Dryade (Louis Aubert)

Dryade
Genre Poème symphonique pour orchestre
Nb. de mouvements 1
Musique Louis Aubert
Dates de composition 1924

Dryade est un poème symphonique pour orchestre composé par Louis Aubert en 1924.

Composition

Louis Aubert compose Dryade en 1924, initialement pour accompagner un film de Ralph Murphy[1].

Présentation

L'œuvre est en un seul mouvement, « tableau symphonique[2] » dont l'argument est donné en tête de la partition[3]. Il y est question « d'une contrée maritime sauvage, où un dieu malfaisant métamorphosa les faunes en arbres, qui gardèrent les dryades prisonnières. Mais un jeune pâtre tire de sa flûte « des accents si doux et si passionnés qu'un cèdre s'entrouvre, laissant échapper sa captive ». Poursuite amoureuse : mais la dryade disparaît, reprise par l'arbre enchanté. « Dominant la rumeur confuse des eaux et de la forêt, la voix de la Dryade surgit, impérieuse et fascinante ... » À cet appel, le berger se précipite du haut d'un promontoire « pour rejoindre dans l'éternité la nymphe qu'il aimait »[4] ».

L'instrumentation requiert :

Instrumentation de Dryade
Bois
2 flûtes, 1 hautbois, 1 cor anglais,
2 clarinettes en Si bémol, 2 bassons
Cuivres
4 cors chromatiques en Fa,
2 trompettes en Ut,
3 trombones
Percussions
Harpe, 2 timbales,
triangle, cymbales, grosse caisse
Cordes
Premiers violons, seconds violons, altos,
violoncelles, contrebasses

La partition est publiée par les éditions Durand en 1924[1].

Analyse

Pour Michel Fleury, Dryade se situe « dans le voisinage de Daphnis[5] ».

Au début de l'œuvre, « l'appel maléfique du dieu plane en accords ascendants (bois et cuivres) sur le frémissement des campagnes (trémolos des cordes graves)[6] ». Puis vient le chant expressif du berger, au cor anglais, qui « prend bientôt son essor sur le murmure des cordes en trémolo (altos et violons). Cette mélodie révèle plus loin toute la passion qu'elle gardait en réserve, d'abord aux cordes accompagnées par le trémolo des bois et des cors, puis dans une section dont la progression chromatique et exaltée est rehaussée par un dessin sinueux de triples croches familier à l'auteur de la Habanera[6] ».

Michel Fleury relève que « la suite du morceau épouse étroitement l'argument. Les gammes ascendantes (cordes) et les fusées d'accords (bois) se rapportant à la poursuite font un large usage du mode II. Le thème sinistre de la malédiction retentit une fois encore au début de la dernière partie, avant la montée vers les accords massifs qui accompagnent le berger vers son sacrifice. Et sur la campagne apaisée passe l'écho d'un chalumeau lointain...[6] ».

Postérité

En 2005, le Dictionnaire de la musique dirigé par Marc Vignal mentionne que Louis Aubert « pratiqua aussi la critique musicale et fut élu à l'Institut en 1956[7] » mais ne donne le titre d'aucune de ses œuvres[8]

Discographie

Références

  1. 1 2 Fleury 1993, p. 5.
  2. Dumesnil 1930, p. 154.
  3. Fleury 1993, p. 5-6.
  4. Fleury 1996, p. 360-361.
  5. Fleury 1996, p. 360.
  6. 1 2 3 Fleury 1996, p. 361.
  7. Vignal 2005, p. 40.
  8. Vignal 2005, p. 39.

Bibliographie

Ouvrages généraux

  • René Dumesnil, La musique contemporaine en France, t. I, Paris, Armand Colin, , 218 p., « Louis Aubert », p. 152-154.
  • Michel Fleury, L'impressionnisme et la musique, Paris, Fayard, coll. « Les chemins de la musique », , 503 p. (ISBN 2-213-03188-6).
  • Marc Vignal, Dictionnaire de la musique, Paris, Larousse, , 1078 p. (ISBN 2-03-511001-7, lire en ligne), « Louis Aubert », p. 39-40.

Articles

  • Vladimir Jankélévitch, Premières et Dernières Pages : Louis Aubert, Paris, Seuil, (1re éd. 1974), 318 p. (ISBN 2-02-019943-2 et 978-2-02-019943-8), p. 290-298.

Notes discographiques

Liens externes

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