Château de Charmes-sur-l'Herbasse

| Type | |
|---|---|
| Nom complet |
Domaine et château de Charmes |
| Patrimonialité | |
| État de conservation |
En cours de sauvegarde |
| Site web |
| Localisation |
|---|
| Coordonnées |
45° 08′ 59″ N, 5° 00′ 54″ E |
|---|

Le château de Charmes-sur-l'Herbasse est situé à Charmes-sur-l'Herbasse dans le département français de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.
L'édifice occupe une position typique des constructions féodales : il surplombe la vallée de l'Herbasse afin d'assurer surveillance et défense du territoire.
Situation et accès
Le château de Charmes-sur-l'Herbasse est situé dans la commune du même nom. Érigé au nord du bourg qu'il domine, il offre une belle vue sur la région naturelle de la Drôme des collines, à environ 25 kilomètres au nord de Valence.
Le site est accessible à pied ou en voiture par une petite route qui monte en lacet, dénommée route du château. Cette route permet également d'accéder aux hameaux du Devès, des Guerrènes et des Huchauds, selon les références toponymiques fournies par le site géoportail de l'Institut géographique national[1].
Historique

Le château fut construit au XIe siècle sur l'emplacement supposé d'une tour en bois et d'une enceinte édifiée au Xe siècle[2].
À la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle, le château a appartenu à Imbert de Batarnay (1438?-1523), qui y serait né et y séjourna dans sa jeunesse. Ami puis chambellan de Louis XI, il a été un conseiller très influent des rois de France Charles VII, Louis XII et François Ier[3]. À la Renaissance, des travaux sont entrepris pour transformer ce qui était un petit château fort en un agréable manoir Renaissance. Les vieilles ouvertures sont murées, de larges fenêtres à meneaux sont percées et des portes en rez-de-chaussée sont créées. Un aménagement intérieur est entrepris, la répartition des niveaux de plancher est modifiée.
Au XVIIe siècle, sous l'impulsion de Jacques Coste, comte de Charmes, premier président du Dauphiné au parlement de Grenoble, et de son épouse Marie-Françoise de Simiane, l'intérieur du château est aménagé, des cheminées de marbre de style classique sont notamment installées dans les pièces du premier étage et du deuxième étage. À la même époque, un décor en grisaille est peint dans le petit oratoire du deuxième étage.
Au XVIIIe siècle, des bassins sont creusés. Ils sont alimentés ainsi que le nymphée par tout un système de captation et d'acheminement des eaux provenant d'une source située à 1,6 kilomètre en amont en direction de Saint-Mury.
Au XIXe siècle, certaines parties du château sont refaites en style néogothique : une porte extérieure au rez-de-chaussée de la façade ouest, la rampe d'appui de l'escalier en pierre ; les boiseries et volets intérieurs de certaines pièces... Un escalier intérieur néogothique en bois est créé.
À la fin du XIXe siècle et jusqu'en 1943, de nombreux propriétaires se succèdent. Le château retrouve une stabilité avec le baron Marc Demarçay (1893-1979) qui le possède de 1943 à 1980. Dans les années 1980, le château a connu quelques interventions peu heureuses, certaines peintures faux marbre, comme celles de l'escalier de pierre, ayant été couvertes de peinture unie, et le dallage de la cuisine ayant été refait avec du ciment. L'édifice a cependant été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1986[4]. À partir de l'an 2000, et pendant environ treize ans, le château, inhabité, a été squatté ; ses intérieurs ont été dégradés, ses murs tagués, ses éléments décoratifs volés, certaines de ses cheminées démontées, les tommettes de certains sols arrachées.
En 2017, Nicolas Chenivesse, âgé de vingt ans, est devenu propriétaire du château, avec un associé, et a entrepris sa restauration, aidé par des bénévoles. Les toitures des tours et du donjon ont été réparées. La plus grande partie intérieure du château a été restaurée et meublée avec des objets anciens. Le nouveau propriétaire a pu racheter certains éléments authentiques, comme une porte richement sculptée ; on lui a aussi remis des éléments qui avaient été enlevés du château, comme le buste considéré comme celui de Pierre de Ronsard, provenant de la cheminée du grand salon[5]. Des boiseries et des portes volées ont été sculptées à l'identique ; des cheminées anciennes ont été réinstallées à l'emplacement de celles qui avaient été démontées. À l'extérieur, les bassins ont été remis en état et le parc a été aménagé : des allées sablées ont été tracées ; on a planté des buis et des rosiers anciens. Un bassin quadrilobé, orné de têtes de lions, moulé sur un modèle de la Renaissance italienne, a été installé[5]. Ce domaine privé est ouvert à la visite et des animations y sont régulièrement organisées.
Description
Extérieurs
Ce château se présente sous la forme d'un quadrilatère accompagné de deux tours et de deux poivrières, le donjon (dans lequel on ne peut accéder qu'au deuxième étage car le rez-de-chaussée et le premier ont été condamnés pour une raison inconnue) est accolé à la façade nord. Des souterrains aujourd'hui en grande partie effondrés datent probablement du XIVe siècle. Avec des murs qui ont près de trois mètres d’épaisseur à la base et qui s’enfoncent à six mètres dans le sol, cet édifice se présente comme une construction solide défiant le temps [6].
Il a été relativement peu modifié quant à son aspect général. Les transformations les plus importantes portent sur les ouvertures et les toitures. On remarque sur la façade sud les traces d'une porte et d'une fenêtre à hauteur du premier étage au-dessous des armoiries des Nerpol, encore très lisibles, sculptées en bas-relief : d'argent à la bande de gueules, au chef d'azur chargé de clés d'or en sautoir. Elles sont surmontées d'un heaume.
- Galerie de photos
Façades nord et ouest du château depuis le parc.
Façade sud du château, depuis le parc. Au premier plan, le bassin inspiré de la Renaissance italienne.
Blason des Nerpol, façade sud.
Intérieurs
À l'intérieur, le rez-de-chaussée comporte notamment une salle à manger dotée d'une cheminée sculptée d'un écusson sur lequel sont peintes les armoiries : d'azur aux besants d'or. La pièce est munie de volets intérieurs sculptés de serviettes et elle est lambrissée de boiseries du XIXe siècle, également sculptées de serviettes. Au même niveau, la cuisine présente une vaste cheminée. Le grand escalier, à rampe d'appui néogothique en pierre sculptée, mène au premier étage ; il est éclairé d'une fenêtre dont les vitraux s'ornaient initialement des armoiries des dauphins d'Auvergne (d'or, au dauphin pâmé d'azur) et de celles de la Savoie (de gueules à la croix d'argent).
Au premier étage, la pièce la plus remarquable est le grand salon, doté d'une magnifique cheminée dans le goût Renaissance. Ses boiseries sont richement sculptées, de part et d'autre du foyer, d'un personnage en buste que semble dévorer une tête de loup, sous laquelle est attachée une chute de fruits. Au-dessus du foyer figure un personnage féminin aux jambes végétalisées, ainsi qu'un grand médaillon ovale de feuilles de chêne nouées par des rubans au milieu duquel figure le profil sculpté en pierre d'un homme en buste, lauré, drapé à l'antique. Les extrémités de cette partie supérieure de la cheminée sont sculptées de chutes de fruits attachées à des rubans. Le petit salon comporte, sur la partie inférieure des murs, un lambris dont les manques ont été restitués après 2017 ; le reste des murs est tendu de soieries vertes posées en 2021. À la place de la cheminée, volée lors de l'abandon du château, a été installée une cheminée de marbre blanc veiné de gris, de style Louis XV, provenant d'un appartement de Genève. À cet étage se trouve aussi une chambre d'apparat entièrement lambrissée, dotée d'une cheminée de marbre. Il s'y trouve aussi un boudoir, tendu d'un papier peint aux paons perchés sur des arbustes, fabriqué en Angleterre et posé après 2017. La cheminée, volée, a été remplacée par une cheminée de pierre blanche du XVIIIe siècle.
Au deuxième étage, plusieurs pièces ne sont pas encore restaurées après leur vandalisation au début du XXIe siècle. Quant à l'oratoire, situé dans le donjon, il s'orne de peintures du XVIIe siècle : des rinceaux végétaux en grisaille, et les armoiries de Jacques Coste et de son épouse Marie-Françoise de Simiane sous une couronne de comte. Le retable en bois qui avait été créé pour cet oratoire a été déposé au musée diocésain d'Art Sacré de Mours-Saint-Eusèbe ; le nouveau propriétaire du château espère qu'il reviendra dans l'oratoire. Un tableau représentant saint Sébastien, spécialement peint pour l'oratoire du château, est désormais exposé dans l'église de Charmes-sur-l'Herbasse, située en contrebas du château.
Le troisième étage est divisé en chambres qui étaient habitées par les domestiques ; le mobilier installé après 2017 évoque cet usage.
- Galerie de photos
Blasons accolés de Jacques Coste et de son épouse, dans l'oratoire.
Retable en bois du château, vue de face.
Le retable : blasons de Jacques Coste et de son épouse.
Blasons de Jacques Coste et de son épouse.
Personnage en bois figurant sur le retable.
Personnage en bois figurant sur le retable.
Retable en bois du château, vue de côté.
Notes et références
- ↑ Site géoportail, page des cartes IGN
- ↑ "Il était une fois le Château de Charmes sur l’Herbasse", sur le site Ardèche Hermitage, consulté le 18 mars 2019
- ↑ Bernard de Mandrot, Ymbert de Batarnay, seigneur Du Bouchage, conseiller des rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier (1438-1523), Paris, A. Picard, 1886, IX-404 p. Denis Deroux, Ymbert de Batarnay Le destin d'un dauphinois aux XVe et XVIe siècles, Bathernay, 2007, 188 p.
- ↑ Notice no PA00116908, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- 1 2 « La métamorphose du château de Charmes-sur-l'Herbasse en images », Le Dauphiné libéré, 27 juillet 2021.
- ↑ Site Ardèche Guide "Château de Charmes", consulté le 18 mars 2019
Voir aussi
Bibliographie
- Marie Ginot-Gonnet, Charmes notre village, [Charmes-sur-l’Herbasse], 1981, 182 p.
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à l'architecture :
- Portail des châteaux de France
- Portail de la Drôme
- Portail des monuments historiques français