Affaire Élias

Affaire Élias
Type Homicide, violence juvénile
Pays Drapeau de la France France
Localisation Paris
Date 24 janvier 2025
Bilan
Morts 1

Élias B., adolescent français de 14 ans, est tué dans le 14e arrondissement de Paris le . Il succombe à ses blessures le lendemain à l’hôpital[1].

Deux mineurs de 16 et 17 ans sont mis en examen le pour « extorsion avec violences ayant entraîné la mort ». L’arme utilisée lors de l’attaque a été identifiée comme une machette, et non un simple couteau, selon les avocats de la mère de la victime[2].

Cette affaire bénéficie d’une couverture médiatique nationale importante et relance le débat sur la violence des mineurs et la justice des jeunes en France[3].

Faits

Présentation d'Elias

Élias, âgé de 14 ans, était un adolescent scolarisé au collège Montaigne à Paris. Passionné de football, il s'entraînait régulièrement au stade Jules-Noël, situé dans le 14ᵉ arrondissement.

Déroulement de l'agression

Le vendredi 24 janvier 2025, vers 20h, Élias sort de son entraînement de football au stade Jules-Noël lorsqu'il est abordé par deux mineurs âgés de 16 et 17 ans. Ces derniers lui demandent de leur remettre son téléphone portable. L'un des agresseurs a porté un coup de machette au thorax d'Elias. L'adolescent a été transporté d'urgence à l'hôpital Necker, où il est décédé le lendemain, samedi 25 janvier 2025[4].

Réaction des témoins et secours

Un ami Élias, témoin de l'agression, alerte immédiatement les secours et prodigue les premiers gestes de réanimation en attendant leur arrivée. Grâce à son intervention, les agresseurs ont pu être identifiés rapidement[5].

Suite judiciaire immédiate

Les deux suspects sont placés en garde à vue le jour même de l'agression. Le 27 janvier 2025, ils ont été mis en examen pour « extorsion avec violences ayant entraîné la mort » et placés en détention provisoire[6]. Lors de leur garde à vue, l'un des suspects a reconnu avoir porté le coup fatal à Elias avec une machette de 40 cm, surnommée « sa zombie », qu'il avait achetée sur Internet quelques mois auparavant[7].

Enquête

Une enquête est ouverte par le parquet de Paris le 25 janvier 2025, dans le cadre d’une information judiciaire pour homicide volontaire ; elle a été requalifiée en « extorsion avec violences ayant entraîné la mort » à l’encontre d’Elias B.[8].

Les deux mineurs, âgés de 16 et 17 ans et déjà connus des services de justice, sont placés en garde à vue le jour même de l’agression, puis mis en examen et incarcérés le 27 janvier 2025[9],[10].

Au cours de leur garde à vue, l’un des suspects reconnaît avoir porté le coup fatal avec une machette, alors que le parquet a d'abord évoqué un couteau[11].

Les auditions de témoins et l’analyse des preuves matérielles sont toujours en cours par les services de la police judiciaire parisienne[10].

Réactions

Réactions médiatiques et familiales

La mère d'Élias, Stéphanie, prend la parole pour la première fois le 10 juin sur BFMTV‑RMC, déclarant que l’attaque avait été menée avec « une volonté de donner la mort »[12]. Elle a également indiqué que ni elle ni sa famille n’étaient « en colère ni rongés par la haine », mais qu’elles « attendent des réponses »[13].

Le 25 mai, jour de la fête des mères, elle publie une lettre ouverte dans Le Figaro, intitulée « Qui s’est moqué d’Elias ? », dans laquelle elle critique le manque de réaction des pouvoirs publics et des médias face à la violence juvénile[14]. L’un de ses avocats a précisé que les agresseurs avaient agi avec « une machette type “Zombie killer” »[2].

Le 10 juin 2025, la mère d'Élias qualifie Carine Petit, Maire du 14e arrondissement de Paris, "de femme inconséquente et inadaptée"[15].

Réactions politiques

Plusieurs personnalités politiques ont exprimé leur émotion et relancé le débat sur la justice des mineurs. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, estime sur France 2 que « la justice des mineurs est un fiasco »[16]. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, souhaite « durcir la justice des mineurs et accélérer les sanctions »[17].

Le premier ministre François Bayrou a dénoncé sur les réseaux sociaux « la violence adolescente » et un « sentiment d’impunité »[18]. Valérie Pécresse, présidente de la région Île‑de‑France, a appelé à un « choc d’autorité »[18].

Parmi les voix de l'opposition, Éric Ciotti (UDR) a estimé qu’un « crime barbare exige que l’on abandonne la culture de l’excuse », tandis que Sarah Knafo (REC) a jugé que « quelqu’un qui tue comme un adulte doit être jugé comme un adulte »[19].

Appel à la réforme de la justice des mineurs

Les parents d'Élias s'expriment en février auprès de RTL, saluant une proposition de loi visant à « restaurer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants »[20].

De son côté, le préfet de police Laurent Nuñez évoque « une montée en puissance insupportable de la violence des mineurs » et plaidé pour un renforcement de l’autorité parentale[21].

Notes et références

  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. 1 2 « Une hachette pour menacer, une machette pour tuer » : les avocats de la mère d’Élias dévoilent les armes du meurtre le 2 juin 2025, Le Figaro
  3. « Violence des mineurs : ni déni ni vains coups de menton », sur Le Monde,
  4. « « J’attends des réponses et je ne vois rien venir » : la mère d’Elias prend la parole quatre mois après la mort de son fils », sur BFMTV,
  5. « Mort d’Elias, 14 ans, à la machette : le profil des deux suspects mineurs déjà connus de la police », sur RMC BFMTV,
  6. « Adolescent tué à Paris après avoir résisté au vol de son portable : deux mineurs mis en examen et incarcérés », sur Le Monde,
  7. « La revue de presse du vendredi 14 février 2025 », sur France Inter,
  8. « Deux mineurs de 16 et 17 ans mis en examen après le meurtre d’un adolescent de 14 ans à Paris », sur Le Monde,
  9. « Meurtre d’Élias : les deux suspects mis en examen et placés en détention provisoire », sur Le Figaro,
  10. 1 2 Mort d’Elias, 14 ans, tué pour son téléphone : les deux suspects mineurs placés en détention provisoire le 27 janvier 2025, TF1 Info
  11. « Mort d’Élias : les avocats des parents révèlent que le jeune a été tué « à la machette » », sur Le Figaro,
  12. « Mort d’Elias: la mère de l'adolescent tué à Paris pour un téléphone affirme qu’il y avait "une volonté de donner la mort" », sur BFMTV,
  13. « "Nous ne sommes pas en colère ni rongés par la haine": la mère d’Elias attend des réponses », sur BFMTV,
  14. « « Qui s’est moqué d’Elias ?» : la mère publie une lettre ouverte », sur Le Figaro,
  15. [vidéo] « La mère d'Elias estime que Carine Petit, maire du 14e arrondissement est "une femme inconséquente et inadaptée" », (consulté le )
  16. « Mort d’Elias… qu’est-ce que l’excuse de minorité ? », sur BFMTV,
  17. « Meurtre d’Elias: Darmanin veut durcir la justice des mineurs », sur Le Figaro,
  18. 1 2 Mort d’Élias à Paris : Bayrou dénonce la “violence adolescente” le 26 janvier 2025, HuffPost
  19. « Quelqu’un qui tue comme un adulte doit être jugé comme un adulte », sur Le Figaro,
  20. « Meurtre d’Elias, 14 ans : les parents encouragent le Parlement à légiférer », sur RTL,
  21. « « Une montée en puissance insupportable de la violence des mineurs » : Laurent Nuñez réagit », sur Le Figaro,

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