Hémangiome caverneux

L’hémangiome caverneux, également appelé angiome caverneux, malformation vasculaire ou cavernome, est un type de malformation des vaisseaux sanguins du cerveau résultant d’une dysmorphogenèse endothéliale provenant d’une lésion présente dès la naissance. Les vaisseaux deviennent anormalement dilatés[1]. Lorsqu’un cavernome est localisé dans le cerveau, on parle de malformation caverneuse cérébrale (ou CCM pour cerebral cavernous malformation)[2].

Cette malformation est le plus souvent asymptomatique, mais elle peut parfois entraîner divers troubles neurologiques tels que des maux de tête, des crises d’épilepsie, ou des troubles visuels, moteurs ou sensitifs touchant les membres[1]. Son principal danger réside dans le risque de saignement, un risque estimé à ~3 % par an : celui-ci survient généralement à l’intérieur du cavernome, mais peut également s’étendre au tissu cérébral environnant et provoquer une hémorragie cérébrale[1].

Bien qu’il soit désigné comme un hémangiome, l’hémangiome caverneux est une affection bénigne (mais non dénuée de risques), et non une tumeur maligne, car il ne présente pas d’hyperplasie endothéliale. L’hémangiome caverneux est la tumeur bénigne de l’orbite la plus fréquente chez les adultes[3]. Le tissu anormal ralentit le flux sanguin à travers les cavités, ou « cavernes ». Les vaisseaux sanguins ne forment pas les jonctions nécessaires avec les cellules environnantes et le soutien structurel assuré par le muscle lisse est défaillant, ce qui entraîne des fuites dans les tissus environnants. C’est cette fuite de sang (hémorragie) qui provoque une variété de symptômes associés à cette affection.

Cavernome portal

Le cavernome portal, c'est l'ensemble formé par les vaisseaux collatéraux qui se forme en cas d’obstruction de la veine porte.

Cet ensemble de vaisseaux collatéraux se développe à partir de petits vaisseaux préexistants du système porte mais prend une taille et un trajet contourné exagérés. Il prend naissance du système porte en amont de l’obstacle et retourne au système porte en aval de l’obstacle. Il permet donc de rétablir, dans une certaine mesure, le flux portal vers le foie, mais au prix d’une résistance augmentée.

Il est donc toujours accompagné d’une hypertension portale.

La principale cause du cavernome de la veine porte est la thrombose.

C’est donc un synonyme de thrombose chronique de la veine porte.

Cavernome cérébelleux

Cette malformation, souvent congénitale, se situe sur l' un des hémisphères du cervelet. les troubles ressentis sont de la fatigue oculaire, des vertiges, et une sensation d'ébriété permanente. la microchirurgie par exérèse est pratiquée pour les cavernomes de taille conséquente. C'est une masse ronde.

Symptômes

Les cavernomes, plus fréquemment observés chez les femmes d’âge moyen, sont dans la majorité des cas asymptomatiques[4]. Lorsqu’un cavernome est situé dans le cerveau, il peut provoquer divers symptômes neurologiques, en fonction de sa localisation et de sa taille. Les signes les plus fréquents sont les maux de tête, les crises d’épilepsie (présentes chez environ 50 % des patients)[5], les troubles de la mémoire et de la concentration, ainsi que des déficits neurologiques focaux (dans environ 25 % des cas)[5],[2]. Ces derniers peuvent inclure une faiblesse ou un engourdissement d’un membre, des vertiges, des troubles de l’équilibre, des difficultés d’élocution ou encore une vision double.Dans certains cas, une hémorragie cérébrale peut survenir. Bien que la plupart des saignements soient de faible volume, ils peuvent parfois être sévères, mettant en jeu le pronostic vital ou laissant des séquelles durables[2]. Une compression des structures cérébrales peut également entraîner des complications graves telles que des crises d’épilepsie incontrôlées ou des troubles cognitifs marqués.

Lorsque le cavernome touche l’orbite ou les structures oculaires, il peut perturber le fonctionnement des muscles extraoculaires ou du nerf optique. Cela se manifeste par une vision double, une protrusion progressive de l’œil (proptose), une baisse de l’acuité visuelle ou d'autres altérations visuelles pouvant aller jusqu'à la cécité partielle ou complète[6].

Dans le foie, les cavernomes sont généralement silencieux et découverts de manière fortuite. Cependant, certains patients peuvent ressentir une douleur dans la partie supérieure droite de l’abdomen, une sensation de satiété précoce, une perte d’appétit, des nausées ou des vomissements[7],[8].

Traitement

L'ablation du cavernome est chirurgicale, éventuellement aidée par un système robotisé.Les lésions asymptomatiques peuvent ne pas nécessiter de traitement, mais doivent être surveillées en cas de changement de taille. Une variation de la taille des lésions situées au niveau du nez, des lèvres ou des paupières peut être traitée à l'aide de médicaments stéroïdiens afin d'en ralentir la progression[9]. Les stéroïdes peuvent être administrés par voie orale ou injectés directement dans la tumeur. L'application de pression sur la tumeur peut également contribuer à réduire l'enflure au niveau de l'hémangiome. Une intervention appelée sclérothérapie, qui utilise de petites particules pour obstruer l’apport sanguin, favorise la réduction de la taille de la tumeur ainsi que la diminution de la douleur[9] ; cependant, il est possible que la tumeur reforme un réseau vasculaire après cette procédure. Si la lésion causée par l’hémangiome caverneux détruit les tissus sains environnants ou si le patient présente des symptômes majeurs, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour retirer le cavernome par fragments[3],[9]. Une complication fréquente de cette opération est l’hémorragie et la perte de sang[9]. Il est également possible que l’hémangiome réapparaisse après son ablation. Un AVC ou un décès constitue un risque potentie[2]l.

Les traitements des hémangiomes caverneux cérébraux comprennent la radiochirurgie ou la microchirurgie. Le choix du traitement dépend de la localisation, de la taille, des symptômes présents ainsi que des antécédents d’hémorragie liés à la lésion[10]. La microchirurgie est généralement privilégiée lorsque l’hémangiome caverneux cérébral est superficiel dans le système nerveux central, ou lorsque le risque de lésions aux tissus environnants dues à l’irradiation est trop élevé. Une hémorragie importante accompagnée d’une dégradation de l’état du patient, ou des symptômes persistants (comme des crises d’épilepsie ou un coma), constituent d'autres indications en faveur d’une intervention microchirurgicale[2]. La radiothérapie par gamma knife est la technique de radiochirurgie la plus utilisée ; elle permet d’administrer une dose de radiation précise à l’hémangiome caverneux cérébral tout en épargnant relativement les tissus avoisinants[11]. Les recherches sur l’utilisation de ces approches thérapeutiques pour les hémangiomes caverneux situés dans d’autres régions du corps restent limitées.

Prognostique

Quelques études ont tenté de fournir des informations sur l’évolution de la maladie. Deux d’entre elles indiquent que chaque année, moins d'un pourcent des personnes atteintes d’un cavernome cérébral sans antécédent d’hémorragie, mais présentant des symptômes tels que des crises d’épilepsie, subissent un saignement[12]. En revanche, les patients ayant déjà connu un épisode hémorragique lié à leur cavernome cérébral présentent un risque accru de récidive. Les statistiques à ce sujet varient considérablement, allant de 4 % à 25 % par an[2]. Le risque de saignement est en moyenne estimé à environ 3 % par an et ce risque tend à diminuer avec le temps en l'absence de récidive[1]. Cependant, lorsque les hémangiomes caverneux sont entièrement retirés, le risque de repousse ou de nouvelle hémorragie est très faible[1]. Une guérison complète est possible si l’ablation est totale[12],[1]. Les données disponibles sur l’espérance de vie des patients atteints de cette malformation sont insuffisantes pour permettre une estimation représentative.

Le risque individuel de saignement est un critère essentiel dans la décision thérapeutique. Des complications postopératoires peuvent néanmoins survenir, notamment des déficits neurologiques transitoires, des crises d’épilepsie post-opératoires, ou des infections[1]. La surveillance post-chirurgicale est intensive dans les premiers jours pour prévenir et traiter rapidement toute complication[1].

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Cavernome cérébral (angiome caverneux) | Fiche santé HCL », sur www.chu-lyon.fr (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 (en) « Cavernoma », sur nhs.uk, (consulté le )
  3. 1 2 P. -A. Aymard, B. Langlois, M. Putterman et P. -V. Jacomet, « Prise en charge des hémangiomes caverneux orbitaires – évaluation des voies d’abord chirurgicales : à propos de 43 cas », Journal Français d'Ophtalmologie, vol. 36, no 10, , p. 820–829 (ISSN 0181-5512, DOI 10.1016/j.jfo.2013.04.009, lire en ligne, consulté le )
  4. « Cavernous Hemangioma - an overview | ScienceDirect Topics », sur www.sciencedirect.com (consulté le )
  5. 1 2 Edward R. Smith, « Cavernous Malformations of the Central Nervous System », New England Journal of Medicine, vol. 390, no 11, , p. 1022–1028 (ISSN 0028-4793, DOI 10.1056/NEJMra2305116, lire en ligne, consulté le )
  6. (en-US) NYECC, « Cavernous Hemangioma of the Orbit » New York Eye Cancer Center », sur New York Eye Cancer Center, (consulté le )
  7. « UpToDate », sur www.uptodate.com (consulté le )
  8. (en) « Liver hemangioma-Liver hemangioma - Symptoms & causes », sur Mayo Clinic (consulté le )
  9. 1 2 3 4 « Hemangiomas - Vascular Malformations - OrthoInfo - AAOS », sur www.orthoinfo.org (consulté le )
  10. (en) Michiel H. F. Poorthuis, Catharina J. M. Klijn, Ale Algra et Gabriel J. E. Rinkel, « Treatment of cerebral cavernous malformations: a systematic review and meta-regression analysis », Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, vol. 85, no 12, , p. 1319–1323 (ISSN 0022-3050 et 1468-330X, PMID 24667206, DOI 10.1136/jnnp-2013-307349, lire en ligne, consulté le )
  11. Moo Seong Kim, Se Young Pyo, Young Gyun Jeong et Sun Il Lee, « Gamma knife surgery for intracranial cavernous hemangioma », Journal of Neurosurgery, vol. 102 Suppl, , p. 102–106 (ISSN 0022-3085, PMID 15662789, DOI 10.3171/jns.2005.102.s_supplement.0102, lire en ligne, consulté le )
  12. 1 2 (en) « Cavernoma », sur nhs.uk, (consulté le )

Articles connexes

Liens externes

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