Château de Saint-Amadour
| Château de Saint-Amadour | |
| Pays | |
|---|---|
| Région historique | Pays de la Loire |
| Commune | La Selle-Craonnaise |
Le Château de Saint-Amadour est un château français situé à La Selle-Craonnaise, dans le département de la Mayenne et la région des Pays de la Loire[1]. Il est situé à 1 200 mètres à l'Est du bourg.
Désignation
- P. de Sancto Amatore, XIIe s. (Cartulaire de l'Abbaye de la Roë, f. 61, 84).
- G. de Saint Amador, 1474 (Bibliothèque nationale de France, lat., 22.450).
- G. de Saint Amadour, 1529 (Bourdigné, Histoire aggrégée, f. 147).
- La seigneurie de Saint Amador, 1543 (Chartrier de Craon).
- La maison seigneuriale de Saint-Amadour, 1706 (Archives départementales de la Mayenne, B. 2.984).
- Saint-Amadou, château (Carte de Cassini).
Histoire
Terre seigneuriale mouvante de l'Ile-Tison, ayant seulement basse justice, mais qui devint au XVIIIe siècle le centre de vastes domaines. Le seigneur avait « fief et usage ès bois de Limet » XIVe siècle. En 1778, le ministre accorda 400 ₶ pour la construction du chemin de Saint-Amadour à Barberelle[1].
Description

Le château, qui date du XVIIe siècle, construit par les Hullin, a sa façade Nord exhaussée sur une terrasse et dominant un paysage étendu magnifiquement boisé. La façade du midi, avec son aile en retour et son salon d'hiver édifié à la fin du XIXe siècle est variée, et donne une vue sur les pelouses, les bosquets, la futaie. Un vaste parc, un quinconce, un étang complètent la décoration[1]. Le château est aux formes rectilignes. Le fronton triangulaire surbaissé devait sans doute occuper le milieu du corps principal dont la moitié seule aura été exécutée[1].
M. Planté a décrit cinq panneaux de tapisseries de haute lice, faisant partie de la série en huit tableaux des Amours de Gombault et Macée. On les dit apportées du Château des Briottières qui appartenait aux La Forêt d'Armaillé. Jacob chez Laban, de l'école flamande, XVIe siècle, et Phaéton foudroyé par Jupiter, XVIIIe siècle, école française, sont signalés par le même auteur[1].
La chapelle, qu'on mentionne en 1547 est supprimée à la fin du XIXe siècle. Au début du XXe siècle, le domaine de Saint-Amadour est devenu avec Victor de Broglie l'un des centres actifs d'où se sont propagées dans le Craonnais les bonnes méthodes de la culture et de l'élevage[1].
La famille de Saint-Amadour est issue de la terre de la Selle-Craonnaise. Elle portait : de gueules à 3 têtes de loup arrachées d'argent, répandue et continuée jusqu'au milieu du XVIIe siècle, en Anjou et en Bretagne ; alliée aux d'Avaugour, de Rieux, de Montmorency, etc[1].
Seigneurs[1]
- Payen de Saint-Amadour et Nicolas, son fils, sont cités vers 1150 au Cartulaire de l'Abbaye de la Roë.
- Payen de Saint-Amadour, 1191, père de Robert et de Macé, fait un don au Prieuré des Bonshommes de Ballots. Payen de Saint-Amadour, témoin au Cartulaire des Bonshommes, 1196, vivait encore en 1225.
- Robert de Saint-Amadour est lui aussi bienfaiteur des moines de la forêt de Craon, 1235.
- Fouquet de Saint-Amadour, écuyer dans la compagnie de Guillaume de Courceriers, à Craon, 1381, vit en 1409. Catherine, Philippe et Olive de Saint-Amadour avaient pour tante Jeanne de Feschal, inhumée à Saint-Nicolas de Craon, 1422.
- Guy de Saint-Amadour traite avec Georges Ier de La Trémoille pour avoir sûreté des Anglais, 1428 ; une partie de ses biens est saisie le par le procureur de Craon, malgré la recommandation du duc d'Anjou.
- Guillaume de Saint-Amadour figure à la Bataille de Saint-Denis-d'Anjou, 1438, à la montre du Lion-d'Angers avec René de Saint-Amadour, le ; eut pour femme Marguerite de Guébriac et maria sa fille, Marie, demoiselle d'Anne de Bretagne, qui lui donna 15.000 ₶, à Gabriel de la Châtre, le .
- François de Saint-Amadour, capitaine de Saint-Aubin-du-Cormier, 1487, prend vingt pieds d'arbres « à maisonner ès forest de Craon, » 1497 ; est cité devant le sénéchal de Craon par Bertrand de Montbourcher, 1501.
- Geoffroy Bouan, mari d'Anne ou Amédée de Saint-Amadour, rend aveu le . Geoffroy Bouan et Anne de Saint-Amadour nomment une cloche à Cesson, 1534.
- Mathurin Bouan, 1567. Il naquit le .
- René (II) de Montbourcher, fils de François de Montbourcher et de Jeanne de Malestroit, marié avec sa lointaine cousine Françoise de Montbourcher du Lion-d'Angers, fut seigneur du Bordage[2], de la Corbière, du Bois de Denazé, de Saint-Amadour. Protestant et chargé par Anne d'Alègre, comtesse de Laval, de défendre Vitré assiégé par les Ligueurs, il mérita les félicitations qu'Henri IV lui envoya le . Sa maison du Bordage avait été pillée par le duc de Mercœur qui voulait se venger de l'échec des siens devant Vitré. Montbourcher en porta plainte devant le parlement de Rennes. Le duc Henri de Montpensier, lieutenant général en Bretagne, lui donna commission pour lever une compagnie de gendarmes le : « En , René de Montbourcher brûle les faubourgs de Vitré. Les soldats violent femmes et filles, pillent l'église Saint-Martin, emprisonnent les prêtres »[3] ; Par lettre du , Henri IV lui confia le gouvernement de Vitré et une compagnie de 50 hommes d'armes. Il était chevalier de l'ordre de Saint-Michel.
- René (III) de Montbourcher, fils aîné du précédent, baptisé en 1578, par Berni, ministre de Vitré, devint seigneur de Poligné, par son alliance le à l'église réformée de Laval avec Elisabeth du Boys de Mayneuf. Ils eurent un fils et cinq filles. Elisabeth, leur troisième fille, qui devait épouser Jean de Montgommery (fils de Gabriel II, fils lui-même de Gabriel Ier de Lorges : cf. le site Geneanet Pierfit), est baptisée le à l'église réformée de Laval.
- Julien Hullin, acquéreur le sur Louis de Champlain, seigneur de Courcelle, mari de Claude Debonnaire, d'où : Jeanne, 1632 ; Pierre, 1633.
- Mathurin Hullin, 1656, mourut à Ballots en 1702, veuf d'Anne Germain et époux de Marie Lemanceau. Ses enfants : Anne, 1655 ; Émerie, 1656, † 1657 ; Anne, 1659, étaient nées à Saint-Amadour.
- Georges Hullin y demeurait en 1690, 1710.
- Louis-Henri de la Forêt d'Armaillé, mari d'Andrée-Éléonore de Jacques de Borde, acquéreur pour 113.000 ₶, le , d'Amélie Hullin, femme d'Auguste Chauvel, seigneur de Souvigné, eut trois enfants : Élisabeth, qui épousa à la Selle-Craonnaise, le , Louis-Charles-Augustin d'Houllières ; Julie-Jeanne-Henriette, mariée dans la chapelle de Saint-Amadour le avec René-Pierre-Guillaume Ayrault, seigneur de la Roche. L'acquisition du était pour une part au nom de Louise Belot de Marthou, veuve de François-Pierre de la Forêt d'Armaillé, sur Gabriel de Scépeaux, seigneur de Chalonge, mari de Madeleine Hullin, au prix de 98.000 ₶, par acte devant Ferron, notaire à Craon. Louise Belot meurt à Angers, âgée de 90 ans, 1774.
- Louis-André de la Forêt d'Armaillé, capitaine de dragons au régiment d'Orléans, 1779, qui épousa le , en la chapelle du château des Briottières, Pauline-Louise-Marie de Lesrat. Aux trois enfants d'Andrée-Eléonore de Borde, décédée à Angers, , et de Louis-Henri de la Forêt d'Armaillé, mort aussi à Angers, .
- Saint-Amadour devint le partage de Gabrielle-Pauline-Louise de la Forêt, comtesse d'Armaillé, chanoinesse de Sainte-Anne de Bavière, qui augmenta le domaine et qui, par son testament, a doté la paroisse d'une église, d'une école et d'un bureau de charité.
- Le duc Victor de Broglie, qui avait épousé le la petite-nièce de Madame d'Armaillé, en a hérité, a réalisé ses intentions et renouvelé Saint-Amadour.
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Notes et références
Sources et bibliographie
- « Château de Saint-Amadour », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)

Références de l'Abbé Angot
- Registre et chronique paroissoissial
- Bibliothèque nationale de France, Clairambault, 10, p. 73 ; P. 1.334/5, f. 196 ; JJ. 232, f. 100.
- Archives départementales de la Mayenne, G. Craon ; E. 147 ; B. 2.295, 2.994, 3.001.
- Bodard, Chroniques craonnaises.
- Bulletin historique de la Mayenne, t. X, p. 58.
- Père Anselme, passim.
- Célestin Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. I, p. 565 ; t. II, p. 210, 462.
- Archives départementales de Maine-et-Loire, E. 3.895.
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