Confucianisme au Vietnam

Entrée du Temple de la Littérature.

Le confucianisme au Vietnam est présent dès le premier millénaire.

Sa présence est essentiellement sensible sous forme de rituels familiaux suivis par les chinois présents dans la région dans la première moitié du 1er millénaire, puis progressivement par des familles vietnamiennes[1].

Lorsque la dynastie Tang domine le Vietnam à partir du VIIe siècle s'enclenche une phase de plus grande pénétration du confucianisme. Les rituels commencent à être suivis dans les sphères publiques, et la connaissance des textes confucianistes se diffuse. Au début de la dynastie Lý, le confucianisme continue d'influencer les hautes sphères du pouvoir[2], et le Temple de la Littérature est construit en 1070. Cependant à partir de 1096 la dynastie Lý bascule vers le bouddhisme comme doctrine principale. La dynastie Trần qui prend le pouvoir à partir de 1225 renoue avec certaines pratiques confucianistes comme l'entretien d'une académie confucianiste et le recrutement de hauts-fontionnaires à partir d'un concours portant sur les classiques confucianistes. Le lettré Chu Văn An (1292-1370) s'impose comme une des grande figure confucianiste lors de cette période[3]. L'éphémère dynastie Hồ qui dirige le pays de 1400 à 1407 favorise un confucianisme basé sur les écrits de Han Yu ; le retour du pouvoir chinois dans le nord du pays à partir de 1407 va mettre fin à cette influence au profit de celle basée sur les écrits de Zhu Xi, le néoconfucianisme[4].

La Dynastie Lê qui règne sur le Vietnam à plusieurs reprises entre 1428 et 1788 utilise le confucianisme comme un des socles sur lequel appuyer son Etat, et plusieurs princes royaux sont éduqués selon ses principes. L'exécution de rituels confucianistes, la pratique de recrutement des hauts fonctionnaires par concours, et plus généralement l'organisation de l'administration est revue pour correspondre aux principes confucianistes au XVe siècle. Le penseur Nguyên Trai (1380-1442) joue un rôle important au début de la période[4]. Le confucianisme connait cependant un reflux lors du XVIe siècle et pendant la première moitié du XVIIe siècle en raison des crises de régime qui voient plusieurs dynasties se succéder. Il est influant auprès des Trịnh qui dominent le nord du pays jusqu'en 1786, alors que les Nguyễn au sud lui préfèrent le bouddhisme[5]. Le confucianisme vietnamien s'oriente au XVIIIe siècle vers une approche plus concrète, et participe à diffuser les progrès techniques venant de Chine ou d'Europe. Lê Quý Đôn (1726-1784) a une grande influence à cette période[6]. La dynastie Nguyễn qui dirige le pays à partir de 1802 prend elle aussi appui sur le confucianisme pour administrer le pays jusqu'à l'arrivée des français au milieu du XIXe siècle[7].

Sources

Références

Bibliographie

  • (en) Jennifer Oldstone-Moore (dir.), The Oxford Handbook of Confucianism, Oxford University Press, coll. « Oxford Handbooks », , 576 p. (ISBN 9780190906184, présentation en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
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