Dorothea Lange

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 70 ans) San Francisco |
| Nom de naissance |
Dorothea Margaretta Nutzhorn |
| Pseudonymes |
Taylor, Dorothea Lange, Taylor, Paul Schuster, Mrs |
| Nationalité | |
| Formation |
Université Columbia (- Wadleigh High School for Girls (en) |
| Activités | |
| Conjoints |
Maynard Dixon (de à ) Paul Schuster Taylor (en) (de à ) |
| A travaillé pour |
Farm security administration War Relocation Authority (en) San Francisco Art Institute |
|---|---|
| Mouvement |
Réalisme social (en) |
| Genre artistique | |
| Distinctions | Liste détaillée |
Dorothea Lange, née Dorothea Nutzhorn le à Hoboken dans l'État du New Jersey et morte le à San Francisco dans l'État de la Californie, est une des premières photographes américaines de renom travaillant exclusivement en noir et blanc et une des fondatrices du documentaire photographique dont les travaux les plus connus ont été réalisés pendant la Grande Dépression, dans le cadre d'une mission qui lui a été confiée par la Farm Security Administration (FSA).
Elle a su s'imposer dans un secteur jusque là monopolisé par les hommes, comme d'autres femmes telles que Margaret Watkins, Toni Frissell, Louise Dahl-Wolfe, Laura Gilpin ou Berenice Abbott.
Biographie
Jeunesse et formation
Dorothea Lange est née à Hoboken (dans l'État du New Jersey) en 1895, Hoboken, sert de port pour les paquebots transatlantiques qui permettent à de nombreux migrants de s'installer aux Etats-Unis. Hoboken voit sa population croitre du fait de ces migrants, de nombreux voisins des parents de Dorothea Lange sont d'origine allemande et en 1895, sa population est de 45 000 habitants[1],[2],[3],[4].
Ses parents sont Heinrich Martin Nutzhorn, un avocat admis au barreau du New Jersey en 1891, et de Johanna Caroline Lange, une soprano se produisant dans des concerts locaux, tous deux sont nés aux Etats-Unis, et s'y sont mariés le , à l'église luthérienne la St. Matthew Trinity, sise à Hoboken. Dorothea est l'aînée des leurs deux enfants. Son prénom de Dorothea est un hommage à sa grand-mère paternelle Dorothea Fisher ; il est également à noter qu'en grec ce prénom signifie « don de Dieu ». En 1901, après la naissance de Dorothea, ils ont un fils Henry Martin[5],[6],[7],[8],[9],[10].
La poliomyélite
En 1902, elle contracte la poliomyélite qui lui laisse des séquelles à la jambe droite toute sa vie, entre autres désagréments consécutifs, elle ne peut plus participer à des activités physiques comme courir ou sauter avec les enfants de son âge, elle est surnommée par ses camarades de classe Limpy (« La boiteuse »), quolibet qui la blesse. Cette situation de handicap développe en elle une empathie envers les personnes fragiles[5],[6],[11],[12],[13],[14],[15],[16].
La séparation de ses parents
Enfant, elle se sent davantage proche de son père que de sa mère, mais à ses 12 ans, en 1907, son père quitte soudainement le foyer familial sans donner d'explications ; elle le vit comme un traumatisme, pendant toute sa vie elle est incapable d'en parler, d'autant qu'il ne donnera plus de nouvelles[17],[5],[6],[18],[19],[20].
Johanna Lange, devenue est soutien de famille mais devant travailler, elle ne peut assumer à elle seule l'éducation de ses enfants, aussi prend-elle ses enfants pour aller vivre chez sa mère Sophie Lange, une femme tyrannique, au tempérament bien trempé et une alcoolique, exerçant le métier de couturière pour lequel elle est douée. Elle maitrise pas très bien l'anglais et s'exprime la plupart du temps en utilisant un dialecte allemand. C'est à la même époque que la jeune Dorothea décide de retirer son nom de Nutzhorn pour se faire appeler Dorothea Lange[21],[6],[22],[23].
Johanna Lange, bibliothécaire
Pour subvenir aux besoins de sa famille, Johanna Lange travaille comme bibliothécaire dans une des annexes de la New York Public Library, celle qui vient d'ouvrir dans le Lower East Side de Manhattan, travail où elle touche un salaire hebdomadaire de 12 $[note 1]. Tous les jours accompagnée par sa fille, elle prend le ferry pour s'y rendre. Le Lower East Side est un quartier populeux où se croisent des migrants d'ascendances diverses et parlant des langues différentes telles que le yiddish, le chinois, le russe, le hongrois, l'italien et où de nombreuses boutiques et échoppes exposent des marchandises du monde entier[5],[6],[24],[25],[26],[27].
Scolarité
Scolarité primaire
Dorothea Lange suit sa scolarité primaire à l'école publique numéro 62, une école de pointe, conformément au projet de la Surintendante de district Julia Richman (en) , une des écoles proches du lieu de travail de sa mère, école principalement fréquentée par plus de 3 000 filles issues de familles juives. Elle s'y fait une amie Florence Ahlstrom qu'elle appelle "Fronzie". Ce relatif isolement aiguise chez elle le sens de l'observation[28],[29],[30].
Après les cours, elle rejoint sa mère à la New York Public Library et y lit tous les livres qui lui tombent sous sa main[30].
Régulièrement, avec sa mère à l'église épiscopalienne Saint-Barthélemy de Manhattan écouter des oratorios et des récitals de Leopold Stokowski aux grandes orgues[31].
En 1908, alors qu'elle en dernière année de sa scolarité primaire, elle se rend au Metropolitan Opera House pour assister aux prestations de la danseuse Isadora Duncan, accompagnée par son orchestre sous la direction de Walter Damrosch qui lui laisse une souvenir autant mémorable qu'impérissable[32].
Scolarité secondaire
Après l'école primaire, le , Dorothea Lange entre à la Wadleigh High School for Girls (en) située dans le quartier de l'Upper West Side. Grâce à des enseignantes elle découvre la poésie contemporaine et les sciences physiques. Avec Florence Ahlstrom, alias "Fronzie", elles se promènent dans Central Park, vont à des concerts, visiter des musées comme le musée américain d'histoire naturelle, le Metropolitan Museum of Art, l'Art Students League of New York ou au théâtre écouter Sarah Bernhardt. Lorsqu'en juin 1913, alors qu'elle vient tout juste de recevoir son diplôme de fin d'études secondaires, sa mère lui demande que veux-tu faire, elle lui répond « je veux être photographe »[13],[33],[34],[35],[36].
Études universitaires
En 1913, sa grand-mère Sophie Lange meurt. C'est le moment pour sa mère Johanna Lange de prendre un nouveau départ. En 1914, grâce à l'appui du maire de Jersey City Frank Hague elle travaille pour l'un des premiers tribunaux pour enfants du New Jersey en tant qu'enquêtrice sociale[2],[37].
En 1914, Johanna Lange soucieuse que sa fille puisse mener une vie indépendante, lui enjoint de suivre des études universitaires au Barnard College pour qu'elle devienne enseignante, l'un des rares métiers que les femmes pouvaient exercer à l'époque. Les cours donnés au Barnard College ne lui convenant pas, Dorothea Lange et son amie "Fronzie" préfèrent s'inscrire à la Brooklyn Training School for Teachers (en), tout en sachant qu'elle n'a nulle envie de devenir enseignante, mais elle ne peut dire à sa mère qu'elle a pour projet de devenir photographe professionnelle[38],[2],[39].

Les années d'apprentissage du métier de photographe
Pendant ses études à la Brooklyn Training School for Teachers qui finiront en 1917, elle suit des cours de photographie auprès de l'université Columbia de New York, cours dispensés par le pictorialiste Clarence Hudson White (en)[2],[5],[40].
De 1914 à 1917, elle travaille chez des studios de photographes dont celui de Arnold Genthe qui l'embauche comme technicienne de laboratoire et réceptionniste[41].
Arnold Genthe est connu pour ses photographies des plusieurs présidents des États-Unis, comme Theodore Roosevelt, William Howard Taft, Woodrow Wilson ou des artistes comme Ralph Albert Blakelock, les poètes et dramaturges Edna St. Vincent Millay, John Galsworthy, des comédiens tels que Sarah Bernhard, Eleonora Duse, Ann Sothern, Mary Pickford, Greta Garbo, Eva Le Gallienne, John Barrymore, la chanteuse Nellie Melba, le pianiste Ignacy Paderewski[42],[5],[43],[44].
Puis, lors du dernier semestre 1917 elle travaille comme retoucheuse et réceptionniste pour le photographe Aram Kazanjian, les maisons d'éditions font souvent appel à lui pour illustrer les frontispices des ouvrages biographiques ou autobiographiques ; comme Arnold Genthe il a photographié les vedettes de Broadway comme la famille Barrymore, le chanteur d'opéra Enrico Caruso, et autres personnalités[45].

Pour diversifier ses pratiques de photographe, Dorothea Lange travaille pour le studio de l'épouse d'Alfred Chester Beatty. Quand la famille d'Irving Brokaw (en) sollicite le studio pour prendre des clichés des différents membres de la famille, c'est Dorothea Lange qui y est envoyée pour faire le travail. Après cela, elle est envoyée pour prendre des clichés de Herbert Beerbohm Tree lors d'une de ses tournées aux Etats-Unis[46].
L'un de derniers mentors est le peintre et photographe Charles Harold Davis, qui lui apprend comment faire poser un modèle. C'est grâce ces diverses expérience de photographe que Dorothea Lange a pu selon ses dires acquérir son propre style de photographe[47].
Le périple vers San Francisco
À la fin de l'année 1917, Dorothea Lange pense qu'elle est prête pour voler de ses propres ailes et quitte pour la première fois de sa vie le foyer familial, elle achète un appareil photo et en janvier 1918, accompagnée par son amie Fronzie, elle embarque pour La Nouvelle Orléans où elles prennent le train en direction du Texas, du Nouveau Mexique pour finalement atteindre la Californie à la mi-mai[48],[49],[50].
Les Bohemians
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Lors de leur arrivée à San Francisco, elles logent dans un foyer géré par la Young Women's Christian Association (YWCA), là elles se font voler leurs économies, n'ayant plus en poche que 4 $[note 2], ne pouvant pas payer leur séjour elles se rendent à la Mary Elizabeth Inn, un foyer géré par l'église épiscopalienne à destination des femmes qui travaillent et sont sans-abri. Dès le lendemain de leur arrivée, Fronzie est recrutée par la Western Union pour l'envoi de télégrammes à leur destinataires, de son côté, Dorothea Lange est embauchée par une boutique de développement de clichés photographique, parmi ses clients réguliers il y a Roi Partridge (en) un graveur auprès de l'agence de publicité Foster & Kleiser (en). Roi Partridge et son épouse Imogen Cunningham deviennent ses amis proches, ils introduisent Dorothea Lange auprès du milieu artistique de San Francisco[51],[52].
Dorothea Lange s'inscrit au San Francisco Camera Club où se lie avec d'autres photographes Lou Tyler qui deviendra son assistant, Consuelo Kanaga, ainsi que le réalisateur Sidney Franklin[53].
Elle devient également membre du groupe dit des "Bohemians", change sa manière de s'habiller, porte des jupes fluides, des foulards, des bijoux en argent et se coiffe d'un béret[54].[55],[5],[6].
Lorsque sa mère divorce en 1919, Dorothea peut changer officiellement son nom de Nutzhorn en Lange[54],[53],[56].
Ouverture de son studio
Sidney Franklin se met d'accord avec Dorothea Lange pour mettre à sa disposition à titre gracieux un appartement au 540 Sutter Street et un autre proche, l'Irlandais Jack Boumphrey, lui fait un prêt de 3 000 $[note 3], ce qui lui permet d'ouvrir son propre studio[54],[2],[53],[56].
La plupart de ses clients sont de riches sponsors d'artistes appartenant au groupe des "Bohemians" et des membres des grandes familles de San Francisco. Régulièrement, elle sort de son studio pour se rendre à la région de la baie de San Francisco, prendre des clichés sur le vif [57],[58].

Maynard Dixon
Six mois après son ouverture, elle reçoit une personne aux allures de cowboy coiffé d'un stetson, il s'agit de Maynard Dixon né en 1875, à Fresno dans l'État de la Californie. Dès ses 16 ans, il illustre des livres de western dans la tradition de Frederic Remington. En 1893, il s'installe à San Francisco, ses peintures sont régulièrement publiées par le magazine Overland Monthly, puis il est embauché par le The San Francisco Call dans le staff des illustrateurs. En 1895, il rejoint le The San Francisco Examiner fondé par George Hearst, il y fait la connaissance de Jack London, Frank Norris, Edwin Markham et Ambrose Bierce. Il fait de nombreux voyages dans l'ouest, le parcourant du Nouveau Mexique à l'Oregon où il noue des amitiés au sein des Hopis et des Navajos qui deviennent des sujets de ses dessins et peintures qui sont publiées en dehors du The San Francisco Call par le Harper's Weekly, le McClure's Magazine, le Scribner's Magazine et le Sunset Magazine. Il est membre groupe dit des "Bohemians",[5],[57],[59],[60],[61].
En 1905, il épouse Lillian Tobey diplômée de la California College of the Arts, ils ont une enfant, Constance, née en 1910. L'alcoolisme de Lillian Tobey, cette addiction perturbe fortement Maynard Dixon qui entre dans une dépression nerveuse, le couple divorce en 1917. Après le divorce il est embauché par l'agence de publicité Foster & Kleiser (en). C'est alors qu'il fait la connaissance de Dorothea Lange[62].
Mariage et vie de famille difficile
Dorothea Lange annonce à son amie Imogen Cunningham qu'elle a décidé de l'épouser, malgré les réticences Imogen Cunningham « Il est trop âgé ! ». Passant outre, la cérémonie de mariage a lieu le , avec Fronzie comme demoiselle d'honneur et Roi Partridge comme maitre de cérémonie ; Dorothea Lange vient de fêter ses 25 ans alors que Maynard Dixon a 45 ans[62],[63],[6],[5],[64].
Pour Maynard Dixon n'a jamais fait preuve de sentiments paternels notamment envers sa fille Constance, âgée de 10 ans surnommée "Consie" qu'il emmène avec eux durant leur lune de miel qui dure 4 jours. De retour, ils emménagent à Russian Hill, quartier résidentiel de San Francisco. Maynard Dixon laisse Dorothea Lange se débrouiller avec "Consie", elle sans être préparée à cette situation, elle qui n'avait pour seul centre d'intérêt que la photographie, la relation devient parfois tendue, voire conflictuelle, finalement elle est envoyée chez des amis dont la fille a le même âge que Consie[65],[66],[67].
Maynard Dixon, travaille dans son atelier situé dans le quartier du Montgomery Block (en), il gagne sa vie par des commandes pour des peintures murales et diverses toiles[68].

Le cercle des amis de Dorothea Lange et Maynard Dixon s'élargit en plus d'Imogen Cunningham et de Roi Partridge y figurent Edward Borein (en), Ralph Stackpole, Gottardo Piazzoni (en), Gertrude Partington Albright (en), George Sterling (en), Charles Duncan (artist) (en), Fremont Older, Sara Bard Field, Lucien Labaudt, Timothy L. Pflueger (en), Albert Bender, Ce dernier est le premier à avoir vu dans les clichés de Dorothea Lange des oeuvres artistiques et à les collectionner. Elle lui rend visite, il lui fait rencontrer Ansel Adams qui l'a auparavant couverte d'éloges[69].
En 1921, elle accompagne Maynard Dixon dans ses expéditions à travers la Sierra Nevada, l'Arizona et le Nouveau Mexique à la recherche de nouveaux croquis, ce qui lui donne l'occasion de photographier des Hopis et des Pueblos[6],[2],[70].
En 1922, Maynard Dixon et Dorothea Lange se rendent dans une réserve Navajo, pendant leur séjour ils vivent dans un comptoir commercial à Kayenta, puis ils se rendent à Red Lake, ils font une halte à Tuba City pour visiter une école pour les amérindiens, c'est la première expérience que fait Dorothea Lange de la maltraitance infligées à des enfants amérindiens. Ensuite ils se rendent à Monument Valley et s'attardent sur la Mesa Verde. Dorothea Lange prend de nombreux clichés pendant que de son côté Maynard Dixon réalise de nombreuses peintures qui sont exposées en février1923 à la Macbeth Gallery (en) de New York. Les critiques sont favorables, voire élogieuses ce qui permet à Maynard Dixon de faire des expositions à Philadelphie, Pittsburgh, Cleveland, Cincinnati et à la Corcoran Gallery of Art de Washington (district de Columbia). Lui et Dorothea Lange sont invités par Anita Baldwin la fille de Lucky Baldwin (en) pour qu'elle se puisse se joindre à eux pour une randonnée à travers les territoires des Hopi et et de Navajos[71].
Le , nait leur premier enfants Daniel Rhodes Dixon suivi par la naissance de John Eaglefeather Dixon le . L'arrivée de ces enfants rendent la vie de Dorothea Lange quelque peu compliquée, d'autant plus que Maynard Dixon se décharge de toute responsabilité, ce qui l'insupporte. Régulièrement des conflits surgissent, Dorothea Lange se sentant prise au piège, ne pouvant plus se vouer à la photographie[72],[73].
La Grande Dépression
Le krach du 24 octobre 1929 annonciateur de la Grande Dépression de 1929 affecte le couple Dixon-Lange, leurs clients même ceux issus de la grande bourgeoisie ne viennent plus se faire photographier, ne commandent plus de tableaux, situation qui ne fait qu'empirer le climat conflictuel du couple[74],[75].
En 1930, Maynard Dixon quitte sa famille pour se rendre aux Monts Tehachapi y faire quelques peintures, espérant qu'à son retour il obtiendrait une commande de peinture murale venant de la San Francisco Stock Exchange en vain[74].
De son côté, Dorothea Lange est obligée de confier leurs fils à des membres de la famille à Watsonville[76].
Séjour à Taos


Constance, âgée de 21 ans, qui travaillait comme journaliste The San Francisco Examiner est au chômage et doit rejoindre le couple Dixon-Lange. Un des amis du couple lui demande si elle veut bien l'accompagner à la Colonie artistique de Taos (en) (dans l'État du Nouveau Mexique) pour dactylographier une autobiographie de Mabel Dodge Luhan. Elle envoie également des lettres au couple Dixon-Lange, décrivant la beauté de la ville de Taos, ils décident de s'y rendre et achètent une Ford T d'occasion. Arrivés sur place, ils louent une maison en brique. Dorothea Lange y rencontre Paul Strand, c'est le début d'une longue amitié, l'un des thèmes de leurs conversations est quelle différence y-a-t-il entre les hommes et les femmes dans le monde artistique ? Ce à quoi Paul Strand est bien incapable de répondre, il n'en voit aucune[77],[78].
Retour à San Francisco
Après l'hiver 1931-1932, le couple Dixon-Lange retourne à San Francisco. Pour faire des économies, Dorothea Lange loge dans son studio de la Montgomery Street, et Maynard Dixon dans un appartement proche, lui aussi sur la Montgomery Street, pendant que leurs enfants sont envoyés en pensionnat, c'est le début de la dégradation de leur couple[79],[80].
The White Angel
En 1932, entre deux clients, Dorothea Lange observe par la fenêtre d'angle de son studio le défilé des sans-abris, aux visages faméliques, hébétés, traversant les rues de San Francisco ou les files de chômeurs qui attendent pour avoir une portion de soupe populaire[81],[2],[82].
Curieuse, munie de son appareil photo, elle remonte la file pour pour découvrir la personne qui distribue du pain, des bols de soupe et des assiettées de ragoût. Il s'agit d'une veuve nommée Lois Jordan surnommée The White Angel (l'ange Blanc), elle prend plusieurs photos de Lois Jordan, les clichés sont rassemblés et sont publiés en 1933 sous le titre White Angel breadline. George P. Elliott (en) estime que c'est par cette publication que Dorothea Lange acquiert une notoriété, qu'elle se démarque des autres photographes[2],[5],[83],[84].
Le Groupe f/64.
En 1932, Willard van Dyke et Mary Jeanette Edwards fondent le Groupe f/64. plusieurs photographes de San Francisco le rejoignent comme Ansel Adams, Sonya Noskowiak, Imogen Cunningham, John Paul Edwards, Henry Swift, Edward Weston, Alma Lavenson, Preston Holder. Le , le groupe inaugure sa première exposition à la galerie M. H. De Young, la critique étant positive, plusieurs galeries vont exposer les oeuvres du Groupe f/64. Dorothea Lange a certes entendu parler de groupe mais malgré les sollicitations de ses amis qui adhèrent à ce groupe, elle ne le rejoint pas, du fait de ses désaccords avec la conception puriste de la photographie prônée par le groupe[85].
Le New Deal
Le , Franklin Delano Roosevelt, après sa victoire lors de l'élection de novembre 1932 commence à mettre en œuvre son mandat. Conformément à ses engagements il met en œuvre le New Deal entrainant une reprise économique, des embauches et une série de mesures d'aides de l'état. À la fin du mois il établit le Civilian Conservation Corps, qui a pour mission d'engager de grands travaux 250 000 jeunes le rejoignent[86].
Puis en mai 1933, le Congrès débloque une somme de 500 millions de $ pour fiancer la Federal Emergency Relief Administration[87].
La Journée internationale des travailleurs de 1933

Lors de la journée internationale des travailleurs de mai 1933, Dorothea Lange se rend au Civic Center de San Francisco pour photographier les manifestations des sans-emplois. Elle photographie plus particulièrement les slogans des banderoles. parmi ses différents clichés, sa photographie intitulée "Street Demonstration, San Francisco" est devenue un classique de son œuvre, elle est exposée de façon permanente à la National Galery of Art. Ce cliché attire l'attention de membres du Parti communiste des États-Unis d'Amérique, malgré leur insistance, soucieuse de son indépendance, elle refuse d'y adhérer[88].
La grève dite de la West Coast waterfront strike de 1934
Quand vient l'été de 1933, Dorothea Lange et Maynard Dixon roulent vers l'Utah, font une halte au parc national de Zion pour ensuite se rendre dans les villes tenues par les Mormons, notamment Toquerville où malgré la pauvreté les habitants arrivent à être auto-suffisants. Sur le chemon du retour ils s'arrêtent pour admirer les travaux en cours du barrage dit le Boulder Dam. De retour à San Francisco, Dorothea Lange assiste à diverse grèves portuaires des marins et dockers. Ces grèves culminent en mai 1934 lorsque Harry Bridges (en) organise la grève connue sous le nom de la 1934 West Coast waterfront strike (en). Les propriétaires des compagnies maritimes engagent des briseurs de grèves. Les heurts entre les grévistes et les briseurs de grèves sont violents, des centaines de personnes sont blessées. Le , les grèves s'étendant à plusieurs ports de la Californie, le maire de San Francisco envoie la police qui utilise des grenades de désencerclement et des grenades lacrymogènes, les batailles de rues font deux morts, cette journée est célèbre sous le nom de "Bloody Thursday". Le gouverneur de la Californie déclare l'état d'urgence et envoie la garde nationale de la Californie occuper les quais. Dorothea Lange prend plusieurs photos de ces évènements, clichés des piquets de grève, de policiers, de jambes de femme fracturées par coups de matraque[89],[90].
Le projet Oroville
En 1933, Willard van Dyke organise chez lui, à Oroville, une réunion de photographes pour savoir comment aborder la crise économique. Parmi les photographes présents il y a Imogen Cunningham, Preston Holder, Mary Jeanette Edwards et Dorothea Lange. Est également présent Paul Schuster Taylor, (en), un professeur d'économie à l'université de Californie à Bekerley âgé de 39 ansc'est la première rencontre avec Dorothea Lange. Ils créent l'Oroville Project[91]
Puis Paul Schuster Taylor invite Dorothea Lange munie d'un Rolleiflex et Imogen Cunningham munie d'un Graflex (en) à l'accompagner visiter l'une des coopératives gérées par des chômeurs afin de subvenir à leurs besoins alimentaires, coopératives où des divers professionnels peuvent échanger la mise à disposition de leurs compétences contre de la nourriture. Paul Schuster Taylor est dans la mouvance de la Jeffersonian democracy (en) pour laquelle la démocratie a pour valeurs fondamentales la vie de famille, l'éducation pour tous et la tenue d'une ferme[92],[93].
Premières expositions
La première exposition de Dorothea Lange a lieu durant l'été 1934 à Oakland dans la galerie de Willard Van Dyke[2],[5],[94].
Quand Paul Schuster Taylor (en), visite l'exposition, immédiatement il lui téléphone pour savoir si elle serait d'accord pour utiliser un des clichés sur la grève de 1933 pour illustrer un article qu'il est en train d'écrire. Elle est d'accord, sa photographie est publiée en tête de l'article titré "Workers Unit" et reçoit une somme de 15 $[note 4] il est bien spécifié que la photo est la propriété de Dorothea Lange[95],[96].
En décembre 1934, Dorothea Lange tient une seconde exposition dans une galerie de la Vallejo Street à San Francisco. Ansel Adams déclare au sujet des photos exposées « Dorothea Lange montre qu'elle est à la fois une humaniste et une artiste. Les clichés des gens photographiés, selon une perception bien spécifique, provoquent un impact sur le public »[97].
La California State Relief Administration
En 1935, la California State Relief Administration (en) qui vient d'être créée fait appel à Paul Schuster Taylor comme consultant, pour élaborer des études sur la pauvreté et le chômage en Californie, il accepte mais en posant une condition, il a besoin d'un photographe et impose Dorothea Lange pour l'accompagner. Pendant que Paul Schuster Taylor interviewe les gens, Dorothea Lange les photographie. Ils commencent par la ville de El Cerrito, puis ils se rendent à Nipomo et parcourent l'Imperial Valley. Le long des routes ils croisent un flot continu de migrants désemparés, à la dérive, en errance. Ces dizaines de milliers de migrants sont des journaliers sous payés, des Mexicains, Chinois, Japonais, Indiens, Philippins mais aussi de nombreux Blancs récemment arrivés, ruinés par une série de tempêtes de sable, de périodes de sécheresse frappant les fermes du Dakota à l'Oklahoma puis celles des Grandes Plaines. Chaque année 350 000 fermiers prennent la route vers la Californie, cela de 1934 à 1939[98],[99],[100].
Paul Schuster Taylor et Dorothea Lange finalisent leur rapport et l'envoie à la California State Relief Administration (SERA) qui le transmet à la Federal Emergency Relief Administration (FERA). Le rapport préconise entre autres la construction de camps de réfugiés dignes de ce nom et cela dans les plus brefs délais. La FERA débloque un budget de 20 000 $[note 5] à destination de la SERA pour la construction de deux premiers camps d'urgence, l'un à Marysville et l'autre à Arvin, ils sont dotés de toilettes, de douches avec débit d'eau chaude, de poêles, d'un bureau pour le gestionnaire et un bâtiment pour les assemblées. Ils obtiennent le soutien de l'American Civil Liberties Union, ACLU) en cas de refus de la construction de ces camps[101],[102].
- 1935-1936
Enfants de réfugiés de la sécheresse de l'Oklahoma sur l'autoroute près de Bakersfield. Famille de six personnes ; pas d'abri, pas de nourriture, pas d'argent et presque pas d'essence. L'enfant a une tuberculose osseuse. Juin 1935.
Baraque de fortune construite à Bakersfield (Californie) par des réfugiés venant de l'Arkansas 1935 ou 1936.
« Un dollar par jour. Famille d'un travailleur de la térébenthine près de Cordele, en Alabama. Le salaire du père est d'un dollar par jour. C'est le niveau de vie que ces gens là supportent ». Juillet 1936.
Réfugiés de la sécheresse de l'Oklahoma campant au bord de la route, Blythe, Californie, 17 août 1936.
Dorothea Lange et la Federal Emergency Relief Administration (FERA)


Paul Schuster Taylor et Dorothea Lange sont affectés à la Resettlement Administration dirigée par Rexford Tugwell, agence créée par un décret présidentiel du , dont la mission est de venir en aide aux fermiers ruinés par des prêts à faible intérêts, la réhabilitation des sols et un programme de réinstallation d'exploitations agricoles. Cela change le cadre d'emploi de Paul Schuster Taylor et Dorothea Lange, autrefois confinés à la Californie, ils peuvent maintenir intervenir auprès du Nevada, de l'Utah, de l'Arizona et du Nouveau Mexique. Dorothea Lange travaille pour le service de communication de la Resettlement Administration, elle touche un salaire de 30 $[note 6] par semaine. Les photographes Arthur Rothstein, Gordon Parks et Ben Shahn la rejoignent[103],[104],[105].
Les différents rapports de Paul Schuster Taylor et Dorothea Lange après être lus par Roy Stryker sont envoyés au sénateur Robert M. La Follette, au secrétaire à l'Agriculture Henry Wallace, au secrétaire à l'Intérieur Harold Ickes et à Eleanor Roosevelt[106],[78].
Mariage
Dorothea Lange et Paul Schuster Taylor tombent amoureux l'un de l'autre et après leurs divorces respectifs prononcés en novembre 1935, ils se marient le à Albuquerque dans l'État du Nouveau Mexique[2],[5],[6],[107],[108].
Le jeune couple loue une maison sise au 2706 Virginia Street qui a vue sur la baie de San Francisco[108].
- 1936-1940
« Fauchés, bébé malade et problème de voiture ! ». Famille du Missouri dans les environs de Tracy, Californie. Février 1937.
Ancien métayer bénéficiant d'une subvention de secours dans l'Imperial Valley, en Californie. Mars 1937.
Deux hommes marchant le long de la route près d'un panneau d'affichage indiquant « La prochaine fois, essayez le train. Détendez-vous ». Mars 1937.
District d'Eloy, comté de Pinal, Arizona. Les cueilleurs de coton, en route vers la pesée du coton, à midi. Novembre 1940.
- War Relocation Authority (en), 1942-1946
Les enfants de l'école publique de Weill, de la soi-disant colonie internationale, présentés lors d'une cérémonie de « serment d'allégeance au drapeau »(?) (flag pledge ceremony). Certains d'entre eux sont des évacués d'ascendance japonaise qui seront hébergés dans des centres d'autorité de relocalisation de guerre pendant toute la période. Avril 1942.
Byron en Californie. Troisième génération d'enfants américains d'ascendance japonaise en foule attendant l'arrivée du prochain bus qui les emmènera de chez eux au centre de regroupement (Assembly center). 2 mai 1942.
Près de Mission San Jose en Californie. Membres de familles d'agriculteurs d'ascendance japonaise dans leur champ de fraises à l'ouverture de la récolte de 1942. Dans deux jours, les résidents d'origine japonaise seront évacués vers un point de rassemblement pour un transfert ultérieur vers un centre de l'Autorité de réinstallation de guerre pour passer la période. .
Sacramento en Californie. Harvey Akio Itano, diplômé de l'université de Californie en 1942, qui a obtenu son Bachelor of Science avec le meilleur dossier universitaire de tous les candidats. Il a été choisi par la faculté comme médaillé universitaire de 1942. Il n'a pas pu assister aux exercices de début d'année universitaire car l'évacuation de tous les résidents d'ascendance japonaise avait été ordonnée. .
En 1942, après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor le , Dorothea Lange est embauchée par une agence gouvernementale, afin de faire un reportage sur les camps où sont regroupées de force et internées toutes les personnes d'origine japonaise, hommes, femmes, enfants. Le but poursuivi alors par cette agence était de montrer que ces internés étaient traités avec humanité. Mais la photographe en tire au contraire des clichés accablants[109], qui seront d'ailleurs censurés par l'administration Roosevelt. Ces photographies restent non diffusées à l'époque[109]. Elles ne seront publiées qu'en 2006, dans un livre consacré exclusivement au sujet, Impounded : Dorothea Lange and the censored images of Japanese American internment.
Les internés américains en ligne au Tanforan Assembly Center de San Bruno (Californie) le 29 avril 1942.
Stockton, Californie. Le premier jour dans un centre de rassemblement. Une nouvelle unité de la caserne est en cours d'ouverture. 19 mai 1942.
Centre de réinstallation de Manzanar, Une vue du centre de réinstallation de Manzanar montrant les rues et les pâtés de maisons. 1er juillet 1942.
Vie privée
Le , elle épouse Maynard Dixon, de cette union naissent deux enfants Daniel Rhodes en 1925 et John Eaglefeather en 1930[6],[72],[110].
En 1935, Dorothea Lange épouse en secondes noces l'économiste Paul Schuster Taylor[6].
Dorothea Lange meurt d'un cancer de l'œsophage le , trois mois avant sa rétrospective au Museum of Modern Art.
Œuvres et documentaires illustrés par Dorothea Lange
- (en-US) Dorothea Lange, White Angel breadline, New York, Scholastic Magazines (réimpr. 1979) (1re éd. 1933) (OCLC 461666907),
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Expositions permanentes
Plusieurs musées exposent de façon permanente des photographies de Dorothea Lange :
Hommages et distinctions
En 2003, Dorothea Lange entre au musée du National Women's Hall of Fame[116]
En 2008, Dorothea Lange entre au California Hall of Fame[117].
Depuis 2009, un cratère de la planète Mercure est nommé Lange en son honneur[118].
En 2021, Dorothea Lange entre au musée du New Jersey Hall of Fame[119].
Notes et références
Notes
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),
Articles connexes
- Mère migrante, histoire et analyse de la photographie la plus célèbre de Dorothea Lange
- Farm Security Administration
- Walker Evans
- Berenice Abbott
- Grande Dépression
- Photojournalisme
- Photographie sociale
- Photographie documentaire
- Ralph Gibson, qui a été son assistant en 1960
- Rue Dorothea-Lange à Paris
Liens externes
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- (en) La galerie de la librairie du Congrès conserve les photographies de Dorothea Lange prises dans le cadre de la FSA (photographies libres de droit)
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