François de Lamontaigne

François de Lamontaigne
Fonction
Conseiller (en)
Parlement de Bordeaux
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 87 ans)
Preignac
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de

François de Lamontaigne, né à Bordeaux le , mort à Preignac le , est conseiller au Parlement de Bordeaux, bibliophile, chroniqueur de son temps, secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux de 1752 jusqu'à la Révolution.

Biographie

Issu d'une dynastie de magistrats, François de Lamontaigne est le neveu, par sa mère, de Montesquieu[1].

Conseiller au Parlement de Bordeaux

Après des études de droit à Bordeaux, il succède à son père, Mathieu de Lamontaigne, dans la charge de conseiller au Parlement de Bordeaux, le [2].

Il exerce à la 1re chambre des requêtes, puis, à partir de 1766, à la Tournelle et en 1767, à la Grand'chambre, trois formations du Parlement qui reçoivent les appels des juridictions royales et seigneuriales[3].

Comme parlementaire, il est convaincu de l'obligation, pour les rois, de se soumettre aux lois fondamentales, et exerce, à la première chambre des enquêtes, le droit de remontrance[3]. Pendant plusieurs années, il s'occupe des modalités de l'expulsion des Jésuites à la suite de la suppression de l'ordre en .

Il fait néanmoins partie du nouveau Parlement Maupeou, vilipendé par la plus grande partie des anciens parlementaires, pour rester fidèle à Richelieu dont il est l'ami[4].

Après avoir repris ses anciennes fonctions, il quitte sa charge le [3].

Secrétaire de l'Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux

Il est secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux du jusqu'à sa suppression en 1793.

Il y développe une importante activité administrative, sans activité éditoriale[1].

Ses travaux sur l'étymologie du mot mascaret, sur les inondations de la Garonne en 1770, sur le recensement des cépages, sur l'histoire de la Grosse cloche, n'ont pas été publiés.

La bibliothèque publique de Bordeaux reçoit, en 1786, une importante donation en livres de François de Lamontaigne[5].

Il fait le catalogue des ouvrages de la bibliothèque et sauve les archives lors de la fermeture de l'Académie en [6].

Il traverse la Révolution sans dommage. S'assurant un sauf-conduit en des temps troublés, par un « acte de civisme » en date du (21 thermidor an II), il adopte un orphelin de la Patrie[7], nommé Izaac Meller, s'engageant à lui donner une éducation républicaine par le versement d'une rente annuelle et d'un capital à ses 21 ans[8].

Il est l'auteur d'un Dictionnaire biographique des écrivains bordelais, conservé à l'état de manuscrit[9].

En 1797, il fait partie de la Société des sciences, belles-lettres et arts, dans la section « Antiquités et monuments », étape vers la renaissance de l'Académie de Bordeaux[10].

Chronique bordelaise

Édition par les Bibliophiles de Guyenne en 1926.

Sa « Chronique bordelaise » est un livre de raison autant qu'un journal. Il y rassemble des observations minutieuses et variées, des chroniques nécrologiques, des faits divers[11], utiles à la connaissance de l'histoire de Bordeaux, de juin à novembre .

Il réunit les archives relatives au Parlement de Bordeaux. « De sa petite écriture fine, François de Lamontaigne a annoté de nombreux manuscrits de l'Académie de Bordeaux et constitué le fonds Lamontaigne (ms 1696) acquis par la bibliothèque en 1884 », rappelle Louis Desgraves[12].

Selon Camille Jullian, il est « le dernier représentant de cette race de parlementaires, à laquelle appartenait Montesquieu, et qui avait repris, au XVIIIe siècle, la tradition de leurs ancêtres de la Renaissance »[13].

François de Lamontaigne habite, jusqu'à sa mort, le château du domaine de Bastore à Preignac, après avoir vendu la propriété qui l'entoure[3], ancien domaine royal[14], pour n'en conserver que l'habitation où il constitue une bibliothèque de plus de 10 000 volumes[3].

Postérité

Le château Bastor-Lamontagne est une ancienne propriété royale (domaine de Bastore), répertoriée en , cédée en à Vincent de La Montaigne, conseiller au Parlement de Bordeaux et grand-père de François de Lamontaigne. L'actuelle propriété viticole se réfère à son histoire[14].

Œuvres

  • Chronique bordelaise de François de Lamontaigne, conseiller au Parlement, Bordeaux, Société des bibliophiles de Guyenne, Imprimerie Delmas, Chapon, Gounouilhou, , 236 p. (lire en ligne)
  • Description de la cloche de l'Hôtel de ville de Bordeaux, dans Mémoires de l'académie des sciences de Bordeaux,1775, 4p. Bibliothèque municipale de Bordeaux, manuscrit Ms 0828/102 (021) (003) (lire en ligne)

Bibliographie

  • Paul Courteault, Notice sur François de Montaigne, Société des Bibliophiles de Guyenne, (lire en ligne), p. XIII-XXXI.
  • Pierre Jaubert, « Un personnage d'exception : François de Lamontaigne, conseiller au Parlement de Guyenne et secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Bordeaux (1724-1812), vol. série 5, no 2007, p. 27-36 », Actes de l'Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Bordeaux, vol. série 5, no 32, , p. 27-36 (lire en ligne).

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. 1 2 « Introduction aux "Chroniques bordelaise de François de Lamontaigne" », sur 1886.u-bordeaux-montaigne.fr, (consulté le ), p. XX.
  2. François Cadilhon, Jean-Baptiste de Secondat de Montesquieu: au nom du père, Presses Universitaires de Bordeaux, , 252 p. (ISBN 978-2-86781-485-3, lire en ligne), p. 119.
  3. 1 2 3 4 5 Pierre Jaubert, « Un personnage d'exception : François de Lamontaigne, conseiller au parlement de Guyenne... », Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, sur Gallica, (consulté le ), p. 29, 31, 34, 35.
  4. Chronique bordelaise de François de Lamontaigne, conseiller au Parlement, Bordeaux, Société des bibliophiles de Guyenne, Imprimerie Delmas, Chapon, Gounouilhou, , 236 p. (lire en ligne), p. XVI.
  5. Marie-Josèphe Pajot, « Aux origines de la bibliothèque municipale de Bordeaux : La Bibliothèque publique de l’Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux au XVIIIe siècle », Revue historique de Bordeaux et du département de la Gironde, t. 31, , p. 36 (lire en ligne, consulté le ).
  6. Décret de la Convention nationale, du 8 août 1793, l'an second de la République françoise, une & indivisible, portant suppression de toutes les académies & sociétés littéraires patentées ou dotées par la nation, Paris, Imprimerie nationale exécutive du Louvre,, (lire en ligne).
  7. Bernard Allemandou et Jean-Jacques Le Pennec, Les orphelins, enfants de la patrie : à Bordeaux sous la Révolution, Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, coll. « Histoire de l'aide sociale à l'enfance à Bordeaux , 3; Publications de la MSHA », (ISBN 978-2-85892-291-8, lire en ligne)
  8. Pierre Jaubert, « Un personnage d'exception : François de Lamontaigne », sur Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, , p. 33
  9. François de Lamontaigne, « Dictionnaire biographique des écrivains bordelais », sur selene.bordeaux.fr (consulté le ).
  10. Pierre Jaubert, « Un personnage d'exception : François de Lamontaigne, conseiller au Parlement de Guyenne et secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Bordeaux (1724-1812) », sur Gallica, Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, (consulté le ), p. 34.
  11. C'est ainsi qu'il rend compte, le , de l'arrestation de Cazenove « soi-disant gentilhomme », assassin de la sœur aînée de l'avocat général Pierre-Jules Dudon (1718-1800). Le récit détaillé de l'affaire, par l'historien Michel Figeac : Un nœud de vipères dans l’Entre-deux-Mers. L’affaire Dudon ou l’apport des sources judiciaires à l’histoire sociale, Revue historique de Bordeaux et du département de la Gironde, Année 2013, pp. 47-70, développe la mention qu'en fait François de Lamontaigne (Chronique bordelaise, p. 71).
  12. Louis Desgraves, Inventaire des documents manuscrits des fonds Montesquieu de la Bibliothèque municipale de Bordeaux, Genève, Librairie Droz, , 359 p. (ISBN 9782600002714, lire en ligne), p. 279.
  13. Camille Jullian, Inscriptions romaines de Bordeaux, t. 2, Archives municipales de Bordeaux, Imprimerie G. Gounouilhou, , 714 p. (lire en ligne), p. 386
  14. 1 2 « L'Histoire du domaine », sur Château Bastor-Lamontagne (consulté le ).
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