Alpha (film, 2025)
| Réalisation | Julia Ducournau |
|---|---|
| Scénario | Julia Ducournau |
| Musique | Jim Williams |
| Acteurs principaux |
Tahar Rahim |
| Sociétés de production |
Kallouche Cinéma Mandarin et Compagnie |
| Pays de production |
|
| Genre | drame |
| Durée | 122 minutes |
| Sortie | 2025 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Alpha est un film dramatique franco-belge réalisé par Julia Ducournau et sorti en 2025.
Il est présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2025.
Synopsis
Dans les années 1980, dans la ville portuaire du Havre, Alpha est l'enfant unique d'une jeune médecin qui travaille dans un service hospitalier fermé avec des malades atteints d'un virus. La jeune fille de treize ans est évitée par ses camarades de classe car des rumeurs circulent selon lesquelles elle serait atteinte d'une nouvelle maladie. Lorsque l'adolescente revient de l'école avec un tatouage sur le bras représentant la lettre A, le monde s'écroule pour sa mère. Elle s'inquiète de savoir quelle maladie sa fille a pu attraper avec l'aiguille du tatoueur. Son frère Amin, séropositif, est un toxicomane sans espoir dont les bras sont couverts de marques de piqûres.
Le tatouage d'Alpha se met à saigner de plus en plus souvent. À l'école, les attaques contre elle se multiplient. Dans la piscine de l'école, elle manque de se faire noyer par un camarade de classe. Alpha connaît à peine son oncle, et lorsqu'Amin arrive chez eux, marqué par sa maladie et proche de la mort, elle fait véritablement connaissance[1],[2],[3],[4].
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques Allociné et Unifrance, présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre original français : Alpha[5]
- Réalisation et scénario : Julia Ducournau
- Musique : Jim Williams
- Décors : Emmanuelle Duplay
- Costumes : Isabelle Pannetier
- Photographie : Ruben Impens
- Son : Séverin Favriau, Paul Maenaudt et Stéphane Thiebaut
- Montage : Jean-Christophe Bouzy
- Production : Eric Altmayer, Nicolas Altmayer, Jean des Forêts, Amélie Jacquis
- Sociétés de production : Kallouche Cinéma et Mandarin et Compagnie, en coproduction avec Frakas Productions, en association avec 3 SOFICA
- Société de distribution : Diaphana (France)[6]
- Format : couleur
- Pays de production :
Belgique /
France - Langue originale : français
- Genre : drame
- Durée : 122 minutes
- Dates de sortie :
- France : (Festival de Cannes 2025) ; (sortie nationale)[6]
- Suisse : (Festival international du film fantastique de Neuchâtel) ; (sortie nationale)
- Belgique : [7]
Distribution
- Tahar Rahim : Amin
- Golshifteh Farahani : la mère
- Mélissa Boros : Alpha
- Ambrine Trigo Ouaked : Alpha, 5 ans
- Emma Mackey : Infirmière
- Louai El Amrousy : Adrien
- Finnegan Oldfield : Professeur d'anglais
- Christophe Perez
- Jean-Charles Clichet
Production
Développement
Le film est réalisé par Julia Ducournau, qui a également écrit le scénario. Il s'agit de son troisième long métrage après Grave (2016) et Titane (2020)[1]. L'intrigue d'Alpha présente des similitudes avec le premier court métrage de Ducournau, Junior, dans lequel une jeune fille de 13 ans subit une étrange métamorphose après avoir attrapé un virus gastrique[1]. Par ailleurs, certains aspects de la vie d'Alpha sont des réminiscences conscientes de l'enfance de Julia Ducournau, en particulier les origines kabyles du personnage (la mère de Julia Ducournau est kabyle) « Je vous confirme que [le fait de situer le récit au sein d'une famille kabyle] n'a rien d'opportuniste. (...) [La scène du repas de l'Aïd avec toute la famille] ça oui, comme vous l'observiez, c'est lié à des souvenirs de famille.(...)Les actrices qui jouent les tantes, Zora la grand-mère et Jafar le grand-père, sont tous kabyles, donc ça leur parlait direct, on s'est reconnu sur plein de trucs et ça fait qu'au final, on a une scène qui est exactement au diapason de ce que je voulais, un pur shoot d'Enfance, avec un grand E, pas seulement la mienne. »[8].
Attribution des rôles
Les rôles principaux sont tenus par Golshifteh Farahani et Tahar Rahim[9],[10], ce dernier ayant perdu 20 kilos pour se préparer au rôle[11]. Mélissa Boros joue le rôle-titre d'Alpha adulte[réf. nécessaire]. Enfant, celle-ci est interprétée par Ambrine Trigo Ouaked[réf. nécessaire].
Tournage
Le tournage a lieu à l'automne 2024 au Havre, où se déroule le film. À la mi-, des prises de vue sont réalisées dans une maison de la rue Gabriel-Péri, ainsi que dans une tour de la rue de Fleurus[12]. Fin octobre, une piscine publique à Pont-Audemer, choisie pour son esthétique des années 1980, a servi de lieu de tournage[13]. Au total, la durée est de 35 jours en Normandie avant de tourner des images à Paris jusqu'en novembre[14],[15].
La réalisatrice a déjà collaboré avec le chef opérateur, Ruben Impens, et le monteur, Jean-Christophe Bouzy, pour ses deux premiers films.
Musique
Le compositeur britannique Jim Williams signe la musique du film et retrouve ainsi Julia Ducournau pour une troisième collaboration après Grave et Titane.
Accueil
Alpha est présenté, en avant-première, en , au Festival de Cannes, où il concourt pour la Palme d'or. Les droits de distribution pour l'Amérique du Nord ont été obtenus par la société de production et de distribution de films indépendants Neon[16]. La distribution en Allemagne est assurée par Plaion Pictures[17].
Télérama n'a pas apprécié le film, lui donnant la note minimale. « Amour toxique, malsain, pervers. On pige vite la métaphore : la famille comme drogue, défonce sévère, facteur terrible de dépendance. Le cocon domestique devient un carcan, le frère et sa sœur étouffent sous les croyances du milieu berbère d’origine [...] ». Alors que « le fond est noir et grave ; le scénario, inutilement alambiqué ; la forme, clinquante à souhait. Beaucoup de facilités (Portishead en son d’appui), très peu d’inventivité. Fini Cronenberg, on dirait parfois du Luc Besson revu par Gilles Lellouche »[18].
De manière générale, le film ne rencontre pas un accueil critique chaleureux, en France comme à l'international : le magazine Screen International recueillant les avis de 11 critiques de 7 nations différentes lui attribue une moyenne de 1,5/4, ce qui place le film ex-aequo avec Eddington de Ari Aster : parmi la compétition cannoise, seul Fuori de Mario Martone est moins bien reçu par ce groupe de critiques. Le film reçoit un accueil similaire dans le « palmomètre » du Film français, qui compile sous forme d'étoiles les avis d'une quinzaine de critiques français sur la sélection du festival de cannes : selon cette grille, 8 critiques (dont les critiques des Cahiers du Cinéma, du Figaro, de Télérama, Libération ou Les Inrockuptibles) lui attribuent la pire note possible de zéro étoile[19].
Parmi les plus rares enthousiastes, on trouve Clarisse Fabre pour Le Monde, qui fait du film sa « palme d'or rêvée »[20] ou Gaël Golhen pour Première, qui évoque « un body horror délicat aussi stupéfiant qu'émouvant [...] [qui] marque en tout cas l'avènement d'une cinéaste en maîtrise »[21].
Distinctions
Récompenses
- Festival de Cannes 2025 : prix CST de l'artiste technicien pour Ruben Impens, directeur de la photographie, et Stéphane Thiébaut, mixeur son
Sélection
- Festival de Cannes 2025 : sélection officielle, en compétition
Notes et références
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Alpha (2025) » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 (en) « Julia Ducournau’s ALPHA Sounds Like It Could Be A Remake Of Her First Short », sur fangoria.com.
- ↑ (en) « Plot Details for Julia Ducournau's ‘Alpha' », sur worldofreel.com.
- ↑ Stephanie Bunbury: 'Alpha' Review: Squalor And Sublime Performances Dominate Julia Ducournau’s Follow-Up To Palme d’Or Winner 'Titane'. In: deadline.com, 19. Mai 2025.
- ↑ https://www.thewrap.com/alpha-review-julia-ducournau-cannes/
- ↑ « Julia Ducournau, Palme d’or 2021, a choisi la Normandie pour décor de son nouveau film « Alpha » », sur ouest-france.fr.
- 1 2 « Les distributeurs ajustent leurs line-ups », sur boxofficepro.fr, (consulté le ).
- ↑ « Alpha », sur frakas.be (consulté le ).
- ↑ Léonard Haddad, « Alpha - entretien avec Julia Ducournau », Première, no 563, , p. 29,33
- ↑ (en) Melanie Goodfellow, « Golshifteh Farahani & Tahar Rahim To Star In Julia Ducournau’s ‘Alpha’; Filmnation & Charades Set To Launch In Cannes », sur deadline.com.
- ↑ (en) Brent Lang, « ‘Titane’ Director Julia Ducournau’s Next Project to Star Golshifteh Farahani, Tahar Rahim; FilmNation and Charades Launching Sales », sur variety.com.
- ↑ Brigitte Baronnet, « Pourquoi Tahar Rahim a perdu beaucoup de poids ? Ce n'est pas pour Monsieur Aznavour, mais pour un autre rôle mystérieux ! », sur allocine.fr.
- ↑ « Le Havre. « Alpha », le dernier film de Julia Ducournau en tournage dans les rues du Havre », sur paris-normandie.fr.
- ↑ (en) « À Pont-Audemer, un film tourné à la piscine par une réalisatrice de la Palme d'or à Cannes », sur actu.fr.
- ↑ « Alpha », sur normandieimages.fr.
- ↑ « Le prochain film de Julia Ducournau avec Tahar Rahim en plein tournage au Havre », sur actu.fr.
- ↑ (en) « Neon Acquires ‘Alpha,’ Next Film From Palme D’Or Winner Julia Ducournau », sur deadline.com.
- ↑ (de) « Plaion Pictures bringt hochkarätige Cannes-Titel nach Deutschland », sur blickpunktfilm.de.
- ↑ « Cannes 2025 : “Alpha”, de Julia Ducournau, intoxiqué par son outrance mélodramatique », sur telerama.fr
- ↑ « Palmomètre final du festival de Cannes 2025 - Les étoiles de la critique 11 », sur Le Film Français (consulté le )
- ↑ « Festival de Cannes 2025 : le palmarès (rêvé) des critiques cinéma du « Monde » », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Cannes 2025 - Alpha : les larmes et le marbre [critique] », sur Premiere.fr, (consulté le )
Liens externes
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