Famille d'Ornano

Famille d'Ornano
Image illustrative de l’article Maison d'Ornano
Armes anciennes de la famille d'Ornano

Blasonnement De gueules au château d'or donjonné de 3 tours, celle du milieu plus élevée que les 2 autres et chargé de 2 lions affrontés de gueules rampants contre la porte
Période XIIe siècle - aujourd'hui
Pays ou province d’origine Drapeau de la Corse Corse
Allégeance République Corse
Drapeau de la République de Gênes République de Gênes
Drapeau de la République de Venise République de Venise
Drapeau du Vatican Vatican
Drapeau de la France France
Charges Ministre
Député européen
Maire
Fonctions militaires Maréchal de France
Récompenses militaires Grand-croix de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Chevalier du Saint-Esprit
Compagnon de la Libération

La famille d'Ornano est une famille subsistante de la noblesse française, qui a joué un grand rôle dans l'histoire de la Corse[1], dont elle est originaire. Plusieurs de ses membres se sont illustrés en France à partir de François Ier, dont notamment trois maréchaux de France, des officiers et généraux distingués, des diplomates et des hommes d'Etat.

La famille d'Ornano a donné à l'Eglise Romaine un cardinal et plusieurs prélats, et à l'Italie de nombreux officiers[2]de renom.

Origine

La famille d'Ornano trouve son origine dans la micro-région d'Ornano, en Corse-du-Sud[3].

Cette famille est issue des Seigneurs de Cinarca, comtes de Corse aux XIe et XIIe siècle et a pour point de départ Truffetta comte de Cinarca, 13e génération à partir du mythique Ugo Colonna selon la chronique[4].

Principale figure de la Corse du XIIIe siècle, le frère ainé de Truffetta, Sinucello della Rocca, dit Giudice de Cinarca, attribua à son frère cadet le fief d'Ornano qui appartenait alors aux Raimondacci dont Truffeta épousa l'héritière.

Truffetta mourut en 1280 en laissant un fils Lupo qui fut le principal lieutenant de Giudice de Cinarca dans ses guerres contre Gênes, alors en conflit avec Pîse pour le contrôle de l'île.

De Lupo d'Ornano, le fief se transmis sans discontinuer jusqu'à Olando II, mort en 1470.

À partir d’ Orlando II seigneur d’Ornano, qui tenta un soulèvement contre Gênes et dut se soumettre en 1460, la famille se divisa en deux branches principales:

-          1- celle légitime d’Antonio I Francesco d’Ornano qui donna naissance:

  • à la branche aînée, toujours présente à Sainte-Marie-Sicché en Corse (dans l’ancienne pieve d’Ornano)
  • à sa cadette issue de Renuccio d’Ornano[5],[6], subsistante.
  • et aussi, à deux branches, celles de Venise et de Rome éteintes au XVIIe siècle; dont un gouverneur de Vérone et un colonel des troupes pontificales, marquis romain par lettre pontificale de 1624.

-          2- celle naturelle[7]issue d’Alfonso d’Ornano, assassiné en 1494, qui donna naissance:

  • à la troisième branche issue d’Alfonso, celle des Colonna d’Ornano subsistante.

Les Princes Colonna de Rome reconnurent à plusieurs reprises la communauté d'origine des familles Ornano et Colonna, notamment par lettres du Prince Ascanio Colonna de Rome, le 7 mars 1597, renouvelées le 20 janvier 1629 devant le gouverneur de la Corse[8]

Personnalités

  • Vannina d'Ornano (1530-1563), épouse de Sampiero de Bastelica (1498-1567) dit Sampiero Corso, colonel des gardes corses, qui l'assassina. Il aurait inspiré le personne d’Othello à William Shakespeare[9]. En 1553, Sampiero Corso et les Ornano rattachèrent la Corse à la France, auparavant sous la domination de Gênes. La défaite française de Saint-Quentin en 1557 et la signature du traité du Cateau-Cambrésis en 1559 entraînèrent le retour de la Corse sous Gênes.
  • Alphonse d'Ornano (1548-1610), fils de Vannina d'Ornano et de Sampiero Corso, fut fait maréchal de France par Henri IV en 1595. Il créa le Régiment d'Ornano, ancêtre du Royal Corse, en 1569. Lieutenant Général en Languedoc puis en Dauphiné en 1588, il fut enfin Lieutenant Général de la Guyenne en 1598 avant d'être élu maire de Bordeaux en 1599. Sa femme et lui s'illustrèrent lors de l'épidémie de peste qui frappa la ville. Ils dépensèrent leur fortune et risquèrent leur vie pour venir en aide aux malades.
  • Jean-Baptiste d'Ornano (1581-1626), fils d'Alphonse d'Ornano, fait maréchal de France en 1626. Gouverneur de Gaston d'Orléans, il fut notamment Lieutenant Général de la Normandie et mourut dans des conditions encore incertaines à Vincennes, sans doute à l'investigation de Richelieu.
  • Lucca d'Ornano (1704-1779) fut capitaine au Royal Corse, colonel au service de Gênes, Lieutenant Général pour l'Au-delà des Monts, sous le roi Théodore de Neuhoff[10], titré Marquis en 1736 par celui-ci. Il fut désigné pour faire partie du Conseil de Régence de la Corse avec Giacinto Paoli et Luigi Giafferi.
  • François-Marie, Comte d'Ornano, né en 1726 à Sainte-Marie-Sicché. Il débuta sa carrière comme volontaire au Royal Corse que le Roi venait juste de créer[11]. Lieutenant en 1744, il participa notamment aux batailles de Fontenoy et Rocourt. Colonel du Royal Corse en 1768, après un séjour de quatre ans à Saint Domingue, Louis XV le nomma Brigadier d'Infanterie à son retour en Corse. Nommé Maréchal de Camp en 1780, il rejoignit en 1784 la ville de Bayonne dont il assura d'abord la lieutenance générale, avant d'en devenir Gouverneur. C'est à cette époque qu'il fut chargé de délimiter la frontière (qui porte son nom) entre la France et l'Espagne. Fervent monarchiste, il mourut sous l'échafaud à Paris en 1794.
  • Antoine V (1751-1824), comte d'Ornano, officier au Royal Corse. Il fut l'un des premiers aristocrates corses à offrir ses services à la France. Dès le 1er mai 1768, il s'engagea comme sous-lieutenant dans le régiment d'infanterie italienne, commandé par le Marquis du Luc. Nommé ensuite lieutenant le 18 mai 1769, il servit en cette qualité jusqu'en 1774. L'appui de Marboeuf, gouverneur de la Corse, lui valu de faire partie en 1776 du Conseil des Douze, puis d'être promu Capitaine Commandant de l'artillerie de la Citadelle d'Ajaccio. Refusant de se rallier à la République, à la Révolution, il se rangea aux côtés du parti de Pascal Paoli et devint l'un des membres actifs du Royaume anglo-corse (ou Royaume de Corse). Il fut promu le 26 septembre 1794 major d'un régiment anglais et dut émigrer lorsqu'en 1796, les Anglais abandonnèrent l'île. Rentré en Corse en 1803[12], il repris possession de la Torra Vannina, maison natale de Vannina d'Ornano, qui avait été confisquée à sa famille.

Armes

Écartelé: aux 1 et 4, de gueules, à la tour donjonnée d'or, maçonnée de sable ; aux 2 et 3, d'or au lion de gueules, au chef d'azur chargé d'une fleur-de-lis d'or.

Hommages

Bibliographie

Notes et références

  1. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Paris, Éditions Robert Laffont, , 414 p. (ISBN 978-2-221-10875-8), p. 148
  2. Giappiconi, Thierry, De l'épopée vénitienne aux révolutions Corses,, Albania,
  3. Anton-Pietro (1529-1594) Auteur du texte Filippini, Giovanni (1388-146 ) Auteur du texte Della Grossa, Marc' Antonio (1521?-1561) Auteur du texte Ceccaldi et Pier' Antonio Auteur du texte Montegiani, La Historia di Corsica nella quale si narrano tutte le cose seguite dache si comincio habitare, insino all'anno mille cinque cento novanta quatro, con una generale descrittione dell'isola tutta, divisa in tredeci libri, de quali i primi nove hebbero principio da Giovanni della Grossa, proseguendo anchora à quello Pier'Antonio Monteggiani e doppo Marc'Antonio Ceccaldi, e furono racolti et ampliati dal molto reverendo Antonpietro Filippini,... e li quatro ultimi fatti da lui stesso..., (lire en ligne)
  4. François Demartini, Armorial de la Corse, tome II, Alain Piazzola, , Tome II, p.83 et suivantes
  5. Puymège del Cer, Les vieux noms du sud de la France, Vieille France, , p. 658
  6. Michel Marie d’Ornano, Les Ornano, un lignage féodal corse dans l’histoire de France, Albania, , p. 152-156
  7. Raoul Colonna de Cesari-Rocca, Les Maisons historiques de la Corse. Les Seigneurs d'Ornano et leurs descendants (lire en ligne), p. 28
  8. François Demartini, Armorial de la Corse, tome II, Alain Piazzola
  9. Horace Howard Furness, Othello, William Shakespeare, , volume 3, page 375
  10. Serpentini Laurent, Théodore de Neuhoff, roi de Corse, Albania,
  11. Giappiconi, Thierry, La seconde conquête française de la Corse (1730-1740), Albania,
  12. P.P. Santini, La légion Corse (1803-1814), pp 25-26
  13. Albert Révérend, Armorial du Premier Empire, Paris,
  14. Ronald Zins, Les Maréchaux de Napoléon III, Lyon 1996
  15. Armand Elenga, Camp Colonna d'ornano : Le Saint Cyr de la France Libre à Brazzaville, L'Harmattan,
  16. (en-US) Georgette Gouveia, « Distinctively Sisley », sur WAG MAGAZINE, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

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