Émirats (Mauritanie)
Les émirats ou l'espace émiral de la Mauritanie correspond à une période de l'histoire de ce pays dont le début est daté du XVe siècle[1] ou du XVIIe siècle et dure jusqu'au XXe siècle[2].
La formation des émirats modernes dans l'histoire mauritanienne apparait progressivement à partir du XVe siècle[1], mais surtout au début du XVIIe siècle où certaines tribus Magafira manifestent une supériorité politique et militaire[2].
Le XVIIIe siècle est le siècle d'émergence et de consolidation des émirats comme structure politique semi-centralisée distincte des tribus[2]. Les émirats du Trarza, du Brakna, du Tagant, du Hodh et de l’Adrar sont fondés durant cette période : ils sont un assemblage de tribus dirigées par un Chef de guerre qui partage son autorité avec les notables de la djemaa (assemblée)[3]. Les émirats sont marqués par des luttes incessantes entre tribus ou au sein des tribus, parfois au sein même de celle de l'émir[1].
La guerre de Char Bouba de 1671 à 1677 au sud-ouest mauritanien entre les tribus dites Zwaya et les chefferies des Magafiras entrainent directement la formation d'émirats d'obédience magafira : le Trarza, le Brakna, puis ultérieurement dans l'Adrar[4].
Ces émirats mauritaniens connaitront un apogée politique et social au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle[2].
Liste d'États sur tout ou partie de la Mauritanie actuelle
- Empire du Ghana (100/300-1200/1250)
- Royaume du Tékrour (500-1285)
- Almoravides (1040-1147)
- Royaume de Sosso (1200-1235)
- Empire du Mali (1235-1610)
- Royaume du Waalo (1287-1855)
- Empire du Djolof (1350-1549)
- Trarza, Émirat de Trarza (en) (1640-1902 ou 1732-1909)[5], guerre entre la France et le Trarza (1825)
- Émirat de Brakna (ca) (1400/1650-1903/1910)[6]
- Émirat de l'Adrar (vers 1740-1932)[7]
- Émirat du Tagant (Taganet/Taganit), avec pour capitale Tidjikdja.
Références
- 1 2 3 Christiane Vanacker, « La Mauritanie jusqu’au xxe siècle », dans Introduction à la Mauritanie, Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans, coll. « Connaissance du monde arabe », (ISBN 978-2-271-08123-0, lire en ligne), p. 45–65
- 1 2 3 4 Muhammed Al Muhtar W. As-Sa'd, « Émirats et espace émiral maure. Le cas du Trârza aux XVIIIe – XIXe siècles », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, vol. 54, no 1, , p. 53–82 (DOI 10.3406/remmm.1989.2315, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Pierre Bonte, « L'émirat de l'Adrar », Journal des Africanistes, vol. 54, no 2, , p. 5–30 (DOI 10.3406/jafr.1984.2066, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Pierre Bonte, « La constitution de l'Émirat de l'Adrar: quelques hypothèses provisoires », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, vol. 32, no 1, , p. 37–51 (DOI 10.3406/remmm.1981.1918, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Muhammed Al Muhtar W. As-Sa'd, « Émirats et espace émiral maure : le cas du Trazra (Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 54, 1989) », sur persee.fr, (consulté le )
- ↑ Paul Marty, « Études sur l'Islam et les Maures : Les Brakna (Revue du monde musulman) », sur gutenberg.org, (consulté le )
- ↑ Pierre Bonte, « L'émirat de l'Adrar (Journal des Africanistes) », sur persee.fr, (consulté le ).
Articles connexes
- Histoire de la Mauritanie
- Guerre de Char Bouba (1644-1674)
- Commerce transsaharien
- Azalaï, caravane de la route du sel
- Arabo-hassanides Bérabich, Arabes du Tilemsi Lemhars, Ahl al-gibla
- Berbères zénètes Kountas
- Beidanes (Maures blancs)
- Halite (sel gemme) des mines de Teghazza et de Taoudeni (Tanezrouft, Nord-Mali)
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