Jean-Pierre Poinsard, son père, doreur d’horloges mourut quand elle avait huit ans. Etant né à Héricourt (Haute-Saône), Jeanne-Marie adopta, pour pseudonyme, le nom de sa ville natale. Elle aurait, par ailleurs, des liens de parenté avec le naturaliste Georges Cuvier[2],[3].
D’abord institutrice, mariée puis divorcée, elle réclame le rétablissement du divorce et adhère aux idées de Cabet (communisme icarien). Elle publie un roman, Le Fils du réprouvé (1844), sous le pseudonyme de «Félix Lamb» et étudie l’homéopathie. Elle joue un rôle public et actif pendant la Révolution de 1848 fondant, avec d’autres femmes, la Société pour l'émancipation des femmes dont elle devient secrétaire[4].
Après l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République, elle entreprend des études de médecine, mais sera sage-femme, la profession de médecin n’étant alors pas ouverte aux femmes[5]. Ce sera un de ses premiers combats avec celui pour l’émancipation de la femme qu’elle définit ainsi: «Émanciper la femme, c’est la reconnaître et la déclarer libre, l’égale de l’homme devant la loi sociale et morale et devant le travail». Elle s’oppose en particulier aux théories des principaux philosophes sociaux de son époque sur l’infériorité féminine[6].
La publication de son article «M. Proudhon et la question des Femmes»[7], dans le numéro de décembre 1856 de la Revue philosophique et religieuse, déclenche une polémique avec ce dernier qui publie en réponse une lettre en 1857 dans la même revue, refusant cependant de répondre à ses arguments en invoquant «son infériorité intellectuelle naturelle».
Dans sa ville natale de Besançon, une rue du quartier des Vareilles, porte son nom, ainsi qu'une salle dans la résidence universitaire de la Bouloie[9]. Il existe également une maison de santé "Jenny d'Héricourt" à Héricourt.
Jenny P. d’Héricourt, La Femme affranchie: réponse à MM. Michelet, Proudhon, É. de Girardin, Legouvé, Comte et autres novateurs modernes, Bruxelles, A. Lacroix, Van Meenen et Cie, , 2 vol. in-8 (BNF30596318)
↑ Jenny P. d’Héricourt, La Femme affranchie: réponse à MM. Michelet, Proudhon, É. de Girardin, Legouvé, Comte et autres novateurs modernes, Bruxelles, A. Lacroix, Van Meenen et Cie, , 2 vol. in-8 (BNF30596318)
↑ Jenny P. d’Héricourt, «M. Proudhon et la question des femmes», La Revue philosophique et religieuse, vol.VI, , p.5-15 (lire en ligne)
↑ Offen Karen, «Qui est Jenny P. d’Héricourt? Une identité retrouvée.», 1848 «Révolutions et mutations au XIXe siècle», no3, , p.87-100 (e-ISSN1777-5329, lire en ligne, consulté le ).