Connection (film)

Connection
Titre original The Connection
Réalisation Shirley Clarke
Acteurs principaux
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 110 min
Sortie 1961

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Connection (The Connection) est un film américain réalisé par Shirley Clarke adapté d’une pièce de théâtre de Jack Gerber (qui scénarisa également le film) mise en scène par la troupe Living Theater et sorti en 1961.

Conçu comme un documentaire fictif, la caméra suit les pas d'un jeune réalisateur tournant un film avec des musiciens de jazz et des artistes, tous toxicomanes, qui attendent chacun leur dealer d'héroïne : celui-ci se trouve être une même et unique personne, formant donc le lien (the connection) entre tous les protagonistes.

Synopsis

Un écran titre annonce que le film est le résultat d’images trouvées, qui ont été recueillies par le caméraman J.J. Burden, qui travaillait pour le célèbre documentariste Jim Dunn, qui a depuis lors disparu sans laisser de traces.

Dans un immeuble de Greenwich Village, alors que huit amis se morfondent en attendant l'arrivée de leur dealer nommé Cowboy, chacun a accepté de se faire filmer par Jim Dunn et J.J Burden dans le cadre d'un documentaire sur la toxicomanie. Pour passer le temps, quatre d’entre eux commencent à jouer du jazz pendant que que Dunn leur pose tour à tour des questions personnelles. Finalement, Cowboy se présente, le groupe stupéfait de le voir escorter par Sœur Salvatrice, une dame âgée membre de l’armée du Salut, qui ignore leur dépendance à la drogue. Chacun va dans la salle de bain s'injecter la drogue pour éviter d'être vu par elle.

Un peu plus tard, sous la pression du groupe, qui l'accuse de les exploiter, Dunn accepte d’essayer l’héroïne et tombe presque immédiatement malade à cause des effets, qui sont beaucoup plus forts sur lui que sur les autres. Malgré cela, on continue le tournage tout en les encourageant à jouer de manière plus cinématographique. Le réalisateur va jusqu'à dire à Cowboy qu’il a déjà pensé à faire de lui le héros de son film. Pendant ce temps, Leach se plaint à Cowboy que sa dose ne le défonce pas et agacé, le dealer lui donne une nouvelle dose, qu'il s'injecte immédiatement sous les yeux du caméraman. Leach fait alors une overdose mais Cowboy parvient à le ranimer malgré le bad trip qui s'ensuit.

Les hommes qui restent attendent que leur prochaine connexion se présente et tandis que Jim se tourne vers J.J., lui dit que le film lui appartient désormais et va rejoindre les autres toxicomanes qui l’attendent.

Fiche technique

Distribution

Critique presse

L'année de sa sortie, Sight & Sound loue l'usage de la caméra tout au long du film donnant un sentiment inconfortable aux spectateurs[1].

En 1962, The New York Times n'apprécie pas le film disant qu'il y a peu de choses à son sujet pour justifier un intérêt ou le distinguer en tant qu’œuvre d’art cinématographique importante[2].

En 1998, Libération qualifie le film de vrai film de fiction sur un faux documentaire, concentré de la culture poésie-came-jazz de l'époque à métaphore jazzy.

En 1999, le Dictionnaire des drogues, des toxicomanies et des dépendances parle du film aussi saisissant que froid[3].

En 2013, Le Monde rappelle l'historique et le contexte de sortie du film[4]. Slate parle quant à lui d'un film incroyable à l'humour triste[5].

En 2015, Le Jazzophone salue une étouffante plongée en huis clos dans le monde de la junkietude[6]. Pour sa part, The New Yorker parle d'une étape importante du cinéma indépendant et d’un des meilleurs films de jazz[7].

En 2017, The Guardian appréciait et rappelait l'histoire du film[8].

Distinctions

Sauf information contraire, les données contenues dans cette section peuvent être confirmer par Mubi[9].

Festival

Récompense

  • 1961 : Locarno International Film Festival - Lauréat Best First Feature Prize

Sélection

Autour du film

Bien que n'appartenant pas à la sélection officielle, ce film fut présenté au Festival de Cannes en 1961 sous la pression de l'Association Française de la Critique de Cinéma et sera à l'origine de la Semaine internationale de la critique[10]. D'abord censuré par les autorités américaines pour vulgarité et indécence, le film sort finalement aux États-Unis en 1962[11].

Le 4 mai 2012, Milestone Films publie une version restaurée par UCLA Film and Television Archive[12].

Notes et références

  1. (en) BFI, Sight and Sound (1961-07)(BFI)(GB), (lire en ligne)
  2. (en-US) Bosley Crowther, « Screen: 'Connection' Here and Gone:Adaptation of Gelber's Play at the Griffith Controversial Movie Is Shown Only Twice », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  3. Denis Richard et Jean-Louis Senon, Dictionnaire des drogues, des toxicomanies et des dépendances, FeniXX, , 435 p. (ISBN 978-2-03-592013-3, lire en ligne), p. 89
  4. Thomas Sotinel, « Shirley Clarke, l'anti-Hollywoodienne », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  5. Jean-Michel Frodon, « Blanche et noire, la pure beauté de «The Connection» », sur Slate.fr, (consulté le )
  6. Gilbert D'Alto, « Un Film sur le Jazz : The Connection - Le Jazzophone », (consulté le )
  7. (en-US) Richard Brody, « Movie of the Week: “The Connection” », The New Yorker, (ISSN 0028-792X, lire en ligne, consulté le )
  8. (en-GB) by our Film Critic, « Experimental director Shirley Clarke on her film about drug addiction – archive, 1961 », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  9. « Connection (1961) Prix & Festivals », sur mubi.com (consulté le )
  10. « The Connection - de Shirley Clarke (1961) », sur www.centrepompidou.fr (consulté le )
  11. Voir la référence précédente.
  12. « Milestone Films Posters Shirley Clarke’s THE CONNECTION « Movie City News », sur web.archive.org, (consulté le )

Bibliographie

  • Jean d'Yvoire, « The Connection », Téléciné, no 102, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), février-, (ISSN 0049-3287).

Article annexe

Liens externes

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