Gemma Frisius

Gemma Frisius
Gemma Frisius peint par Maarten van Heemskerck.
Fonction
Professeur titulaire (en)
UCLouvain
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Jemme Reinierszoon
Nom de naissance
Regnier Gemma
Formation
UCLouvain (-)
Activités
Période d'activité
Enfant
Statut
Autres informations
A travaillé pour
UCLouvain (-)
Maîtres
Franciscus Monachus (en), Pierre de Corte
Personne liée
Johannes Dantiscus (épistolier)

Gemma Frisius, né Jemme Reinerszoon[1], est un cartographe et mathématicien né à Dokkum (Frise) le , mort à Louvain le .

Biographie

Années de formation

Gemma Frisius enfant perd très jeune ses deux parents. Une malformation des jambes l'oblige à ne se déplacer qu'avec des béquilles[2]. Il étudie d'abord à Groningue, puis est envoyé à la Pédagogie du Lys à Louvain. Il devient maître ès arts en 1528, puis s'inscrit au Collegium Trilingue.

Il enseigne à partir des environs de l'année 1529 les mathématiques puis la médecine. Il est médecin mais s'intéresse bien davantage à la cosmologie.

Contributions à la géodésie et l'astronomie

Dans sa réédition de la Cosmographia de Peter Apian (1533), Gemma Frisius décrit sa technique de mesure des distances par triangulation, qui rappelle les méthodes de cheminement utilisées à l'époque par les arpenteurs flamands[3]. Elle attire l'attention de Johannes Dantiscus[4], qui envisage de l’emmener à Frauenburg[5]. Infirme, Gemma Frisius s'est très probablement associé à Jacob van Deventer, ce dernier faisant les relevés sur le terrain selon ses méthodes[6].

La triangulation selon Gemma Frisius (1533).

Au cours de ses observations astronomiques, Gemma Frisius a reporté les trajectoires de plusieurs comètes (en 1533, 1538, 1539) sur la sphère des étoiles fixes : elles ont été publiées par son fils Cornelis.

Le fabricant d'instruments

Il ouvre un atelier dédiée à la cartographie et travaille avec l'orfèvre Gaspard Van der Heyden et Bollaert, et l'éditeur Grapheus d'Anvers. Frisius a construit ou amélioré de nombreux instruments d'astronomie, comme le bâton de Jacob (qu'il a décrit dans son traité De Radio Astronomico, 1545), l'astrolabe (décrit et expliqué dans De Astrolabio, traité posthume de 1556) et surtout l'anneau astronomique[7] (Tractatus de Annulo Astronomicae, 1534), dont la précision a été célébrée par Tycho Brahe et Kepler. Gemma Frisius est également un des premiers vulgarisateurs de la cosmologie.

Son traité De locorum describendorum ratione (1540) contient une méthode de détermination des longitudes. On lui attribue également une partie des calculs qui aideront à la confection de l'horloge-astrolabe de la cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer.

Les globes terrestres de son siècle se nourrissaient des découvertes incessantes faites par les explorateurs, corrigeant les incohérences ou les inventions des géographes de l'antiquité : ainsi le globe de 1535 de Gemma Frisius intègre les données des voyages de Marco Polo, de Ferdinand Magellan et de Pizarre. Un globe de 1536 de Gemma Frisius dépeint une zone dans le cercle polaire arctique, au nord d'un détroit séparant la « Terra Corterealis » et la « Baccalearum Regio » d'une projection vers l'ouest de « Groélãdia » (Groenland). Sur cette zone du globe figure l'inscription en latin:

« Quij populi ad quos Ioés Scoluus danus peruenit circa annum 1476[8] »

 Ici les gens parmi qui, Joés Scolvus, un Danois, a pénétré vers l'année 1476

Cette inscription pourrait être une preuve de la légende concernant Jean Scolvus et son équipage qui aurait atteint les côtes de l'Amérique presque deux décennies avant Christophe Colomb.

Postérité

Gemma Frisius, gravure sur bois

Son œuvre en a fait le chef de l'école géographique néerlandaise[9], dont son élève Gerardus Mercator a été le plus brillant représentant. Trois autres de ses élèves deviendront célèbres : André Vésale en anatomie, Rembert Dodoens en botanique et Johannes Stadius en astronomie.

Le cratère lunaire Gemma Frisius a été nommé en son honneur.

Œuvres

Aritmetica prattica facilissima, 1567
Carta Cosmographica, 1544

Sauf mention contraire, les ouvrages sont en latin.

Bibliographie

Notes

  1. Il est appelé Jemme Reinersz dans l'édition de 1533 de Cosmographia de Peter Apian.
  2. (de) Heinz Klaus Strick, « Der Mathematische Monatskalender : Gemma Frisius, der Wohltäter », Spektrum der Wissenschaft, (lire en ligne)
  3. (de) Friedrich Seck, Wissenschaftsgeschichte um Wilhelm Schickard, Franz Steiner Verlag, coll. « Contubernium, vol. 26 », , 240 p. (ISBN 978-3-515-08004-0), « Gemma Frisius und Christoph Bühlers Triangulation » : ', Abschnitt zu ]
  4. Fernand Hallyn, Gemma Frisius, arpenteur de la terre et du ciel, Paris, Honoré Champion, , 240 p., cité par Evelien Chayes, « Book review: Gemma Frisius, arpenteur de la terre et du ciel », Renaissance et Réforme, vol. 33, no 1, , p. 114–117 (DOI 10.33137/rr.v33i1.14637)
  5. Fernand Hallyn, « Trois notes sur Gemma Frisius », Scientiarum Historia, vol. 22, no 1,
  6. Eliane de Wilde, « Le peintre et l'arpenteur — image de Bruxelles et de l'ancien Duché de Brabant », Renaissance du Livre, Bruxelles, 2000.
  7. « Astronomic ring », sur Musée Boerhaave (version du sur Internet Archive)
  8. Encyclopedia of Newfoundland and Labrador vol. 5, p. 107-108, (ISBN 0-9693422-1-7).
  9. Voir nos catégories Cartographe flamand et Cartographe néerlandais
  10. Il y a, en plus de la traduction française, des traductions en néerlandais (Cosmographie, oft Beschrijvinghe der gheheelder werelt van Petrus Apianus, derdewerf gecorrigeert van Gemma Frisio, 1561, sur e-rara) et en espagnol.

Liens externes

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