Gizō Takayama

Gizō Takayama
Illustration.
Takayama durant sa campagne électorale le .
Fonctions
19e maire de Kyoto

(15 ans, 11 mois et 25 jours)
Élection
Réélection

Prédécesseur Masao Kanbe
Successeur Seiichi Inoue
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Kyoto, préfecture de Kyoto
Date de décès (à 82 ans)
Nationalité Japonaise
Parti politique Sans étiquette (après 1951)
Parti socialiste japonais (1945-1951)
Diplômé de Université impériale de Kyoto
Profession Avocat
Professeur d'université

Gizō Takayama
Maires de Kyoto

Gizō Takayama (高山 義三, Takayama Gizō)[N 1], né le à Kyoto et mort le , est un fonctionnaire et homme politique japonais, maire de Kyoto de 1971 à 1981.

Biographie

Gizō Takayama naît Gizō Nakamura le de la 25e année de l'ère Meiji (1892) à Kyoto[2],[3],[4],[5]. Il est le troisième fils de l'ancien membre de la Chambre des représentants et le premier président du Conseil municipal de Kyoto (ja) Nakamura Eisuke (ja) (中村 栄助)[2],[4]. Il effectue ses études secondaires au Deuxième collège préfectoral de Kyoto (京都府第二中学校)[N 2], où il est notamment partenaire de batterie dans le club de baseball avec Sakutarō Konishi (ja)[6]. Il termine ses études secondaires au Cinquième lycée (ja), puis s'inscrit en 1915[6] à la faculté de Droit de l'université impériale de Kyoto et en sort diplômé en 1918[7],[8],[2]. Durant ses études, il était aussi un fervent adhérent au mouvement ouvrier[2]. En 1917, il est élu chef de la faction de Kyoto du Yūaikai (en), l'un des premiers syndicats au Japon[2],[4]. En 1918, il fonde le « Rōgakkai » (労学会) avec Hajime Kawakami entre autres[2], et rejoint le Mouvement socialiste chrétien. Le , Takayama est impliqué dans l'affaire des drapeaux rouges de Kyoto (ja). Après avoir terminé son service militaire, il retourne à Kyoto et est accueilli par une cinquantaine de confrères socialistes qui le connaissaient depuis l'époque où il était président du Yūakai. Les participants de la cérémonie brandissaient plusieurs drapeaux rouges affichant des slogans partisans et la police est arrivée, menant à une confrontation qui a entraîné l'arrestation de nombreux Socialistes[9]. Il s'inspire du pacifiste Toyohiko Kagawa et s'implique dans le Mouvement japonais pour le suffrage universel (ja).

Il travaille pendant un certain temps comme professeur adjoint à l'université impériale de Kyoto et comme chargé de cours à l'université Dōshisha[2],[3], mais finit par ouvrir son cabinet d'avocats à Kobe en 1921[2],[3]. En 1924, il déménage à Osaka[2],[3], et commence à travailler principalement dans le droit du travail. Takayama a notamment défendu des clients accusés de crimes idéologiques, comme ceux de l'affaire Ōmoto (ja), impliquant le nouveau mouvement religieux du même nom[2],[4]. Le , il devient l'avocat de Jōtarō Hirokawa (広川 条太郎), principal suspect dans l'affaire Kofue (ja), où quatre femmes sont retrouvées mortes dans leur résidence de Kitashirakawa (ja), dans le nord-est de Kyoto. Le , il obtient l'acquittement de Hirokawa[10],[2].

Après la Seconde Guerre mondiale, Takayama rejoint le Parti libéral du Japon (en) et en devient son secrétaire pour la division de Kyoto[2],[3]. En 1946, il quitte le Parti libéral pour fonder le Parti démocratique de Kyoto (京都民主党), dont il devient le président[2],[3]. En , après la démission du précédent maire Masao Kanbe, avec le soutien du front démocratique de Kyoto, qui comprenait notamment le Parti socialiste, qu'il représente, et le Parti communiste, Gizō Takayama est élu maire de Kyoto[2],[3]. Il prend fonction le [11]. Takayama quitte rapidement le Parti socialiste et devient un conservateur indépendant[2]. En 1951, il est impliqué dans l'incident All Romance (ja), quand plusieurs membres du conseil municipal, dont Takayama, s'était peu à peu rapprochés des idéologies conservatrices, effritant la coalition démocratique. Un des points culminants de l'affaire a été la publication du livre « Tokushu Buraku » (特殊部落) par l'employé municipal Seiichi Sugiyama (杉山 清一). Le roman était critiqué par les Burakumin et les Coréens pour son portrait de leurs conditions de vie. L'incident a forcé la ville à augmenter son budget accordé aux « dōwa » (同和地区), quartiers soumis aux restrictions gouvernementales, après des revendications de la Comité national de libération Buraku[12]. Le , avec l'entrée en vigueur du traité de San Francisco, Takayama organise des célébrations à Kyoto, qui incluent le sonnement des cloches de trente temples à travers la ville, incluant le Chion-in[13]. Il est réélu le en tant que conservateur indépendant avec une large majorité sur le candidat socialiste Kinkazu Saionji (ja). Durant son deuxième mandat, il entre en conflit avec Torazō Ninagawa (ja), le gouverneur nouvellement élu également soutenu par le front démocratique. Takayama est réélu à deux autres reprises, en 1958 et en 1962, pour un mandat total de seize ans[14],[2],[3].

Il a notamment lancé une journal citoyen, « Kyoto News » (京都ニュース), qui circule de 1956 à 1994, et créé un festival de cinéma municipal[15]. En , il fonde l'Orchestre symphonique de Kyoto[15]. En octobre de la même année, il introduit une taxe touristique sur les entrées dans les temples de la ville pour financer la préservation des monuments historiques, en collaboration avec le grand-prêtre du temple Daigo-ji. La taxe temporaire est un prédécesseur de la controversée taxe de l'Ancienne capitale (ja)[16]. Toujours en 1956, il rédige la constitution municipale de Kyoto[15]. En 1958, il signe un pacte d'amitié entre Kyoto et Paris. Takayama a par la suite promu la coopération avec d'autres villes dans le monde comme Boston, Prague et Florence[15]. Il est responsable de la construction des ponts de Kitayama et d'Oike, ainsi que de la réfection des ponts Shijō (ja) et Gojō (ja). En tant que maire, il a aussi promu le tourisme international à Kyoto et a présenté la procession des yamaboko du festival Gion matsuri comme un attrait touristique[2],[3],[15]. Il est le président de l'Association japonaise des maires (ja) du  au [2],[3],[17]. Il était également président du conseil de l'Union japonaise des libertés publiques (ja)[18]. Il prend sa retraite à l'échéance de son quatrième mandat le [11],[2].

Après sa retraite politique, Takayama devient la même année le premier président du Kyoto International Conference Center, dans le secteur Matsugasaki (ja) de l'arrondissement de Kyoto, dans le nord de la ville[2],[4],[5]. La querelle entre Takayama et Ninagawa continue même après, le gouverneur qualifiant Matsugasaki, où se trouve le centre, d'un lieu dangereux, en référence à sa position dans le kimon (ja) (鬼門), ou « porte du démon », qui fait référence à la superstition ancienne que le nord-est porte malchance.

Vie personnelle et décès

Gizō Takayama était chrétien protestant[18],[16]. Takayama était aussi un amateur de shōgi[18]. Il résidait à Kamiuma-machi (上馬町), dans l'arrondissement de Higashiyama, à Kyoto[18]. Dans ses dernières années, en 1971, il publie son autobiographie[2],[4]. Il meurt le à l'âge de 82 ans[2],[4],[3].

Il épouse Shizuko Takayama (高山 静子)[18] et prend son nom de famille. Ils ont un fils, Hiroshi (寛), qui deviendra président de l'Assemblée préfectorale de Kyoto (ja).

Résultats électoraux

Élections municipales du  à Kyoto[14]
Inscrits 828 522
Abstentions 425 797 51,39 %
Votants 402 725 48,61 %
Bulletins enregistrés 402 725
Bulletins blancs ou nuls 2 467 0,61 %
Suffrages exprimés 400 258 99,39 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Gizō Takayama (sortant) (réélu) Indépendant[N 3] 241 833 60,42 %
Susumu Kagata (ja) Parti socialiste[N 4] 155 919 38,95 %
Toshiyo Oda (ja) Indépendant 2 506 0,63 %
Élections municipales du  à Kyoto[14]
Inscrits 756 797
Abstentions 381 966 50,47 %
Votants 374 831 49,53 %
Bulletins enregistrés 374 831
Bulletins blancs ou nuls 1 856 0,5 %
Suffrages exprimés 372 975 99,5 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Gizō Takayama (sortant) (réélu) Indépendant[N 3] 239 640 64,25 %
Banmon Tabata Parti socialiste[N 4] 132 517 35,53 %
Shigemi Ueda[N 5] Hankyō Yūgekitai[N 6] 818 0,22 %
Élections municipales du  à Kyoto[14]
Inscrits 710 866
Abstentions 329 588 46,36 %
Votants 381 278 53,64 %
Bulletins enregistrés 381 278
Bulletins blancs ou nuls 2 013 0,53 %
Suffrages exprimés 379 265 99,47 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Gizō Takayama (sortant) (réélu) Indépendant[N 7] 190 699 50,28 %
Kinkazu Saionji (ja) Indépendant[N 8] 126 932 33,47 %
Banmon Tabata Indépendant 61 634 16,25 %
Élections municipales du  à Kyoto[14]
Inscrits 618 201
Abstentions 256 128 41,43 %
Votants 362 073 58,57 %
Bulletins enregistrés 362 073
Bulletins blancs ou nuls 2 479 0,68 %
Suffrages exprimés 359 594 99,32 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Gizō Takayama (élu) Parti socialiste[N 9] 153 001 42,55 %
Banmon Tabata Indépendant[N 10] 118 711 33,01 %
Haruki Watsuji Indépendant[N 11] 87 882 24,44 %

Notes et références

Notes

  1. Aussi appelé « Yoshizō Takayama »[1].
  2. Actuel Lycée préfectoral Toba de Kyoto (ja).
  3. 1 2 Soutenu par le Parti libéral-démocrate.
  4. 1 2 Soutenu par le Parti communiste.
  5. Une des lectures possibles pour son nom « 植田 滋実 ».
  6. Littéralement « Guérilla anticommuniste ».
  7. Soutenu par le Parti libéral du Japon (en) et le Kaishintō (en).
  8. Soutenu par le Parti socialiste japonais de gauche (en), le Parti socialiste japonais de droite (ja) et le Parti des agriculteurs et des fermiers.
  9. Soutenu par le Parti communiste japonais et le Parti des agriculteurs et des fermiers (ja).
  10. Soutenu par le Parti démocrate-libéral (en) et les candidats de la coalition du Minshutō.
  11. Soutenu par les candidats de l'opposition du Minshutō et le Kokumin Kyōdōtō (ja).

Références

  1. (ja) « 高山 義三 », sur アサクラ建設, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 日外アソシエーツ株式会社 2003.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 日外アソシエーツ株式会社 2004.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 Ueda 2001.
  5. 1 2 日外アソシエーツ株式会社 2007.
  6. 1 2 (ja) Nobuyuki Yō, « 歴史は京都二中OBの構想から始まった 夏の高校野球・第1回大会物語(前編) », sur Yahoo! Sports, (consulté le ).
  7. Université impériale de Kyoto 1926, p. 330-331.
  8. (ja) « 官報 », Kanpō (en), no 1787, , pp. 424 (lire en ligne).
  9. 平凡社 1935.
  10. (ja) Ryōichi Hosokawa (ja), « 小笛事件と山本禾太郎 » [« L'affaire Kofue et Yamamoto Nogitarō (ja) »], 京都の女性史, Shibunkaku Shuppan (ja), , pp. 150-151 (ISBN 978-4784211234).
  11. 1 2 (ja) « 歴代市長、副市長・助役一覧 » [« Anciens maires, maires adjoints et assistants au maire »], sur Ville de Kyoto, (consulté le ).
  12. (ja) Takanori Yamamoto, « 『オール・ロマンス』糾弾闘争の政治学 », Core Ethics, vol. 2, , pp. 184-188.
  13. (ja) « 高山義三京都市長就任 », Kyoto Shimbun, .
  14. 1 2 3 4 5 (ja) dion2005s, « 通算得票数ランキング~京都市長選挙編2 », sur 社会文化研究会, (consulté le ).
  15. 1 2 3 4 5 (ja) « 「京都ニュース」の生みの親、公選2代目京都市長高山義三さん », sur Toy Film Musem, (consulté le ).
  16. 1 2 (ja) « 国立京都国際会館で協働した高山義三――PHP活動〈60〉 », sur Kōnosuke Matsushita, (consulté le ).
  17. (ja) « 概要(目的・歴代会長等) », sur Association japonaise des maires, (consulté le ).
  18. 1 2 3 4 5 Hirose 1963, p. 519.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • (ja) 平凡社, 世界大百科事典 (ja) Grande encyclopédie du monde »], Heibonsha, .
  • (ja) Hiroshi Hirose, 大衆人事録 第二十三版 西日本編 Grand registre de la société, 23e édition, série « ouest du Japon » »], 帝国秘密探偵社 (ja), .
  • (ja) 日外アソシエーツ株式会社, 新訂 政治家人名事典 明治〜昭和 Dictionnaire des personnalités politiques des ères Meiji à Shōwa, nouvelle édition »], Nichigai Associates, , 750 p. (ISBN 978-4-8169-1805-6).
  • (ja) 日外アソシエーツ株式会社, 20世紀日本人名事典 Dictionnaire biographie japonais du XXe siècle »], Nichigai Associates (ja), , 1410 p.
  • (ja) 日外アソシエーツ株式会社, 367日誕生日大事典 Grande encyclopédie biographique par anniversaire (367 jours) »], Nichigai Associates (ja), , 1030 p. (ISBN 978-4-8169-2067-7).
  • (ja) Masaaki Ueda et al., 日本人名大辞典 Dictionnaire biographique japonais »], Kōdansha, , 2304 p. (ISBN 978-4062108003).
  • (ja) Université impériale de Kyoto, 京都帝国大学一覧 自大正7年 至大正8年 Listes de l'université impériale de Kyoto, 1918-1919 »], Université impériale de Kyoto, .

Liens externes

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