Combat de Gravelines

Le combat de Gravelines est une bataille navale du Premier Empire qui s'est déroulee le 17 juillet 1805 au large de Gravelines, proche de Dunkerque[1].

Contexte

Alors que la France se préparait à envahir l’Angleterre et concentrait son Armée des côtes de l'Océan dans la région de Boulogne, le ralliement à Boulogne, Etaples, Wimereux et Ambleteuse de plus de 2 000 embarcations de débarquement expédiées de tous les points des côtes de France et de Hollande donna lieu à plusieurs batailles navales dont la majorité se soldèrent par une victoire française. Aussi, malgré leurs efforts les Britanniques ne purent empêcher la mise en place de la flottille de Boulogne.

Déroulé

Le combat oppose un convoi de quatre prames et trente deux canonnières commandées par le vice-amiral Ver-Huell à une flotte de blocus de la Royale Navy composée d'un vaisseau rasé, de deux frégates, trois grosses corvettes et 9 bricks sous les ordres de l'amiral Sidney Smith.

Le 17 juillet, le convoi français appareille à 17 h de Dunkerque en direction d'Ambleteuse afin de profiter du vent de nord-est favorable, bien que faible. L'amiral fit marcher sa flottille sur deux lignes, les bâtiments endentés (décalés), de manière à pouvoir tirer tous en même temps vers le large. Il plaça les quatre prames, deux au centre et une à chaque extrémité de la ligne extérieure. Le capitaine Lambour, commandant les prames, prit poste à la tête. Les canonnières furent formées en trois divisions : l'avant-garde et l'arrière-garde, chacune sous le commandement d’un capitaine de vaisseau batave, et le centre, commandé par l'amiral en personne.

Après quatre heures de navigation, parvenu par le travers de Gravelines, le convoi rencontra la croisière anglaise qui s'y trouvait. Les Anglais mirent à la voile, se dirigèrent vers la ligne franco-batave et commencèrent leur feu à grande portée. Le vice-amiral Verhuel ne fit riposter que lorsqu'ils se furent approchés davantage. L'attaque anglaise sur la tête de la ligne ne fut pas très agressive. Ils attaquèrent un peu plus vivement au centre, avant de réunir toutes leurs forces contre l’arrière-garde. Cette partie de la ligne française était protégée par la prame VILLE-DE-GENÈVE, commandé par le lieutenant de vaisseau Boissy.

En peu de temps, deux ou trois canonnières françaises furent désemparées et obligées de s’échouer pour ne pas couler. La prame d’escorte eut elle-même son grand mât cassé et cette avarie ayant gêné sa manœuvre, elle toucha le haut-fond. Alors les bâtiments anglais voulurent en profiter pour l’achever sous les bombes ou la forcer à se rendre. Mais la prame riposta par un feu si dense que les Anglais furent contraints de l’abandonner. Ce voyant, Boissy remit son bâtiment à flot et continua sa route. Vers 23 h, le combat cessa entièrement et les Anglais décrochèrent.

Conséquences

La Royale Navy ne put empêcher le convoi de passer.

Références

  1. Jean-Claude Castex, Dictionnaire des batailles navales franco anglaises, Les éditions du Phare-Ouest, , 423 p. (ISBN 978-2-921668-19-4, lire en ligne), p. 195
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