Charles Chaumentin

Charles Chaumentin
Charles Chaumentin dans Le Petit Parisien : supplément illustré ()[1]
Biographie
Naissance
Nationalité

Charles Chaumentin, dit Chaumartin, est un ouvrier, militant anarchiste et indicateur de la police français né le 28 novembre 1857 à Vienne (Isère). Il est surtout connu pour son rôle et sa trahison lors de l'attentat du boulevard saint-Germain, une attaque projetant la France dans l'Ère des attentats (1892-1894) et un événement notable de l'histoire du terrorisme.

Chaumentin trahit ses compagnons, Ravachol, Soubère, Béala et Simon pendant le procès et est finalement acquitté. Son rôle de délateur et sa participation à la condamnation à mort de Ravachol font de lui une figure particulièrement mal vue chez les anarchistes en France.

Biographie

Il fréquente le groupe anarchiste de Saint-Denis où il aurait installé au 15 rue du Pont, selon la police, un petit atelier de fabrication de bombes[2].

Chaumentin est avant tout connu pour sa complicité avec Ravachol, Rosalie Soubère ou encore Joseph Jas-Béala ; il les a en effet accueilli chez lui au 12, place du square Thiers à Saint-Denis[3]. C'est ici qu'il leur présente Charles Simon, un jeune anarchiste parisien qu'il leur décrit comme « connaissant Paris comme sa poche »[4]. Le groupe se radicalise suite à l'affaire de Clichy[5], où la police bat et maltraite des militants anarchistes emprisonnés[6]. Après que le procureur chargé de l'affaire, Bulot, requiert la peine de mort pour les anarchistes incarcérés, et que le juge, Edmond Benoît, les condamne à des peines dures[6], le groupe commence à préparer un attentat visant à assassiner Benoît[6],[7].

Représentation du premier procès où il collabore dans L'Illustration (30 avril 1892) par Paul Renouard

Après l'attentat du Boulevard Saint-Germain, il est arrêté par la police et décide de collaborer avec les autorités, devenant un de leurs principaux témoins. À cause de lui, Simon puis Soubère et Béala sont successivement arrêtés[8]. Ravachol, en fuite, est arrêté peu après, suite à la dénonciation du restaurateur Véry, bientôt cible de l'attentat du Véry pour le punir de sa collaboration avec les autorités, et le groupe est mis en procès[8].

Chaumentin qui collabore avec les autorités, accuse ses complices - ce qui n'empêche pas Ravachol d'assumer la responsabilité de tous les actes, y compris concernant Chaumentin, à qui il cherche à éviter une peine. Il est finalement acquitté[3],[2].

Lors du deuxième procès de Ravachol, Chaumentin est encore un témoin central de l'accusation, par exemple en accusant Soubère et en répétant des propos qu'elle aurait tenus[8]. Celui-ci résulte dans la condamnation à mort de Ravachol[8].

Postérité

Chaumentin est très mal vu par les anarchistes pour sa traîtrise[8]. Par exemple, des conférences anarchistes sont faites au sujet de « l'ignoble délateur Chaumentin »[9].

Références

  1. « Le Petit Parisien. Supplément littéraire illustré », sur Gallica, (consulté le )
  2. 1 2 « CHAUMENTIN Charles, Ferdinand [dit Chaumartin] – Maitron » (consulté le )
  3. 1 2 « L'Univers illustré », sur Gallica, (consulté le )
  4. Merriman 2016, p. 70-75.
  5. (pt) Fabrício Pinto Monteiro, « O anarquista terrorista na imprensa escrita no século XIX », Temporalidades, vol. 1, no 2, , p. 205 (ISSN 1984-6150, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 3 Merriman 2016, p. 70-90.
  7. « Firminy | Histoire : Les anarchistes appelous (2). Joseph Marius Jas-Béala : jugé comme complice dans le procès de Ravachol », sur www.leprogres.fr, (consulté le )
  8. 1 2 3 4 5 Accoce 1998, p. 120-140.
  9. « Chaumentin, Charles "Chaumartin" (1857-....) - Ficedl - Affiches », sur placard.ficedl.info (consulté le )

Bibliographie

  • Pierre Accoce, « « Ils ont eu Sadi Carnot ! » », dans Pierre Accoce, Ces assassins qui ont voulu changer l'Histoire, Plon, (ISBN 978-2259189873, lire en ligne)
  • (en) John M. Merriman, The dynamite club: how a bombing in fin-de-siècle Paris ignited the age of modern terror, Yale, Yale University Press (YUP), (ISBN 978-0-300-21792-6)
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