Famille de Behault

Famille de Behault
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Armoiries de la famille de Behault

Blasonnement d’azur à deux fasces d'or entre lesquelles est un lion léopardé de même, lampassé de gueules, armé d’une épée d’or, l'écu orlé d’or, sommé d’un heaume d’argent, grillé et bordé de même, colleté et couronné d’or, fourré de gueules, aux lambrequins d’azur et d’or ; cimier : le lion issant de Vécu; supports : deux lions léopardés d’or. (lettres patentes de 1843)
Branches de Behault
de Behault (de) Dornon
de Behault de Warelles
de Behault du Carmois
Période XVIe siècle - XXIe siècle
Pays ou province d’origine Comté de Hainaut
Charges lieutenants-prévôts des villes, terres et prévôté de Mons (1690 à 1794), conseillers au conseil souverain de Hainaut, échevins de Mons
Fonctions ecclésiastiques chanoines et chanoinesses

La famille de Behault est une famille contemporaine de la noblesse belge, originaire de Mons. Deux membres de la famille ont été anoblis en 1678 et 1726. Ils sont à l'origine de quatre branches. Seules subsistent de nos jours les branches de Behault et de Behault du Carmois.

Histoire

Les généalogistes qui ont étudié cette famille font remonter sa filiation suivie à Quentin de Behault, bourgeois et marchand de la ville de Mons, maïeur de Saint-Ghislain, mort en 1607, père de Jean de Behault cité en 1586, pour la branche de Behault de Warelles[1] et à Michel de Behault (1524-1595), père de Jean de Behault (né en 1558) pour la branche de Behault[2].

Le baron de Stein d'Altentein donne également une généalogie de nombreuses branches connues de cette famille[3] tout en écrivant que « La famille de Behault, originaire de Mons, s'est divisée en une multitude de branches qu'il serait impossible aujourd'hui de rattacher à un tronc unique »[4].

Armand de Behault de Dornon écrit en 1915 que la famille de Behault trouve la première trace de son existence dans les archives de la ville de Mons en 1240[5] avec Johannes dictus Behiaus (Jehan dit Behault), cité dans un acte en latin de 1277[6] à qui il attribue pour fils Colart (Nicolas) de Behault du Trianvil vivant à Mons en 1273 et cité dans un acte de 1303[7]. Il écrit que la branche de Behault de Warelles est issue de Jean de Behault, fils de Jehan de Behault, écuyer, bourgeois de Mons en 1350[8]. Jean-François Houtart donne pour la famille de Behault l'année 1582 comme date de première filiation prouvée[9].

On trouve dans un acte du 5 avril 1499, la mention de David de Behault, homme de fief du prévôt des églises de Mons, qui porte la qualification d'écuyer[10],[11], mais ce personnage repris dans la filiation établie par Armand de Behault de Dornon date d'une période antérieure aux filiations prouvées par d'autres auteurs.

Deux branches qui portent des armoiries différentes ont été anoblies[4]: par lettres patentes du 14 novembre 1678 pour l'une[12] (de Behault de Warelles et de Behault du Carmois), et par diplôme du 26 avril 1726 pour l'autre[13] (de Behault et de Behault-Dornon).

Branches de Behault (subsistante) et de Behault-Dornon (éteinte)

Armand de Behault de Dornon donne la branche de Behault comme branche aînée[14]. Le baron de Stein d'Altentein donne comme premier auteur de cette branche, Michel de Behault (dont on ignore l'épouse), père de Jean de Behault (né en 1558)[2], qui de son mariage en secondes noces avec Jeanne Galopin (morte en 1607) eut Jean-Baptiste de Behault (1586-1652), marié en 1625 à Jeanne de Behault, dont il a entre autres Dominique-Jacques de Behault[3]

Dominique-Jacques de Behault (1663), licencié ès lois, avocat au conseil souverain de Hainaut, receveur général des vingtièmes du pays et comté de Hainaut, et lieutenant-prévôt de Mons pendant plus de 36 ans est anobli le 26 avril 1726 par lettres patentes de l'empereur Charles VI[3]. Sa descendance forme les branches de Behault (subsistante) et de Behault-Dornon dite de Behault de Dornon[3] (éteinte).

Nicolas-Joseph de Behault (1771-1857), arrière-petit-fils de Dominique-Jacques de Behault, membre du corps équestre du Hainaut (1828), obtint reconnaissance de noblesse par diplôme du 4 septembre 1822. Il obtint un accroissement de ses armoiries en 1843.

La branche dite de Behault de Dornon a été autorisée par arrêté royal du 26 octobre 1891 à ajouter « Dornon » à son nom [15],[N. 1].

Branches de Behault de Warelles (éteinte) et de Behault du Carmois (subsistante)

Selon Isidore de Stein d'Altenstein, cette branche a pour auteur Quentin de Behault, maïeur de Saint-Ghislain, mort à Mons le 16 novembre 1607, qui de son mariage avec Marguerite Foucart eut pour fils Jean de Behault, échevin de Mons de 1604 à 1606, marié à Isabeau Druart[1].

Félix-Victor Goethals dans Miroir des Notabilités nobiliaires (1857) donne comme premier auteur de cette branche Quintin de Behault, bourgeois et marchand de la ville de Mons, père de Jean de Behault qui renonce, par acte du 25 septembre 1586, aux droits usufruitiers et viagers qu'il tient de sa seconde femme Marie Farinart et qui avait épousé en premières noces Jeanne Pieton[16].

Son descendant, François-Jean de Behault, seigneur de Marcq, Nouvelles, Hautpont et Longpret, achète la seigneurie de Warelles en 1698. Échevin et chef du magistrat de Mons, il est maître de l'artillerie de la ville en 1669 et 1678. Il est anobli par lettres patentes du roi Charles II du 14 novembre 1678 récompense de son action lors de la défense de Mons contre les Français. De son mariage en secondes noces en 1682 avec Marie-Philippine le Thuillier, il a pour fils Antoine-François de Behault (né en 1691), seigneur de Warelles et du Carmois, licencié ès lois, avocat au conseil souverain de Hainaut, échevin de Mons, marié en 1715 à Marie-Philippine Jonart. Leur descendance forme les branches de Warelles (éteinte) et du Carmois (subsistante)[3].

Joseph-Théodore de Behault de Warelles (1795-1875) obtint du roi Guillaume Ier reconnaissance de noblesse par diplôme du 12 août 1822[17]. Quentin-Joseph de Behault du Carmois (1772-1825) obtint reconnaissance de noblesse par diplôme du 4 septembre 1822[18],[N. 2].

Personnalités

La charge de lieutenant-prévôt des villes, terres et prévôté de Mons fut remplie sans interruption par des membres de la famille de Behault de 1690 à 1794. On trouve de nombreux membres de la famille de Behault dans la magistrature, l'armée, le clergé, l'administration et l'industrie à Mons et dans le Hainaut.

  • Nicolas-François de Behault (1698-1775), haut-justicier, lieutenant-prévôt de Mons, dirigea les charbonnages d'Auflette et de l'Horiau, dont il était un des principaux actionnaires[N. 3]. En 1754, il a placé à ses frais une machine à feu destinée à assurer l'exhaure des charbonnages, moyennant le 14ème panier (un peu plus de 7% de la production). C'était une des premières machines à feu installée en Belgique. Il en plaça une seconde quelques années plus tard. Les deux machines sont restées en activité jusqu'en 1771. Nicolas-François de Behault et son épouse, Célestine Desmanet d'Erquennes (†1764), ont été inhumés à Sainte-Waudru[19].
  • Nicolas-Joseph de Behault (1771-1857), petit-fils de Nicolas-François, a été reconnu dans la noblesse du Royaume uni des Pays-Bas en 1822 et a été membre du corps équestre du Hainaut. Il obtint du roi Léopold 1er une augmentation de ses armoiries en 1843. Il avait épousé en premières noces Agathe de Bagenrieux (nl) (1772-1802), fille de Claude-Ignace de Bagenrieux, bailli de la châtellenie de Mons, et de Marie-Françoise van Ypersele (nl), dont un fils mort en bas âge, et en secondes noces, Marie-Joséphine de Biseau de Bougnies, dame de le Cambre (1773-1847), dont descendance.
  • Prosper de Behault (1810-1893), fils du précédent épousa Mathilde Limnander de Nieuwenhove (nl) (1808-1895) et s'installa à Gand. Ils eurent deux fils, dont Arthur de Behault (voir généalogie).
  • Ghislain de Behault (1916-1989) rejoint la Résistance avec sa mère, née Geneviève de Wavrin Villers-au-Tertre, dès 1940. Il s'évade de Belgique en 1941 et rejoint la RAF après un séjour au camp de Miranda en Espagne[20]. Il fait la connaissance de sa future épouse, Olga Bersani, à Londres où elle travaille à Carlton Gardens, le quartier général de De Gaulle. Arrêtée en septembre 1943, Geneviève est emprisonnée à Gand et à Saint-Gilles, puis déportée à Gross Strehlitz et enfin à Ravensbrück[21]. Elle meurt d'épuisement et de maladie peu avant la libération tardive du camp par l'Armée Rouge. Geneviève a été reconnue sous-officier ARA après la guerre[N. 4].

Généalogie de la branche de Behault

Arthur de Behault (1835-1918) a épousé Julie de Valenzi (1838-1872) en premières noces, sans descendance, et Marie de Schiervel (1853-1933) en secondes noces. De son second mariage, il eut 12 enfants. Marie de Schiervel était la fille du baron Jacques (Gustave) de Schiervel d'Altembrouck (1819-1898) et de son épouse, née Marguerite Vilain XIIII (1829-1869). Lors de l'invasion allemande de 1914, la famille se trouvait dans sa résidence d'été à Altembrouck quand, le premier soir de l'invasion, le château a été réquisitionné par l'armée allemande pour abriter son état-major qui y passa la nuit. De retour à Gand, résidence principale de la famille, cinq des six fils se portèrent volontaires de guerre.

Les Behault actuels descendent d'Adrien et de Gaston de Behault, deux fils d'Arthur et de Marie de Behault.

  • Adrien de Behault (1884-1966) x Anne de la Croix (1901-1976). Adrien a été président du collège des commissaires de l'Union Chimique Belge. Ils eurent deux fils Jean et André de Behault:
    • Jean de Behault (1924-1989), x Danielle Jacobs van Merlen (1930-1988), dont descendance. Jean a été administrateur de la compagnie d'assurances Garantie Nationale, aujourd'hui intégrée dans Helvetia.
    • André de Behault (1925-1991) x Marianne de Kerchove d'Exaerde (1928-1995), dont descendance.
  • Gaston de Behault (1886-1941) x Geneviève de Wavrin Villers-au-Tertre (1893-1945). Ils eurent un fils. Gaston a été administrateur-délégué de la Banque de Crédit et d'Escompte du Brabant.

Collégiale Sainte-Waudru

Plusieurs membres de la famille de Behault ont été chanoines ou chanoinesses à la collégiale Sainte-Waudru. Le chapitre des chanoinesses de Sainte-Waudru était un des sept chapitres nobles du Saint-Empire romain germanique.

Huit pierres tumulaires de porteurs du nom de Behault y ont été identifiées au 19e siècle. Certaines ne sont plus visibles ou sont devenues illisibles[22]

Pendant l'occupation française à la suite de la Révolution, l'église a été transformée en écurie et les cloches ont été confisquées. L'église a été rendue au culte en 1803. Il a fallu attendre 1820 pour que deux cloches soient fondues et garnissent le nouveau campanile de l'église. Elles portent chacune le prénom de leur marraine: Désirée et Joséphine. Désirée de Behault de Warelles (1765-1845), douairière de Marin de Thieusies (1739-1816) était la marraine de la première. Le parrain était Fery du Mont, marquis de Gages, fils aîné de François Bonaventure Joseph du Mont. Joséphine de Behault de Warelles (1770-1829)[N. 5], née de Blois de Quartes, était la marraine de la seconde. Son défunt époux, Charles de Behault de Warelles (1676-1808), licencié ès lois, avocat au conseil souverain de Hainaut, avait été maïeur du chapitre de Sainte-Waudru[17]. Le parrain de la cloche était le baron Félix de Maleingreau de Quenast[23].

Non reliés

Un important maître-orfèvre du nom de Nicolas-Joseph Debehault (ou De Behault) (° 1715) a vécu à Mons. Il a été reconnu comme maître-orfèvre en 1746 et est devenu le doyen des orfèvres de Mons en 1772. On retrouve sa production dans plusieurs musées et dans le Trésor de la collégiale Sainte-Waudru. Aucun lien n'a pu être établi à ce jour avec la famille de Behault.

Notes et références

Notes

  1. Cette branche porte légalement depuis 1891 le nom de Behault-Dornon mais ses membres ont utilisé le nom de Behault de Dornon.
  2. Il figure dans la 1ère liste des nobles du 26 janvier 1822 sous le nom erroné de "BEHAULT Ducarnois. ( Quintyn Joseph Marie de )".
  3. Ces charbonnages donnèrent naissance en 1838 à la Société anonyme charbonnière du Haut-Flénu à Jemappes qui sera absorbée en 1866 par la Société du Levant de Flénu.
  4. Un pavé de mémoire à son nom a été posé à Saint-Gilles où elle résidait au moment de son arrestation.
  5. Devillers (op. cit.) mentionne: "Ma marraine est madame Delphine-Florence-Théodore de Behault de Warelles, née Deblois . Mon nom est Joséphine." La marraine ne peut donc être que Joséphine-Florence-Théodore de Behault de Warelles, née de Blois de Quastres.

Références

  1. 1 2 Baron de Stein d'Altentein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 57.
  2. 1 2 Baron de Stein d'Altentein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 41.
  3. 1 2 3 4 5 baron de Stein d'Altentein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, pages 40-100
  4. 1 2 baron de Stein d'Altentein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 40.
  5. Revue des études historiques, Volume 94, 1928, page 86.
  6. Armand de Behault de Dornon, La famille de Behault, T. 1, p. 16, Bruxelles, 1915.
  7. Armand de Behault de Dornon, La famille de Behault, T. 1, p. 18, Bruxelles, 1915.
  8. Armand de Behault de Dornon, La famille de Behault, T. 1, p. 24, Bruxelles, 1915.
  9. Jean-François Houtart, Anciennes Familles de Belgique, recueil LXI de l’Office généalogique et héraldique de Belgique, Bruxelles, 2008, pages 225-226.
  10. Armand de Behault de Dornon, Notice concernant un acte passé le 5 avril 1499 devant les hommes de fief du prévôt des églises de Mons dans Annales du Cercle Archéologique de Mons, 1886, page 413-419.
  11. Baron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 39, 1885, page 400.
  12. Baron de Stein d'Altentein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, pages 60.
  13. Baron de Stein d'Altentein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 47.
  14. Armand de Behault de Dornon, La famille de Behault, Tome 1, Bruxelles, 1915, page 24.
  15. Baron Fernand de Ryckman de Betz Armorial général de la noblesse belge, H. Dessain, 1957, page 62.
  16. Félix-Victor Goethals, Miroir des Notabilités nobiliaires, 1857, page 127.
  17. 1 2 Baron de Stein d'Altentein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 64.
  18. Baron de Stein d'Altentein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 66.
  19. Léopold Devillers, Mémoire historique et descriptif sur l'église de Sainte-Waudru à Mons, Mons, 1857, inscription sépulcrale n° 73.
  20. Charles-Albert de Behault, Que Dieu te protège ! Bruxelles–Londres en deux cent cinquante jours, Bulletin de l'ANRB, n° 294, avril 2018, p. 33-52.
  21. Claire Pahaut, Ces Dames de Ravensbrück, Bruxelles, Archives générales du Royaume, 2024 (ISBN 9789463914529)
  22. Léopold Devillers, op. cit., annexe VI, inscriptions sépulcrales.
  23. Léopold Devillers, op. cit., p. 82.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

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