Bataille de Dioubouldou

Bataille de Dioubouldou
Informations générales
Date 25 février 1855
Lieu Plaine de Dioubouldou, Sénégal
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France France Royaume du Waalo
Émirat de Trarza (en)
Commandants
Louis Faidherbe Ndaté Yalla Mbodj
Forces en présence
850 hommes[1],[2]
2 canons
Inconnu
Pertes
3 tués[1],[3]
8 blessés[4]
100 tués[4]
150 capturés[5],[6]
de nombreux blessés[1]

Seconde guerre franco-Trarza

La bataille de Dioubouldou (parfois orthographiée Jubuldu, Dioubouldy ou Dybuldu) se déroule le entre les forces françaises du colonel Louis Faidherbe et les forces combinées du royaume du Waalo et de l'émirat de Trarza (en) sous le commandement de la reine Ndaté Yalla Mbodj.

Contexte

Bien qu’ils soient historiquement ennemis, les relations entre le Waalo et les Trarza se réchauffent lorsque Mohamed El-Habib épouse la sœur de la reine Ndaté. Ensemble, ils commencent à contester l'influence croissante des Français aux alentours de Saint-Louis[7].

En , la reine Ndaté envoie une lettre impérieuse au gouverneur français Louis Faidherbe, lui ordonnant d'évacuer immédiatement les environs de Saint-Louis[8].

Bataille

Le , la colonne française, composée de 400 réguliers[9], 400 volontaires[note 1] de Saint-Louis et d'un peloton de cavalerie coloniale[10] rencontre l'armée Waalo-Trarza près d'un petit bois dans la plaine de Dioubouldou, non loin de Nder[6]. Les forces de la reine Ndaté attendent ici les Français. La cavalerie de Trarza se place au centre, tandis que l'infanterie du Waalo se dispose de chaque côté de la cavalerie[1]. Un grand nombre de guerriers du Waalo se cache également dans un champ d'herbe haute qui sépare les Français de l'armée Waalo-Trarza[1].

Le colonel Faidherbe commence par tirer quelques salves d'artillerie sur le champ, ce qui provoque un grand désordre dans les rangs du Waalo. Il envoie ensuite une compagnie de marines sous le commandement du capitaine Benoit et un groupe de volontaires mené par un homme nommé Amadou Sar pour attaquer les guerriers dans l'herbe[11],[12]. Parallèlement, l'arrière-garde française, constituée d'une compagnie de marines dirigée par le capitaine Bruyas, repousse aisément une tentative d'encerclement de la part de la cavalerie de Trarza[13],[1]. La cavalerie française est ensuite envoyée contre les guerriers waalo en fuite, transformant leur retraite en une complète déroute[1].

Conséquences

À la suite de la déroute de l'armée Waalo-Trarza, la reine Ndaté s'enfuit vers Cayor avec ses partisans[5],[6].

Les forces françaises capturent le village de Nder, résidence de la reine Ndaté et capitale de facto du royaume du Waalo, lequel est déserté par ses habitants. Les volontaires pillent minutieusement le village déserté, qui est ensuite incendié[5].

Plusieurs villages voisins sont également pillés, et la colonne française retourne finalement à Saint-Louis avec un important butin de plus de 2 000 vaches et bœufs, 50 ânes et 30 chevaux[5],[6],[4].

Notes

  1. Les volontaires sont des civils armés de Saint-Louis (principalement noirs ou métis) qui participent volontairement aux expéditions françaises aux côtés des troupes, soit par intérêts communs, soit par la perspective d’un butin potentiel. En raison du très faible effectif alloué par la France à la colonie du Sénégal à cette époque (quatre compagnies de 140 hommes chacune), les gouverneurs se fient fortement aux volontaires jusqu’à la création du corps des Tirailleurs sénégalais en 1857.

Références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 Duboc 1938, p. 16.
  2. Martineau 1931, p. 128.
  3. Alfred Martineau, Histoire des colonies françaises et de l'expansion de la France dans le monde. Tome 4, Plon, , 129 p..
  4. 1 2 3 Martineau 1931, p. 129.
  5. 1 2 3 4 Duboc 1938, p. 17.
  6. 1 2 3 4 Barry 1985, p. 280.
  7. Marcel Chailley, Histoire de l'Afrique occidentale française, 1638-1959, , 202 p..
  8. Paul Gaffarel, Le Sénégal et le Soudan français, , 102 p..
  9. Boubacar Barry, Le royaume du Waalo : le Sénégal avant la conquête, Karthala Éditions, , 280 p.
  10. Alfred Duboc, L'Épopée coloniale en Afrique occidentale française, , 16 p.
  11. Victor Nicolas, Le livre d'or de l'infanterie de la marine, Volume 1, , 171 p.
  12. Pierre Gentil, Les troupes du Sénégal de 1816 à 1890, Nouvelles Éditions Africaines, , 85 p..
  13. Nicolas 1891, p. 171.
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