Filles du Saint-Esprit
Les Filles du Saint-Esprit forment une congrégation religieuse née en 1706 en Bretagne. Les deux fondatrices, d'origine modeste, Marie Balavenne, veuve, et Renée Burel étaient du port du Légué et de la paroisse de Plérin, près de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) où les pauvretés étaient criantes au début du XVIIIe siècle. Elles s'engagent à vivre ensemble simplement dans ce peuple, pour le service de Dieu, des pauvres, des malades, des enfants. Elles sont encouragées par M. l'abbé Jean Leuduger, prêtre diocésain, docteur en théologie, directeur des Missions de Haute-Bretagne[1].
Spiritualité
Les Filles du Saint-Esprit honorent les trois personnes de la Trinité et se consacrent d'une manière particulière au Saint-Esprit pour être remplies de charité. Elles ont une dévotion particulière à la Vierge Marie qu'elles considèrent comme « leur patronne et leur avocate auprès du Saint-Esprit ».
Histoire

Quelques dates :
- 1706 : fondation en Bretagne « parce que les enfants traînaient sur les quais »[2]; leur vêtement blanc les fait très vite surnommer « les Sœurs blanches »[3]. Elles portent alors la coiffe de Plérin.
Le , deux femmes, Marie Balavenne et Renée Burel s'engagent à servir Dieu en servant les pauvres, les malades et les enfants. Marie Balavenne est l'épouse d'un maître de barque du Port du Légué, en Plérin[4], dont elle a adopté les six enfants[5]. Elles sont soutenues par Dom Jean Leduger, animateur de missions bretonnes. Il est à l'origine de la construction de La petite maison charitable du Légué, première maison des Filles du Saint-Esprit[6].
- 1789 : À la veille de la Révolution, 75 Filles du Saint-Esprit vivent dans 19 maisons en Bretagne. La tourmente les disperse : elles sont expulsées ou vivent en clandestinité. Certaines sont emprisonnées. Entre 1800 et 1808, la plupart des communautés se reconstituent et d'autres sont fondées dans toute la Bretagne.
- XIXe siècle : elles s'adaptent aux nouvelles situations de pauvreté. Pendant les périodes d'épidémies fréquentes, appelées par les préfets, elles font preuve de très grande disponibilité.
- 1901-1905 : dispersion à travers le monde : Belgique, Pays-Bas, Grande-Bretagne, États-Unis. Repli par contre en France en raison de la loi sur les congrégations (elles sont par exemple chassées de Plounéour-Ménez, de Plounéventer, de Crozon et de nombreuses autres paroisses en 1903).
« Alors que la plupart des congrégations se soumettent, les Filles du Saint-Esprit optent pour la résistance et refusent de dissoudre leur congrégation. Le gouvernement décide de les expulser par le décret du : 38 écoles sont concernées dans le seul Finistère. Ce département va dès lors connaître entre le 6 et le deux semaines d'une incroyable agitation, dans une véritable ambiance de guerre civile. (…) Ce sont finalement le 118e régiment d'infanterie, en garnison à Quimper, et le 2e régiment d'infanterie coloniale de Brest, qui sont chargés des interventions, mais décision est prise de ne leur remettre ni cartouches ni munitions »[7].
- 1936 : elles s'implantent en Mandchourie (Mandchoukouo), d'où elles sont expulsées en 1951.
- 1954 : elles partent pour l'Afrique.
- 1962 : implantation en Amérique latine.
Elles sont présentes dans treize pays. Selon l'annuaire pontifical de 2007, elles sont 1 372 religieuses dans 264 maisons.
Fusion
Deux congrégations ont fusionné avec les Filles du Saint-Esprit dont les sœurs de Briouze qui avaient absorbé 3 congrégations[8].
- • 1993 : la Congrégation de Notre-Dame de l'Immaculée Conception de Briouze s'intègre aux Filles du Saint-Esprit.
- 1957 : Sœurs de Notre-Dame de Chartres fusionnent Notre-Dame de Briouze le 18 mars 1957.
- 1964 : Sœurs du Saint Cœur de Marie de Chartres.
- 1965 : Sœurs du Saint Nom de Jésus fondées en 1865 à Paris par Francine Lefebvre-Duruflé, fille du manufacturier et homme politique Noël Lefebvre-Duruflé[9], dans le but d'aider les jeunes filles de la classe pauvre et ouvrière venues travailler dans les ateliers de la capitale, en leur offrant un abri ainsi qu'une instruction et une formation dans les professions qu'elles veulent exercer. C'est à Paris, quartier du Petit-Montrouge, rue de la Voie Verte, que commence l'œuvre dans une maison que l'abbé de Geslin, curé de Saint-Médard, met à la disposition de la fondatrice et de ses cinq premières compagnes. Deux mois après, le 2 juin 1865, elle loue une maison plus appropriée dans l'avenue de Châtillon. C'est là que la jeune congrégation se place sous le vocable du Saint-Nom de Jésus et que Francine prend le nom de Mère Marie-Françoise. Les sœurs doivent se livrer au travail manuel pour nourrir les jeunes filles et les former, en rendant l'œuvre la plus gratuite possible. Le 4 mai 1866, elle achète un vaste terrain à l'extrémité de la rue de Vanves, dans le quartier de Plaisance, pour bâtir la maison-mère de la congrégation et où les sœurs s'établissent définitivement le 29 juin 1867. Mère Marie-Françoise rédige les constitutions, qui sont approuvées par le cardinal Guibert en 1874[10]. Elles fusionnent avec les sœurs de Notre-Dame de Briouze le 18 juin 1965[8].
- 2004 : Sœurs hospitalières du Saint-Esprit de Poligny issues des hospitalières du Saint-Esprit s'intègre aux Filles du Saint-Esprit ; Fondation de la branche séculière des Filles du Saint Esprit (laïques consacrées).
Notes et références
- ↑ Marie Torlay, Jean Leuduger, missionnaire apostolique en Haute-Bretagne, impr. Lefeuvre, , 191 p.
- ↑ « Les Soeurs blanches entrent dans l'année de leur tricentenaire », Le Télégramme, (lire en ligne [archive du ]).
- ↑ « Notre histoire » [archive du ], sur Filles du Saint-Esprit.
- ↑ Anne Jusseaume, « « Sécus » et sœurs blanches, les Filles du Saint-Esprit et leurs habits dans les établissements scolaires bretons de la première moitié du XXe siècle », dans L’Église dans l’enseignement secondaire, Presses universitaires de Rennes, , 119–132 p. (ISBN 978-2-7535-8320-7, DOI 10.4000/books.pur.163450, lire en ligne)
- ↑ Les Filles du Saint-Esprit... hier aujourd'hui demain..., Cloitre imprimeur,
- ↑ Les Filles du Saint-Esprit... hier aujourd'hui demain..., Cloitre imprimeur,
- ↑ Fanch Broudic, L'interdiction du breton en 1902, Coop Breizh, (ISBN 2-909924-78-5)
- 1 2 Charles Molette, Guide des sources de l'histoire des congrégations féminines françaises de vie active, Éd. de Paris, , 477 p., p. 252
- ↑ Claude Langlois, Le Catholicisme au féminin : Les congrégations françaises à supérieure générale au XIXe siècle, Cerf, (ISBN 9782204022156), p. 277-278
- ↑ « Vie de la Révérende Mère Marie Françoise », Polybiblion : revue bibliographique universelle, vol. 73, , p. 410-411 (lire en ligne, consulté le )
Annexes
Bibliographie
- Constitutions et règles de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, Saint-Brieuc, L. Prud'homme, (OCLC 418076089)
- André du Bois de La Villerabel, Dom Jean Leuduger : fondateur de la Congrégation des Filles du Saint-Esprit, Saint-Brieuc, René Prud'homme, , 484 p.
- Anonyme, Vie de la Révérende Mère Marie Françoise : fondatrice de la congrégation des religieuses du Saint Nom de Jésus, V. Lecoffre, , 488 p.
Articles connexes
Lien externe
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