Entrelacs (ornement)

Entrelacs viking, Stavkirke d'Urnes.
Croix celtique avec entrelacs.
L'entrelacs tire souvent son effet esthétique du principe du nœud ou du passage alternatif dessus/dessous d'un ruban souple. La forme peut en être fermée (comme ici), ou répétée en boucle « infinie », c'est-à-dire dans une frise fermée sur elle-même, faisant par exemple le tour d'une pièce de tissus, d'une page de parchemin enluminé, d'un coffre peint, ou encore d'un bras s'il s'agit d'un tatouage.

En peinture et en sculpture et dans d'autres domaines, les entrelacs sont des motifs ornementaux employés dans différents domaines des arts (peinture, sculpture, gravure, etc.), aussi nommés nœuds celtiques.

Ils évoquent des cordes sans extrémités et enchevêtrées, en général symétriques ou se répétant le long d'une frise par exemple, avec des croisements visibles qui permettent de suivre chaque corde le long de son tracé.

Définition

Les entrelacs sont une forme d'ornement fondée sur la répétition de motifs de courbes entrelacées, plus ou moins complexes, entrecroisées et enchevêtrées, évoquant les nœuds qu'on peut faire avec des cordes.

En Europe du Nord durant le haut Moyen Âge, les entrelacs de cordons d'origine romaine se sont mélangés avec des motifs celtiques et germaniques du nord de l'Europe, comme les spirales, dont le triskèle, et des motifs animaliers stylisés, leur faisant acquérir une identité bien distincte. Des formes anthropomorphes y sont aussi fréquemment mélangées.

D'autres traditions d'entrelacs ont été utilisées dans le monde pour la décoration, par exemple pour les tatouages, dont certaines formes modernes (tatouages vrais ou dessin au henné).

En Occident, les entrelacs désignent généralement des motifs de cordons entrelacés, tandis que les arabesques désignent plutôt les compositions à partir de rinceaux végétaux, parfois entrelacés mais pas forcément. Ce dernier terme ayant fréquemment été employé en français pour désigner des motifs européens sans rapport avec l'art oriental

Histoire

Les rinceaux végétaux ainsi que les entrelacs de cordons sont deux formes issus de l'art gréco-romain antique. Adoptés très tôt dans l'art celte (dès le IVe siècle av. J.-C.), ils se diffuseront bien plus tard dans l'art germanique, après s'être enrichie de motifs animaliers scythiques. Ces deux ornements se sont beaucoup amalgamés dans les arts décoratifs aussi bien en Occident qu'en Orient, avec des échanges continuels entre différentes traditions, notamment durant le haut Moyen Âge par le biais de l'enluminure, les manuscrits pouvant voyager sur de longues distances. Ainsi les entrelacs de l'art insulaire, irlandais et anglo-saxons, se sont développés à partir d'un mélange d'entrelacs romains tardifs (paléochrétiens) venant de tous le bassin méditerranéen et de la Grande Bretagne précédemment romaine, de motifs celtes locaux et d'apports germaniques, et ont à leur tour influencé toute l'Europe, jusqu'à l'Italie et l'art viking en passant par l'art carolingien. Les entrelacs de l'art islamique sont eux aussi une continuation des entrelacs paléochrétiens (byzantins et chrétiens d'Orient), d'où parfois des ressemblances partielles avec les entrelacs européens.

En serrurerie

En serrurerie, les entrelacs sont les ornements composés de rouleaux, joues, coudes, etc., dont on garnit les frises, les montants, les bordures et les pilastres des grilles, les frises d'une rampe, d'un balcon ; La pointe et crochet qu'on met sur des murs d'appui et autres pour servir de défense ; Entrelacer - Barreaux de fer qui se croisent et qui sont ajustés par entailles[1].

Galerie

Application aux sciences

Notes et références

  1. Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment (serrurerie), Carilian, 1814

Voir aussi

Bibliographie

  • Courtney Davis (1 vol.), 101 nœuds celtiques, Paris, Le Courrier du Livre, (ISBN 2-7029-0500-5).

Articles connexes

Lien externe

  • icône décorative Portail de l’architecture et de l’urbanisme