Bataille de Mers-el-Fahm

Bataille de Mers-el-Fahm
Informations générales
Date 1603
Lieu Actuelle Azeffoun
Issue Victoire algérienne
Belligérants
Régence d'Alger
Royaume de Koukou
Empire espagnol
Commandants
Selimane Pacha
Prince Abdallah
Vice-roi de Majorque
Père Matthieu
Forces en présence
Inconnues 4 galères
Plus de 100 hommes[1],[2],[3]
Pertes
Inconnues 80 morts[2]

Conflits algéro-hispaniques

La bataille de Mers-el-Fahm, également appelée massacre de Mers-el-Fahm, constitue une attaque surprise soigneusement orchestrée par Selimane Pacha, en collaboration avec Prince Abdallah, neveu du roi de Koukou. Dans un contexte de tensions croissantes avec l’Empire espagnol, Abdallah feint de coopérer avec les Espagnols en leur promettant l’autorisation d’installer des garnisons dans le village côtier d’Azeffoun. Toutefois, une fois leur confiance obtenue, il ordonne leur massacre, trahissant ainsi son engagement après avoir reçu la promesse d'une importante somme d’argent de la part de la Régence d’Alger.

Histoire

Un homme religieux du nom de Père Matthieu fut esclave au royaume de Koukou pendant de nombreuses années, allant jusqu’à apprendre la langue locale. Il se rapprocha alors du gouverneur de Zeffoun (Azeffoun), Prince Abdallah, également neveu du roi de Koukou. Profitant de l’indépendance de Koukou vis-à-vis d’Alger, Matthieu élabora avec lui un plan visant à permettre l’accès militaire des garnisons espagnoles. Abdallah promit ainsi d’ouvrir aux Espagnols l’entrée de Mers-el-Fahm (en arabe : مرسى الفحم, romanisé : Marsā al-Faḥm).

Toutefois, le Diwan d’Alger découvrit ce complot grâce à ses espions. Selimane Pacha mobilisa alors une armée et assiégea Azeffoun, contraignant Abdallah à se rendre. Selimane exigea ensuite d’Abdallah qu’il massacre la garnison espagnole dès son arrivée à Mers-el-Fahm, lui promettant un soultani pour chaque tête de chrétien, et 200 soultani pour la tête de Matthieu. Abdallah accepta cette offre[1],[2],[3].

Le Père Matthieu arriva avec quatre galères commandées par le vice-roi de Majorque, accompagné de cent hommes. À leur arrivée, Abdallah s’employa à leur offrir un accueil honorable afin de les mettre en confiance. Matthieu s’enquit alors du sort du fils du roi de Koukou, qui devait être remis aux Espagnols en tant qu’otage. Abdallah lui répondit que son cousin était retenu dans une forteresse, et l’invita à le suivre pour aller le récupérer.

Pris de soupçon, Matthieu tenta de regagner ses galères, mais il fut attaqué par les Kabyles et massacré. Le vice-roi de Majorque parvint à se replier vers le large, abandonnant Matthieu et ses 80 hommes, qui furent tués par Abdallah et ses troupes[2],[4],[3],[5].

Après avoir apporté les têtes à Alger, Selimane Pacha ne donna rien à Abdallah[1],[2],[3], prétextant qu'Abdallah aurait dû amener les esclaves vivants afin qu'ils puissent être détenus ou vendus comme esclaves[4].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Mers-el-Fahm » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 Adrien Berbrugger, Les époques militaires de la Grande Kabilie, Bastide, , 106–109 p. (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 Henri Fournel, Richesse minérale de l'Algérie: accompagnée d'éclaircissements historiques sur cette partie de l'Afrique septentrionale, Imprimerie nationale, (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 Jules Liorel, Kabylie du Jurjura: Races berbères. Préf. de Émile Masqueray, Leroux, (lire en ligne)
  4. 1 2 Ernest Mercier, Histoire de l'Afrique Septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française (1830) par Ernest Mercier, Ernest Leroux, (lire en ligne)
  5. H. D. de Grammont, Histoire d'Alger sous la domination turque (1515-1830), (lire en ligne)

Voir aussi

Articles connexes

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