Émile-Jules Grillot de Givry

Émile-Jules Grillot de Givry
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(à 54 ans)
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Émile-Jules Grillot de Givry (ou Émile-Angelo Grillot de Givry) (né le à Paris et mort le ) est un homme de lettres et occultiste français, connu pour avoir traduit en français l’œuvre de Paracelse.

Biographie

Issu d'une vieille famille bourguignonne, il fait ses études à Paris[1]« chez les jésuites de la rue de Vaugirard »[2]. Il étudie les langues orientales avant de s'intéresser à l'hermétisme chrétien.

Ce serait à la lecture de Là-bas de Joris-Karl Huysmans dont il devient l'ami, qu'Émile-Jules Grillot de Givry se passionne pour l'occultisme. Il commence par traduire d'importants textes ésotériques, s'initie à l'occultisme et adhère à la franc-maçonnerie, adepte du rite de Memphis et Misraïm dont son ami le Dr Gérard Encausse (Papus) était devenu grand-maître[2].

Mais pour le journaliste et écrivain Jean Reyor, cette adhésion à la franc-maçonnerie n’aurait pas été effective. Celui-ci écrit, dans la revue Études Traditionnelles, à l’occasion de la réédition de l’ouvrage Lourdes, ville initiatique :

« Ce qui est certain, par contre,c’est que dès sa 23e année au plus tard, Grillot de Givry participe de façon importante, par des traductions, à la Bibliothèque Rosicrucienne financée par René Philipon (Jean Tabris) et qui paraissait sous les auspices de l'Ordre Maçonnique de Misraïm. Cependant, Grillot de Givry n’appartenait pas non plus à cet Ordre Maçonnique : des dédicaces, à lui adressées et que nous avons eues sous les yeux, auraient été rédigées autrement qu’elles ne le sont s’il avait été un "Frère", comme les autres collaborateurs de la collection[3],[4] »

.

Jean Reyor rappelle ensuite que Grillot était un catholique pratiquant. Dès lors, selon lui, ce dernier n’a probablement jamais adhéré à la franc-maçonnerie, soucieux d’éviter le risque d’excommunication[5].

Grillot de Givry rencontre René Philipon pour qui il fait plusieurs traductions dans la Bibliothèque Rosicrucienne d'Henri Chacornac, père de Paul Chacornac, éditeurs parisiens propriétaires des Éditions traditionnelles[6].

Grillot de Givry collabore à la revue Le Voile d'Isis et devient l'ami de Léon Bloy et de René Guénon et traduit des anciens textes perdus du Corpus Hermeticum : Nicolas Flamel, Basile Valentin, Dom Pernety[1].

Les « préceptes maçonniques » ou « code maçonnique »[7] lui ont été attribués à tort dans la mesure où il est possible de les lire dans le Journal historique et littéraire de 1839[8].

Travaux

Comme auteur

  • Aphorismes basiliens : ou Canons hermétiques de l'esprit et de l'âme comme aussi du corps mitoyen du grand et petit monde, Paris, Chacornac, , 1re éd., 8 p. (lire en ligne).
  • Lourdes, ville initiatique, Paris, Éditions Chacornac, , 1re éd., 372 p. (lire en ligne), réédité chez le même éditeur en 1959, 214 p ; puis chez Archè, 2009, 448 pages, (ISBN 9788872522929) .
  • Le grand œuvre : XII méditations sur la voie ésotérique de l'Absolu, Paris, Bibliothèque Chacornac, , 1re éd., 94 p. (lire en ligne).
  • Le Christ et la patrie, Paris, Bibliothèque Chacornac, , 1re éd., 331 p. (lire en ligne).
  • Anthologie de l’occultisme, Paris, Éd. De la Sirène, .
  • André Bourrier, Grillot de Givry, Han Ryner, La vérité sur le supplice de Jeanne d'Arc, victime de l'Église : la Pucelle a-t-elle été brûlée ? S'est-elle échappée et mariée, Conflans-Sainte-Honorine, L'Idée libre, , 1re éd., 16 p. (lire en ligne).
  • Musée des sorciers, mages et alchimistes, Imp. De Compiègne, Librairie de France, , 1re éd..

Comme traducteur

  • (la) Guillaume Postel (1510-1581) (trad. Émile-Jules Grillot de Givry), Absconditorum clavis : traduit du latin pour la première fois, Paris, Bibliothèque Chacornac, , 100 p. (lire en ligne).
  • (it) Savonarole (trad. Émile-Jules Grillot de Givry), Traité des sept grades de la perfection, Paris, Bibliothèque Chacornac, , 16 p..
  • (la) Paracelse (trad. Émile-Jules Grillot de Givry), Œuvres complètes, vol. 1, Paris, Chacornac, .
  • (la) Paracelse (trad. Émile-Jules Grillot de Givry), Œuvres complètes, vol. 2, Paris, Chacornac, .
  • Chapitre IV de la 1re partie du Traité apologétique défendant l'intégrité de la société des Rose-Croix de Robert Fludd, in Anthologie de l'occultisme, éditions de la Sirène, Paris, 1922 pp. 329-332.
  • (en) Jean Dee (trad. Émile-Jules Grillot de Givry), La Monade hiéroglyphique, Paris, Bibliothèque Chacornac, , 62 p..
  • (de) Bernhard Marr (trad. Émile-Jules Grillot de Givry), La Kabbale de Jacques Casanova, Éditions de la Sirène, .

Notes et références

  1. 1 2 Jean-Claude Polet, Patrimoine littéraire européen : Index général, De Boeck Supérieur, , 600 p. (ISBN 978-2-8041-3162-3, lire en ligne), p. 401.
  2. 1 2 « Le musée des sorciers, mages et alchimistes », sur www.science-et-magie.com (consulté le ).
  3. Études Traditionnelles, n° 352, p.93-99., consulté le
  4. Ce compte rendu de Jean Reyor a été repris dans la 3e réédition de Lourdes, ville initiatique, Éditions Archè, 2009, annexes, p.LXV-LXXI.
  5. Grillot de Givry, catholique pratiquant, n'a probablement pas adhéré à la franc-maçonnerie. Car depuis 1738, année de la promulgation (« fulmination ») de la bulle pontificale « In eminenti apostolatus specula », l’Église catholique romaine condamne la franc-maçonnerie et interdit la double appartenance.
  6. Jean-Pierre Laurant, L'ésotérisme chrétien en France au XIXe siècle, Éditions L'Âge d'Homme, , 1re éd., 244 p. (ISBN 978-2-8251-0330-2, lire en ligne), p. 183.
  7. « Code maçonnique » [PDF], sur www.info-france.fr (consulté le ).
  8. Journal historique et littéraire, vol. 6, Liège, P. Kersten, (lire en ligne), p. 30.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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