Dolmen de la Grotte aux Fées
| Dolmen de la Grotte aux Fées | ||||
Dolmen de la Grotte aux Fées. | ||||
| Présentation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Autre(s) nom(s) | Dolmen de Saint-Antoine-du-Rocher Dolmen de Mettray |
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| Type | Dolmen type angevin | |||
| Période | Néolithique | |||
| Protection | ||||
| Caractéristiques | ||||
| Matériaux | Grès, poudingue | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 47° 27′ 46″ nord, 0° 39′ 01″ est | |||
| Pays | France | |||
| Région | Centre-Val de Loire | |||
| Département | Indre-et-Loire | |||
| Commune | Saint-Antoine-du-Rocher | |||
| Géolocalisation sur la carte : Indre-et-Loire
Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire
Géolocalisation sur la carte : France
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Le dolmen de la Grotte aux Fées ou dolmen de Saint-Antoine-du-Rocher ou encore dolmen de Mettray est un monument mégalithique situé sur la commune française de Saint-Antoine-du-Rocher dans le département d'Indre-et-Loire. Par ses proportions, c'est le monument mégalithique le plus spectaculaire du département.
Historique
Le dolmen est mentionné dès 1805 dans l'ouvrage Monuments celtiques de Cambry[1]. En 1865, la Société archéologique de Touraine se propose de fouiller le dolmen, mais l'étude n'est jamais mise en œuvre[2]. Joseph Gaurichon en donne la première description, très complète, au congrès préhistorique de Tours en 1910 à la suite des sondages qu'il y a réalisé la même année[3]. Des ossements[4], des silex polis dont une hache « d'importation »[5] et des fragments de poteries — certains sont ornementés de motifs simples — non datés sont alors récoltés mais semblent avoir été perdus depuis[6],[7].
L'ensemble mégalithique est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 18 avril 1914 et le site de la Grotte aux Fées a été inscrit par arrêté en 1943[8]. La commune de Saint-Antoine-du-Rocher est propriétaire du site. Au milieu des années 1980, le dolmen est consolidé car les supports des dalles de couverture ont tendance à s'incliner vers l'intérieur ; en outre, des feux sont régulièrement allumés dans le dolmen, ce qui fragilise ses pierres[4],[3].
Description
Le dolmen se situe au lieu-dit le « Moulin de Réchaussé », au sud de la commune, en limite de Mettray, ce qui explique son appellation courante de dolmen de Mettray[2]. Il est érigé sur le replat d'une pente descendant vers la vallée de la Choisille à l'est.

C'est un grand dolmen rectangulaire de type angevin[3]. Il mesure 11 m de long sur 4,50 m de large[9] et 3 m de haut. La chambre (10 m de long sur 3 m de large)[3] est délimitée par une dalle de chevet et trois orthostates de chaque côté. La chambre est segmentée intérieurement par une dalle transversale de 1,70 m de largeur[3] formant cloison séparant l'espace funéraire, destiné à accueillir les corps des défunts, du vestibule. Cette dalle cloison a servi de polissoir[2] mais les traces de polissage furent détruites par vandalisme au milieu des années 1960[4]. Le vestibule comporte à l'entrée côté gauche, en léger décalage vers l'intérieur, un bloc dressé de 1,20 m de haut sur 1 m de large dont l'usage est indéterminé dès lors qu'il ne contribue pas à soutenir un autre bloc[3].
L'ensemble est recouvert de trois tables de couverture aux dimensions massives, de respectivement 4,80 m de large sur 1 m d'épaisseur, 3,20 m de large sur 1,80 m d'épaisseur et 3,20 m de large sur 0,90 m d'épaisseur et leur masse est estimée jusqu'à 65 t. Toutes les dalles du monument sont en grès blanc éocène[2] à l'exception de la table de couverture centrale et de trois orthostates qui sont en poudingue[3].
À l'origine, le dolmen était probablement recouvert d'un tumulus dont il ne reste aucun vestige en dehors d'un léger relief formant plate-forme (22 m de long sur 16 m de large) par rapport au sol environnant[3].
Comme la plupart des autres mégalithes d'Indre-et-Loire, le dolmen de la Grotte aux Fées semble avoir été érigé entre 2500 et [10].
Il est possible que le dolmen de la Grotte soit lié avec trois autres mégalithes disparus, un dolmen et deux menhirs situés à proximité, l'ensemble constituant ainsi un système mégalithique dont la Grotte aux Fées est l'élément principal[11].
Légendes et traditions
Trois fées (comme le nombre de dalles de couverture) auraient bâti le dolmen en une seule nuit. Si quelqu'un en déplace les pierres, elles reprennent leur place dans la nuit-même et le responsable risque de mourir dans l'année. Une autre tradition veut que les fées aient élu domicile à l'intérieur du dolmen[12].
Notes et références
- ↑ Cordier 1963, p. 15.
- 1 2 3 4 Cordier 1963, p. 71.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Marquet 2016.
- 1 2 3 Couderc 1987, p. 686.
- ↑ Couderc 1987, p. 688.
- ↑ Jacques Boyer, « Sorties et excursions de l'année 2018 », bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. LXIV, , p. 305 (ISSN 1153-2521).
- ↑ Cordier 1963, p. 74.
- ↑ Notice no PA00098055, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Frédéric Lontcho, Dolmens et menhirs de France, Lacapelle-Marival, Editions Archéologie Nouvelle, coll. « Archéologie Vivante », , 216 p. (ISBN 979-10-91458-09-2), p. 182.
- ↑ Pierre Audin, « Les temps préhistoriques », dans Claude Croubois (dir.), L'Indre-et-Loire : la Touraine, des origines à nos jours, Saint-Jean-d'Angély, Bordessoules, coll. « L'Histoire par les documents », , 470 p. (ISBN 2-9035-0040-1), p. 33.
- ↑ Cordier 1963, p. 75.
- ↑ Jacques Féneant et Maryse Leveel, Le folklore de la Touraine : Dictionnaire des rites et des coutumes, Chambray-lès-Tours, CLD, , 466 p. (ISBN 2-8544-3179-0), p. 184.
Voir aussi
Bibliographie
- Gérard Cordier, Inventaire des mégalithes de la France, vol. 1-1 : Indre et Loire, Gallia préhistoire. Suppléments, , 132 et XXXVIII p. (lire en ligne), p. 71-76.
- Jean-Mary Couderc (dir.), Dictionnaire des communes de Touraine, Chambray-lès-Tours, CLD, , 967 p. (ISBN 2-8544-3136-7).
- Joseph Gaurichon, « Époque mégalithique - Étude technique de l'allée couverte de Saint-Antoine-du-Rocher (Grotte des Fées de Mettray), Indre-et-Loire », dans [Collectif], Congrès préhistorique de France, compte rendu de la VIe session, Tours, 1910, Paris et Le Mans, Société préhistorique française et impr. Monnoyer, , 1203 p., p. 639-682.
- Jean-Claude Marquet, « Les mégalithes », dans Jean-Claude Marquet, La préhistoire en Touraine, Presses universitaires François-Rabelais, , 363 p. (ISBN 978-2-86906-262-7), p. 282.
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à l'architecture :
- Page consacrée au dolmen sur le site de Saint-Antoine-du-Rocher
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