principalement originaire de Turquie, de Somalie et du Moyen-Orient[6]. Quelques années auparavant, Stockholm a été frappé par des émeutes en 2010, durant lesquelles une centaine de jeunes immigrés avaient jeté des projectiles, incendié des véhicules, et s'en étaient pris à la police locale de Rinkeby[9].
Selon les toutes premières constatations, le fait générateur serait le décès par balles d'un homme âgé de 69 ans dans son appartement à Husby, le . L'homme, d'origine portugaise[10],[11], armé d'une machette, s'était enfermé chez lui avec une femme (supposément son épouse d'après les rapports), en menaçant de tuer des policiers[12],[13],[14]. Les négociations ayant échoué, la police entre de force dans le domicile du vieil homme[15],[16],[17]. L'homme s'était confronté un peu plus tôt à une bande de jeunes, qui l'auraient menacé avec un couteau. Lorsque les policiers frappent à sa porte, ils s'aperçoivent d'abord qu'ils se sont trompés d'appartement puis supposant que l'épouse du vieil homme était menacée par celui-ci, ils l'auraient abattu. Des militants locaux expliquent que ce décès a simplement été l'élément déclencheur des émeutes, dont la cause véritable est le fait que les jeunes immigrés de banlieue sont sans cesse discriminés par la police[18]. Cependant, d'après le journal suédois Aftonbladet, les émeutes ne sont pas liées à ce décès[19]. Le criminologue suédois Jerzy Sarnecki, pense que les émeutes n'ont pas été causées par un incident en particulier, mais que les émeutiers manifestent un mécontentement général à cause du chômage et de la répression policière[19]. Le chômage touche 6 % des Suédois ethniques, tandis qu'il touche 16 % de la population d'origine étrangère[6].
Émeutes
Les émeutes débutent le dimanche alors que des groupes de jeunes brûlent une centaine de véhicules à travers la banlieue de Husby et vandalisent un magasin. Les forces de police, déployées à 22 h, sont attaquées par des jeunes et plusieurs policiers sont blessés. Le calme revient à 5 h 30 du matin. La police estime entre 50 et 60 le nombre de jeunes impliqués dans les émeutes, mais aucune arrestation n'a été effectuée[2],[20],[21]. Les émeutes continuent le ; les groupes de jeunes mettent le feu à onze voitures et quatre poubelles, puis s'en prennent aux policiers et aux pompiers déployés sur place alors qu'ils tentent d'éteindre les incendies. Sept policiers sont blessés dans ces échauffourées. La police estime que le nombre d'émeutiers est de cinquante à une centaine de personnes[22]. Certains émeutiers seraient âgés de 12 à 13 ans ; sept individus âgés de 15 à 19 ans sont appréhendés. Deux d'entre eux sont relâchés[3],[4]. Une petite émeute est déclenchée au sud de Stockholm, mais il est impossible de savoir si elle est liée à celles de Husby. Les violences se sont également étendues à Fittja, Kista, Rinkeby et Tensta[4]. Le mardi , les émeutes se propagent jusqu'à Bredäng, Edsberg, Flemingsberg, Norsborg et Skarpnäck. Trente voitures sont incendiées et le commissariat de Jakobsberg ainsi qu'un centre commercial sont vandalisés. La police appréhende huit individus et le calme revient à 3 h du matin[23].
Lors de la quatrième nuit consécutive de violences, le , un commissariat est incendié à Rågsved. Des policiers sont agressés à Hagsätra après 22 h. À Skogås, un restaurant est brûlé et des projectiles sont jetés sur les pompiers[24],[25]. Le jeudi à environ 20 h (CET), cinquième nuit des émeutes, la police est demandée en renfort à Rinkeby où cinq voitures ont été incendiées[26]. Des jeunes jettent des pierres et des bouteilles de verre à Vällingby, sur des rames du métro, dont le personnel est par la suite évacué[27],[26]. Après minuit, des incendies sont rapportés à Tensta et Farsta[26]. Au moins deux établissements scolaires, un commissariat et quinze véhicules sont incendiés. Au total, entre mardi et vendredi, treize individus sont interpellés[28]. Au cours de la sixième nuit, les émeutes se calment après que des centaines de jeunes se sont organisés pour « reprendre Stockholm »[pas clair][29]. Au même moment, des émeutes sont rapportées dans d'autres lieux en Suède, dont Örebro[30], tandis que la banlieue de Husby, où les émeutes ont commencé, semblerait être sous contrôle des autorités[31]. Lors de la septième nuit, les tensions semblent diminuer grâce à la présence des parents dans les rues[18],[32]. Le , la police annonce le retour à la normale et la fin presque totale des violences, mais quelques voitures sont encore incendiées[7].
Réactions
Les émeutes sont survenues peu après le décès d'un sexagénaire d'origine portugaise abattu par un agent de police[10]. Des activistes d'extrême gauche ont accusé de racisme les policiers qui ont tué le vieil homme d'origine portugaise[6].
Le à midi, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt déclare « Nous avons passé deux nuits dans une grande agitation, des dégâts et une atmosphère intimidante dans Husby et il y a un risque que cela se poursuivra. Nous avons des groupes de jeunes hommes qui pensent qu'ils peuvent et doivent changer la société par la violence[15],[23],[33]. » Au cinquième jour des émeutes il déclare « Je pense qu'il est dangereux de vouloir dépeindre la Suède avec une capitale séparée de ses banlieues. Je ne pense pas que ce soit vrai. Je pense que la ligne qui nous divise traverse Husby, entre une population majoritaire et à côté un petit groupe de fauteurs de trouble[34]. ». La ministre suédoise de la justice, Beatrice Ask, déclare que l'« exclusion sociale » est la « cause de problèmes très sérieux[35]. » Le journal Aftonbladet ayant indiqué que 80 % des jeunes appréhendés étaient connus des services de police, Jerzy Sarnecki explique qu'il n'est pas surpris[19].
Les riverains de Husby sont excédés par l'attitude des émeutiers, à la suite des destructions de biens personnels qu'ils ont causées et de la mauvaise réputation qui entache désormais ces quartiers. Ils pensent par ailleurs que l'affaire du vieil homme tué par la police n'a été qu'un prétexte et que les parents des jeunes émeutiers ne s'impliquent pas[36]. L'ambassade américaine en Suède a conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre dans cette banlieue[6].
Notes et références
- ↑ (en) « Stockholm riots raise questions about immigration policy », sur Washington post,
- 1 2 3 (en) « Youths burn 100 cars in north Stockholm riots », sur The Local, (consulté le )
- 1 2 (en) « Fresh clashes as more cars burn in Husby », sur The Local, (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) « Seven arrested over Stockholm's Husby riots », sur The Local, (consulté le )
- ↑ (en) Brown, Andrew, « On Woolwich, British media could learn from Swedish riots coverage », sur The Guardian, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) Christian Gysin, « Sweden in flames: As gangs of migrants riot for five nights running... the Utopian boats of a multicultural success story turn to ashes », sur DailyMail, (consulté le )
- 1 2 (en) « Sweden Riots: Stockholm 'Back To Normal,' Say Police », sur Huffington Post, (consulté le )
- ↑ (en) « BBC: Stockholm restaurant torched as riots spread », sur BBC (consulté le )
- ↑ (en) « Sweden riots revive immigration debate », sur The Australian, (consulté le )
- 1 2 (en) Peck, Tom, « Stockholm burning: Riots grip surburbs as violent trouble spreads », sur The Independent, (consulté le )
- ↑ (en) Fox News, « Rioting youths set fires, attack police, in Stockholm suburb, angered over police shooting », sur Washington Post, (consulté le )
- ↑ (de) « Sweden sends reinforcements to capital after fifth night of rioting », sur dw.de (consulté le )
- ↑ (de) « Stockholm Rioting Spreads Despite Patrols », sur online.wsj.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Swedish police try to restore order in Stockholm after week of rioting », sur The Guardian, (consulté le )
- 1 2 (en) « Riots grip Stockholm suburbs after police shooting », sur BBC News, (consulté le )
- ↑ (en) Niclas Rolander, « Riots in Stockholm After Shooting », sur Wall Street Journal, (consulté le )
- ↑ (en) Johan Sennero et Johan Ahlander, « Stockholm riots challenge image of happy, generous state », sur Reuters, (consulté le )
- 1 2 (en) « Stockholm riots calmed down by seventh night », sur dw.de, (consulté le )
- 1 2 3 (sv) Kerpner, Joachim, « De har gripits för upploppen », sur Aftonbladet (consulté le )
- ↑ (sv) Ann Törnkvist, « 'Husby is usually a very peaceful place' », sur The Local, (consulté le )
- ↑ (en) Oliver Gee, « Riot police 'resorted to racial slurs' in Husby », sur The Local, (consulté le )
- ↑ (fr) « Poursuite des émeutes à Stockholm », sur Le Figaro, (consulté le )
- 1 2 (en) « Thirty fires in third night of Stockholm riots », sur The Local, (consulté le )
- ↑ (sv) « Ännu en natt med bränder och stenar », sur dn.se, (consulté le )
- ↑ (fr) « Suède : quatrième nuit d'émeute à Stockholm », sur Le Monde, (consulté le )
- 1 2 3 (sv) LIVE: Nya bränder i Stockholmsförorter | Nyheter | Expressen | Senaste nytt – Nyheter Sport Nöje TV. Expressen. Consulté le 24 mai 2013.
- ↑ (sv) « Stockholm riots spread south on fourth night », sur The Local (consulté le )
- ↑ (sv) « Schools burn on fifth night of Stockholm riots », (consulté le )
- ↑ (sv) « Hundratals svenskar samlas för att bekämpa raskravallerna », sur realisten.se, (consulté le )
- ↑ (fr) « Suède: les émeutes, moins vives à Stockholm, se propagent à d'autres villes », sur La Nouvelle République, (consulté le )
- ↑ (sv) « Bränder i Stockholmsområdet och Örebro », aftonbladet.se, (consulté le )
- ↑ (en) « Stockholm riots calmed down by seventh night », sur The Local, (consulté le )
- ↑ (fr) « Stockholm éclate dans la vague de violence pour la troisième nuit », (consulté le )
- ↑ (fr) caroline Cadlier, « Les émeutes de Stockholm écornent le modèle social suédois », sur France Info, (consulté le )
- ↑ (en) « Swedish riots rage for fourth night », sur The Guardian, (consulté le )
- ↑ (sv) Oliver Gee, David Landes et Sanna Håkansson, « Stockholm riots: a view from the street in Husby », sur The Local, (consulté le )
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « 2013 Stockholm riots » (voir la liste des auteurs).
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