Combat de Granville
Le combat de Granville est une bataille navale du Premier Empire qui s'est déroulée le 16 juillet 1805 au sud de l'Île Chausey, au large du Cotentin[1].
Contexte
Alors que la France se préparait à envahir l’Angleterre et concentrait son Armée des côtes de l'Océan dans la région de Boulogne, le ralliement à Boulogne, Etaples, Wimereux et Ambleteuse de plus de 2 000 embarcations de débarquement expédiées de tous les points des côtes de France et de Hollande donna lieu à plusieurs batailles navales dont la majorité se soldèrent par une victoire française. Aussi, malgré leurs efforts les Britanniques ne purent empêcher la mise en place de la flottille de Boulogne.
Déroulé
Le combat oppose une flottille de sept canonnières commandées par le capitaine de frégate Collet à deux bricks de la Royale Navy (Le HMS TEAZER [10 caronades et 4 canons de 18] et le HMS PLUMPER [12 caronades et 2 canons de 18]).
Le capitaine de vaisseau Jacob, qui devint plus tard contre-amiral, était chargé de diriger et d'accélérer les mouvements des divisions de la flottille de Saint-Malo à Cherbourg. De Granville, Jacob aperçut, le 15 juillet au soir, deux corvettes anglaises mouillées à 17 km au large, près des îles Chausey. Jugeant que le temps serait calme durant la nuit, il résolut d'envoyer attaquer ces bâtiments par une section de la flottille en relâche au port de Granville. En conséquence, il donna l’ordre au capitaine de frégate Collet de sortir avec sept canonnières et de se porter à la rame sur les bâtiments anglais pour les prendre d'assaut.
L'attaque se fit de nuit et à la rame afin de profiter au maximum de l’effer de surprise. Collet partit à l'entrée de la nuit. À 2 h 30, le 16, il se trouva à portée de canon des deux bricks qui ouvrirent le feu en demeurant à l'ancre. Les canonnières continuèrent de ramer sur eux pour les aborder, mais le courant ne leur permettait pas d'approcher suffisamment. Elles ripostèrent au feu anglais lorsqu'elles furent à un quart de portée. La canonnade se soutint avec violence durant une heure, au terme de laquelle le HMS PLUMPER amena son pavillon. Le HMS TEASER, obligé de résister seul aux canonnières, n'aurait pas tardé à se rendre également, si un renversement de la marée n'était venu écarter les barques françaises, dont les rameurs étaient d’ailleurs épuisés, ayant manié l’aviron pendant toute la nuit. Collet fit alors mouiller ses canonnières et procura ainsi aux équipages un repos avant de recommencer la bataille.
À 6 h, le courant était devenu moins fort. Collet fit lever l'ancre et se dirigea sur le HMS TEASER qu’il recommença à canonner avec vigueur. À 7h, le HMS TEASER mit à la voile, mais le calme ne lui permettant pas de partir et les canonnières étant parvenues à portée de pistolet, il amena lui aussi son pavillon. À 14h les français rentrèrent triomphalement à Granville avec leurs deux prises.
Conséquences
La Royale Navy perd deux navires et leurs équipages.
- ↑ Jean-Claude Castex, Dictionnaire des batailles navales franco anglaises, Les éditions du Phare-Ouest, , 423 p. (ISBN 978-2-921668-19-4, lire en ligne), p. 192
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