Désespérer Billancourt
L'expression "Désespérer Billancourt" est apparue en 1913 pour désigner des politiques sociales qui produisent l'effet inverse de celui recherché: un durcissement des grèves. Le leader syndical modéré André Bergeron deviendra ainsi célèbre par un aphorisme proche, titre de son livre de 1988[1],[2],[3], préconisant de ménager la classe ouvrière grâce à un peu de "grain à moudre" dans la politique économique ou salariale.
Renault refusa la moindre concession face à la grande grève de 1913 contre la généralisation des méthodes fordistes, qui va durer deux mois, puis s'étendre à d'autres entreprises. L'usine Renault de Billancourt devient ainsi le lieu qui fait s'enrhumer la France quand il éternue. Le scénario se répète en 1936, débouchant sur les congés payés lors du Front populaire, puis sur un relèvement de 35 % du salaire minimum en Mai 68[4]. Devenue la plus grande de France[4], l'usine Renault de Billancourt symbolise alors une classe ouvrière combative.
Cet aphorisme est détourné à partir de 1985 pour faire dire au philosophe Jean-Paul Sartre, décédé en 1980, le contraire de ce qu'il avait publié dès 1948 puis en 1950, dans son journal Les Temps modernes, sur le rapport Kravchenko et le goulag, en accolant de courtes répliques, sorties de leur contexte, de sa comédie satirique publiée en 1955. L'expression "désespérer Billancourt" sera détournée à nouveau au siècle suivant, dans les polémiques sur l'Islam ou les banlieues, alors que l'usine de Billancourt a fermé depuis 1992, la ville devenant l'une des plus chères des Hauts-de-Seine.
L'origine : la longue grève chez Renault en 1913
Deux mois d'un conflit qui finit par faire tâche d'huile
Selon l'historienne Aimée Moutet, le refus de négocier qui a causé la longue grève démarrée début 1913 à l'usine de Renault-Billancourt et entraîne celles d'autres usines automobiles de la Seine, dans d'autres entreprises a été causée par la mise en place brutale d'une organisation du travail venue des États-Unis, basée sur le chronométrage du travail[5].
L'organisation scientifique du travail (OST) ou taylorisme, visant à fournir le rendement maximum dans les usines par le chronométrage du travail, venait d'être définie par un livre de l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor, traduit en France en 1911, préfacé par le directeur de la Revue de la Métallurgie. En novembre 1912 chez Renault, il concerne un quart des 4 000 ouvriers de l'usine de Boulogne-Billancourt, qui au début de l'année suivante se mettent en grève contre son introduction dans d'autres ateliers.
Un comité comité de grève, élu le 11 février 1913, est présidé par Lucien Nectoux[6]. Une première grève contre le Sytème Taylor avait eu lieu à Lyon chez Berliet, en 1912. Ccez Renault, la direction refuse d'emblée la négociation, tente d'embaucher ailleurs des salariés de substitution, puis fait expulser le Comité de grève installé dans la coopérative de consommation "l'Union de Billancourt".
Le conflit dure deux mois. Le refus de négocier et son extension à d'autres constructeurs sont à l'origine de l'expression[7],[8],[9]. Selon Aimée Moutet, historienne, "c’est à la grève de 1913 chez Renault" qu'elle remonte[10]. Les jours de grève symboliques, du 10 février au 26 mars 1913 sont soutenus par "un vaste mouvement national de solidarité"[11]. Et deux grèves similaires ont lieu la même année, chez deux autres constructeurs automobiles, chez de Dietrich, à Argenteuil, les 2 et 3 juin, et Brasier, à Ivry, du 3 au 19 décembr[10].
En 1936, 1947, 1952, 1968, Billancourt reste l'épicentre social français
L'usine de Billancourt confirme ensuite son statut d'épicentre politique et social de la France au XXe siècle. Le ministre de l’Industrie Michel Maurice-Bokanowski lancera même le 10 janvier 1963 à l'Assemblée nationale: "il n’est pas exagéré de dire que, lorsque Renault éternue, toute la France tressaille"[12], formule reprise en 1969 par le livre d'enquête à forte couverture médiatique[12], "La forteresse ouvrière"[13], du journaliste de l'ORTF Jacques Frémontier. Jusqu'aux années 1980, photographies, reportages mais aussi propagande syndicale diffusent une "identité collective des ouvriers" en forme de "force tranquille", vantant à une large "opinion publique" leur "caractère pacifique et responsable", selon l'historien Alain Viguier[12], y compris au moment de la guerre d'Algérie et de l'union de la gauche.
Une locomotive du Front populaire et des congés payés
Dès le 6 février 1933, les 9 morts et 200 blessés de l'explosion d'une chaudière dans l'usine, massivement dénoncés par la presse de gauche, symbolisent, après les coups de grisou miniers, le tribut de la France ouvrière à l'industrialisation[12]. Après la victoire du Front populaire 11 mai 1936 aux législatives, des grèves éclatent, d'abord dans des usines d’aviation[14] du Havre, le jour même, chez Breguet pour la réintégration de deux militants licenciés le 1er mai, la police échouant à déloger les grévistes occupant l'usine[15]. mais c'est une autre vague de grèves beaucoup plus importante, qui déferle le 28 mai, quand les 30 000 ouvriers de Renault à Billancourt débraient, atelier par atelier[16]. Ils entraînent dans leur sillage plusieurs dizaines d’usines. Le 2 juin, avant veille de la formation du gouvernement Blum[17], des millions d'ouvriers sont à l'arrêt, encouragés aussi par les 600 000 manifestants du 24 mai en souvenir de la Semaine sanglante de la Commune de Paris. C'est à Billancourt que filmographie et reportages dans la presse fixent la mémoire de l'événement[12]: bals au son de l'accordéon trio de jazz au franc succès, mélomanes ouvriers amenant leurs instruments[18], et profusion de photos d'ouvriers juchés sur les hauts murs de l'usine ou sur le pont enjambant la Seine[12]. Le PCF totalise 7 000 adhérents dès 1937, cinquante fois plus que les 120 de mai 1936[12], à l'usine de Billancourt, figure emblématique de son nouvel enracinement ouvrier[12].
L'assemblée générale très suivie de Mai 68
Profusion d'images aussi en Mai 68. Temps fort, l'assemblée générale du 27 mai au matin à Billancourt devant les caméras: les accords de Grenelle, arrachés dans la nuit, avec une hausse de 35 % du salaire minimum (SMIG)[12], sont présentés par Georges Séguy, secrétaire général de la CGT ", face à des milliers d'ouvriers, dans un discours très factuel[12]. Les dirigeants syndicaux, "informés de la détermination des ouvriers à poursuivre la grève, se gardent d’appeler à la reprise du travail"[12]. Huées et sifflent désapprouvent "le refus par le CNPF du paiement intégral des jours de grève"[12], la poursuite de la grève est votée. L'ORTF a retransmis, la France pense que la grève va durer en juin. Mais trois jours après, De Gaulle annonce la dissolution de l'Assemblée nationale pour des législatives où la droite triomphe grâce à ces généreux accords de Grenelle.
Le relèvement de 35 % du salaire minimum concernait surtout les ouvriers de province. Même relevé, il reste au-dessous du plus bas salaire de Billancourt[12], où la quatrième semaine de congés payés existe déjà depuis une douzaine d'années[12], car prévu dans l'accord signé avec les syndicats dès 1955. Cet accord avait aussi relevé les salaires et créé un système de retraite complémentaire garantissant 90 % du salaire d’activité, un paiement des jours fériés chômés, et des indemnités maladie et accidents du travail complémentaires[12]. Un accord historique, salué dès décembre 1955 par le gaulliste et futur gaulliste Jacques Chaban-Delmas, alors en campagne électorale à Bordeaux, comme "une date capitale dans l’histoire" de France, comme "la fin de la condition prolétarienne",[19]. Il fut aussi la cause de la grève de mars 1963 chez Peugeot pour avoir aussi la 4e semaine[12], qui deviendra légale en 1968.
Le 17 juin 1968, Billancourt est une des dernières usines à voter la reprise du travail, lors d'une autre assemblée générale "très tendue"[12], les jeunes qui veulent continuer le combat partant dans des échauffourées avec Aimé Halbeher[12], leader local d'une CGT soupçonnée de préparer déjà les législatives des 23 et 30 juin[12].
En avril 1947, la "bataille de la production" s'enraie
À la Libération de 1944, Renault est nationalisée en 1946[20], comme les mines de charbon, deux lieux stratégiques sur le front de la bataille de la production, face aux pénuries de charbons et moyens de transport, générant des coupures de courant incessantes, qui empêchent l'industrie de répondre à la soif de reconstruction du pays d'où une flambée des prix.
Le ministre du Travail est Ambroise Croizat, ex-secrétaire général de la Fédération des métaux CGT[20] et son parti monte aux législatives de novembre 1946 à 28,26 %. Les communistes appellent depuis 1945 à se retrousser les manches, par des journées à rallonge de la bataille de la production lancée dès janvier 1945.Du coup, il ne "perçoivent pas les insatisfactions ouvrières que son application suscite", et l'épuisement ouvrier à "l'origine de la grève d'avril 1947 à Renault Billancourt", prétexte à exclure le PCF du gouvernement, ce qui marque l'entrée de la France dans la guerre froide et génère une nouvelle grande vague de grèves longues dans les mines à la fin 1947 puis la grève des mineurs de 1948, deux épisode aggravant les pénuries de charbon et d'électricité.
Le départ de la grève à Billancourt a surpris, car imprévue par le PCF. La Confédération générale du travail (CGT), qui revendique 17 000 adhérents[21], plus de la moitié de l'usine, avec 90 % des suffrages chez les ouvriers et employés aux élections professionnelles de 1946[20] s'y oppose aussi d'abord, d'autant qu'elle a de bons rapports avec patron Pierre Lefaucheux a de bonnes relations avec la CGT, investie dans la « bataille de la production »[20]. L'épisode "apporte une nouvelle pierre à la mythologie Renault, celle d'une usine capable d'ébranler un gouvernement, anticipant de quelques années le succès de l'aphorisme quand Billancourt éternue, la France s'enrhume", selon les historiens[12].
Résistance aux guerres coloniales
Trois ans après, à l'aube d'années 1950 qui voient une très forte croissance du marché automobile[12], "Billancourt est la seule usine de carrosserie montage" de Renault[12], qui délocalise à Flins en octobre 1951 et Cléon en 1958, et démarre en 1950 la grève la plus longue, quatre semaines, et la plus unanime[12]de Billancourt, la seconde plus grande de son histoire après celle de 1968[12]. Le 9 février, 50% des ouvriers débrayent suite à la loi du 11 février 1950 sur la liberté de négociation entre syndicats et patrons[12]. L'augmentation de 5 % proposée est jugée "très insuffisante", les usines Renault sont le 22 février à l'épicentre[12], suivies par Ford Poissy, SIMCA Nanterre et Peugeot[12], puis le conflit de la métallurgie parisienne "s’étend aux régions"[12]. C'est aussi une grève "pour la paix" alors que les dockers sont déjà mobilisés depuis Noël contre la guerre d'Indochine[12]. Inquiet, le gouvernement ordonne "l’évacuation de Billancourt", occupée, par une "mobilisation massive des forces de l’ordre"[12]. Renault Licencie 4 délégués et 16 seize militants CGT mais ne frappe pas la CFTC, "pourtant très impliquée dans le mouvement, qui dénonce "une manœuvre de division"[12]. Pas abattue, la CGT fait grève ensuite dès 1952 pour dénoncer l’emprisonnement du leader algérien Messali Hadj[12].
La grève nationale du 4 juin 1952 lancée par la CGT pour obtenir les libérations de dirigeants après les manifestations du 28 mai 1952 contre la guerre de Corée, qui a "bravé les interdits ministériels"[22], est un échec[22]. Le 5 juin à Billancourt, avec l’aide du syndicat indépendant, proche du RPF[22], les chefs d’atelier ont mis sur pied, dans la nuit, des groupes mobiles qui obligent les cégétistes à "battre en retraite"[22], avec importantes forces de police à proximité[22]. La demande de report de l’élection du comité d’entreprise est repoussée[22]. La CGT y chute de 10,8 points, est éliminée du deuxième collège, et désormais minoritaire au CE[22]. Ensuite, "les sanctions pleuvent"[22]: dans les arsenaux 511 mises à pied, des milliers de suspensions à la SNCF, tandisqu'à Renault-Billancourt, la direction licencie 165 militants, dont 50 délégués du personnel[22]. À la fin de l’été 1952, plus de 160 personnes sont inculpées d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et militants CGT sont écroués à Toulon[22].
Le nombre annuel de débrayages culmine ensuite à 97, l'année de la grève d'août 1953[12], démarrée chez les cheminots et fonctionnaires[12]. Billancourt hésite à les suivre puis s'y joint au dernier moment[12]. Le travail reprend quand deux dirigeants nationaux de la CGT sortent de prison[22].
Au début de la guerre d'Algérie, "les premières affirmations du droit à l’indépendance" se font par le vote d'une motion à la section CGT de Billancourt en février 1955, année où le nombre d’articles "s’intéressant aux ouvriers algériens (...) chute très fortement" dans Le Peuple, journal de la CGT. Le relais est pris début 1956 par les étudiants, appelés du contingent à la guerre d'Algérie: "près de 76 manifestations, actions d’entrave au départ sont recensées", par des blocages de train[23],[24].
Années 1960, Billancourt place forte du combat anti-OAS et de l'Union de la gauche
Dans les deux dernières années de la guerre d'Algérie (1960-1962) "Billancourt occupe une place éminente", selon l'historien Alain Viguier. Au lendemain du putsch des généraux d'Alger du 21 avril 1961, 25 000 ouvriers de Billancourt participent au meeting appelant à "l'action contre le fascisme", selon L'Humanité, et "plus de 10000" lors de "la révolte suscitée par les neuf morts de Charonne" le 8 février 1962.
Trois ans après, en juin 1965, 250 militants de l’usine de Billancourt, en grande majorité communistes ou cégétistes[12], signent une déclaration commune qui exige de "tout faire pour parvenir à un programme commun ou à une plate-forme commune, et avoir un candidat commun de la gauche"[12], recevant un large écho de la presse communiste[12]. Il y a aussi "parmi eux quelques socialistes" et 40 syndicalistes CFTC[12]. Trois mois après, le 23 septembre, le PCF apporte son soutien à la candidature de François Mitterrand, qui le 18 novembre s’adresse à 10 000 salariés environ de Billancourt, "depuis le toit terrasse du local syndical" CGT. Les participants votent alors, à main levée, "par acclamation une résolution appelant à l’unité" de la gauche.
François Mitterrand reviendra à Billancourt en 1978 dans un contexte très différent, quatre jours avant les législative de mars, pour s'adresser à nouveau à la "classe ouvrière", devant cette fois 2 000 salariés[25], alors que PS et PCF sont divisés depuis six mois[25]. Cette fois, il est au sol, devant l'usine[25] et plus sur le toit du local syndical comme treize ans avantC[12], dans une relative "cohue"[25], notée par le reporter de TF2 Bruno Masure, qui attribue la citation par erreur à Jean-Paul Sartre[25].
Le lien contesté avec la pièce de théâtre de Sartre
Une citation absente de la pièce et utilisée à contresens
On "fera souvent dire" à cette expression "le contraire de ce que Sartre voulait signifier" selon le sociologue Michel Wieviorka, car lui disait au contraire qu'il "fallait avoir le courage de dire la vérité sur l'Union soviétique et le communisme"[26]. Sartre l'aurait utilisée dans Nekrassov, sa comédie satirique sortie en 1955, au sens de taire ou dissimuler les crimes du communisme, pour "ne pas désespérer", alors que l'expression fait en réalité référence, selon les historiens, à une grève survenue en France, en 1913[10], quatre ans avant 1917, date de la première révolution communiste de l'histoire.
Sartre n'est pas l'auteur de la formule[27],[28],[29],[30], qui est une déformation et une manipulation[31], estimera en 2009 le "Petit inventaire des citations malmenées"[31],[32].
Le personnage qui dit "Désespérons Billancourt !" n'est ni un militant, ni un intellectuel, ni un soviétique. C'est Georges Valera, l'Arsène Lupin des années 1950, un escroc français qui a échappé de justesse à la police. Un journal de droite cherchant à peser sur une élection législative partielle, il lui propose d'inventer un faux scoop et se faire passer pour Nikita Nekrassov, un ministre soviétique qui vient de disparaître en l'URSS, ayant peut-être fui à l'Ouest. La proposition de faux scoop a transité par une jeune femme qui l'a découvert introduit chez elle. Il est convaincu qu'elle le livrera à la police, jugeant les femmes enclines aux "réactions convulsives"[33]. Irritée, elle veut déjouer ces préjugés[33] et y renonce aussi pour aider son père, qui travaille dans ce journal de droite dont le patron exige qu'il trouve tous les jours des informations pour décrédibiliser le Parti communiste français.
Puis le journal s'emballe, et publie des faux scoop sans même prévenir Georges Valera. Dans l'un d'eux, le faux Nekrassov est cité dénonçant deux journalistes communistes qui œuvreraient à ce plan, allusion aux huit mois de prison que venait de subir André Stil le rédacteur en chef de L'Humanité, quotidien du Parti communiste français, pour ses éditoriaux sur la guerre d'Indochine et la guerre de Corée, et qui est candidat dans cette législative partielle sur laquelle le journal de droite veut peser.
Véronique décide d'arrêter la course folle, de prouver progressivement à Georges Valera qu'il n'est plus l'Arsène Lupin des années 1950 mais une marionnette des puissants, ignare et déconnectée. Un jeu de défis associe les deux personnages, au fil de plusieurs scènes, où la jeune femme ne prend que progressivement l'avantage. Elle lui lâche[34]:
« On te paye pour désespérer les pauvres »
Un peu plus tard, quand il déclare, installé à l'hôtel Georges V aux frais du journal, que "l'ouvrier russe est le plus malheureux de la terre" et elle lui répond[35]:
« De toutes façons au Georges V, personne n'a jamais vu d'ouvriers. Mais sais-tu ce que cela veut dire à Billancourt? »
Puis[36]:
« Alors on te manipule? »
Doublement énervé, il parle une première fois de Billancourt pour balayer ce nom, avant qu'elle ne le coupe[36]:
« Je calomnie l'URSS ? C'est exprès, je veux détruire le communisme en Occident. Quant à tes ouvriers, qu'ils soient de Billancourt ou de Moscou je les... »
Cette scène 8 du tableau 5 se termine par Georges Valera, vexé, tournant en rond seul dans la pièce, en répétant plusieurs fois "Désespérons Billancourt!", aphorisme cité "à tort et à travers" par d'innombrables personnes, souvent sans connaître la source ni avoir lu la pièce[37]. C'est la réplique importante, dans cette partie de la pièce, il "veut détruire le communisme en occident", pour échapper à la police, a rappelé Michel Winock, historien[38]. Et la journaliste ne veut pas défendre l'URSS mais éviter que ses confrères communistes soient jetés en prison. Sartre avait précisé faire dans cette pièce référence aux deux séjours en prison d'André Stil, rédacteur en chef de L'Humanité, pour ses éditoriaux contre la guerre d'Indochine[39], et à son échec de justesse à se faire élire député en 1954, la presse de droite attisant les divisions.
Ensuite, Georges Valera est confronté au personnage de Demidoff, un vrai transfuge soviétique, réfugié depuis des années à Paris, qui le démasque car il avait en URSS connu le vrai Nekrassov. La DST le démasque aussi mais lui propose de le laisser continuer s'il accepte formellement de dénoncer publiquement les deux journalistes communistes français, allusion de Sartre au Maccarthysme, thème central de la pièce.
Valera retrouve son honneur, refuse, puis parvient à s'enfuir avec Véronique, grâce à la pagaille provoquée par l'alcoolisme de Demidoff, clin d'oeuil satirique de Sartre aux calomnies lancées en 1947 par la presse communiste française contre l'ingénieur soviétique Victor Kravchenko. Réfugié aux États-Unis, il avait dénoncé dans un livre le Goulag, avec le soutien du journal de Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes. Ces calomnies avaient en 1949 déclenché le procès de Victor Kravchenko contre Les Lettres françaises, perdu par l'hebdomadaire communiste.
Le journal où travaille Véronique est "progressiste" ou "socialiste" selon les auteurs anglosaxons qui ont analysé la pièce. En français, il se sera parfois présenté comme communiste, ce qui aurait créé un conflit père-fille, absent de la pièce, où l'intrigue sentimentalo-burlesque repose sur le duo Véronique-Valera. En 1955, la presse socialiste fut indulgente envers la pièce et dès 1954, le quotidien Le Populaire avait facilité le rapprochement socialistes-communistes souhaité par Sartre, dans le sillage la grève de l'été 1953, qui amène le PCF au printemps 1954 à voter l'investiture refusée au printemps précédent à Pierre Mendès-France, avec à la clé la fin de la guerre d'Indochine.
Une citation absente des deux visites de Sartre à Billancourt
L'essayiste libéral Guy Sorman affirme en 2016 que Jean-Paul Sartre voulait cacher le Goulag en URSS pour "ne pas désespérer Billancourt"[40], puis reconnaît en 2021 s'être trompé, mais affirme avoir accompagné Sartre à Billancourt, où ils auraient reçu une "volée de boulons" des ouvriers[41], en Mai 68. Le reportage de l'AFP le 17 mai 1968 ne les cite pas: seuls des représentants de l'UNEF et de l'UEC sont tolérés par la CGT, dans le calme selon l'AFP, étudiants et jeunes ouvriers discutent plutôt "dans les cafés"[42].
Sartre ne vient pas à Billancourt avant octobre 1970, pour un discours d'une trentaine de secondes, debout sur un tonneau de la terrasse d'un café en face de l'usine, filmé par l'ORTF pour le journal de 20 heures[43], ne parlant que du procès d'Alain Geismar, et expliquant qu'il refuse de comparaître, accompagné par Marin Karmitz, futur fondateur des salles de cinéma MK2, selon qui ce jour-là, "il découvrait la classe ouvrière"[44]. Le philosophe avait accepté de prendre la défense du groupe maoïste dirigé par Alain Geismar, Serge July et André Glucksmann, à la demande insistante de Jeannette Colombel, belle-mère de ce dernier. Il revient le 14 février 1972 et cette fois s'introduit dans l'usine, caché dans une camionnette[44], pour distribuer des tracts dénonçant le licenciement de deux militants, puis va au commissariat se plaindre d'avoir été rapidement expulsé par des vigiles brutaux[45]. Le bref incident a lieu dix jours avant le meurtre de Pierre Overney, par un vigile de Renault, qui plaide immédiatement dans les médias la légitime défense, thèse sérieusement contestée par des photos de l'Agence de presse Libération, qui donne l'année suivante naissance au quotidien éponyme[44].
Ce que Sartre disait de sa pièce en 1955
En juin 1955, Le Monde interview Jean-Paul Sartre une semaine avant la première représentation de sa pièce Nekrassov, lui demandant s'il hésiterait à faire état dans son journal Les Temps modernes, comme il l'avait fait en 1948 et 1950, de révélations sur les camps de concentration en URSS, et il répond[46]:
« Si j'étais convaincu de la vérité de faits nouveaux, quand même leur révélation pourrait-elle d'aventure gêner le PCF, je les révélerais (...) nous continuerions de nous entendre sur d'autres points communs »
Le journal a lié sa question à la récente parution d'"Aventures de la dialectique", du philosophe Maurice Merleau-Ponty, avec qui Sartre s'est résolu à une "sécession amicale" en 1953[46], après s'être rapproché du PCF par une "prise de position au lendemain des grèves de mai 1952"[47] organisées contre l'emprisonnement du rédacteur en chef de L'Humanité André Stil. Il a cependant continué à ferrailler avec le PCF sur certains points[48], tout particulièrement contre Jean Kanapa, patron d'un mensuel du PCF et chef de file de ses intellectuels, qui a mené en 1953 la charge contre les médecins juifs accusés de comploter contre Staline, les traitant de "criminels qui méritent d'être châtiés"[49], puis commandé l'article de février 1954 traitant d'ennemi de la classe ouvrière[47] l'écrivain Dionys Mascolo[48], auteur d'un livre exprimant une volonté de penser différemment le communisme[50],[48]. Sartre défendant Mascolo dans les Temps modernes[51], Jean Kanapa le traite d'"intellectuel-flic" dans L'Humanité[47], ce à quoi il répond[47],[52],[48],[53]:
« Il faut plus d'un Kanapa pour déshonorer un parti... Si je suis un flic, vous êtes des crétins... Et le seul crétin, c'est Kanapa »
La déstalinisation est alors en cours depuis la mort de Staline. Moscou espère la visite d'intellectuels et journalistes occidentaux, comme Pierre Lazareff, patron de dans France-Soir, qui accepte dès le printemps. Depuis 1950, aucune personnalité non communiste n'était acceptée en URSS.
Traité de "crétin", vexé, Jean Kanapa est obligé de manger son chapeau et se rétracter[52],[48], Moscou exigeant l'apaisement[48]. La direction du PCF y a intérêt aussi, sa priorité étant alors l'éviction sans trop de drame d'Auguste Lecoeur, rival de Maurice Thorez, qui a ramené de Moscou la consigne de mettre fin au culte de la personnalité de Maurice Thorez, opposé à la déstalinisation, comme le révélera l'historien Marc Lazar au début du XXèle siècle en dénichant des documents oubliés.
Sartre part ensuite en URSS, peu après Pierre Lazareff. Il ne parle pas russe, est malade la moitié du séjour, passe dix jours à l'hôpital de Moscou et le reste du temps aussi surveillé que Pierre Lazareff. Au retour, réticent à exprimer son avis, il souhaite finalement encourager les communistes français à accepter progressivement la déstalinisation, par une interview de deux heures à Libération, quotidien proche de leur mouvance. Le journaliste lui aurait proposé de la relire mais tarde. Sartre, guéri est déjà reparti à l'étranger, c'est son secrétaire qui relit la transcription contestée, d'autant que le journal feuillettone en cinq publications, la dernière assortie d'un gros titre déformant le contenu, qui sera reproché toute sa vie à Sartre.
Modifications ultérieures
"Désespérer Billancourt" ou "faire désespérer Billancourt" des années 1950 subit au fil des décennies des modifications, devenant "ne pas désespérer Billancourt" en 1975, "veut-on désespérer Billancourt?" en 1977, puis "Il ne faut pas désespérer Billancourt" et finalement "Il faut désespérer Billancourt", le parfois qui s'était introduit en cours de route disparaissant.
Novembre 1955, la rancune du "crétin" Kanapa
L'année qui suit la passe d'armes entre Sartre et le hiérarque communiste Jean Kanapa, le jeune Roger Quillot souligne dans le mensuel du Parti socialiste[48],[54] que le personnage central de Nekrassov, le patron de presse inféodé aux puissances de l'argent, inquiet du projet d'invasion de la France par les Soviétiques inventé par le faux Nekrassov, se rassure en disant qu'il a toujours dirigé un journal pro-gouvernement[48],[54]: les Soviétiques seront alors simplement le nouveau gouvernement en France. Sartre a par ce parallèle signifié la tradition soviétique de contrôle abusif des médias. Au même moment, Jean Kanapa réunit quelques milliers d'étudiants communistes en novembre 1955 à la Mutualité[55],[56],[57], pour un "procès" symbolique du livre de Maurice Merleau-Ponty[55],[56], confiant à Roger Garaudy la tâche d'introduire les discours et les réunir dans une brochure, puis un livre[55],[58]. Dans l'un d'eux Jean Kanapa, glisse[48]:
« Nous ne voulons pas qu'ils fassent désespérer Billancourt »
Ce n'est pas Sartre qui est alors visé, mais Maurice Merleau-Ponty et la presse de droite, selon l'historien Ian Birchall, qui a analysé dans un livre comment la formule s'est au siècle suivant retournée contre le philosophe, se demandant si c'est la maladresse où la rancune qui motivait Kanapa[48]. En 1962, ce dernier qui est alors en disgrâce au PCF, cite cette fois Sartre dans un livre à la diffusion confidentielle[59], jugé "érudit" par les experts[60], car passant au peigne fin des siècles de doctrine sociale de l'Église[60], sans parler de l'URSS, en écrivant que[59]:
« De toutes les idéologies dont la signification objective est de désespérer Billancourt, selon le mot de Jean-Paul Sartre, la doctrine sociale de l'Église est celle qui pour justifier cette désespérance emploie l'argument le plus péremptoire : Dieu l'a voulu »
La formulation est alors encore à peu près conforme à ce qui est écrit dans Nekrassov, l'Église catholique étant cependant assimilée au personnage de l'escroc, capable pour échapper à la police d'inventer dans la presse un faux projet d'invasion de la France par l'URSS.
En 1973 sur RMC et en 1975 chez Bernard Pivot
En mars 1973, un éditorial à l'antenne de RMC du directeur Jean-Michel Royer"[61], ancien attaché de presse de ministres de droite, conseille au Premier ministre gaulliste Pierre Messmer d'éviter un nouveau Mai 68 l'année suivante[61], en s'inspirant sans tarder de mesures sociales du programme commun de la gauche, qui vient de gagner 86 sièges aux législatives de mars 1973 et devancer de 4 points la droite au 1er tour. Il ne faut "pas désespérer Billancourt" et "pas non plus désespérer de la gauche"[61], souligne son éditorial, qui reconnait n'avoir pas vérifié la citation: c'est ce que "disait à peu près Jean-Paul Sartre dans une pièce de théâtre"[61], allusion à Nekrassov.
En février 1975, c'est aussi sur les ondes, à une heure de grande écoute, que l'expression surgit brièvement via l'ex-journaliste Dominique Desanti, qui avait éreinté Sartre en 1946 dans la presse communiste puis couvert les procès staliniens de 1949-1950[62], notamment celui en décembre 1949 à Sofia du leader bulgare Kostov[63], exécuté alors qu'il venait de révéler à la presse étrangère que ses aveux avaient été extorqués[64]. Elle avait ressenti cette extorsion comme vraisemblable[64],[65],[63], mais sans oser rapporter ses propos aux clients de l'UFI, malgré les encouragements des journalistes non-communistes, présents aussi au procès[65]. En février 1975, elle raconte ses remords dans son livre Les Staliniens[66], qui donne son titre à une émission spéciale d' Apostrophes[63], magazine littéraire lancé un mois avant[67]par Bernard Pivot, diffusé en direct sur Antenne 2, chaque vendredi soir.
Dominique Desanti raconte le choc de la coïncidence, à son insu, entre la condamnation à mort de Kostov et la publication anticipée du livre-réquisitoire que le PCF lui avait réclamé en 1949, contre un autre dirigeant communiste d'Europe de l'Est visé par Staline[63] et n'avoir vraiment réalisé qu'après sa mort [63], n'ayant pas imaginé avant qu'il ait ait été torturé par des communistes[63].
Puis elle répond à une question de Bernard Pivot sur un autre époque, la déstalinisation du milieu des années 1950 après la mort de Staline. Travaillant à Paris pour L'Humanité, elle ne couvrait plus l'Europe de l'Est pour l'UFI, et participait à la déstalinisation littéraire[68] en 1955[69], via la visite d'écrivains en URSS et quittant ensuite le PCF dès le massacre de 1956 à Budapest, perdant amis, emploi et complicité de son conjoint[69].
Dominique Desanti répond, en apportant une anecdote personnelle[63]:
« "Très vite après l'idole a commencé à s'écorner, à s'effriter, pour moi du moins, et ce qui s'est passé c'est que des gens que je connaissais depuis 1945 dans les Démocraties populaires et que je considérais comme des amis, qui m'avaient dit beaucoup de choses, se sont soudain mis à me parler et à me dire qu'ils avaient été dans des camps et des prisons soviétiques. Je ne sais pas si vous pouvez imaginer l'effet que ça peut faire, j'étais absolument hors-de-moi et leur disais pourquoi ne pas m'avoir pas dit ça avant ? Et eux répliquaient, tu te battais à l'Occident, on ne voulait pas t'enlever ton courage, comme Sartre le dira plus tard, ne pas désespérer Billancourt... et Billancourt dans ce cas précis c'était moi, alors je commençais à me poser des questions" »
Alors que le propos concerne clairement le combat en Occident de Dominique Desanti de 1955-1956, le compte-rendu de l'émission dans Le Monde suggère qu'elle parle de Sartre pour justifier ses dissimulations de 1949[70], alors qu'elle exprime au contraire sa colère que ses amis de l'Est aient préféré pendant des années se taire. Le compte-rendu introduit ses propos en évoquant, sans le dire clairement, la période 1955-1956, notamment le rapport Kroutchev de 1956[70], mais ne les transcrit pas[70]. Puis, en voulant maladroitement condenser, il y ajoute un dizaine de mots mal contextualisés, faisant penser, eux, au livre de Victor Kravchenko publié en 1946, pourfendu par les communistes, persuadés d'un faux créé par la "presse bourgeoise"[70]:
« La réconciliation entre l'URSS et la Yougoslavie, la fameuse embrassade sur l'aérodrome de Belgrade, le rapport intérieur de Khrouchtchev au XXe congrès, les récits tardifs de ses amis polonais - pourquoi s'étaient-ils tus si longtemps ? Elle cite ce mot accablant de Sartre : "pour ne pas désespérer Billancourt..., ces récits confirmés par le New York Times et le Monde... Comment prêter foi à ce que raconte la presse bourgeoise, la presse ennemie ? »
L'auteur est Claude Sarraute, épouse de Jean-François Revel, fâché depuis deux décennies avec Sartre, qu'il avait fustigé dès 1957 dans son "réjouissant jeu de massacre", le pamphlet Pourquoi des philosophes[71],[72],[73], qui sera promu directeur de L'Express[74] par le milliardaire 'Jimmy Goldsmith, aux "sympathies giscardiennes"[74]. Dominique Desanti est aussi anti-Sartre. Dans un article d'août 1948[75], elle comparait au "national-socialisme" allemand son journal, jugé "réactionnaire" et "rétrograde"[76].Les Staliniens fera l'objet d'un compte-rendu de lecture d'Alain Duhamel dans Le Monde en avril 1975, sans revenir sur l'article erroné de février[62].
La confusion entre l'époque Kravchenko (1946-1949) et celle de Nekrassov (la déstalinisation dix ans plus tard) se rép7te un peu plus tard quand la revue Contrepoint publie en octobre 1975, les "bonnes feuilles"[77] du livre de Simon Leys dénonçant "la fascination des intellectuels français pour la Chine" , au moment des révélations de Jean Pasqualini, sur ses sept ans dans un camp de travail en Chine[78],[79]. Un passage de l'article se réfère à l'époque Kravchenko (1946-1949) :
« Il y a trente ans, quand les mandarins de la Gauche furent confrontés aux preuves de l’existence des camps staliniens, ils furent plongés dans un grand dilemme : à révéler la vérité, ne risquait-on pas de désespérer la classe ouvrière ? »
Il poursuit un peu plus loin:
« Le danger aujourd’hui est moins de désespérer Billancourt que de désespérer Tel Quel »
L'article se réfère aux tracas causés à Simon Leys par la revue Tel Quel de Philippe Sollers, après les "quelques incidents notables avec les maoïstes" à la fac de Vincennes pour "détruire les stands" où se vendait son premier livre en 1971, et à sa maison d'édition pour "distribuer quelques coups de poings", selon son éditeur Gérard Guégan[80] et les discriminations imposées dans le petit monde de la sinologie française, pour délit de lèse-maoïsme[81].
Années 1977-1980: le PCF aux portes de Matignon
Cette nouvelle signification de "désespérer Billancourt", au sens de dissimuler l’existence des camps staliniens, esquissée pour la première fois en 1975 par Simon Leys pour parler de la période Kravchenko (1946-1949), sera pour la première à associée à Jean-Paul Sartre par la revue libérale, sans citation précise, au premier trimestre 1979 Contrepoints[82], en évoquant un "Prix Nobel irascible qui s'est refusé à désespérer Billancourt", dans le cadre de la "chasse aux maîtres à penser" ouverte par le pamphlet contre les intellectuels publié par son collègue Georges Suffert en 1974[83] et de l'article de Pierre Billard en février 1978 dans Le Point[84].
Après "Marx est mort" de Jean-Marie Benoist en 1970, un roman de Jean-Pierre Enard met en scène, 1978 la mort anticipée de Sartre[85]. Apparue en 1976 et se voulant aux antipodes de Sartre, la "nouvelle philosophie" "a percé médiatiquement en mai 1977[86], "précisément au moment où commence la crise la plus sérieuse au sein de l’Union de la gauche", a souligné dans son livre Michael Scott Christofferson, professeur d’histoire contemporaine[86]. Le président de la République s’y intéresse de près, écrit le 6 mai 1977 La Lettre de l'Expansion en mai 1977[87],[88], ce qu’il confirmera dans le deuxième tome des ses mémoires, "L'Affrontement", publié en 1991 et consacré aux années 1976 à 1978[89]. Du "prodigieux couple d'amoureux déçus, Aron et Sartre", VGE pense, en 1979, qu'"ils se détestent à présent" analysera Olivier Todd[89], avec l’espoir "lutter dans les milieux intellectuels contre l'union de la gauche[87],[88], où le PCF multiplie les critiques contre le PS après avoir créé en 1974 le malaise par ses réactions au livre d’Alexandre Soljenitsyne.
Peu près l'impopulaire "Plan Barre" d'austérité budgétaire de l'automne 1976, un raz-de-marée[90] a donné à la gauche dix points de plus que le droite aux municipales de mars 1977 et 61 % des villes de plus de 30000 habitants. Le PS en gagne 37 et le PCF seulement 22, alors que le second a fait un demi-million de voix de plus que le PS aux précédentes législatives[91]. Ce résultat "intensifie la concurrence", avant la victoire attendue aux législatives de 1978. Dès mai 1977, à la demande du PCF, ils "entament des négociations qui se soldent par un échec le 23 septembre 1977"[86]. Les analyses estiment que le PCF a préféré renoncer à l'union de la gauche par l’exigence d’une version plus radicale du programme commun, prenant ainsi le risque de compromettre les chances pour les législative de mars 1978[86]. Quand François Mitterrand revient à Billancourt quatre jours avant, il ne parle plus du toit du local syndical CGT[12] comme lors de son grand discours de la campagne présidentielle de 1965, mais à l'extérieur de l'usine, dans une relative "cohue"[25], notée par la première chaîne de télévision, alors étroitement contrôlée par le gouvernement, qui par erreur attribue la citation "ne pas désespérer Billancourt" à Jean-Paul Sartre devant les millions de téléspectateurs du journal de 20 heures[25], au moment où la réthorique des ministres de Valéry Giscard d'Estaing s'en sert pour désigner une façon, selon eux récurrente, de dissimuler les atteintes aux droits de l'homme en URSS.
La réthorique des ministres de Valéry Giscard d'Estaing
Six mois avant les législatives de 1978, et au cours de l'année qui les suit, l'expression est pour la première fois utilisée dans un sens nouveau, celui d'une gauche qui aurait justifié la dissimulation du Goulag par souhait que ses électeurs continuent à voter pour elle. Pas moins de ministres ou ex-ministres de droite vont ainsi formuler cette théorie en seulement un an et demi. L'expressio devient ainsi "la gauche veut-elle désespérer Billancourt ?", sans mentionner Sartre, dans une tribune libre dans Le Monde de Jean Charbonnel[92]:
« La gauche veut-elle désespérer Billancourt ? Il ne s'agit pas de poser cette question, comme jadis, pour tenter de dissimuler les hontes d'un " goulag ", mais pour aller au fond des choses. La gauche veut-elle, la gauche peut-elle, plonger dans le désespoir tous ceux, et d'abord les plus démunis, qui avaient espéré de sa victoire une amélioration de leur sort ? »
Les sondages annoncent alors déjà une future large victoire de la gauche au 1er tour[93], ce qui se produira, mais sans le "raz de marée escompté", la droite reprenant l'avantage au second[93]. Alain Peyrefitte, le ministre de la justice pense alors la même chose que Jean Charbonnel, y revenant dans ses mémoires pour dénoncer un mépris de classe de la gauche, qui, selon lui, s'imaginerait que les ouvriers de Renault-Billancourt ne sont pas capables de se faire une opinion par eux-mêmes sur la réalité de l'URSS[94]. Mais plutôt qu'incriminer la gauche en général, il présentera par la suite, Jean-Paul Sartre[94], bien après son décès comme l'auteur de la citation, ce qui est formellement contesté.
En mai 1979, c'est une tribune du ministre Lionel Stoléru un très proche de Valéry Giscard d'Estaing, qui sous-entend qu'un "terrorisme intellectuel" d'origine marxiste aurait été longtemps imposé par Sartre, à qui Daniel Cohn-Bendit, aurait selon lui eu le courage de dire en Mai 68 "en plein boulevard Saint-Germain", qu'il ne comprenait rien à ce qui se passait"[95]. Dans une syntèse critique citant ces différents éléments, Le Monde dénonce quelques jours après une "campagne de dénigrement" que la droite, selon lui, "mène depuis les élections de 1978 contre la gauche intellectuelle"[96], en prenant "argument de ce que Sartre, sa vieille bête noire, serait hors jeu". L'éditorial rappelle qu'un "magazine proche de la majorité" au pouvoir en France a annoncé une "grande lessive des idées" et "une forme de "mort" du philosophe, qui ne décèdera que l'année suivante, en s'appuyant sur[96]:
« Des formules tronquées comme la peur (alléguée) de désespérer Billancourt »
"Sartre existe plus que jamais, la revue littéraire Obliques l'a rencontré", ironise Le Monde en saluant un numéro spécial d'Obliques consacré à Sartre, dans lequel sont démenties les allégations du "magazine proche de la majorité", la revue n'ayant eu selon Le Monde "aucun mal à":
« Repérer la cohérence de ses positions, singulièrement sa méfiance envers le PCF, attestée par les dix volumes de Situations (de 1945 à 1976) »
Résultat, ni Sartre ni la gauche ne sont plus mentionnés quand l'expression est à nouveau utilisée, mais plus sobrement, en septembre 1979 dans une nouvelle tribune dans Le Monde d'un autre ministre de droite, Jacques Madaule, qui lance[97]:
« Dieu sait ce qu'on n'a pas tû jadis pour ne pas désespérer Billancourt ! »
Passant en revue toutes les dictatures du monde, sa tribune commentait un reportage relatant qu'en Guinée-Équatoriale, alors communiste, où "la population était gavée de films soviétiques" dont certains sur le coup d'État de 1973 au Chili.
La critique des divisions désespérant l'électorat de gauche
A la même période, l'expression n'en est pas moins beaucoup utilisée dans un sens très différent, pour critiquer des divisions au sein de la gauche désespérant son électorat et causant ainsi l'échec imprévu aux législatives de 1978. Le Monde publie en mai 1980 une tribune de Pierre Fougeyrollas, professeur de sociologie à l'université Paris-VII[98] accusant lui le parti communiste de vouloir "accomplir une mascarade": une délégation conduite par Maxime Gremetz va "assister au Te Deum qui sera chanté, en présence du pape et du gouvernement, à Notre-Dame de Paris", et ainsi isoler "les francs-maçons du parti socialiste", attisant les divisions à gauche, ce qui selon lui aboutira à "désespérer Billancourt" par la réélection de Valéry Giscard d'Estaing l'année suivante[98].
L'expression est utilisée à nouveau en 1981, dans plusieurs livres, dans le même sens, pour dénoncer "la logique mortifère de la désunion de 1977, où socialistes et communistes ont rivalisé d'efforts pour désespérer Billancourt"[99]. "Pour beaucoup d'électeurs, rompre l'union de la gauche et même seulement élever le ton contre une des principales forces qui la composaient, c'était à de nombreux égards "désespérer Billancourt", écrit ainsi l'historien communiste Jean Elleinstein[100]. Au début de 1985, celui de Pierre Daix, un ex-dirigeant de la presse communiste, collègue de Dominique Desanti aux débuts de la guerre froide.
Une analyse du professeur Maurice Duverger avertit qu'ne politique social-démocrate est impossible dans un pays où les communistes réunissant 20 % des suffrages, et qu'il faut un programme modéré pour le PS, car à "trop penser qu'il ne faut pas désespérer Billancourt, on finit par confondre l'espérance et l'illusion"[101]. Les disputes entre leaders socialistes sont très mal jugées par le public, selon le communiste Jean Ellestein, entré en dissidence avec son parti, et les mouvements sociaux restent limités par l'état politique de la gauche", malgré le "succès de la pétition pour l'union de la gauche"[102]. Le voyage à Moscou de Georges Marchais et le fait qu'il "n'y a pas un iota de la politique étrangère soviétique" que le PCF critique contribue à ce désespoir, observe-t-il le 8 janvier 1980, deux semaines après l'invasion de l'Afghanistan le 25 décembre 1979. L'économiste socialiste Pierre Uri utilise cette expression au même moment pour dire la même chose: selon lui "que le parti communiste applaudisse l'envoi des tanks (...) il y a de quoi désespérer Billancourt"[103].
Au début de 1985, le départ des ministres communistes du gouvernement, décidé quelques mois avant, est commenté dans un chapitre entier d'un livre de Pierre Daix, ex-collègue de Dominique Desanti lors de la guerre froide, qui a quitté le PCF depuis une quinzaine d'années et rejoint Philippe Tesson à la direction du Quotidien de Paris, journal libéral proche de Jacques Chirac. Il enrichit l'expression du mot "parfois" en expliquant qu'"il faut parfois savoir désespérer Billancourt", en seulement deux phrases, pour dire qu'il faut parfois renoncer aux utopies, en particulier celle de l'union de la gauche[104]:
« 1936 puis la Libération deviennent dans cette perspective des échecs, que devait effacer le Programme commun de la gauche. L'expérience après 1981 d'une gauche possédant tous les pouvoirs au niveau national a plus fait pour désacraliser cette utopie que l'archipel du Goulag »
L'année précédente, glissé au milieu du premier livre d'André Comte-Sponville, "Traité du désespoir et de la béatitude", un bref clin d'oeuil humoristique[105] formulait de même, mais sans citer Sartre, ni l'URSS juste pour dire que pour être heureux", il faut "abandonner toute attente et toute illusion"[106], dans tous les domaines, de la santé à la religion, sans rien attendre de l'avenir[105].
Le livre de Pierre Daix est lui immédiatement cité dans un article d'Hélène Carrère d'Encausse, historienne spécialiste de l'URSS[107],[108], pour l'associer au "cheminement pathétique" de Dominique Desanti[108]. Car Pierre Daix avait selon les archives[109] "joué un rôle de premier plan" dans "l'affaire Kravchenko" car il "n'avait "pas ménagé" ses "attaques" contre le réfugié russe Victor Kravchenko[110], accusé dans un article de novembre 1947 du journal communiste Les Lettres françaises, d'avoir truqué son livre publié en 1946, qui dénonçait les camps de concentration en URSS et la gravité de la famine des années 1930 en Ukraine. Louis Aragon l'avait nommé rédacteur en chef en 1947, écartant son prédécesseur, le romancier mauricien et catholique Loys Masson, contraint à retrouver du travail au magazine Regard[111].
Quelques mois après Pierre Daix, Alain Peyrefitte, ex-ministre sous Valéry Giscard d'Estaing, revient au sens que les ministres de son gouvernement donnaient à l'expression au cours de la période 1977-1979. Jean-Paul Sartre est mort depuis mars 1980 et plutôt qu'incriminer la gauche en général, il le présente, à tort[94], comme l'auteur de la citation, en s'appuyant sur l'erreur, volontaire ou pas, de Pierre Daix peu avant. La comédie satirique publiée en 1955 par Sartre n'est alors plus jouée depuis une décennie.
Années 2007 à 2009: confusion entre Kravcheno et Nekrassov
A partir des années 2000 plusieurs interprétations erronées de "Nekrassov", la pièce de Jean-Paul Sartre, ont créé la confusion. Dès 2003, Frédéric Bizard professeur d'économie à l'ESCP, écrit dans Les Echos que Jean-Paul Sartre y aurait dit qu’il "il ne faut pas désespérer Billancourt", suggérant de ne pas dire la vérité sur l'URSS aux ouvriers de Renault pour ne pas les démoraliser[112], alors que la citation est absente de la pièce. Puis en 2005 Le Monde estime qu'elle pastiche une "ambiance d'intrigue IVe République" et que Pierre Lazareff, directeur de France-Soir, y est représenté[46]quand il "reçoit le dimanche dans sa maison de Louveciennes" des personnalités politiques et "des avocats ou des chanteurs en vogue"[113], alors que Sartre avait catégoriquement démenti vouloir représenter Pierre Lazareff. Les Echos écrivent ensuite en 2007 que la pièce a été inspirée par l'affaire Kravchenko[114], qui date en fait d'une autre époque, 1946-1949, alors que la presse de l'époque et les historiens anglo-saxons y ont vu plutôt une dénonciation du Maccartysme à la française (1952-1954), exacerbé par la Guerre d'Indochine et la Guerre de Corée[réf. nécessaire]. Selon la critique théâtrale de l'époque, Georges Valera serait plutôt Lavrenti Beria[115]. La confusion se répète le mois suivant dans Le Monde[116]. L'article évoque un "contexte daté"[116], mais pour embrayer sur une "actualité risible, celle de l'affaire Kravtchenko"[116]. Le paragraphe précédent précise pourtant bien le contexte de la pièce, l'année 1954[116], celle du débat sur le "réarmement allemand"[116] qui voit "les communistes et les gaullistes français" rejeter la Communauté européenne de défense (CED)[116]. Les députés socialiste et radicaux, dont la moitié l'ont fait aussi, sont cependant oubliés[116]. Résultat de ces confusions, en juillet 2021 sur Youtube, le professeur Didier Raoult explique que la pièce serait une condamnation de Viktor Kravchenko[117], que Sartre et son journal avaient pourtant défendu.
La référence erronée à Sartre revient quatre mois après, dans un livre publié début 2008[118] par le philosophe français André Glucksmann pour justifier leur ralliement quelques mois plus tôt à Nicolas Sarkozy, dans un passage affirmant, sans vérifier, que "Sartre prescrivait dans Nekrasov de ne pas désespérer Billancourt, en proscrivant d'énoncer la vérité du socialisme réel"[119]. Trois mois après, l'ex-dissident russe Alexandre Soljenitsyne, dénonciateur en 1974 du Goulag, décède. Le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian salue l'écrivain pour avoir, selon lui, amené son peuple "à partager nos valeurs universelles, en étant l'opposé d'un Jean-Paul Sartre cynique qui ne voulait pas désespérer Billancourt"[120], sans vérifier non plus.
Années 2010: de "il ne faut pas" à "il faut"
Dans les années 2010, l'expression sert souvent pour dénoncer une forme de "bien pensance"[121], ce qui avait été esquissé dès 2003[121], par l'intellectuel d'extrême droite Alain de Benoist, fondateur de la « Nouvelle Droite[122] puis repris en 2009 dans une revue, puis dans le mensuel Causeur, par Jacques Tarnero[123],[124], auteur de films militants[125] sur le conflit entre les palestiniens et Israël[126], au sens nier les réalités "pour ne pas désespérer la Palestine, pour ne pas désespérer la banlieue"[123]. On "n'avait pas le droit d’être anticommuniste" au nom du "on ne doit pas désespérer Billancourt”, et aujourd’hui, on "n’a pas le droit de dénoncer l’islamisme" au nom du "On ne doit pas désespérer le 93”, écrit ainsi en avril 2012 Valeurs actuelles[127].
En 2015, c'est le décès d'André Glucksmann. L'essayiste aurait "déniaisé" une génération "face à la domination intellectuelle du communisme des années 1970, quitte à désespérer Billancourt"[128], écrit un éditorialiste, en citant son ami Romain Goupil[129]. André Glucksmann lui aurait confié qu'il "faut désespérer Billancourt"[130]. C'est le retour au "il faut" de Pierre Daix en 1985, mais sans son "parfois", ni la touche d'humour d'André Comte-Sponville la même année.
Jeannette Colombel, belle-mère d'André Glucksmann, fut journaliste à l'UFI, dirigée par son mari Jean Colombel jusqu'aux difficultés de 1950, puis avait éreinté "Le Deuxième Sexe, célèbre essai de Simone de Beauvoir, compagne de Sartre, dans la revue du PCF La Nouvelle Critique en avril 1951. Ce dernier avait ensuite espéré un apaisement: au début 1970, lorsque des militants du groupe maoïste d'André Glucksmann s'étaient retrouvés en prison, à la demande insistante de Jeannette Colombel, la seule du groupe à connaître son adresse[131], depuis la guerre d'Algérie[132], il avait accepté de plaider leur cause dans les médias, motif de ses déplacements de 1970 et 1972 à Billancourt, avec les caméras de l'ORTF.
L'éditorialiste Natacha Polony affirme, elle, la nécessité "de désespérer Billancourt"[133], présentée comme la raison d'exister de son livre de 2017[133], perpétuant le contresens sur la pièce de Sartre, pour dénoncer un "nouveau langage" qui "contribue au conditionnement de la pensée"[133]. Elle plaide la nécessité de "porter un diagnostic lucide sur l'organisation économique, sociale et politique de la France" afin de "rendre aux citoyens la maîtrise de leur destin", et s'en sert aussi pour reprocher aux syndicats d'enseignants, ou le journal Le Monde, d'être complices des violences des élèves dans les classes[134].
Selon un auteur, le cofondateur de Médiapart Plenel craindrait désespérer Aulnay-sous-Bois, Vaulx-en-Velin et les quartiers nords de Marseille[135], tandis qu'un autre parle même de "pas désespérer le Billancourt musulman", dans un livre sur djihadisme[136].
Années 2020: extension aux domaines religieux et sociétal
A partir des années 2020, l'expression n'est plus utilisée seulement pour la banlieue, mais plus largement dans domaines religieux et sociétal, notamment pour ridiculiser des écrivains progressistes comme Édouard Louis, accusé d'incarner "une gauche victimaire" et "une gauche donquichottesque"[137], ou encore les "féministes de gauche" soupçonnées de préférer les musulmanes[138], tandis qu' Éric Naulleau, polémiste proche d'Eric Zemmour, dénonce "une certaine gauche", qui n'aurait pas voulu, selon lui, "désespérer Billancourt en cachant la terrible réalité de l'URSS" et qui maintenant ne veut "point démoraliser Saint-Denis en refusant de qualifier les massacreurs du Hamas de terroristes"[139].
Retour progressif au sens d'origine
Par ailleurs, un retour progressif au sens d'origine, celui du champ social, s'opère progressivement à partir de la fin des années 1990. Dès 1998 le roman de l'humoriste français Jean-Hugues Lime, ex-comédien du Théâtre de Bouvard[140] la détourne, pour saluer joyeusement la revanche sociale de jeunes venus de banlieue: "c'était à espérer Billancourt, à désespérer Auteuil-Neuilly-Passy!". L'idée de ne pas décontenancer ou oublier "ceux qui vous ont porté au pouvoir" revient[141],[142], comme lors de l'échec de la gauche à réaliser sa victoire annoncée des législatives 1978. Elle avait déjà été utilisée après sa lourde défaite à celles de 1993[143], pour moquer le "tournant de la rigueur" économique et sociale des années 1980 sous Mitterrand, les auteurs socialistes ayant utilisé du même procédé pour rappeler son équivalent sous Giscard en 1976[144], le Plan Barre de septembre 1976.
Ainsi, lorsque François Hollande, élu président de la République en 2012, tente d'abord de rééquilibrer les comptes publics, il veut le faire "sans casser l’économie" pour ne pas "désespérer Billancourt"[145],[146],[147],[148], expression qui revient souvent, avant même son élection[149].
L'expression retrouve aussi son sens social du tout début du XXe siècle, celui de ne pas ignorer une "très forte mobilisation sociale"[150], dans les années 2010, dans le contexte de suppressions de postes dans l'industrie[7], puis dans les années 2020, lors du mouvement contre la réforme des retraites de 2023[150].
Notes et références
- ↑ "André Bergeron, l'homme du "grain à moudre" est mort", Nécrologie par Nicolas Prissette le 21/09/2014 dans le JDD
- ↑ Nécrologie par Michel Noblecourt dans Le Monde
- ↑ Tant qu'il y aura du grain à moudre, d'André Bergeron. Robert Laffont. 1988.
- 1 2 "La France, histoire, société, culture", par Edward Ousselin, aux Editions Canadian Scholars, en 2018
- ↑ "Organisation du travail, grèves et syndicalisme : quelques usines automobiles de la Seine en 1913" par Jean-Paul Burdy, dans la revue Espaces Temps en 1976
- ↑ Biographie Le Maitron de Lucien Nectoux
- 1 2 "Désespérer Aulnay", par Bruno Jeudy, le10/02/2013, dans Journal du dimanche
- ↑ "Il ne faut pas désespérer Lejaby" par François Wenz-Dumas, le 31 mars 2012, dans Libération
- ↑ "Anarchéologie Fragments hérétiques sur la catastrophe historique', par Jean Vioulac aux Editions Humensis en 2022
- 1 2 3 Tribune de Aimée Moutet, historienne, dans L'Humanité le 12 juin 2004
- ↑ "À Renault Billancourt, la grève questionne la modernisation", article dans L'Humanité le 15 mars 2013
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 Thèse d'histoire d'Alain Viguier. "Renault Billancourt, 1950-1992 : le parti communiste et les ouvriers. Identités ouvrières et identité de parti" à l'Université Panthéon-Sorbonne en 2017
- ↑ Jacques Frémontier "La Forteresse ouvrière : Renault, Paris", Editions, Fayard, 1971, cité de nombreuses fois dans la thèse d'Alain Viguier
- ↑ "Les grèves de mai-juin 1936 revisitées", par Antoine Prost dans la revue Le Mouvement Social en 2002
- ↑ PROST Antoine, « Les grèves de mai-juin 1936 revisitées », Le. Mouvement Social, 2002/3 (no 200), p. 33-54. DOI : 10.3917/lms.200.0033. [lire en ligne]
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- ↑ "Fiertés et préjugés: la révolution gay" par Frédéric Martel chez Bouquins éditions en 2022
- ↑ ""Les Quatre Cavaliers de l'obscurantisme. Religions, États, ONG et idéologues" ! par Yves Coleman, en 2020 chez Librinova
- ↑ "La République, c'était lui ! Grandeur et déchéance du camarade Mélenchon", par Éric Naulleau, en 2024 aux Editions Léo Scheer
- ↑ "On dirait des nains" par Jean-Hugues Lime, aux éditions Alive en 1998
- ↑ "Un président ne devrait pas dire ça..." par Gérard Davet, Fabrice Lhomme · 2016 aux Editions Stock
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- 1 2 Article par Frédéric SALLE le 07/03/2023 dans Ouest-France leF
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