Ernesto Balmaceda Bello

Ernesto Balmaceda Bello
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Père
José Rafael Balmaceda (en)

Ernesto Balmaceda Bello (Santiago du Chili, 27 février 1887 – Bruxelles, 24 février 1906) était un jeune diplomate chilien, assassiné en Belgique dans une affaire retentissante qui a conduit à définir les privilèges et immunités diplomatiques des familles du personnel diplomatique et de leur suite. Sa famille est originaire du Pays basque[1].

Jeunesse

Il est né à Santiago, fils de José Rafael Balmaceda Fernández et d'Ana Bello Codesido.

Il était le fils d'un ancien ministre de l'Intérieur, arrière-petit-fils d'Andrés Bello et neveu de l'ancien président du Chili José Manuel Balmaceda (1840-1891). Après avoir terminé ses études secondaires, il rejoint le Ministère des Relations extérieures du Chili et est nommé en 1905 secrétaire du consulat du Chili à Bruxelles.

Meurtre

Son supérieur immédiat au consulat de Bruxelles était le chargé d'affaires Don Luis Waddington, qui avait deux enfants : Adelaida et Carlos. Peu de temps après son arrivée, Balmaceda a commencé à courtiser Adélaïde et rapidement les parents de la jeune femme ont découvert que le jeune couple avait déjà eu des rapports sexuels. Ils ont alors exigé qu'Ernesto, âgé de 18 ans, se fiance à Adélaïde et « répare le tort qui lui a été fait »[2]. Il a admis son erreur et a, à ce moment, accepté cet engagement.

Mais Balmaceda ne voulait pas se marier, il écrivit donc à sa famille pour être immédiatement transféré dans une autre ambassade[3]. Ses relations familiales ont réussi à obtenir sa mutation à l'ambassade du Chili à Washington, aux États-Unis[4], mais avant qu'il ne puisse partir, la nouvelle a fuité et Carlos Waddington, 16 ans, frère de sa future épouse, a commencé à s'entraîner au tir à la cible dans les jardins de l'ambassade, sous sa fenêtre. Ernesto Balmaceda fut pris de panique et le 24 février 1906, le jour où les fiançailles devaient être annoncées publiquement lors d'un banquet de l'ambassade, il se cacha dans sa pension de famille, chaussée de Vleurgat à Ixelles, avec son ami Javier Rengifo. Carlos lui rendit visite et exigea qu'il tienne parole. Face au refus de Balmaceda, il lui a tiré dessus à trois reprises : dans le cœur, dans la poitrine et dans la tête[5].

Carlos Waddington lors de son procès en 1907

Après le meurtre, Carlos Waddington s'est enfui à l'ambassade du Chili et a réclamé l'immunité diplomatique et l'extraterritorialité : Un agent diplomatique dispose d'une protection pour exercer ses fonctions dans le pays où il est accrédité par des lettres de créance. Certaines garanties peuvent également s’appliquer à sa famille et aux autres membres de la mission diplomatique, de même qu’au personnel administratif et technique. L'agent ne peut, sauf exception, être arrêté ou détenu, a la liberté de se déplacer et ne paie pas d'impôts ni de droits de douane dans l'État qui l'accueille[6]. Cependant, le diplomate ne pourra prétendre bénéficier de l'immunité diplomatique pour des affaires privées[7].

La population belge fut indignée par ce comportement et encercla l'ambassade, déterminée à capturer Waddington. La police a dû établir un cordon constant afin d'empêcher la foule d'entrer de force et de le lyncher[8]. Le 2 mars 1906, le Chili a renoncé à ses droits et a ordonné que Waddington soit remis à la police belge pour être jugé[9].

Son avocat Paul-Emile Janson, avec son oncle Louis Huysmans et son cousin Edouard Huysmans, durent affronter l'avocat-général Servais, occupant le siège du Ministère public, et Victor Bonnevie[10], représentant de la partie civile : les débats de cette cause célèbre furent animés, âpres, dramatiques[11].

Au moment du procès, l'opinion publique a changé en faveur de Carlos Waddington, et il est considéré comme le défenseur de l'honneur de sa sœur[12]. Après un très court procès à la Cour d'assises du Brabant à Bruxelles, il est acquitté le 6 juillet 1907. Au moment où il quitte le prétoire - qui fait salle comble -, des femmes l'embrassent pour avoir vengé sa soeur[13].

Télévision

Le 1er juin 2025, la RTBF diffuse une dramatique "La Belgique criminelle / L'affaire Waddington-Balmaceda"[14].

Voir aussi

Bibliographie

  • Linda S Frey, Marsha L Frey : The history of diplomatic immunity, Published in 1999 in Columbus Ohio, by Ohio State University Press[15]
  • Caroline Piquet, Cinq questions pour comprendre l'immunité diplomatique, Le Figaro, 5 juin 2014[16]
  • Terra Laboris - Centre de recherche en droit social, Immunité diplomatique[17]

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ernesto Balmaceda Bello » (voir la liste des auteurs).
  1. « Encuentra aquí información de Historia de Chile para tu escuela ¡Entra ya! | Rincón del Vago »,
  2. « DIPLOMAT'S SON ON TRIAL FOR MURDER; Justification for Killing by Carlos Waddington Is Contended. UNWRITTEN LAW INVOKED It Is Alleged That Secretary Balmaceda Wronged Miss Waddington and Then Refused to Marry Her. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  3. « DIPLOMAT'S SON DEFENDS CRIME; Waddington Pleads Unwritten Law in Trial for Killing Sister's Betrayer. DUPLICITY OF BALMACEDA Let Arrangements for Announcing Engagement Go On While Scheming to Escape. GIRL'S LOVE LETTERS READ Parents Testify -- Attempt to Blacken Girl's Reputation by Introducing Chilean Gossip. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  4. « Chili | Ambassade Chili à Washington », sur www.ambassades.net (consulté le )
  5. Special Cablegram, « WADDINGTON CASE READY FOR JURY; Evidence Closed and the Prosecutor Begins His Address in Brussels. SISTER'S LETTER IS READ She Told Balmaceda Her Parents Said They Must Part, but Pledged Undying Love. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  6. Vie-publique.fr, « Quels sont les privilèges et immunités du corps diplomatique ? », (consulté le )
  7. « Cinq questions pour comprendre l'immunité diplomatique », sur Le Figaro, (consulté le )
  8. « LYNCHERS BESIEGE LEGATION.; Brussels Mobs Threaten the Chilean Charge's Son. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  9. « GIVES UP DIPLOMAT'S SON.; Chile Waives Her Rights in the Brussels Homicide Case. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  10. Fanny Verslype et Jérôme De Brouwer, « "Avocat, exclusivement avocat" : Victor Bonnevie (1849-1920) », Journal des tribunaux, vol. 40, , p. 873 (ISSN 0021-812X, lire en ligne, consulté le )
  11. « Paul-Emile Janson », sur memoirevive.chooz.com, (consulté le )
  12. Special Cablegram, « SYMPATHY FOR WADDINGTON.; People Demand His Acquittal -- Trial May Finish To-night. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  13. « WADDINGTON ACQUITTED.; Women Kiss the Avenger of His Sister as He Leaves the Court Room. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
  14. « La Belgique criminelle », sur RTBF Auvio (consulté le )
  15. Linda S. Frey, « The history of diplomatic immunity / », sur lib.ugent.be, 1999. (consulté le )
  16. « Cinq questions pour comprendre l'immunité diplomatique », sur Le Figaro, (consulté le )
  17. Terra Laboris, « Immunité diplomatique », sur Terra Laboris (consulté le )

Liens externes

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