Réaction exergonique

Graphe de l'évolution de l'énergie par le temps dans une réaction exergonique.

Une réaction exergonique est une réaction chimique menée à pression et température constantes induisant une diminution de l'enthalpie libre (fonction de Gibbs)[1],[2]. Une réaction exergonique est spontanée, l'entropie augmente conformément au deuxième principe de la thermodynamique.

Les variations de l'énergie libre incluent les variations de l'enthalpie et de l'entropie, à la différence des réactions exothermiques et endothermiques, qui ne se définissent que par des variations de l'enthalpie seule, ces dernières étant liées à une perte ou un gain de chaleur.

Le contraire d'une réaction exergonique est une réaction endergonique.

Étymologie

Étymologiquement, exo- (ἔξω) signifie « en dehors » et ergon- (ἔργον) « travail ». Une réaction exergonique ne nécessite aucun apport d'un certain « travail » au sens large, c'est-à-dire d'une certaine énergie[3],[4],[5].

Fonctionnement

Ce sont des réactions spontanées ou ne nécessitant qu'un faible apport d'énergie, dite énergie d'activation[6],[7]. Ces réactions entrainent des ruptures de liaisons chimiques qui libèrent de l'enthalpie libre en grande quantité. Plus les molécules d'une réaction exergonique ont de liaisons chimiques, plus elles fourniront d'énergie[3].

Même si les réactions exergoniques sont spontanées, elles ne se produisent pas forcément à vitesse observable[8]. Elles peuvent être accélérées par la présence d'un catalyseur, comme des enzymes qui facilitent la liaison enzyme-substrat.

Selon le deuxième principe de la thermodynamique, à pression et température constantes, une réaction chimique exergonique induit un changement d'enthalpie libre négatif[1],[7] :

avec :

  • l'enthalpie libre du milieu réactionnel dans son état final ;
  • l'enthalpie libre du milieu réactionnel dans son état initial.

Exemples

La dissociation à faible pression d’une mole de tétroxyde de diazote en deux moles de dioxyde d’azote est une réaction exergonique[9].

En biologie, les réactions du catabolisme, comme la respiration cellulaire ou la fermentation, sont exergoniques[10]. Lors de la respiration cellulaire, une molécule de glucose se combine à six molécules de dioxygène pour former du dioxyde de carbone et de l'eau, environ 3 000 kJ d'énergie sont libérés pour une mole de glucose (soit environ 180 g)[11]. Cette énergie sert aux organismes pour d'autres activités cellulaires, comme pendant l'anabolisme.

D'autres exemples sont la décharge d'une pile électrique ou l'hydrolyse de l'ATP.

Notes et références

Références

  1. 1 2 Botham et al. 2017, p. 114.
  2. (en) « exergonic (exoergic) reaction », IUPAC, Compendium of Chemical Terminology Gold Book »], Oxford, Blackwell Scientific Publications, 1997, version corrigée en ligne :  (2019-), 2e éd. (ISBN 0-9678550-9-8).
  3. 1 2 « Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine », sur academie-medecine.fr (consulté le ).
  4. « Définition de exergonique | Dictionnaire français », sur lalanguefrancaise.com (consulté le ).
  5. Commission d’enrichissement de la langue française, « exergonique », sur FranceTerme, ministère de la Culture (consulté le ).
  6. Khan Academy, « Énergie d’activation (leçon) », sur khanacademy.org (consulté le ).
  7. 1 2 « 6.2 : Énergie potentielle, cinétique, libre et d'activation », sur query.libretexts.org, (consulté le ).
  8. « Réaction exergonique : définition illustrée et explications », sur aquaportail.com (consulté le ).
  9. Commission d'enrichissement de la langue française, Vocabulaire de la chimie et des matériaux : Termes, expressions et définitions publiés au Journal officiel, (lire en ligne [PDF]), définition 243.
  10. Futura, « Définition | Exergonique », sur futura-sciences.com (consulté le ).
  11. (en) Royal Society of biology, « Respiration » [PDF] (consulté le ), p. 10.

Bibliographie

  • Kathleen M Botham, Anthony Weil, Victor W Rodwell, Peter J Kennelly et David A Bender (trad. de l'anglais par Lionel Domenjoud), Biochimie de Harper Harper's Illustrated Biochemistry »], De Boeck Supérieur, , 6e éd., 840 p. (ISBN 9782807307247, lire en ligne), p. 114.

Voir aussi

  • icône décorative Portail de la chimie
  • icône décorative Portail de la biochimie