Francisco Martinez (sculpteur)

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 84 ans) Toulouse |
| Sépulture |
Cimetière de Cornebarrieu |
| Nationalité |
Française |
| Activité |
Sculpteur, dessinateur |
| Formation |
École municipale des Beaux-Arts d’Oran |
| Maître |
Georges Hilbert, Joanny-Félicien Sarrade |
| Père |
Francisco Martinez |
| Mère |
Maria del Carmen Eduarda Guillén |
| Conjoint |
Marie-Elisabeth Larique |
| Enfant |
Françoise Martinez |
| Site web |
Francisco Martinez, né le 6 mars 1902 en Algérie à Oran et mort le 26 juillet 1986 à Toulouse, est un sculpteur français. Il était connu pour ses bustes et ses sculptures animalières sur bois dur et en taille directe.
Biographie
Francisco Martinez est né de parents espagnols, Francisco Martinez (1855-1915) journalier et Maria del Carmen Eduarda Guillén (1868-1910) sans profession. Il est le dernier d’une fratrie de cinq enfants[1]. Après une brève expérience d’ébéniste, passionné de dessin, il suit les cours de Joanny-Félicien Sarrade (1889-1960), professeur à l’École municipale des Beaux-Arts d’Oran. Il choisit tout d’abord la peinture, puis il s’oriente vers la sculpture suivant l’exemple de Georges Hilbert (1900-1982) et Mateo Fernandez de Soto (1884-1949), deux sculpteurs animaliers qui travaillent la pierre dure et pratiquent la taille directe. Comme eux, Martinez transposera ses modèles dans les pierres difficiles à sculpter : noir de Belgique, onyx, granite. Il aime aussi les bois exotiques, comme les bois de fer.
Diplômé de l’École municipale des Beaux-Arts d’Oran en 1926, il entame au début des années 1930 une carrière d’artiste que facilite la femme de lettres oranaise Angèle Maraval-Berthoin, égérie locale et présidente de l’Association Amicale des Artistes Africains qui récompensait les jeunes artistes. Le Salon des Artistes Français (Paris - Grand Palais) l'accueille au cours des années 1934, 1936 et 1938. Martinez crée jusque dans les années 1940 plusieurs bustes de personnalités oranaises[2] ou d’anonymes et de nombreuses figures d’animaux communs, sauvages ou marins aux attitudes caractéristiques[3]. Hormis quelques incursions minimes, les ambiances folkloriques du pays natal ne l'ont pas inspiré. Les principales galeries d'art oranaises exposent ses œuvres[4]. Jean Sénac, érudit littéraire et artistique, lui accorde un tempérament d’animalier et une grande maîtrise dans ses nus et ses bustes[5]. Il continue d'exposer ses œuvres même hors d’Algérie lors des Expositions Artistiques de l’Afrique Française[6]. Durant cette période, il jouit d’une position privilégiée sur la scène artistique oranaise[7]. L’Oranais Mohamed Bencherab[8] est le seul élève connu.
Des œuvres de Francisco Martinez, à ce jour absentes des musées hexagonaux, sont exposées en Algérie, à Oran[9] et Alger[10]. La Chambre de Commerce et d’Industrie de la ville d’Oran lui commande, au milieu des années 1950, deux grandes statues allégoriques taillées dans la pierre à l’effigie du commerce et de l’industrie qui sont toujours en place dans le hall d'entrée du bâtiment. Sur le territoire français, le Mémorial national des Français d’Algérie érigé au Cimetière Saint-Pierre d’Aix-en-Provence[11] et la haute statue pour le Mémorial national aux combattants d’Outre-mer morts pour la France située sur l’esplanade de l’Armée d’Afrique à Avignon[12] sont toujours visibles.
De son union en 1940 avec Marie-Élisabeth Larique (1902-1990), institutrice, naît l’année suivante son unique enfant, Françoise (1941-2004). Suite à l'Indépendance de l'Algérie en 1962, il s'installe à Aix-en-Provence puis à Marseille. Il meurt à Toulouse de complications pulmonaires le 26 juillet 1986, à l’âge de 84 ans.
Notes et références
- ↑ Maria Del Carmen Nicolasa (1891-1971), Reine Marie Isabelle (1893-1980), Antoinette (1895-?) et Françoise (1899-?).
- ↑ Élisabeth Cazenave, Les artistes de l'Algérie, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, graveurs 1830-1961, Éditions de l’Onde / Association Abd-el-Tif, 2001, François Martinez, p. 326.
- ↑ "Notre concitoyen François Martinez nous convie à visiter dans le Hall de Sélection, 14 rue d’Arzew, ses dernières œuvres. À notre avis, le mot est inexact. Nous devons dire : chefs-d’œuvre". Eugène Cruck, L’Écho d’Oran, 24 novembre 1938.
- ↑ Bureau Artistique (2, rue Jacques) en 1933, salon de l’Hôtel Continental (avenue Clemenceau) en 1935, salle des fêtes de l’Hôtel de ville d’Oran en 1937, Hall de Sélection (14, rue d’Arzew) en 1937 et 1938, peut-être la plus importante retrospective qui est consacrée à l’artiste, Galerie Colline (boulevard du lycée) en 1943 et 1957, Galerie Marcel Pozzallo (avenue Loubet) en 1946.
- ↑ Jean Sénac, Visages d'Algérie, Écrits sur l'art, textes rassemblés par Hamid Nacer-Khodja, préface de Guy Dugas, Paris, Paris-Méditerranée/Alger, EDIF 2000, p. 41.
- ↑ Expositions Artistiques de l’Afrique Française (EAAF) auxquelles Francisco Martinez a participé ou envoyé ses œuvres : XIe EAAF à Alger en 1939, XIVe EAAF à Tunis en 1946, XVIe EAAF à Oran en 1949, XVIIIe EAAF à Monte-Carlo en 1951, XXIIe EAAF à Bordeaux en 1956. D’après Stéphane Richemond et Marion Lagrange, Expositions artistiques de l’Afrique française (1928-1956), Dictionnaire des artistes et de leurs œuvres. Les Cahiers du Centre François-Georges Pariset n° 12-hors série. Presses Universitaires de Bordeaux. 2024, entrée François Martinez.
- ↑ Jean Sarocchi, in Jeannine Verdès-Leroux, L’Algérie et la France, Robert Laffont, 2009, François Martinez, p. 566.
- ↑ Né en 1924, il obtient une bourse de la ville d’Oran en 1949 qui lui permet d’aller à l’École des Beaux-Arts de Paris où il entre dans l’atelier du sculpteur Marcel-Antoine Gimond (1894-1961). Il expose une sculpture à la Foire d’Oran en octobre 1950.
- ↑ Il s’agit de deux statues en bronze exposées au Musée national Zabana : le buste de François Doumergue, directeur-conservateur de l’ancien musée Demaeght, et un couple de chats.
- ↑ Deux bustes de femmes en pierre, à ce jour anonymes, exposés dans le jardin botanique du Hamma, au pied du Musée national des Beaux-Arts.
- ↑ Le projet d’ensemble du monument sur une proposition du maire de la ville d'Aix-en-Provence Henry Mouret est dû à l’architecte René Naz (1897-1981).
- ↑ D’abord installé jusqu'en 2000 au sommet d’une colline de la commune de Caumont-sur-Durance (Vaucluse) dominant l’autoroute A7 sur une parcelle acquise par la ville d’Avignon.
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