Grille de Mitchell
Ronald K. Mitchell, professeur d'entrepreneuriat au Rawls College of Business de l'Université de Texas Tech (États-Unis) a proposé avec Agle et Wood en 1997 de classer les « stakeholders », ou parties prenantes dans un processus de participation ou de concertation en fonction de trois critères : le pouvoir, la légitimité et l'urgence[1],[2],[3].
Le pouvoir est la capacité (exprimée ou potentielle) d'un acteur à imposer sa volonté aux autres. La légitimité est l'appréciation, par les autres acteurs, que l'action du premier est désirable, convenable ou appropriée en fonction des systèmes de normes, valeurs, croyances et définitions socialement construits. L'urgence est le sentiment, par l'acteur lui-même, que sa propre demande est pressante ou importante.
Ces trois critères permettent de classer les parties prenantes en huit catégories d'acteurs.
Ceux qui ont les trois critères ci-dessus comme attributs sont qualifiés de « definitive stakeholders » et doivent absolument être inclus dans la concertation. L'importance de la participation de l'acteur en question décroit ensuite en fonction du nombre d'attributs possédés.
Ceux qui ont deux attributs (expectant stakeholders) sont :
- les « dépendants » (possédant l'urgence et la légitimité) ;
- les « dangereux » (possédant pouvoir et urgence) ;
- les « dominants » (possédant pouvoir et légitimité).
Ceux qui ont un seul attribut sont :
- les « dormants » (pouvoir) ;
- les « discrétionnaires » (légitimité) ;
- les « demandeurs » (urgence).
Enfin, ceux qui n'ont aucun attribut sont qualifiés de "non-stakeholders" et peuvent ne pas être inclus dans l'analyse des parties prenantes.
Notes et références
- ↑ Sirvente, Audrey (2005). La construction du consensus : mieux s'entendre pour mieux se faire entendre. Mémoire INA P-G - Cemagref sous la direction de Catherine Macombe, 74 p.
- ↑ Ronald K. Mitchell, Bradley R. Agle et Donna J. Wood, « Toward a Theory of Stakeholder Identification and Salience: Defining the Principle of Who and What Really Counts », The Academy of Management Review, vol. 22, no 4, , p. 853 (DOI 10.2307/259247, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Valérie Lehmann, L’avènement des parties prenantes contributrices aux projets, Pour des parties prenantes engagées dans les projets: Réflexions théoriques et pratiques, Presses de l'Université du Québec, (ISBN 978-2-7605-5619-5, DOI https://doi.org/10.2307/j.ctv28m3h9n.8, lire en ligne), p. 21-42
Voir aussi
Bibliographie
- Friedman, M.T. ; Mason, D.S. (2004). A Stakeholder Approach to Understanding Economic Development Decision Making: Public Subsidies for professional Sport Facilities. Economic Development Quaterly 4 (3): 236-254.
- Mitchell, R.K., Agle, B.R., Wood, D.J. (1997). Toward a theory of stakeholder identification and salience: Defining the Principle of Who or What Really Counts. Academy of Management Review, 22(4): 853-886.
- Mitchell, R.K., Agle, B.A (1997). Stakeholder identification and salience: Dialogue and operationalization. International Association for Business and Society 1997 Proceedings: 365-370, Destin Florida, March, 1997.
- ((Wood, D. J.)), ((Mitchell, R. K.)), ((Agle, B. R.)), ((Bryan, L. M.)), « Stakeholder Identification and Salience After 20 Years: Progress, Problems, and Prospects », SAGE Publications Inc, vol. 60, no 1, , p. 196–245 (ISSN 0007-6503, DOI 10.1177/0007650318816522)
Articles connexes
Liens externes
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