Gaia-X
Gaia-X est une initiative européenne visant à créer un standard de facto pour favoriser l’émergence d’écosystèmes de données et d’infrastructures fédérés et de confiance, en développant un ensemble de spécifications, de règles, de politiques et un cadre de vérification. Le but est de promouvoir des écosystèmes numériques décentralisés et de confiance afin de favoriser le développement de l'économie de la donnée, en phase avec les valeurs européennes de transparence, ouverture, protection de la donnée, souveraineté et sécurité.
Pour cela, la solution proposée par Gaia-X s'appuie sur des règles de conformités (Gaia-X Compliance) et un cadre de confiance (Gaia-X Trust Framework) applicables aussi bien au sein de l'Union Européenne que partout dans le monde, via un réseau de Gaia-X Digital Clearing Houses, guichets uniques décentralisés permettant de mettre en œuvre les règles de conformité.
L'initiative Gaia-X est portée par l'association internationale à but non lucratif Gaia-X AISBL, basée en Belgique, relayée à travers l'Europe et le monde par des antennes locales appelés Gaia-X Hubs.
Objectifs
Gaia-X positionne la souveraineté numérique au cœur des processus d'innovation digitale.
Le but principal de Gaia-X est donc d'établir un écosystème dans lequel les données peuvent être échangées en toute confiance. Les utilisateurs conservent ainsi une entière souveraineté sur leurs données.
Gaia-X ne vise pas la création d'un Cloud, mais plutôt de proposer les standards et l'organisation permettant la mise en place d'un environnement transparent dans lequel de nombreux fournisseurs de Cloud et utilisateurs peuvent interagir afin de construire l'économie de la données de demain.
Livrables
L'association Gaia-X est ressemble de la conception est fourniture des éléments suivants :
- Des spécifications permettant de décrire comment Gaia-X fonctionne en termes de prérequis fonctionnels et techniques
- Du code correspondant à un exemple open source de traduction de ces spécifications, réalisé par la communauté gravitant autour de Gaia-X
- Des Labels déclinant la validation de règles de gouvernance qui s'appuient sur les valeurs européennes et favorisant l'opérationnalisation d'espaces de données interopérables.
Spécifications
Gaia-X produit de nombreux documents, de livres blancs au tutoriels. Cependant, son activité se concentre sur les 4 spécifications suivantes qui représentent le cœur des concepts Gaia-X :
- Le document d'architecture (Gaia-X Architecture Document - AD) fournit les principes d'interopérabilité technique et syntaxique tout en étant indépendant des règles de gouvernance et de conformité
- Le document de conformité (Gaia-X Compliance Document - CD) fournit un jeu de règles permettant d'asseoir une interopérabilité organisationnelle et sémantique. Ce document est totalement décorrélé de tout aspect technique.
- Le document de gestion de l'identité, des identifiants et des accès (Gaia-X Identity, Credentials and Access Management Document - ICAM) fournit des spécifications décrivant comment implémenter des identifiants dans le cadre d'un écosystème Gaia-X, mais aussi les mécanismes de délégations de droits, d'authentification, d'autorisation et de gestion d'accès.
- Le document d'échange de données (Gaia-X Data Exchange Document) décrit les processus, règles et prérequis permettant l'échange de données au sein de la communauté Gaia-X.
Code
Les spécifications décrites dans le paragraphe dédié sont ensuite implémentées dans un exemple de code par l'intermédiaire de la communauté Open Source Gaia-X.
Ainsi, Gaia-X AISBL met à disposition des composants logiciels pour l'instant déclinés sous deux versions principales:
- Version 1 (v1), sous le nom TAGUS, implémente les règles du cadre de confiance Gaia-X 22.10 (Gaia-X Trust Framework 22.10) , le document d'architecture 22.10 (Gaia-X Architecture Document 22.10[1]), le document de règles politiques et labels 22.11[2] (version antérieure au document de conformité), et le document de gestion de l'identité, des identifiants et des accès 22.10 (Identity, Credentials and Access Management 22.10[3]).
- Version 2 (v2), sous le nom LOIRE, implémentes les règles du document de conformité 24.06 (Compliance Document 24.06[4]) en phase avec les prérequis décrits dans le document d'architecture 24.04 (Architecture Document 24.04[5]).
Labels
Un Label Gaia-X est une marque de confiance qui reflète l'atteinte de différents critères ayant trait à la transparence, la protection des données, la sécurité, l'interopérabilité, la portabilité et la durabilité, en phase avec les valeurs européennes.
Il y a quatre types de Labels Gaia-X:
- Gaia-X Standard
- Gaia-X Label niveau 1
- Gaia-X Label niveau 2
- Gaia-X Label niveau 3
L'obtention d'un Label Gaia-X se fait par la collecte de preuves permettant ensuite, lors de la soumission à une Gaia-X Digital Clearing House, d'être analysées afin de produire le Label ad hoc.
Historique
Au 21e conseil des ministres franco-allemand (Toulouse, octobre 2019), les ministres Peter Altmaier et Bruno Le Maire avaient convenu d'une feuille de route la coopération franco-allemande dans le domaine de l'intelligence artificielle et pour une infrastructure européenne permettant de conserver la souveraineté des pays de l'Union sur leurs données. Un projet d'infrastructure de données européenne a ensuite été présenté au sommet sur le numérique d'octobre 2019. Puis des représentants de 300 entreprises européennes et internationales et des organisations scientifiques ont été invités à concrétiser ces idées dans le cadre du projet GAIA-X, officiellement annoncé le 4 juin 2020[6],[7] et il est géré au sein d'une association internationale sans but lucratif de droit belge qui a été lancée en janvier 2021.
En septembre 2020 dans son premier discours sur l'état de l'Union, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne mentionne Gaia-X comme le projet sur lequel la stratégie des données de l'Union européenne devait être construite[8].
En mars 2021, Francesco Bonfiglio est nommé CEO et Pierre Gronlier CTO de Gaia-X[9].
L'objectif initial était de définir des bonnes règles de conduite pour favoriser et accélérer les technolgies et l'économie de la donnée en Europe (marché estimée à 400 milliards d’euros en 2019)[10] ; il s'agissait aussi de définir l'environnement technique permettant de vérifier ces règles et de construire les briques technologiques nécessaires à la circulation de la donnée.
En , l'entreprise française Scaleway (filiale du groupe Iliad), a annoncé son retrait du projet Gaia-X, en raison d'un désaccord avec la gouvernance du projet, qu'elle estime trop favorable aux intérêts des grands acteurs non européens, ainsi que par un manque de clarté sur les objectifs réels de Gaia-X.[11]. Le mois suivant, le directeur général de Gaia-X annonce que les premiers « espaces de données » seront lancés au premier semestre 2022[12].
En avril 2022, Gaia-X publie son premier document de critères des labels pour garantir la protection des données, la transparence, la sécurité, la portabilité et la flexibilité de l'écosystème[13],[14].
Au salon VivaTech 2025, Cloud Data Engine (CDE) a présenté une suite logicielle capable de vérifier, en temps réel, la conformité des services cloud avec les règles de gouvernance et les exigences de transparence de Gaia-X, pour les services cloud et les espaces de données fédérés (qui sont des environnements numériques où plusieurs acteurs peuvent partager et échanger des données de manière sécurisée et interopérable, tout en conservant le contrôle sur leurs propres informations). Un outil baptisé Clearing House Gaia-X, garantit que seuls les services cloud conformes aux exigences de souveraineté et de sécurité sont disponibles pour l'utilisateur[15].
Gouvernance
Conseil d'administration
Toute organisation, européenne ou non, respectant les critères d'admission peut devenir membre de l'association Gaia-X AISBL. Mais seules celles ayant leur siège social mondial en Europe peuvent être élues au Conseil d'administration (Board of Directors)[16]. Celui-ci nomme les participants aux deux autres principales instances de l'organisation : le "Technical Committee" qui définit l'architecture technique du projet et le "Policy Rules Committee" qui a pour objet de définir des points de contrôles vérifiables pour les services de Cloud au regard des "valeurs européennes" défendues par le projet (transparence, protection des données, sécurité, réversibilité et ouverture).
Le premier Conseil d'Administration est constitué d'un représentant de chacun des membres fondateurs.
Hub français
Gaia-X organise des communautés nationales sur la base de « hubs » nationaux. Le hub français est lancé le 25 janvier 2021 et coordonné par le CIGREF avec le soutien du ministère de l’Économie, de l'Académie des technologies et du pôle de compétitivité Systematic[17].
Membres fondateurs
22 entreprises françaises ou allemandes sont membres fondateurs. Parmi les entreprises françaises, Amadeus, Atos, EDF, Outscale, OVHCloud , Scaleway, Orange, Institut Mines-Télécom,Safran, CISPE (Cloud Infrastructure Services Providers in Europe), Docaposte… Côté allemand, SAP, Siemens [7], Beckhoff, Bosch, BMW , DE-CIX, Deutsche Telekom, Fraunhofer, German Edge Cloud, IDSA (International Data Spaces Association), PlusServer, sont à l'origine du projet[réf. nécessaire].
Notes et références
- ↑ « Gaia-X Architecture Document - 22.10 Release », sur docs.gaia-x.eu (consulté le )
- ↑ « Gaia-X Policy Rules and Labelling Documentt - 22.11 Release », sur docs.gaia-x.eu (consulté le )
- ↑ « GXFSv2 - Identity and Access Management - 22.10 Release », sur docs.gaia-x.eu (consulté le )
- ↑ « Editorial Information - Gaia-X Compliance Document - 24.06 Release », sur docs.gaia-x.eu (consulté le )
- ↑ « Editorial Information - Gaia-X Architecture Document - 24.04 Release », sur docs.gaia-x.eu (consulté le )
- ↑ Concrétisation du projet « GAIA-X », une infrastructure européenne de données, sur Le portail de l'Économie, des Finances, de l'Action des Comptes publics français (consulté le 9 juin 2020).
- 1 2 Ingrid Vergara, « Gaia-X: la France et l’Allemagne donnent le coup d’envoi au projet de «meta-cloud» européen », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Retour sur le discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen », .
- ↑ « Gaia-X nomme Francesco Bonfiglio CEO et Pierre Gronlier CTO - Le Monde Informatique », sur LeMondeInformatique (consulté le )
- ↑ Vincent Fagot, « Cloud européen : l’alliance Gaia-X prend son envol », sur LeMonde.fr, (consulté le )
- ↑ « La pertinence du projet Gaia-X questionnée après la défection de Scaleway », sur ChannelNews, (consulté le )
- ↑ .https://gaia-x.eu/news/gaia-x-releases-its-latest-policy-rules-and-labelling-criteria-demonstrating-better-governance
- ↑ (en) « Gaia-X releases its latest policy rules and labelling criteria, demonstrating better governance and compliance with Gaia-X’s principles », sur Gaia-X Website (consulté le )
- ↑ « Gaia_X Labelling Criteria Document 2204 »
- ↑ (en-GB) « Cloud Data Engine joins Gaia-X and unveils first compliance suite for Gaia-X labeled cloud services at Vivatech - Gaia-X: A Federated Secure Data Infrastructure », (consulté le )
- ↑ (en) « The Gaia-X Ecosystem - », sur bmwi.de (consulté le ).
- ↑ Gaia-X : Le hub français invite les volontaires à rejoindre ses rangs
Voir aussi
Articles connexes
Lien externe
- (en) Site officiel
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