Chauffer le dehors
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| Nombre de pages |
104 |
| ISBN 13 |
978-2-924898-20-8 |
Chauffer le dehors est un recueil de poésie de Marie-Andrée Gill publié en 2019 aux éditions de La Peuplade. Écrit dans le cadre de son mémoire de maîtrise en en lettres à l'Université du Québec à Chicoutimi[1], il s'agit du troisième recueil publié par l'autrice[2].
Résumé
Composé de poèmes en prose et de courts poèmes en vers, Chauffer le dehors est un recueil autobiographique. Marie-Andrée Gill y retrace le processus du deuil amoureux et tente de répondre à la question : « comment se retrouver dans l'étendue de la fin?[3] » Tandis que le « dedans » surchauffe, la poète trouve dans le « dehors » la réponse à sa peine. Elle se réfugie dans la nature, les saisons, la forêt, les souvenirs du Nitassinan parcouru avec l'être aimé pour guérir.
Le recueil est divisé en quatre sections. Dans « Comme si de rien n’était », la poète explore la nostalgie liée à la relation amoureuse terminée ainsi que les différentes émotions qu'elle fait naître en elle. Dans « Le solfège des tempêtes », il est question de l'impossibilité de vivre le temps présent et les lieux qui l'entoure sans y faire revivre ses souvenirs et l'être aimé. Dans « L’émeute est par en dedans »,c'est le corps et le quotidien qui servent de point de d'ancrage pour échapper à la nostalgie. Enfin, dans « Le futur hausse les épaules », la forêt, l'hiver et l'écriture, deviennent les moyens pour s'approprier à nouveau le territoire, le Nitassinan, et le présent[4].
L'écriture se présente en effet comme une piste de guérison. Non seulement s'agit-il de la seule manière pour la poète de faire revivre l'amour perdu, mais elle lui permet aussi d'expier sa souffrance et d'exister en dehors de la peine d'amour[1].
Thématiques abordées
Dans Chauffer le dehors, Marie-Andrée Gill explore le thème de l'écriture de soi afin de tenter de dépasser la peine qui survient suite à la rupture amoureuse ou du moins de la transposer par écrit[1]. Le «je» poétique est caractérisé par une attention particulière à ce qui relève de l'ordinaire et du quotidien[4]. Le corps et ses plaisirs occupent également une place centrale dans les poèmes du recueil. À travers le partage de sa propre expérience, la poète permet de créer des liens avec des expériences universelles de souffrance, d'amour, de guérison et d'espoir[5].
Dans le contexte actuel, l’écriture de l’intime permet aussi de soulever des enjeux politiques liés à la représentations des personnes autochtone. Ainsi, Gill lie sa démarche autobiographique et intimiste à une approche décoloniale[1]. Elle présente une identité autochtone qui refuse le stéréotype et s'ancre l'universalité de l'expérience[4]. L'identité autochtone est ainsi humanisée, ce qui fait du recueil un discours de résistance et de résilience décoloniales[5].
De même, la forêt ou le territoire sont anticipés dans le recueil sous une perspective d’amour décolonial[6]. Ces endroits deviennent des lieux où il est possible de renouer avec soi et le monde, en dehors des rapports de domination[4]. La poète noue également ce qu'elle appelle le « territoire physique » et le « territoire d'écriture »[1].
Dans Chauffer le dehors, comme dans le reste de son œuvre, Marie-Andrée Gill met de l'avant ce qu'elle appelle l'identité plurielle ilnue. Il s'agit pour elle valoriser la diversité de ses imaginaires culturels. Issue de la communauté ilnue de Mashteuiatsh, à ne pas confondre avec la communauté innue de Shefferville, Sept-Îles et Maliotenam qui constitue un autre sous-dialecte des innus de l'ouest, elle se conçoit aussi comme québécoise, saguenéenne, maternelle, etc[4]. Ces univers participent tous à construire le «je» poétique décolonial.
Adaptations
En 2020, Chauffer le dehors fait l'objet d'une adaptation audio-visuelle dans le cadre du Jardin d'hiver à Québec[7].
En 2023, le recueil est traduit en anglais par Kristen Renee Miller et est publié aux éditions Book*hug Press[8].
Distinctions et prix
- 2020 : Lauréate du prix Artiste de l'année au Saguenay-Lac-Saint-Jean, décerné par le Conseil des arts et des lettres du Québec[9],[10]
- 2020 : Lauréate du Indigenous Voices Award, catégorie published poetry in French[11].
- 2020 : Finaliste du Prix Émile-Nelligan, décerné par la Fondation Émile-Nelligan[12].
- 2019 : Lauréate du Prix littéraire 2019 du Salon du livre du Saguenay-Lac-St-Jean, catégorie poésie / théâtre[13].
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Références
- 1 2 3 4 5 Marie-Andrée Gill, « Chauffer le dehors suivi de Amour transpersonnel et décolonial », constellation.uqac.ca, Université du Québec à Chicoutimi, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ La Peuplade, « La Peuplade : Marie-Andrée Gill », sur La Peuplade (consulté le )
- ↑ La Peuplade, « La Peuplade : Chauffer le dehors », sur La Peuplade (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Chauffer le dehors | EDLD », sur espacedeladiversite.org (consulté le )
- 1 2 Caron, Elizabeth (2021). « Écriture de l’intime et décolonisation dans Béante (2012), Frayer (2015) et Chauffer le dehors (2019) de Marie-Andrée Gill » Mémoire. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en études littéraires.
- ↑ Leanne Betasamosake Simpson, Natasha Kanapé Fontaine et Arianne Des Rochers, Cartographie de l'amour décolonial, Mémoire d'encrier, (ISBN 978-2-89712-565-3)
- ↑ « CHAUFFER LE DEHORS », sur Manif d'Art (consulté le )
- ↑ (en-US) « Heating the Outdoors by Marie-Andrée Gill, translated by Kristen Renee Miller | Book*hug Press », (consulté le )
- ↑ « Marie-Andrée Gill reçoit le Prix du CALQ – Artiste de l’année au Saguenay−Lac-Saint-Jean », sur Conseil des arts et des lettres du Québec, (consulté le )
- ↑ Zone Arts- ICI.Radio-Canada.ca, « Marie-Andrée Gill nommée artiste de l'année au Saguenay-Lac-Saint-Jean », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ (en-US) « 2020 IVAs », sur Indigenous Voices Awards (consulté le )
- ↑ « Prix Émile-Nelligan | Laurence Veilleux », sur Fondation Nelligan (consulté le )
- ↑ « Récipiendaires des Prix littéraires – Salon du livre – Du Saguenay–Lac-Saint-Jean » (consulté le )
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