Fondation pour la mémoire de l'esclavage

Fondation pour la mémoire de l'esclavage
Image illustrative de l’article Fondation pour la mémoire de l'esclavage
L'hôtel de la Marine à Paris, siège de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage.
Situation
Région Drapeau de la France France
Création
Type Établissement d'utilité publique
Siège Hôtel de la Marine (Paris)
Coordonnées 48° 52′ 00″ N, 2° 19′ 23″ E
Organisation
Président Jean-Marc Ayrault
Directrice Aïssata Seck
Directeur adjoint Pierre-Yves Bocquet

Site web memoire-esclavage.org

La Fondation pour la mémoire de l'esclavage (FME) est une institution française dont la vocation est de soutenir des projets ayant trait à l'histoire et la recherche sur les traites, l'esclavage et leurs abolitions, la pédagogie, la mémoire et à sa transmission et la lutte contre le racisme et au dialogue interculturel.

Succédant au Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage[1],[2] (), elle apporte un soutien permanent au Mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)[3].

Historique

Le , le président François Hollande annonce la création d'une « Fondation pour la mémoire des traites, de l'esclavage et de leurs abolitions », qui ne sera finalement pas créée dans le courant de l'année comme il l'avait annoncé[4]. Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, préside la mission de préfiguration de cette fondation[5].

Un an plus tard, François Hollande réitère le vœu que cette fondation soit mise en place par son successeur, et confie à Jean-Marc Ayrault, son ministre des Affaires étrangères, la présidence d'une nouvelle mission chargée de cette création[6]. En , le président Emmanuel Macron annonce la création officielle de la fondation pour le courant de l'année. Elle sera basée à l'hôtel de la Marine, où a été signé le décret d'abolition de l'esclavage le , et présidée par Jean-Marc Ayrault[7].

La fondation est reconnue comme établissement d'utilité publique le [8].

Elle connait un certain nombre de dissensions en . Celles-ci portent sur les modalités de la commémoration et le projet de mémorial[9].

En , à l'occasion du bicentenaire de l'indemnité que la France imposa en à Haïti, son ancienne colonie, en échange de la reconnaissance de sa liberté, la Fondation publie une note consacrée à « La double dette d'Haïti () – Une question actuelle »[10]. Dans ce document, elle demande à ce que la France s'engage dans la réparation de son passé esclavagiste.

Ce travail est le fruit d'une réflexion engagée par la Fondation en , à laquelle ont notamment pris part l'écrivaine haïtienne Yanick Lahens, le chef d'entreprise Bernard Hayot, l'historien réunionnais Prosper Eve, et la directrice scientifique du Musée d'histoire de Nantes, Krystel Gualdé, sur quatre thèmes de travail : la question internationale, les outre-mer, le racisme et les discriminations, les restitutions culturelles[11].

Organisation

Composition

Le groupement d'intérêt public du réunit l'État, représenté par le Premier ministre et neuf ministres, la Banque de France à travers l'Institut d'émission des départements d'outre-mer, la Caisse des dépôts et consignations, le Conseil représentatif des Français d'outre-mer (CreFOM), la Fondation Esclavage et Réconciliation et l'association « La Route des Abolitions ».

Doté de moyens nouveaux apportés par l'État, le GIP fédère les acteurs de la mémoire de l'esclavage. Il doit travailler avec la Ville de Paris à la création d'un monument et d'un lieu muséal dédiés dans la capitale à cette mémoire et à son héritage. Pour mener à bien cette mission, Jean-Marc Ayrault a accepté de prendre la présidence du GIP. Il est accompagné par cinq personnes qualifiées : Doudou Diène, diplomate, initiateur des projets de routes interculturelles de l'UNESCO, Olivier Laouchez, PDG de Trace Urban, Leïla Sy, réalisatrice, Françoise Vergès, politologue, et Lionel Zinsou, économiste, ancien Premier ministre du Bénin[12],[13].

Chargée de mission à la FME depuis , Aïssata Seck en devient la directrice en , succédant à Dominique Taffin[14].

Présidents

Liste des présidents successifs
Période Identité Image Qualité
En cours Jean-Marc Ayrault Jean-Marc Ayrault Ministre des Affaires étrangères ()
Premier ministre ()
Député de la Loire-Atlantique ( et )
Maire de Nantes ()
Maire de Saint-Herblain ()

Publications

  • Lionel Zinsou (avec le concours de Marc-René Bayle), Mémoire de l'esclavage, devoir d'avenir : rapport de préfiguration de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage de la traite et de leurs abolitions : rapport au Premier ministre, Paris, la Documentation française, coll. « Collection des rapports officiels », , 155 p. (ISBN 978-2-11-145331-9 et 978-2-11-145413-2, lire en ligne).
  • Florence Alexis et Jean Marie Théodat, Oser la liberté : figures des combats contre l'esclavage (exposition, Paris, Panthéon, , organisée par le Centre des monuments nationaux et la Fondation pour la mémoire de l'esclavage), Paris, Éditions du Patrimoine, , 159 p. (ISBN 978-2-7577-0907-8).
  • Anne Conchon (dir.), Myriam Cottias (dir.) et Alessandro Stanziani (dir.), Travail servile et dynamiques économiques XVIe – XXe siècle (colloque, Paris, siège du Ministère de l'Économie et des Finances, , organisé par le Comité pour l'histoire économique et financière de la France et la Fondation pour la mémoire de l'esclavage), Vincennes, Institut de la gestion publique et du développement économique (IGPDE), coll. « Histoire économique et financière de la France / Animation de la recherche », , 314 p. (ISBN 978-2-11-162112-1 et 978-2-11-162121-3, DOI 10.4000/12na5, HAL hal-04839484, lire en ligne).

Notes et références

  1. Décret no 2019-1166 du portant suppression du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, Journal officiel de la République française, no 263, , texte no 23, NOR MOMX1829108D, sur Légifrance.
  2. « Le CNMHE remplacé par la Fondation pour la mémoire de l'esclavage », sur francetvinfo.fr, La Première, (consulté le ).
  3. « Esclavage : la Fondation pour la mémoire de l'esclavage créée cette année », Le Point, .
  4. « Commémorations de l'esclavage : Hollande, Taubira et le révérend Jackson réunis », Le Parisien, (consulté le ).
  5. « Hollande annonce une fondation dédiée à la mémoire de l'esclavage », L'Express, (version du sur Internet Archive).
  6. « Jean-Marc Ayrault présidera la Fondation pour la mémoire de l'esclavage », La Croix, (consulté le ).
  7. « Emmanuel Macron annonce la création de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage », sur francetvinfo.fr, .
  8. Décret du portant reconnaissance d'une fondation comme établissement d'utilité publique, Journal officiel de la République française, no 263, , texte no 18, NOR INTD1932036D, sur Légifrance.
  9. Ludovic Lamant, « Premiers remous au sein de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage », sur Mediapart, (consulté le ).
  10. « La double dette d'Haïti () : une histoire actuelle », sur memoire-esclavage.org.
  11. Nathalie Guibert, « Outre-mer, Haïti : l'exécutif interpellé sur les réparations de l'esclavage », Le Monde, .
  12. « Création du GIP mission de la mémoire de l'esclavage, des traites et de leurs abolitions et Cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage », sur elysee.fr, (version du sur Internet Archive).
  13. Décret du portant nomination de personnalités qualifiées au sein du groupement d'intérêt public dénommé « Mission de la mémoire de l'esclavage, des traites et de leurs abolitions », Journal officiel de la République française, no 109, , texte no 191, NOR PRMX1713611D, sur Légifrance.
  14. Eline Ulysse, « Aïssata Seck, nommée nouvelle directrice de la Fondation pour la Mémoire de l'Esclavage », sur outremers360.com, (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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