Classification de la langue catalane

La classification du catalan dans l'ensemble des langues romanes est une question débattue depuis les origines de la linguistique moderne.
Le catalan appartient à la branche romane occidentale des langues indo-européennes[1],[2], mais son classement plus précis dans l’ensemble roman a fait l’objet de plusieurs polémiques, portant sur la question de savoir s’il devait être rattaché au gallo-roman ou à l’ibéro-roman, et s’il devait être considéré comme une langue indépendante de l’occitan ou comme un dialecte de celui-ci[3],[4],[5].
Le fait que la littérature catalane fût écrite en occitan jusqu’au XVe siècle, que certains écrivains contemporains et manifestations populaires revendiquent l'héritage de la langue d’oc médiévale ont contribué à la confusion[6],[5],[4].
Un premier débat a eu lieu autour de 1920, puis il a repris vigueur à partir des années 1960 et 1970, en lien avec l’émergence de la dialectométrie. Il n’est toujours pas tranché, et il est délicat de prétendre y mettre fin, étant donné qu'il n’y a pas de consensus sur la définition de frontière au sein des grands continuums linguistiques, et que les conclusions obtenues sont fondamentalement conditionnées par un choix de critères qui pourront paraître arbitraires en fonction de l’opinion des chercheurs qui les mettent en œuvre[7],[6].
Langue ou dialecte
Plusieurs auteurs de renom ont soutenu que le catalan était un dialecte occitan au cours des premières décennies de la linguistique moderne : les romanistes Wilhelm Meyer-Lübke, Friedrich Christian Diez — considérés comme des pères de la romanistique —, Gerhard Rohlfs[8], Oskar Schultz-Gora (de), Édouard Bourciez, Alfred Morel-Fatio, l’écrivain catalan Manuel Milà i Fontanals — figure phare de la Renaixença, le mouvement de « renaissance » de la langue catalane — et le lexicographe baléare Antoni Maria Alcover — principal impulseur du Diccionari català-valencià-balear —[9],[10],[11],[12],[13]. Dans la première édition de Grammatik der romanischen Sprachen (« Grammaire des langues romanes », 1836), Diez reconnaît 6 langues romanes (italien, roumain, français, provençal, espagnol et portugais)[6].
Toutefois, une série de travaux ultérieurs apportèrent de nouvelles perspectives, ouvrant le débat sur la question de l’hispanité de la langue catalane, hypothèse notamment défendue par le linguiste suisse Heinrich Morf (en), ou d’autres apportant de nouvelles données sur la frontière entre le roussillonnais et le languedocien[12]. Plus tard, le philologue suisse Walther von Wartburg, commentant un travail de Meyer-Lübke, affirmait qu’« il est incompréhensible que le catalan apparaisse ici encore comme un dialecte du provençal. […] on ne peut pas non plus le considérer lié à l’espagnol, car il en diffère autant que le portugais […] ; sans doute il faut le considérer comme une langue spéciale »[12]. De même, Friedrich Diez révisa ses positions dans la deuxième édition de sa grammaire, en 1856[14] ; dans la troisième édition publiée en 1863 il déclare ainsi : « la langue catalane […] n’est pas exactement avec le provençal dans le rapport d’un dialecte ; c’est plutôt un idiome original allié de près à celui-là »[12],[6],[15],[16]. Meyer-Lübke rejoint finalement cette position en 1925 avec la publication de Der Katanische[14].
En 1950, le philologue castillan Vicente Diego de Navarro affirmait qu’une « connaissance superficielle du catalan a propagé l’idée que le catalan est une déformation du provençal, alors que la vérité est qu'il a une physionomie particulière »[17]
L’idée que le catalan est une langue proche mais indépendante de l’occitan fait depuis longtemps l’objet d’un consensus au sein des spécialistes, mais la question de sa classification a fait l'objet d’autres débats et polémiques[6],[18].
Langue gallo-romane ou ibéro-romane
Une bonne partie des traits évolutifs différentiels du catalan par rapport à l’occitan sont communs avec le castillan. Par exemple :
- la conservation du ū latin en u[19] (contre [y] en gallo-roman, sous influence germanique, mais il s’agit d’une évolution relativement tardive en occitan) ;
- réduction de la diphtongue latine au[19], maintenue en occitan et partiellement en ancien français : aucĕllu(m) (« oiseau ») > ocell, contre aucèl en languedocien (aucèu en provençal moderne, ausèth en gascon), oisel en ancien français ;
- palatalisation de -ll- (> [ʎ]) et -n- (> [ɲ]) mais simplification en gallo-roman[19] : vīlla(m) > villa en catalan et castillan, vila en occitan, ville ([ˈvil]) en français ; caballu(m) > cavall ([kəˈβaʎ] ct., [kaˈvaʎ] val.), occitan caval / cavau (mais cavath ou plus résiduellement cavalh en gascon[20]), français cheval.
Sur le plan du lexique, plusieurs termes anciens révèlent une affinité du catalan avec les solutions ibéro-romanes, par exemple : casa « maison », despertar « réveiller », callar « se taire », tia « tante », apagar « éteindre »[21], germà « frère », arena « sable »[22] ou encore l’absence de descendant populaire du latin ungĕre[23]. Au niveau de la morphologie, une différence notable est la quasi-inexistence du système casuel simplifié à deux cas — cas sujet et cas oblique —, bien attesté en français et occitan médiévaux jusqu’au XIIIe siècle, mais dont on ne retrouve que des traces isolées dans quelques textes catalans primitifs, qui sont peut-être des occitanismes[24].
Sur cette base, deux écoles se distinguent au sein des premiers romanistes : celle, majoritaire et représentée notamment par Meyer-Lübke et Antoni Griera (ca), qui, avec des arguments différents, défendent l’affiliation du catalan au groupe gallo-roman, et celle incarnée par Ramón Menéndez Pidal, père de la philologie hispanique, qui rattache le catalan à l’ensemble ibéro-roman[25],[26].
Ce dernier s’appuie sur des « principes géographico-chronologiques » suivant lesquels il affirme que tous les parlers romans de la péninsule Ibérique présentent un ensemble de coïncidences fondamentales dans leur étape initiale de formation. Par exemple, sur le plan du vocalisme, il soutient que, à l’exception du castillan (qui à l’époque n’a qu’une extension très réduite), tous les idiomes de l’Hispanie présentent une unité fondamentale, y compris le mozarabe, pourtant extrêmement peu documenté[26]. Il soutient également que la palatalisation de l- initial en [ʎ] du catalan constitue un trait « fondamentalement hispanique » car il se retrouve également en asturléonais[27].
En 1924, Pierre Fouché, dans sa thèse doctorale consacrée au roussillonnais[28], soutient que « le roussillonnais s’est développé d’une façon qui lui est propre », les influences du languedocien ou des autres parlers catalans n’ayant qu’une part « minime »[29], ce qui conforte l’idée de l’indépendance du groupe catalan, intermédiaire entre les deux blocs[30].
Si en 1927, le linguiste navarrais Amado Alonso soutient que le problème de la classification du catalan est encore ouvert[12], plus tard il se montre plus critique envers les termes mêmes de gallo-roman et d’ibéro-roman : si l’on entend par « ibéro-roman » celui de « langue enclavée en Ibérie ou langue romane de substrat ibérique », dans ce cas le catalan doit être considéré comme une langue ibéro-romane car la thèse inverse, qui fut un temps défendue par Meyer-Lübke — soutenant que le substrat originel de la Tarraconaise avait été substitué par un repeuplement venu de la Narbonnaise au VIIIe siècle dans le cadre de l’invasion omeyyade en France —, ne correspond pas aux connaissances historiques et linguistiques[31].
Selon le linguiste valencien Germán Colón, il fut démontré que cette querelle était vaine et relevait davantage de motivations identitaires que de critères purement linguistiques[32],[8],[33]. Certains participants à la polémique ont suivi une logique qui voulait que le catalan doive être rattaché clairement soit au gallo-roman, soit à l'ibéro-roman[32],[8].
Les traits strictement ibéro-romans du catalan restent néanmoins limités, et l’affiliation à cette branche est difficilement défendable, sauf à se limiter à des critères strictement géographiques[31]. La palatalisation de l- initial commune au catalan et à l'astur-léonais s'explique peut-être par l’influence d’un vieux substrat sorothaptique (indo-européen)[34][page à préciser].
Propositions ultérieures
Par la suite, Gerhard Rohlfs développe une théorie postulant l'unité fondamentale des parlers romans « pyrénéens », schématiquement compris entre l’Èbre et la Garonne (haut aragonais, catalan, gascon et occitan)[26].
Parallèlement, Amado Alonso élabore une thèse plus large encore, selon laquelle le catalan participe d’un vaste ensemble incluant toutes les langues romanes occidentales à l'exception du français (au sens large, c’est-à-dire englobant les langues d’oïl). Selon lui, de la même manière que le roumain occupe une place à part dans l’ensemble roman oriental à cause de circonstances historiques particulières, le français se distingue du reste de la Romania occidentale par une faible romanisation, qui se traduit par une plus grande influence du substrat celtique, ainsi que par une germanisation accrue[35]. Ainsi, selon Alonso « le provençal [occitan], sans cesser d’être gallo-roman, forme un groupe avec le catalan, qui ne cesse pas d’être ibéro-roman, avec le castillan et avec le portugais. Tous réunis, ils forment avec l’italien le groupe des langues fidèles (en comparaison avec le français) au type latin »[35],[36].
Entre les années 1960 et 1970, l’occitaniste et écrivain gascon Pierre Bec élabore une nouvelle classification des langues romanes, autour du concept de « langues occitano-romanes » comme sous-ensemble du gallo-roman divisé en trois parties : occitan (regroupant nord-occitan et occitan moyen), gascon et catalan[37],[7],[6]. Dans des travaux ultérieurs, il prolonge cette idée à travers une « division supralectale » de l’occitan, avec un groupe aquitano-pyrénéen rassemblant le gascon et le catalan[38].
Peu de temps après cette proposition, Henri Guiter, directeur de l’Atlas linguistique des Pyrénées Orientales publié en 1966, qui a marqué un jalon important dans la connaissance des parlers de la zone et confirmé l’existence d’une frontière bien marquée entre roussillonnais et languedocien, l’a vigoureusement rejetée[7].
La taxinomie de Bec permet de résoudre certains écueils de la classification traditionnelle, avec l’avantage notable de donner une place à part au gascon, qui est également problématique de ce point de vue[39]. Elle a rencontré un certain écho, notamment sur les forums, et est de plus en plus fréquemment reprise (en 2010)[39].
D’autres auteurs ont repris le nouveau regroupement élaboré par Bec, mais en envisageant l’ensemble occitano-roman comme séparé du gallo-roman. Ce point de vue est justifié par le consensus sur l’existence d’un substrat relativement uniforme commun au bloc occitano-catalan, et qui n’est pas applicable au gallo-roman. Dans cette optique, les notions traditionnelles de gallo-roman et d’ibéro-roman sont considérés comme « artificielles »[7].
L’idée d’un nouveau découpage peut d’une part être critiquée car elle ajoute une complexité peut-être dispensable, mais elle facilite d’autre part le travail de classification en permettant de faire apparaître certaines affinités difficiles à percevoir d’une autre manière[6].
État de la question
Il est admis que le catalan fait son apparition au sein de la famille gallo-romane et que le catalan littéraire jusqu’au XIIe siècle est profondément influencé par la langue des troubadours, sorte de koinè d'occitan alors connue sous la dénomination de « provençal » ou « limousin », différente de la langue parlée par le peuple[40].
L’idée du philologue catalan Antoni Maria Badia i Margarit de considérer le catalan comme une langue « pont entre la France et la péninsule Ibérique » paraît raisonnable et présente un avantage méthodologique notable, applicable à de multiples autres cas de la Romania, car chercher à qualifier absolument un idiome en termes essentialistes est non seulement difficile mais aussi source d’erreurs[6].
Selon le romaniste allemand Georg Bossong (de) « L’exemple du catalan montre que les problèmes de classification émergent à deux niveaux : au niveau des unités de base devant être classées, à savoir les langues individuelles ; et au niveau de la combinaison de ces unités dans des groupes plus grands. Des problèmes de ces deux types ont lieu dans tous les coins de la Romania »[6].
Le catalan montre une indéniable affinité avec le groupe gallo-roman, mais il présente également une série de traits distinctifs (propres ou ibériques) qui tendent à le faire considérer comme un élément nettement caractérisé au sein de cet ensemble, avec une frontière très compacte que des facteurs géographiques seuls peinent à expliquer et qui invalident l’idée d’une forme d’occitan importée[3]. Si le catalan primitif se différenciait peu de l'occitan[41] et était à strictement parler une « langue d’oc »[42], cette proximité reste difficile à évaluer précisément[43]. Les circonstances politiques, avec l'abandon des territoires occitanophones de la couronne d'Aragon au début du XIIIe siècle accentueront encore l'influence ibérique et contribueront à lui conférer une physionomie distinctive[44]. Dans l’actualité, le catalan est majoritairement décrit comme une langue intermédiaire entre les groupes gallo-roman et ibéro-roman[45],[46], tout en admettant souvent une plus grande affinité avec le premier, surtout dans ses origines[4],[47],[48], ou bien, par certains de ceux qui rejettent la classification traditionnelle, comme un élément du diasystème occitano-roman[39].
Notes et références
- ↑ Lausberg 1965, p. 53-54.
- ↑ Bec 1971, p. 472-473.
- 1 2 « Históricamente el catalán surge en el territorio de la llamada «Catalunya Vella», es decir, en los condados forjados en la Marca Hispánica, dependiente en un principio de los reyes francos, quienes detuvieron el empuje de los musulmanes. Largo se ha debatido, incluso en tiempos recientes, acerca de la procedencia del idioma. Hubo filólogos que defendieron el origen ultrapirenaico, basados en el supuesto de que la invasión musulmana hizo tabla rasa de todo. Así etiquetaron el romance que se habló posteriormente en las tierras que iban a ser Cataluña cual mera importación de los pobladores francos. Esta idea llevaba implícita la inserción en la órbita galorrománica de una lengua geográficamente sita en su mayor parte en la Península Ibérica: de ahí surgió una memorable polémica entre los partidarios del galorromanismo y del iberorromanismo del catalán. No obstante , el mejor conocimiento de la realidad histórica y filológica, y también los datos que nos brinda la toponimia no dejan resquicio a la duda acerca de la autoctonía lingüística en las comarcas del Principado. Primero está el dato de la frontera abrupta en lo fonético, morfológico o léxico entre el catalán y el occitano en la sierra de las Corberes al Norte del Rosellón. » (Colón 1989, p. 40-41).
- 1 2 3 « El català és […] una llengua romànica, tan independent com qualsevol de les seves germanes, en el sentit que des del punt de vista lingüístic, no ha d’ésser representada com a subordinada a cap altra. La seva situació geogràfica en l’angle nord-est de l'antiga Hispània fa que hom pugui trobar en el català trets de les altres llengües romàniques, tant peninsulars com ultrapirinenques […].
L’afirmació d’independència que acabem de fer […] no ha estat sempre compartida pels romanistes. […] considerada llargs anys com a varietat dialectal del provençal, només fa relativament poc temps que ha merescut unànimament la categoria de llengua neollatina independent. Les causes d’aquesta subordinació […] són a) lingüístiques, com el fet evident que una gran majoria de trets evolutius (fonètico-morfològico-sintàctics) i de criteris lèxics són comuns a ambdues llengües, i b) històrico-literàries, per tal com, per la circumstància que els escriptors catalans escrigueren en provençal […] [la llengua literària antiga] presenta freqüents provençalismes. » (Badia i Margarit 1994, p. 4). - 1 2 « Els orígens del català, és a dir, els factors històrics que determinaren la formació d’aquesta llengua, han estat objecte de llargues discussions i no s’han arribat encara a determinar d’una manera segura. L'evident semblança del català amb el provençal havia fet que aquell fos considerat una simple variant o dialecte d’aquest darrer; i la circumstància que s’hagués fet servir el provençal com a llengua de la poesia a Catalunya fins al segle XV semblava confirmar aquella identitat i justificava per a molts el nom de llemosí aplicat al català sobretot pels escriptors valencians. » (de Borja Moll 2006, p. 37)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) The Oxford Guide to the Romance Languages (Adam Ledgeway et Martin Maiden (ed.)), Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0--19-967710-8, lire en ligne), p. 63-65.
- 1 2 3 4 (en) Wendy Ayres-Bennett (dir.) et Janice Carruthers (dir.), Manual of Romance Sociolinguistics, De Gruyter, (lire en ligne), p. 157.
- 1 2 3 « La polémica comenzó […] allá por 1925, […] Gerhard Rohlfs […] llega a su provocadora conclusión : «el catalán es en lo esencial una “dépendance” del provenzal».
Este procedimiento es excesivamente fácil y con un poco de picardía se puede llegar a cualquier conclusión. El léxico catalán se presta a ello. […] no voy a atizar la vieja polémica de la subagrupación, puesto que se trataba de un planteamiento equivocado, cuyos orígenes estaban en los supuestos teóricos de nuestra disciplina. Ésta, por motivos ajenos a la lingüística (que en el fondo se pueden resumir en la fórmula lengua = nación), no otorgaba un puesto entre las lenguas romances; se trataba, pues, de englobarlo en el área de influencia de Francia o de España. Todo eso es absurdo. […]
El catalán, en sus secciones lingüísticas, no es más ni menos dependiente del occitano o del francés que lo es del español. » (Colón 1976, p. 25-27) - ↑ (ca) Xavier Lamuela, Estandardització i establiment de les llengües, Barcelone, Edicions 62, 1994.
- ↑ Pierre Bec (1995) La langue occitane, coll. Que sais-je?, Paris, Presses universitaires de France [1re ed. 1963]
- ↑ (en) Normalization and Encoding of Occitan, Multext-Cataloc, sur le site de l'Université de Provence Aix-Marseille I.
- 1 2 3 4 5 « La identitat originària del català amb el provençal va ser admesa per Milà i Fontanals, Antoni M. Alcover, W. Meyer-Lübke, O. Schultz-Gora, E. Bourciez i A. Moral-Fatio, el qual en la primera edició del Grundriss de Gröber deia així: «El català pertany a la família gal·loromànica i no a la hispànica (castellanoportuguesa); no és tampoc un membre intermedi entre ambdues, sinó una mera variant del provençal; […]» Però quan es va publicar la segonda edició […] J. Saraoïhandy, successor de Morel-Fatio, va suprimir el passatge que acabem de transcriure i el va substituir per aquest altre: «Malgrat les divergències que actualment separen del castellà la llengua parlada avui a Catalunya, creiem que no hi ha suficient fonament per excloure-la del grup de llengües hispàniques.» Aquests punts de vista van ser modificats per B. Schädel en el sentit que el català, format en terra peninsular, va ser transportat a la Septimània (avui el Rosselló) per emigracions de fugitius hispànics que, per escapar ed l’opressió dels invasors sarraïns, van travessar els Pirineus i s’establiren com a colons en aquella regió […] Heinrich Morf en presentava aquesta altra [teoria]: «El català té les seves arrels a Espanya, on passa paulatinament a l'aragonès, com aquest al castellà. S'inclou de la manera més natural en el grup d’idiomes hispànics al llarg dels Pirineus. […]» Un deixeble de Schlädel, el profesor K. Salow, va aportar noves dades a l'estudi de la frontera entre el llenguadocià i el català rossellonès. Les seves conclusions són [que] «L'establiment dels hispani en la frontera lingüística no està suficientment demostrat i no pot argüir-se, donc, per donar-ne una explicació. Les condicions topogràfiques són favorables a l’establiment d’una frontera lingüística a les Corberes, però no arriben a oferir-ne una explicació suficient.» W. vin Wartburg, en la seva ressenya de la 3a edició de l’Einführung de Meyer-Lübke, diu: «És incomprensible que encara aparegui aquí el català com a dialecte del provençal; la inconsistència d'aquesta opinió ha estat […] demostrada plenament […]; el català, però, tampoc no es pot considerar lligat a l’espanyol, ja que en difereix tan com el portuguès […]; sens dubte, cal considerar-lo una llengua especial.» […] Friedrich Diez […] havia dit: «La llengua catalana […] no és pròpiament com un dialecte en relació amb el provençal; es més aviat un idioma independent, en el seu origen molt emparentat amb aquest […].» [El 1927] Amado Alonso va escriure un article contundent […] en què [..] demostra que el problema de l’origen i la classificació del català encara resta en peu. » (de Borja Moll 2006, p. 37-41)
- ↑ (ca) Acadèmia Valenciana de la Llengua, « Dictamen sobre los principios y criterios para la defensa de la denominación y la entidad del valenciano », (consulté le ).
- 1 2 Badia i Margarit 1994, p. 5.
- ↑ Friedrich Christian Diez, Grammaire des langues romanes, (lire en ligne), p. 102.
- ↑ Veny 2006, p. 115.
- ↑ « Un conocimiento superficial del catalán ha extendido la idea de que el catalán es una deformación del provenzal, cuando la verdad es que tiene fisonomía peculiar y cuando la realidad histórica es que no ha sido importado, sino que ha nacido en su propio solar en derivación directa de los gérmenes latinos sedimentados en la romanización de Cataluña. La idea de que el catalán viniera de Francia suplantando a un habla distinta que se hablara y se hubiera producido en Cataluña está tan reñida con todos los razonamientos históricos y lingüísticos, que nadie se atrevería a formularla en términos escuetos. […] El provenzal, nacido en Provenza, ha ejercido influencia en el catalán, nacido en Cataluña, pero las razones de la composición léxica y de la estructura del catalán no pueden buscarse en los elementos de cultura gala, que afluían por otros pasos pirenaicos a Navarra y la misma Castilla. », cité dans de Borja Moll 2006, p. 43.
- ↑ « Declarada i admesa per tots els romanistes la personalitat del català com a llengua neollatina i la seva independència en relació al provençal, hom pot preguntar amb quin dels idiomes veïns té una major afinitat » (Badia i Margarit 1994, p. 6)
- 1 2 3 Badia i Margarit 1994, p. 7.
- ↑ Simin Palay, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes, Éd. du CNRS, Paris, 1980 [3e éd.]
- ↑ Gimeno Betí 2005, p. 18.
- ↑ Badia i Margarit 1994, p. 15.
- ↑ DERom, p. 641-643.
- ↑ Gimeno Betí 2005, p. 19.
- ↑ Menéndez Pidal 1976, § 101-102, p. 495-502.
- 1 2 3 Badia i Margarit 1994, p. 8.
- ↑ Menéndez Pidal 1976, p. 496.
- ↑ (ca) Entrée « Pere Fouché », Gran Enciclopèdia Catalana
- ↑ Pierre Fouché (fac-similé de l'édition de Toulouse publiée en 1924), Phonétique historique du roussillonnais, Genève, Slatkine, coll. « bibliothèse méridionale », , 318 p. (ISBN 2-05-100177-4), p. V
- ↑ « P. Fouché […] s’inclina a considerar el català independentment, com a llengua pont entre el gal·lo-romànic i l'ibero-romànic » (Badia i Margarit 1994, p. 8)
- 1 2 de Borja Moll 2006, p. 42.
- 1 2 « Quienes han insistido durante los últimos cincuenta años, en la afinidad léxica entre el provenzal y el catalán, lo han hecho movidos por el interés en tomar partido en una querella: la de la pertenencia de la lengua catalana a la Galorromania o a la Iberorromanial El famoso y falso problema, conocido con el título de «subagrupación románica del catalán», ha venido siendo tratado casi siempre con argumentos léxicos. » (Colón 1976, p. 24)
- ↑ « La qüestió de si el català és iberoromànic o gal·loromànic té un fort regust de bizantinisme; hom va atribuir a aquest problema una importància excessiva, que els darrers polemistes han reduït a uns límits justos. » (de Borja Moll 2006, p. 43)
- ↑ Ferrando Francés et Nicolàs Amorós 2011.
- 1 2 Badia i Margarit 1994, p. 10.
- ↑ (es) Amado Alonso, Partición de las lenguas románicas de Occidente, 1944, p. 81-101.
- ↑ Bec 1971, p. 472.
- ↑ (oc) Domergue Sumien, « Classificacion dei dialèctes occitans », Revista d’òc, , p. 55 (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 (en) Keith Brown et Sarah Ogilvie, Concise Encyclopedia of Languages of the World, Elsevier Science, (lire en ligne), p. 799.
- ↑ Ferrando Francés et Nicolàs Amorós 2011, p. 61-63.
- ↑ « El primitiu romanç català potser conformà entre els segles VII i VIII i no es diferenciava, sinó dialectalment, dels altres parlars del sud de la Gàl·lia, el conjunt dels quals formava el diasistema occitànic » (Ferrando Francés et Nicolàs Amorós 2011, p. 43)
- ↑ Ferrando Francés et Nicolàs Amorós 2011, p. 64 en font un critère fondamental différenciant le catalan primitif de l'ibéro-roman. Selon Coromines néanmoins (DECat, t. VII, p. 911a 40-47), les deux formes hoc et sí sont toutes deux largement attestées en ancien catalan et il s'agit d'une erreur répandue parmi les spécialistes de soutenir que seul le premier était propre au catalan primitif. Le même auteur souligne également que les deux termes n'étaient pas parfaitement interchangeables, les occurrences de hoc ayant une certaine valeur emphatique, caractéristique des textes dialogués.
- ↑ Ferrando Francés et Nicolàs Amorós 2011, p. 64.
- ↑ Ferrando Francés et Nicolàs Amorós 2011, p. 44.
- ↑ Gramàtica del català contemporani, Joan Solà, Maria-Rosa Lloret, Joan Mascaró, Manuel Pérez de Saldanya (dir.), Editorial Empúries, 2002.
- ↑ (ca) Entrée « català » de la Gran Enciclopèdia Catalana
- ↑ « No tenim dades importants sobre el llatí vulgar de l’extrem oriental d’Hispània […]. Ara bé, en la majoria dels casos en què l’espanyol i el gal·loromànic discrepen, el català s’agrupa amb el gal·loromànic; això prova que el llatí del qual procedeix el català era més afí al llatí de la Gàl·lia que no pas al d’Hispània; i això també explica que, malgrat que tot el territori de parla catalana és a la Península Ibèrica, hagi pogut discutir-se llargament si el català és llengua iberoromànica o gal·loromànica, que hagi estat adscrita per alguns filòlegs al grup gal·loromànic i fins i tot que hagi estat considerada com un simple dialecte del provençal. » (de Borja Moll 2006, p. 46)
- ↑ « D’una cosa, però, sí que hem d’estar segurs: el diasistema llatí del qual procedeix el català és diferent de l'anomenat llatí hispànic, base del portugués i de l’espanyol, i per una altra banda cal dir que el català, l’occità i el francés remunten a un diasistema que anomenarem llatí gàl·lic, aplicant-hi un terme d’estricta tipologia lingüística […]
Per una altra banda, però, el català presenta una sèrie de solucions lèxiques que van d’acord amb l’espanyol i el portugués […]. Finalment, a tot això, hi cal afegir tot un seguit de formes que tan sols tenen vigència en català […]. Altrament, les afinitats morfológiques i sintàctiques de la llengua catalana amb l'espanyol i el portugués són més grans: la pèrdua primerenca del nominatiu és un tret de tota la Península […]. L'ús de l’imperfet d’indicatiu en oracions condicionals, introduïdes sobretot per la conjunció si […], construccions documentades ja en èpoques molt arcaiques, i vivents encara. » (Gimeno Betí 2005, p. 15-19)
Annexes
Bibliographie
- (es) Antoni M. Badia i Margarit (trad. de l'espagnol), Gramàtica històrica catalana [« Gramática histórica catalana »], Valence, Tres i Quatre, coll. « Biblioteca d’estudis i investigacions », , 4e éd. (1re éd. 1951), 412 p. (ISBN 84-7502-111-5)
- Pierre Bec, Manuel pratique de philologie romane : italien, espagnol, portugais, occitan, catalan, gascon, t. 1, Paris, Picard, coll. « Connaissance des langues », , 568 p.
- Pierre Bec, Manuel pratique de philologie romane : français, roumain, sarde,rhéto-frioulan, francoprovençal, dalmate. Phonologie, index, t. 2, Paris, Picard, coll. « Connaissance des langues », , 568 p.
- Pierre Bec, La langue occitane, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », , 3e éd. (1re éd. 1963), 127 p., p. 28
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Articles connexes
Liens externes
- (ca) Esteve Valls et Manuel González, « La subagrupació romànica de la llengua catalana: una aproximació dialectomètrica de base fonètica a l’Atlas Linguistique Roman », Studia Romanica Posnaniensia, nos 43/2, , p. 5-27 (lire en ligne
)
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