Bains-douches de Thouars
| Destination initiale | |
|---|---|
| Destination actuelle |
Bâtiment désaffecté |
| Période |
1929-1994 |
| Style | |
| Architecte |
Louis Lablaude |
| Construction |
1927-1929 |
| Inauguration |
1929 |
| Commanditaire |
Ville de Thouars |
| Propriétaire |
Ville de Thouars |
| Patrimonialité |
| Pays | |
|---|---|
| Région | |
| Département | |
| Commune | |
| Adresse |
7 rue Balzac 79100 Thouars |
| Région historique |
| Gare |
|---|
| Coordonnées |
46° 58′ 42″ N, 0° 13′ 02″ O |
|---|

Les bains-douches de Thouars sont un édifice situé sur la commune française de Thouars, dans les Deux-Sèvres. Destinés à l'hygiène de la population défavorisée de la ville, ils proposent aussi un lavoir.
Histoire
Déjà évoquée avant la Première Guerre mondiale, la construction de bains-douches dans la ville cheminote de Thouars n'est finalement validée qu'en 1923, à une époque où la population ouvrière s'accroit et ne dispose pas de salle de bains à domicile[1],[2],[3]. Le projet est ralenti par des employés des chemins de fer de l'État qui estiment que l'opération n'est pas rentable en raison d'un emplacement mal choisi et d'un coût trop élevé[4], malgré des subventions promises par le ministère de l'Intérieur. Cette opposition pousse la ville à modifier le projet d'origine[1].
Édifié finalement entre 1927 et 1929 par l'architecte parisien Louis Lablaude[2],[5], le bâtiment est construit à l'emplacement d'une ancienne tour médiévale[6],[7]. Cependant, la conception de son toit pose des problèmes d'étanchéité récurrents[1].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'établissement est occupé par les troupes allemandes[2],[8] ; l'accès pour le reste de la population est encore possible le dimanche, jusqu'à ce que le charbon vienne à manquer[9].
L'établissement est à nouveau fréquenté après la Libération, mais l'attrait pour les bains-douches diminue à partir des années 1960 et 1970, de plus en plus de foyers étant équipés d'une salle d'eau. En 1974, la ville de Thouars décide de ne plus ouvrir les bains-douches qu'un jour par semaine, le samedi[9].
Le , le conseil municipal vote la fermeture définitive du bâtiment[9], qui est effective en 1994[10]. Les derniers employés municipaux à tenir l'établissement sont Lucien Gault et Joël Letard[11].
Architecture et organisation
Le bâtiment est de style Art déco. Le toit est fait de plusieurs terrasses en béton armé. L'espace bains-douches, localisé au premier étage, est divisé sur les plans originaux — modifiés en raison des contraintes budgétaires — en 17 cabines de douche, 4 bains et un appartement de fonction pour le concierge, de bonne taille[1].
Protection et valorisation postérieures
Le bâtiment accueille aussi Les Restaurants du Cœur, qui restent présents au rez-de-chaussée malgré la fermeture de l'édifice[2].
Le bâtiment a conservé ses baignoires, ses cabines de douches, ses sabliers sur les portes et ses carreaux bleus et blancs[13]. Il est l'un des derniers bains-douches conservés en l'état dans le Grand Ouest[4].
Le bâtiment des anciens bains-douches de Thouars obtient le label « Patrimoine du XXe siècle » en 2015[14] puis le label « Architecture contemporaine remarquable »[15]. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis le [16],[17].
Galerie
Plan de la façade principale des bains-douches de Thouars dessiné par l'architecte Louis Lablaude en 1925.
Notes et références
- 1 2 3 4 Bègue et Maurin 2010, p. 78.
- 1 2 3 4 Maison du Thouarsais, Office de tourisme, « Thouars - Les Bains Douches », sur maisonduthouarsais.com (consulté le ).
- ↑ « Le droit à une douche hebdomadaire », La Nouvelle République du Centre-Ouest, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Service Ville d'art et d'histoire, Ville de Thouars, « Les Bains-Douches, un établissement à part » (consulté le ).
- ↑ DRAC de Nouvelle-Aquitaine, « DRAC Nouvelle-Aquitaine - Label Architecture contemporaine remarquable », sur culture.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « Thouars. Les anciens bains douches se visitent sur le pouce », La Nouvelle République du Centre-Ouest, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Guide Tourisme France, « Bains-Douches Thouars (79) », sur journees-du-patrimoine.com, (consulté le ).
- ↑ Marie-Claude Aubert et Raphaëlle Connesson, 101 architectures contemporaines remarquables en Nouvelle-Aquitaine, Le Festin Éditions, , 119 p. (ISBN 9782360622429)
- 1 2 3 Bègue et Maurin 2010, p. 79.
- ↑ « Insolite. Une visite guidée des anciens bains-douches de Thouars, vendredi 22 juillet », Le Courrier de l'Ouest, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Guillaume Raineau, « Thouars. Joël Letard, la voix de la mairie, raccroche après 42 ans d’activité », Le Courrier de l'Ouest, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Thouars. Une visite des bains-douches proposée vendredi 16 juillet », Le Courrier de l'Ouest, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Pôle audiovisuel Plateau, « 0106PP79 », sur plateau-audiovisuel.fr (consulté le ).
- ↑ Ministère de la Culture, Bilan des édifices labellisés Patrimoine du XXe siècle : 2015-2016, Condé-en-Normandie, Imprimerie Corlet, , 95 p., p. 73
- ↑ DRAC de Nouvelle-Aquitaine, « Le Festin : 101 architectures contemporaines remarquables en Nouvelle-Aquitaine », sur culture.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ Notice no /PA79000050, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Carl Guillet, « Patrimoine : pourquoi ces deux bâtiments rares viennent d’être reconnus Monuments historiques », Le Courrier de l'Ouest, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Christelle Bègue et Sébastien Maurin, Thouars de A à Z, Éditions Alan Sutton, (ISBN 978-2-813-80207-1), p. 78-79.
. - Notice no PA79000050, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Service Ville d'art et d'histoire, Ville de Thouars, « Les Bains-Douches, un établissement à part ».

- Service Ville d'art et d'histoire, Ville de Thouars, « Fiche historique des Bains douches »
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