Constante limite de Laplace
En mathématiques, la constante limite de Laplace, ou constante de Laplace ou encore limite de Laplace, est la valeur maximale de l'excentricité pour laquelle une solution à l'équation de Kepler, exprimée sous forme de série entière, converge.
Définition à partir de l'équation de Kepler
L'équation de Kepler relie l'anomalie moyenne et l'anomalie excentrique pour un corps un mouvement sur une ellipse d'excentricité . Cette équation ne peut être résolue en à l'aide de fonctions élémentaires, mais le théorème d'inversion de Lagrange apporte une solution série entière en :
- .
Laplace a réalisé que cette série converge pour de petites valeurs de l'excentricité, mais diverge lorsque l'excentricité excède une certaine valeur. La constante limite de Laplace correspond à cette valeur[1],[2],[3]. C'est le rayon de convergence de cette série entière.
D'après cette référence[4], c'est la recherche de cette mystérieuse constante qui aurait poussé Cauchy à créer l'analyse complexe.
Équations dont la constante de Laplace est solution
Cauchy a montré que la constante est la valeur maximum de pour [5]. Cette valeur est obtenue pour , cette dernière équation s'écrivant aussi .
Notant la solution de cette équation, (
A085984), on a donc .
est aussi l'unique solution réelle de l'équation[4] :
- .

Interprétations géométriques
Inverse de la pente d'une tangente à la chainette passant par l'origine
, solution de , est l'abscisse du point où la tangente à la chainette d'équation passe par l'origine, pour . Cette tangente a pour pente (
A240358). L'angle avec l'axe des x , (
A345737), vaut environ 56,5°.
Angle de tir pour un tir de longueur maximale
L'angle précédent, est aussi l'angle de tir au départ donnant une trajectoire de tir parabolique de longueur maximale[6].

Caténoïde s'appuyant sur deux anneaux circulaires

Chercher les chainettes d'équation passant par le point , revient à résoudre où . Il y a deux solutions pour , solution unique pour , et pas de solution pour .
Étant donné deux anneaux circulaires parallèles de rayons distants de , la constante de Laplace est donc la valeur maximum du rapport pour l'existence de caténoïdes s'appuyant sur ces anneaux (solution au problème de Plateau). Pour la chainette méridienne est tangente aux diagonales du rectangle cadre (en bleu ci-contre), d'après la première propriété ci-dessus.
Notes et références
- ↑ P. S. de Laplace, Mécanique céleste, t. supplément au tome V, 1878-1904
- ↑ O. Callandreau, « Sur le développement des coordonnées elliptiques », Bulletin astronomique, Observatoire de Paris, no 3, , p. 528-532 (lire en ligne)
- ↑ V. Puiseux, « Sur la convergence des séries qui se présentent dans la théorie du mouvement elliptique des planètes », Journal de mathématiques pures et appliquées,1re série, vol. 14, , p. 33-39 (lire en ligne)
- 1 2 (en) Steven R. Finch, Mathematical Constants, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-81805-6, lire en ligne), p. 267
- ↑ Charles Hermite, Cours de M. Hermite rédigé en 1882 par M. Andoyer, 19ème leçon, Hermann, (lire en ligne), p. 170
- ↑ (en) Joshua Cooper, Anton Swifto, « Throwing a Ball as Far as Possible, Revisited », Arxiv, (arXiv 1611.02376v1, lire en ligne)
Voir aussi
Bibliographie
- (en) Howard Curtis, Orbital Mechanics for Engineering Students, Amsterdam/Boston, Elsevier, (ISBN 978-0-08-097747-8, lire en ligne), p. 159
Article connexe
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