Eau de Gaël
L'eau de Gaël serait une eau miraculeuse employée contre la rage. Il s'agissait d'abord de l'eau d'une fontaine située à Gaël, en Bretagne, fréquentée par de nombreux pèlerins puis rebouchée. Le culte de l'eau de Gaël fut finalement reporté sur le fruit d'une recette secrète conservée par les recteurs de la paroisse.
Après la messe en l'église de Gaël, des pèlerins venus chercher un remède contre la rage buvaient l'eau tirée d'un puits très profond situé à l'angle nord-ouest de l'ancien château de Gaël mais l'emplacement du puits fut rapidement oublié après avoir été bouché[1]. Cette fontaine fut bouchée et la croyance en la fontaine miraculeuse fut remplacée au XVIIIe siècle par la croyance en l'eau de Gaël, un remède contre la rage concocté par le curé qui fut diffusé jusqu'à Nancy[2]et qui fit venir un grand nombre de pèlerins[1]. On dit que le secret du remède contre la rage est transmis à chaque recteur de Gaël depuis au moins la moitié du XIXe siècle[1]. En 1763, le curé de Gaël, M. Duchêne-Guyot indique donner une grande quantité de l'eau miraculeuse à l'abbaye Saint-Georges de Rennes et en distribuer aux pèlerins qui apportent des bouteilles[1].
On retrouve une trace de l'utilisation miraculeuse de l'eau en 1757 aux Iffs[3] ainsi que des traces de l'utilisation infructueuse de l'eau de Gaël en 1773[4] à Saint-Caradec et en 1804 à Saint-Jean-sur-Couesnon[5]. Le remède était encore distribué par le recteur durant l'entre-deux-guerres[1].
La vertu curative de la source remonterait à saint Méen, qui la fit sourdre pour remercier le roi Noël[6]. Certains indiquent que la première fontaine antirabique étaient située près du manoir de la Galonnais et dédiée à saint Hubert[7]. Jean Delumeau indique que la première fontaine miraculeuse, celle de Saint-Méen fait venir des pèlerins de toute la Haute-Bretagne à Gaël au XVIIe siècle[2]. Certains indiquent qu'une fois la première fontaine bouchée, le pouvoir fut transmis à celle de Saint-Symphorien[8] ou à une source sous l'autel de l'église paroissiale[1].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 Julien Hervé, « L'eau de Gaël et quelques anciens remèdes contre la rage en Bretagne », Mémoires de la Société d'histoire et d'Archéologie de Bretagne, vol. 10-11, .
- 1 2 Jean Delumeau, Histoire des diocèses de France: Le diocèse de Rennes, Editions Beauchesne, .
- ↑ Mercure de France: 1757, 3, (lire en ligne)
- ↑ Charles Le Maout, Instruction succincte sur le traitement préservatif de la rage, publiée par Le Maout,..., (lire en ligne).
- ↑ Journal de Paris, (lire en ligne).
- ↑ Madame de Marmier, La Mystique Des Eaux Sacrees Dans l'Antique Armor: Essai Sur La Conscience Mythique, Vrin, (ISBN 978-2-7116-0550-7, lire en ligne)
- ↑ Cappelli Jean-Claude, Brocéliande Au-delà des apparences Tome II, Lulu.com, (ISBN 978-0-244-00047-9, lire en ligne)
- ↑ Henri Gaidoz, La rage & St. Hubert, Picard, (lire en ligne)
Voir aussi
Bibliographie
- Julien Hervé, « L'eau de Gaël et quelques anciens remèdes contre la rage en Bretagne », Mémoires de la Société d'histoire et d'Archéologie de Bretagne, vol. 10-11,
- Paul Sébillot, Le Folklore de France : Les eaux douces, 1904-1906
Articles connexes
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