Bourgogne (AOC)
| Bourgogne | |
Le vignoble de la combe Lavaux, à Gevrey-Chambertin. | |
| Désignation(s) | Bourgogne |
|---|---|
| Appellation(s) principale(s) | bourgogne, bourgogne côte-d'or, bourgogne hautes-côtes-de-beaune, bourgogne-côtes-du-couchois, bourgogne hautes-côtes-de-nuits, bourgogne chitry, etc. |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1937 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Localisation | Yonne, Côte-d'Or, Saône-et-Loire et Rhône |
| Climat | tempéré océanique à tendance continentale |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie plantée | 3 100 hectares (en 2023)[1] |
| Cépages dominants | pinot noir (pour les rouges et les rosés) et chardonnay (pour les blancs) |
| Vins produits | 55 % rouges, 44 % blancs et 1 % rosés |
| Production | 187 278 hl (en 2023)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 5 000 pieds par hectare[2] |
| Rendement moyen à l'hectare | 59 en rouge/rosé et 63 en blanc (en 2023)[1] |
Le bourgogne[n 1] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit dans les départements de l'Yonne, de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire et du Rhône.
Il s'agit d'une AOC régionale, elle est donc commune à tout le vignoble de Bourgogne et du Beaujolais ; elle comprend quatorze dénominations (bourgogne montrecul, bourgogne hautes-côtes-de-beaune, etc.) et quatre produits (rouge, blanc, rosé ou clairet, nouveau ou primeur).
Histoire
Création de l'appellation
La création des appellations d'origine par la loi du oblige les producteurs et le commerce à donner aux vins des noms conformes à leur origine[3], ce qui entraine la limitation par décision de justice du [4] de l'appellation bourgogne (qu'on pouvait compléter d'un nom de commune) aux seuls vins réalisés avec du pinot noir ou du chardonnay, le gamay étant seulement utilisé pour la fabrication du passe-tout-grains et du grand ordinaire (ce dernier renommé ensuite coteaux-bourguignons).
Quinze premières appellations communales bourguignonnes sont créées en 1936-1938, pour protéger un nom de produit et le réserver à la production d'un territoire délimité, dans le souci de lutter contre les fraudes[5]. C'est le décret du qui établit le premier cahier des charges de l'appellation bourgogne : ce vin peut être produit sur l'ensemble de la Bourgogne viticole, définie comme « exclusivement constituée par les départements de la Côte-d'Or, de l'Yonne, de Saône-et-Loire et par l'arrondissement de Villefranche-sur-Saône dans le département du Rhône » (c'est-à-dire le vignoble du Beaujolais), y compris toutes les parcelles classées en appellations communales ; il s'agit alors soit d'un vin rouge, produit à partir de pinot noir, pinot lièbault, pinot beurot, césar, tressot (ces deux uniquement dans l'Yonne), pinot Renevey (toléré pour encore 15 ans), pinot blanc, chardonnay (ces deux limités à 15 % de l'assemblage), ou gamay noir à jus blanc (ce dernier uniquement en Saône-et-Loire et dans le Rhône), soit d'un vin blanc, à partir de pinot blanc et chardonnay (dit beaunois ou auboine) ; le rendement est limité à 45 hectolitres par hectare (en moyenne sur cinq ans)[6].
Modifications majeures
En 1943, le régime de Vichy réduit les rendements maximum à 40 hl/ha pour le bourgogne[7], puis créé une appellation spécifique pour les effervescents, appelé le bourgogne mousseux (alors en blanc, rouge ou rosé, avec comme cépages ceux du bourgogne ordinaire)[8].
En 1961, l'appellation peut désormais être complétée sur les étiquettes par deux mentions, « Hautes-Côtes-de-Beaune » (bourgogne hautes-côtes-de-beaune) et « Vin fin des Hautes-Côtes-de-Nuits » (bourgogne hautes-côtes-de-nuits), pour les vins produits sur treize communes dans le premier cas et quinze dans le second[9].
En 1990, c'est au tour du bourgogne côte-chalonnaise sur une partie de la Saône-et-Loire ; puis en 1993 des « sous-régions » (on utilise ensuite le terme de « dénominations géographiques ») bourgogne-côte-d'Auxerre, bourgogne chitry, bourgogne coulanges-la-vineuse, bourgogne irancy, bourgogne épineuil, bourgogne-la-chapelle-notre-dame (à Ladoix-Serrigny), bourgogne montrecul (à Dijon), bourgogne le chapitre (à Chenôve) et bourgogne rosé ou clairet[10]. En 1996, se rajoute le bourgogne côte saint-jacques (ne concernant qu'un coteau à Joigny)[11]. En 1999, l'irancy devient une appellation à part entière[12].
En 2000, une nouvelle dénomination se rajoute, le bourgogne-côtes-du-couchois (limité à six communes du Couchois, en Saône-et-Loire) ; en 2006, le bourgogne tonnerre ; enfin en 2017, dernier en date, le bourgogne côte-d'or (limité au vignoble de la Côte-d'Or).
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte de l'aire de production du bourgogne (mais y manque le Beaujolais) | |
| Aire parcellaire de l'appellation | |
L'appellation bourgogne est une appellation régionale, soit une appellation d'origine contrôlée (AOC) produite dans l'ensemble du vignoble de Bourgogne.
Son aire de production couvre 55 communes de l'Yonne, 91 de la Côte-d'Or, 154 de Saône-et-Loire et 85 du Rhône[2].
En 2023, les surfaces plantées produisant pour l'appellation sont (sans comptabiliser les différentes dénominations géographiques) de 1 748 hectares[n 2] en rouge, 1 326 ha en blanc et 26,5 ha en rosé ou clairet[1]. En 2008, le total était de 2 657,91 hectares, dont 1 811 ha en rouge (planté principalement en pinot noir) et de 846 ha en blanc (planté principalement en chardonnay)[13].
Encépagement
Pour produire du vin rouge, l'appellation n'autorise théoriquement que le pinot noir, mais le cahier des charges autorise en cépages accessoires (limités à 15 % en assemblage) les chardonnay, pinot blanc, pinot gris, césar (limité à 10 %, uniquement dans l'Yonne), gamay (limité à 30 %, uniquement dans les crus du Beaujolais).
Pour produire du vin blanc, les cépages principaux autorisés sont le chardonnay et le pinot blanc, avec en cépage accessoire le pinot gris.
Pour produire du vin rosé, les cépages principaux sont le pinot noir et le pinot gris, avec en cépages accessoires les pinot blanc, chardonnay et césar (ce dernier uniquement dans l'Yonne)[2].
Dénominations géographiques
Au sein de l'appellation bourgogne, quatorze vignobles ont droit à une dénomination géographique se rajoutant sur les étiquettes au nom de l'appellation :
- bourgogne chitry ;
- bourgogne côte-chalonnaise ;
- bourgogne-côte-d'Auxerre ;
- bourgogne côte-d'or ;
- bourgogne côte saint-jacques ;
- bourgogne-côtes-du-couchois ;
- bourgogne coulanges-la-vineuse ;
- bourgogne épineuil ;
- bourgogne hautes-côtes-de-beaune ;
- bourgogne hautes-côtes-de-nuits ;
- bourgogne-la-chapelle-notre-dame ;
- bourgogne le chapitre ;
- bourgogne montrecul ;
- bourgogne tonnerre.
Production et rendements
En 2023, la production (sans comptabiliser les différentes dénominations géographiques) a été de 102 577 hectolitres[n 3] de bourgogne rouge (55 %), de 83 131 hl de bourgogne blanc (44 %) et de 1 570 hl de bourgogne rosé ou clairet (1 %)[1].
La production totale est en moyenne sur 2004-2008 de 149 585 hectolitres (ce qui correspond à vingt millions de bouteilles), soit 53 858 hl en blanc (sept millions de bouteilles) et 95 727 hl en rouge (treize millions de bouteilles)[13].
Les rendements autorisés sont parmi les plus élevés de toutes les appellations du vignoble de Bourgogne : 60 hl/ha pour les rouges et rosés, ainsi que 68 hl/ha pour les blancs, avec comme rendements butoirs 69 en rouges/rosés et 77 en blanc[2]. Les rendements réels ont été en 2023 de 59 hl/ha en rouge, de 63 en blanc et de 59 en rosé[1].
Types de vins, gastronomie et températures de service

Les vins rouges sont plutôt légers et fruités, mais typés selon les terroirs où il est produit. Il devrait s'accorde bien par exemple avec du jambon persillé, de la charcuterie… Se servent entre 14 et 16 degrés et se gardent entre deux et six ans.
Les vins blancs sont souples et aromatiques. Ils s'accordent bien par exemple avec une cassolette d'escargots. Ils se servent entre 10 et 12 degrés et se gardent entre deux et cinq ans.
Notes et références
Notes
- ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- ↑ Un hectare = 10 000 m² = 24 ouvrées.
- ↑ Un hectolitre (hl) = 100 litres = 133 bouteilles.
Références
- 1 2 3 4 5 6 « Déclaration de récolte et de production 2023 (campagne viticole 2023-2024) », sur douane.gouv.fr, .
- 1 2 3 4 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « bourgogne » », sur www.cavb.fr, publié au JORF du ; il remplace celui du décret no 2011-1615 du , avec auparavant le « décret n° 2009-1252 du 16 octobre 2009 ».
- ↑ Loi du 6 mai 1919 relative à la protection des appellations d'origine, publiée au Journal officiel du page 4726.
- ↑ François Legouy, « La renaissance du vignoble des Hautes-Côtes de Beaune et des Hautes-Côtes de Nuits », Annales de géographie, Paris, Armand Colin, vol. 109, nos 614-615, , p. 459-472 (lire en ligne).
- ↑ Recueil des décrets d'appellations contrôlées promulgués du 8 décembre 1936 au 31 août 1938, Paris, CNAO, coll. « Bulletin du Comité national des appellations d'origine des vins et eaux-de-vie », , 178 p. (lire en ligne), p. 110-113.
- ↑ « Décret du 31 juillet 1937 relatif à l'appellation d’origine contrôlée « Bourgogne » », publié au Journal officiel du , p. 9072.
- ↑ « Décret no 625 du 16 mars 1943 modifiant les conditions de contrôle des vins à appellations d'origine contrôlées », publié au Journal officiel de l'État français du , p. 635-639.
- ↑ « Décret du 16 mars 1943 "BOURGOGNE-MOUSSEUX" », publié au JOÉF du , p. 850-851.
- ↑ Décret du 4 août 1961 concernant l'appellation contrôlée « Bourgogne », publié au JO du , p. 7521.
- ↑ « Décret n° 93-499 du 26 mars 1993 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Bourgogne » », publié au JORF no 73 du .
- ↑ « Décret n° 96-570 du 25 juin 1996 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Bourgogne » », publié au JORF no 148 du .
- ↑ Décret du 26 février 1999 relatif à l'appellation d'origine contrôlée "Irancy".
- 1 2 « Fiche de l'appellation en 2009 »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) sur le site du BIVB.
Voir aussi
Bibliographie
- Jean-François Bazin, Histoire du vin de Bourgogne, Paris, Gisserot, 2002.
- Jean-François Bazin, Dictionnaire universel du Vin de Bourgogne, Chennevières-sur-Marne, Presse du Belvédère, 2010.
Articles connexes
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