Guillaume de Liberge de Granchain

Guillaume de Liberge de Granchain
Biographie
Naissance
Décès
(à 61 ans)
Granchain
Nationalité
Activité
Officier de marine
Enfant
Marie-Émilie de Liberge (d)
Autres informations
Membre de
Grade militaire
Conflit
Distinction

Guillaume Jacques Constant de Liberge de Granchain (Granchain - ibidem ), aristocrate normand et officier de Marine, fut amiral de France sous l'Ancien Régime. Issu d'une famille noble originaire de Bernay, entré dans la Royale peu avant treize ans, il participa notamment à la Guerre d'Indépendance des États-Unis d'Amérique et fit office de plénipotentiaire entre les Anglais et les Américains en vue des pourparlers de paix de Yorktown. Il servit la France durant trente-cinq ans, naviguant sur vingt-et-un vaisseaux différents.

Sa famille

Quoique des Liberge fussent mentionnés en 1180 à Caen dans les grand rôles de l’Échiquier de Normandie[1], puis en 1453 en la paroisse Saint-Germain de Lisieux[2], ce qui est certain, c'est que la famille de l'Amiral était connue à Bernay dès Pierre Ier Liberge, frère servant de la charité de Notre-Dame de La Couture de Bernay en 1527 et 1528, cette dernière année avec son épouse damoiselle Perrine. Cette famille posséda dès la fin du XVIe siècle les fiefs des Prandes à Giverville et du Moulin-Noël à Bernay, usa de qualificatifs nobiliaires et exerça les charges de vicomtes de Plasnes et d’Échanfray à Notre-Dame-du-Hamel ainsi que de Montreuil et Bernay[3].

François II Liberge (ca 1612 - Granchain ), écuyer, licencié ès-lois, avocat demeurant à Bernay en 1630-1633, sénéchal de la baronnie de Bernay le [4], vicomte baillivial et juge criminel ès vicomtés de Plasnes et d’Échanfray jusqu’à 1653 au moins, frère servant en la charité de Sainte-Croix de Bernay en 1653-1654, seigneur de Granchain par acquisition autour de 1655, fut anobli par lettres patentes données en septembre 1649 par la reine-mère Anne d’Autriche (1601-1666), alors régente du jeune roi Louis XIII (1638-1715), et enregistrées en la Cour des Aides de Normandie à Rouen le [5], qui lui octroyaient pour armoiries : « de gueules, à une croix d’hermine, l’écu timbré d’un casque d’argent taré de profil, ouvert de trois grilles d'or, cimé d’un lion issant d’or lampassé de gueules, et orné de ses lambrequins d’argent doublés de gueules, ledit écu supporté par deux lions couards d'or mouvant d’une terrasse de sinople »[6].

De Marie-Magdeleine II de Hanivel de Saint-Laurent[7], qu’il épousa le à Saint-Éloi de Rouen, François II Liberge eut au moins trois enfants, lesquels renoncèrent tout d’abord à la qualité de nobles lors de la grande recherche de la noblesse commencée en 1666[8].

Aïeul de l’amiral, François-Robert Ier de Liberge, écuyer, seigneur et patron de Granchain en 1701 et 1716, épousa le en l’église paroissiale Saint-Pierre de Granchain[9] damoiselle Marie-Paule de Guiry (ca 1683 - Granchain ), dame de La Buctière aux Jonquerets-de-Livet, fille de François II de Guiry (ca 1657-1686), écuyer, sieur de La Buctière, et de son épouse Marie-Paule de Maurey (1665-1738), qui était elle-même filleule du maréchal d’Albret (1614-1676) et qu'il avait épousée en 1682 aux Jonquerets.

Enfin, fils des précédents et donc père de l'Amiral, François-Guillaume de Liberge (Granchain - Bernay ), écuyer, seigneur et patron de Granchain en 1729 et 1751, gendarme de la garde du roi Louis XV[10], épousa le 6 juillet 1740 en l’église Saint-Martin de Carentonne Marie Anne Émilie de Mauduit de Carentonne-Sémerville (Bernay 12 juin 1716 - 6 octobre 1796), sœur des capitaines de vaisseau Constant et André de Mauduit. De cette alliance naquirent sept enfants : 1°) André Ier de Liberge (1741) ; 2°) Marie Émilie Constance Victoire de Liberge (1742-1777), épouse en 1767 de Pierre-Jacques d’Abos (1741-1771), chevalier, seigneur du Plessis et patron alternatif de Grandcamp ; 3°) Guillaume Jacques Constant de Liberge (1744-1805), auquel est consacrée cet article ; 4°) Marie Robert Henri de Liberge (1745-1788), qui prit part à la défense de la Guadeloupe et est licencié de l’Armée au commencement de la Révolution ; 5°) Marie Élisabeth de Liberge (1746-...), mariée en 1781 à Jean-Jacques de Garancières (1715-...) ; 6°) André II de Liberge (1747-1790), capitaine au régiment de Vexin et chevalier de Saint-Louis ; et enfin 7°) Marie Adélaïde Adrienne de Liberge (1749-1794), dame et patronne du Val-du-Theil, mariée en 1786 à Louis-François de Vattetot (ca 1726-1786), écuyer, sieur du Boulay[11].

Armoiries de l'amiral Guillaume de Liberge de Granchain (1744-1805)

Son enfance

Guillaume Jacques Constant de Liberge de Granchain naquit le dimanche et fut baptisé le lendemain en l’église de Granchain. Il fut le filleul de messire Jacques de Liberge, écuyer, sieur de La Buctière, et de noble dame Geneviève Constance Félicité de Mauduit, épouse de messire Georges, Jacques-Adrien Le Portier, écuyer, sieur de Saint-Ouen, ancien officier des Chevau-Légers, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, de la paroisse d’Orbec. Élève doué, il subit l'influence de ses deux oncles Mauduit, officiers de marine, et dans une moindre mesure d'un vieux capitaine de vaisseau, François d'Argence, qui habitait le manoir de La Ruffaudière à Granchain ; ainsi choisit-il la Marine et entra-t-il le dans la compagnie des Gardes-Marines de Brest, n'ayant pas encore atteint l'âge de treize ans. On l'appela dès lors Granchain-Sémerville, en souvenir de ses oncles marins.

Ses premiers faits de guerre

Le , Granchain-Sémerville embarqua à bord de la frégate L'Émeraude commandée par le lieutenant Charles Léon Taillevis de Périgny (1730-1795), sur lequel il livra son premier combat naval le , contre Le Southampton. Relevé parmi les blessés des Anglais, il fut débarqué en Angleterre le . Assigné à résidence à Launceston en Cornouailles durant quatorze mois, il mit à profit sa captivité pour apprendre l'anglais, ce qui lui fut par la suite fort utile[12]. Libéré sur parole, il rejoignit la Normandie pour y exécuter la fin de sa détention. Compris dans un échange de prisonniers le , il fut finalement dégagé de sa parole d'honneur et retourna à Brest où il reprit son poste de garde-marine. Il y côtoya et se lia d'amitié avec de futurs hommes célèbres, dont Jean-François de La Pérouse et Jean-Jacques de Marguerie.

Richard Paton (1717-1791), Bataille des Cardinaux en 1759, huile sur toile, entre 1759 et 1791 National Maritime Museum de Greenwich, détail

Sa deuxième campagne de guerre eut lieu le , sur Le Sphinx, commandé par le chevalier de Coutance. Le 20 novembre suivant, il prit part à bord du même bâtiment à la Bataille des Cardinaux en baie de Quiberon, où la flotte anglaise l'eût emporté sur la flotte française, si Le Sphinx n'avait pas trouvé refuge dans l'embouchure de la Vilaine, où il demeura jusqu'à son désarmement, le . Sous-brigadier en 1760, Granchain-Sémerville embarqua le 18 mai suivant sur Le Palmier qui désarma à Brest un peu plus de trois mois plus tard, le . Le , il embarqua à Brest sur la flotte La Normande, pour l'île de Saint-Domingue, dont il ne fut de retour à Brest que le . Un an plus tard, le , il embarqua sur Le Solitaire, sous le commandement du chevalier d'Arsac de Ternay (1723-1780), afin de surveiller les Anglais à la sortie de La Manche, jusqu'au , puis sur la flotte L'Adour, du au , pour protéger les navires de commerce.

Au décès de son père, le , Guillaume de Liberge devint à son tour seigneur et patron de Granchain. Le , il reprit son service à Brest et embarqua sur la corvette La Lunette commandée par Armand-Guy-Simon de Coetnempen, comte de Kersaint, jusqu'à son désarmement le . Le 10 septembre suivant, il embarqua à nouveau sur L'Adour, en compagnie de La Pérouse, pour aller chercher du bois en Espagne. Au lendemain de leur retour, le , il embarqua sur une gabarre nommée La Dorothée, qui ne revint à Brest que le . Son oncle, Constant de Mauduit, appelé au commandement de la frégate La Blanche, lui proposa de le servir comme second ; ils appareillèrent du Havre le pour les Antilles et ne furent de retour à Brest que le .

Sa première mission scientifique sur La Flore

Pierre Ozanne (1737-1813), Femme à Patreksfjörður (Islande), dessin, 1772.png

Devenu membre correspondant de l'Académie royale de marine le , Granchain-Sémerville prit bientôt part à l'expédition scientifique organisée par l'Académie des Sciences. Il embarqua comme astronome-géographe adjoint sur une frégate de vingt-huit canons, La Flore dite Américaine, sous le commandement de Jean-René de Verdun, marquis de La Crenne (1741-1805). Cette expédition avait pour but de tester différentes méthodes et de nouveaux instruments, en particulier des chronomètres, destinés à améliorer la mesure des longitudes et des latitudes en mer. Le scientifique Jean-Charles de Borda (1733-1799), officier en second, l'astronome et chanoine Alexandre Guy Pingré (1711-1796), et le dessinateur de Marine Pierre Ozanne (1737-1813), furent du voyage. Partie de Brest le , La Flore fit escale à Cadix, Madère, Tenerife, Gorée, Praia, Fort-de-France, Saint-Pierre, Roseau, Basse-Terre, Saint John's, Montserrat, Barbade, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Eustache, Saba, Saint Barthélemy, Saint-Martin, Anguilla, Saint-Domingue, Acklins, Les Bermudes, Terre-Neuve, Saint-Pierre-et-Miquelon, Patrixfjord et Sudroë. Le , La Flore atteignit les côtes norvégiennes, franchit le Cattégat pour mouiller à Elseneur puis à Copenhague. Après avoir exploré la Baltique, La Flore visita la mer du Nord, les Shetland, et enfin les côtes écossaises et anglaises, avant de rejoindre Dunkerque le et de terminer son périple à Brest le . À son bord, les horloges de Ferdinand Berthoud avaient résisté au voyage et conservé l'isochronisme avec celles restées à Brest pendant quatorze mois, avec un décalage de quatre ou cinq secondes seulement. Cette mission s'étant avérée un succès, avant même de faire l'objet d'une publication détaillée en deux volumes en 1778[13], elle valut à Granchain-Sémerville de recevoir du roi Louis XV un sextant de fabrication anglaise[13].

Encore simple brigadier en 1775, Granchain se montra admiratif devant la réforme que le roi Louis XVI confia à son nouveau secrétaire d'État à la Marine en 1777, si bien qu'il écrivit à cet égard : « Sartine a repris l'œuvre de Richelieu et de Colbert avec la plus grande ardeur et surtout la plus rare intelligence ».[14]

La Guerre d'Indépendance des États-unis

Préparé par sa captivité en terre anglophone et par son expérience diversifiée d'officier de Marine, le chef de brigade de Granchain-Sémerville prit part à la Guerre d'indépendance des États-Unis de 1778 à 1781. Ainsi participa-t-il à la bataille d'Ouessant le et servit-il sur L’Annibal, en l’escadre du général-comte d’Orvilliers, en 1778-1779, puis sur Le Saint-Esprit et Le Duc de Bourgogne, en 1780.

Le 17 mai 1779, récemment promu lieutenant de vaisseau, Granchain écrivit de Brest à son ami Pierre François Marie du Bourblanc d'Apreville (1742-1826), garde-marine breton : « L'infériorité de nos forces est telle que je ne puis croire que le ministère ait réellement le projet de continuer la guerre avec de pareils moyens, et j'en tire un argument pour notre jonction avec l'Espagne. [...] Je ne sais pourquoi tu te rends le champion de M. d'Estaing : tu regardes comme un simple défaut de jugement de n'avoir pas attaqué l'escadre anglaise dans l'anse où elle était mouillée, et tout le monde ici le regarde comme une lâcheté. [...] Tout est perdu pour nous dans l'Inde, à l'exception de l'Ile-de-France, de laquelle encore je ne répondrais pas dans quatre mois d'ici. »[15] Cette union avec l'Espagne allait se concrétiser lorsqu'il lui écrivit nouveau, étant en rade à La Corogne le 5 juillet 1779 : « On regarde ici comme certain que les Espagnols vont attaquer Gibraltar ; probablement même le siège est déjà commencé. Il paraît que les vingt vaisseaux qui restent à Cadix seront employés à cette expédition. Dieu veuille qu'elle réussisse ! Ce Gibraltar est un morceau de dure digestion. »[15] De retour à Brest le 19 septembre 1779, il affirmait : « Tu es informé, depuis plusieurs jours, mon cher Bourblanc, de la rentrée de notre armée navale et du fâcheux état dans lequel se trouve la plus grande partie de nos vaisseaux. [...] Si [notre campagne] n'a pas eu un succès plus complet, il faut l'attribuer à la jonction tardive des Espagnols, à la maladie qui s'est mise dans l'armée, au défaut d'approvisionnements et de secours de toute espèce, et enfin à la contrariété des vents, qui nous ont repoussés hors de la Manche... »[15] Encore à Brest le 13 janvier 1780, il lui écrivait qu'il allait encore lui falloir remplacer le lieutenant en pied du Saint-Esprit jusqu'à l'hiver suivant : « Il n'y a plus à espérer pour moi de place de major d'escadre dans l'Inde. [...] Nos affaires prennent encore une plus mauvaise tournure en Amérique que celle de nos alliés à Gibraltar. »[15]

Toujours lieutenant de vaisseau mais nommé major général de l’escadre du chevalier de Ternay[16], Granchain-Sémerville écrivit depuis Brest à son ami Bourblanc le 20 mars 1780 : « Dans les derniers jours de janvier, j'obtins, contre mon espérance, la permission d'aller vaquer à mes affaires pendant quelque temps. À peine étais-je rendu chez moi, qu'une lettre de M. de Ternay m'annonça sa nouvelle destination et me rappela au département pour le 1er mars. Ce général m'accorda ensuite une prolongation jusqu'au 12, et, depuis cette époque, je suis de retour ici, où je m'occupe à corriger et à faire imprimer les signaux que j'avais faits l'année dernière pour l'escadre de l'Inde.Notre escadre, jusqu'ici, n'est composée que de six vaisseaux. J'ignore absolument quelle est sa destination, et je ne sais pas même exactement le nombre de bâtiments de transport que nous devons avoir sous notre escorte, ni la quantité de troupes que nous devons passer. Je soupçonne qu'il y a eu quelques changements dans le plan primitif de l'expédition... »[15] Le 5 mai 1780, c'est à bord du Duc de Bourgogne qu'il lui écrivit : « Notre escadre est composée de sept vaisseaux de ligne et de deux frégates, lesquels sont accompagnés d'environ trente-cinq bâtiments de transport. Tout cela porte les régiments de Soissonnais, Bourbonnais, Saintonge, Royal-Deux-Ponts, et cinq cents hommes des volontaires de Lauzun. [...] tu entends souvent vanter la capacité et les belles actions des officiers auxiliaires. Je croyais que cet absurde enthousiasme n'existait que dans les villes de commerce. Au surplus, tu peux répondre aux partisans aveugles des auxiliaires, que pas une des actions éclatantes de la guerre n'a été faite par eux, et que même, dans le petit nombre des petits bâtiments qu'ils commandent, il n'y en a pas eu encore un seul qui se soit battu sérieusement. Personne ne sait mieux que moi ce dont ils sont capables quand ils sont employés en chef : j'en ai trente-cinq à conduire, qui me font donner au diable vingt fois par jour. »[15]

Bataille navale de la Chesapeake, le 3 septembre 1781
Auguste Couder (1789–1873), Siège de Yorktown, huile sur toile, 1836

Depuis Newport, le 20 octobre 1780, après avoir écrit au même correspondant qu'il craignait bien de devoir passer tout l'hiver « à geler dans les neiges de Rhode-Island », il ajoutait : « La haute supériorité des Anglais a tenu jusqu'ici notre escadre et notre armée dans l'inaction la plus parfaite. » Il confessait en outre à son ami avoir peine à suffire aux tâches de l'intendance-générale de l'escadre de Ternay : « Il faut que je pourvoie à tous les besoins de l'escadre. Je suis continuellement obsédé par les marchands et les entrepreneurs. Il faut que je traite presque au même instant avec l'un pour dix mille quintaux de farine, et avec l'autre pour dix livres de fil. J'ai quelquefois deux ou trois cents ouvriers à surveiller car ici il faut tout faire faire. Actuellement, je suis occupé à bâtir des fours. Je ne sais comment je me tirerai de la comptabilité immense dont je me trouve chargé. J'ai déjà prévenu le ministre qu'il ne doit pas s'attendre qu'un administrateur militaire sans expérience, sans instructions, et sans sous-ordres, ait satisfait rigoureusement à toutes les formes. J'ai cependant soin de constater toutes les dépenses, ou par des reçus, ou par des états visés du général. Tu serais étonné de voir avec quelle facilité j'expédie une affaire de cinquante mille écus, et combien ma signature a de valeur à la bourse dans les villes commerçantes d'Amérique. »[15]

Sous les ordres des successeurs de Ternay, le chevalier des Touches (1727-1793) et le comte de Barras (1729-1792), Granchain fut l’un des principaux inspirateurs du plan de campagne qui assura le succès aux Alliés lors du combat livré le 16 mars 1781 près de l'embouchure de la Baie de la Chesapeake, et, partant, la capitulation de Yorktown et l'Indépendance des États-Unis. Le vice-amiral Jules Cavelier de Cuverville (1837-1912) écrivit à cet égard: « La concordance des mouvements des flottes et de l'armée avait été admirable ; à qui était-elle due ? Qui avait préparé les ordres et les mouvements ? C'était un officier de Marine dont le nom est trop peu connu : Liberge de Granchain, major général de l’escadre du chevalier de Ternay qui avait transporté à Newport le corps d’armée de Rochambeau ; il avait été, nous l’avons dit, l’un des inspirateurs du plan de campagne. Après la mort de son chef, [...] Granchain avait conservé ses fonctions auprès du chevalier des Touches, et c’est à lui que l’on dut, en grande partie, le succès du combat livré devant la Chesapeake le 16 mars 1781, succès qui abattit l’arrogance anglaise et assura sur mer l’indépendance de nos armes en préparant le succès final. Le major général de l’escadre n’était encore que lieutenant de vaisseau ; mais son mérite était connu de Washington, qui l’avait associé à tous les secrets de la campagne, et ses services éminents, tardivement récompensés par le grade de capitaine de vaisseau, lui valurent du moins le grand honneur de figurer parmi les trois commissaires désignés pour dresser les articles de la capitulation de l’armée de [Lord] Cornwallis. »[17] En effet, le , lors des pourparlers de Yorktown, il remplaça le comte Jacques-Melchior de Barras (1719-1793) et œuvra aux traductions entre John Laurens, qui représentait George Washington (1732-1799), et le vicomte de Noailles (1756-1804), qui représentait le comte de Rochambeau (1725-1807)[18]. Barras écrit lui-même à son propos : « Il est infiniment au-dessus des éloges que je pourrais vous en faire. Le service du Roi gagnera à le faire capitaine »[19].

Actif à la prise de Saint-Christophe, Granchain-Sémerville était alors major général de l'escadre rassemblée à Cadix en 1782 pour faire plier Londres en menaçant la Jamaïque. Il fut nommé chevalier de l'ordre de Saint Louis et membre de la société de Cincinnatus (USA) en 1778.

Sa carrière en France

Vue sur l'île de Granchain (depuis Saint Lunaire)
Plan à main levée de la Baie de Saint-Lunaire à Terre-Neuve dressé en 1784 par Granchain-Sémerville

Le 1er octobre 1782, n’ayant pu rendre ses comptes parce que le Roi s’était absenté de Versailles mais sachant qu’il allait enfin être promu au grade de capitaine de vaisseau à cause de son ancienneté, Granchain-Sémerville annonçait à Bourblanc : « Sur ces entrefaites, le ministre a eu d’autres vues sur moi, et je suis destiné actuellement à aller au Havre examiner et arrêter, de concert avec plusieurs ingénieurs, un plan d’agrandissement que l’on propose pour ce port. »[15] Dans un bref mémoire qu'il rédigea le 18 novembre suivant à Paris, il expliqua les raisons pour lesquelles le plan d'agrandissement du port du Havre de Jean-Baptiste Degaulle (1732-1810), ingénieur de la Marine, était préférable à celui de Dubois, ingénieur des Ponts-et-Chaussées[20]. Entre temps, le 13 novembre 1782, il avait été nommé, sous le nom de « comte de Granchain », membre honoraire étranger de l'American Academy of Arts and Sciences[21].

Lorsque Granchain put enfin rendre ses comptes d'Amérique en décembre 1782, le marquis de Castries l'envoya à Cadix, pour qu'il fût major général de l’escadre franco-espagnole de l’amiral d’Estaing. Mais, la place étant déjà pourvue, on ne donna à Granchain que le rôle d'intendant de l'escadre. Le 11 février 1783, depuis Cadix, il écrivit à Bourblanc : « À ce titre, je serai probablement obligé de rester ici après l’escadre, pour faire partir tous les bâtiments de transport et arrêter les comptes du consul. Je serai bien heureux si je puis être quitte de tout cela à la fin de mars, et, après cela, j’aurai encore pour cinq ou six semaines d’une route pénible et ennuyeuse. J’en suis d’autant plus fâché que j’ai de grands projets de bâtir cette année, et qu’ainsi je n’arriverai probablement pas pour voir commencer l’ouvrage. »[15] Enfin autorisé à retourner en France début mai, Granchain-Sémerville écrivit le 4 août à son fidèle Bourblanc, depuis Granchain : « J’ai trouvé ici des piles de matériaux de toute espèce, rassemblés pour édifier un petit castel sur ma terre, et, malgré la saison avancée, je ne puis me dispenser de mettre la main à l’œuvre tout de suite, sans quoi je courrais risque de perdre une grande partie des matériaux, tels que la chaux, le bois, la pierre blanche etc. On doit commencer cette semaine à creuser les fondements, et tu juges bien qu’il m’est impossible de songer à m’absenter dans cette circonstance. Lorsque ma petite gentilhommière sera achevée, je pourrai procurer chez moi plus de commodités à mes amis que n’en offre le toit chancelant que j’habite aujourd’hui. »[15] Selon une tradition rapportée par La Varende, le capitaine de Granchain avait lui-même imaginé et dessiné, entre ses voyages, les plans de l'élégante et sobre demeure, « de couleur délicate, ochracée et rose. » C'est seulement le 25 septembre 1783 que fut posée la première pierre du nouveau château de Granchain[22], qui allait être édifié dans le style Louis XVI par l'architecte bernayen Jacques Fresnel (1755-1803)[23].

Pendant ce temps, le 3 septembre 1783, avait signé le Traité de Versailles qui mit un terme à la Guerre d'Indépendance des États-Unis. Le 21 janvier 1784, logé rue de Boulois à Paris, Granchain écrivit à Bourblanc : « Je suis ici depuis près de quinze jours, mon ami, et j’ai passé la plus grande partie de mon temps à Versailles pour terminer et signer mes comptes d’Amérique ; enfin, c’est une affaire finie. […] J’aurais bien désiré voir lancer quelque globe aérostatique pendant mon séjour à Paris ; mais il fait si froid, dans notre basse région, que messieurs les navigateurs aériens n’osent pas s’aventurer dans celle où se forment les neiges, de peur d’y être glacés. »[15]

N'ayant pas disposé du temps qu'il aurait souhaité pour superviser les travaux de construction de son château, Granchain reçut le 10 mars 1784 l'ordre de regagner Brest pour y prendre le commandement de la frégate La Nymphe. C'est donc de Brest qu'il écrivit le 12 avril à Bourblanc : « Je suis ici depuis quelques jours, mon cher ami, occupé de l’armement de la frégate la Nymphe, de quarante canons, dont j’ai le commandement. Ma frégate est incomparablement la plus belle du port. Elle porte vingt-huit canons de dix-huit en batterie. […] Il paraît que ma destination est pour les îles Saint-Pierre et Miquelon. Il me vient des capitaines terre-neuviers de Granville et de Bayonne. J’ignore si, dans ma mission, il entre quelque chose de plus qu’une simple station pour la protection de la pêche. »[15] Et, en effet, sa mission consista non seulement à négocier avec le vice-amiral John Campbell, gouverneur de Terre-Neuve, le rétablissement des droits des pêcheurs français au large de cette île, mais encore à vérifier les observations astronomiques réalisées en 1750-51 par le marquis de Chabert (1724-1805), et les mesures hydrographiques réalisées en 1766 par James Cook (1728-1779) et son assistant Michael Lane (1740-1794). Pour ce faire, Granchain bénéficia de l'aide du jeune Lieudé de Sepmanville, qui serait plus tard baron d'Empire, contre-amiral et maire d'Évreux[8]. Après qu'il eût validé les observations et mesures de Cook et Lane, Granchain traduisit de l'anglais un recueil de divers mémoires intitulé Sailing directions of the North-American Pilote, dont les extraits furent rapidement publiés sous le titre Instructions nautiques relatives aux cartes et plans du pilote de Terre-Neuve[24]. Notre savant-géographe ayant été le premier navigateur connu à entrer dans la Baie de Saint-Lunaire à Terre-Neuve, il en réalisa une carte à main levée et imposa son propre nom d'une part à l'Île de Granchain, que les locaux appellent aujourd'hui "French Beach", et d'autre part à deux caps situés au nord-ouest et au nord-est de la baie (Pointe-de-Granchain et Cap Constant)[8]. Il nomma également l'Île de Carentonne, du nom du fief de sa mère et de son épouse, ainsi que les Îles Élisabeth, Émilie et Adélaide, du nom de ses trois sœurs[12].

De Terre-Neuve, où Granchain se trouvait, le marquis de Castries (1727-1801), toujours secrétaire d'État à la Marine, lui ordonna par une missive du 31 mai 1784 de se rendre à Boston pour y attendre le marquis de La Fayette (1757-1834), lequel arriva le 4 août à New-York, sur l'invitation de George Washington (1732-1799). Une fois achevée sa mission à Terre-Neuve, Granchain fit voile le 18 septembre et débarqua le 4 octobre dans le port de Boston[8]. C'est ainsi qu'il eut l'honneur d'accompagner La Fayette dans sa tournée triomphale, non seulement à la célèbre plantation de Mount Vernon, mais encore en biens d'autres lieux. Enfin, le 23 décembre 1784, les New-Yorkais firent leurs adieux aux deux officiers en criant : « La Fayette for ever ! Granchain for ever ! », et La Nymphe débarquait à Brest le 21 janvier suivant. Le comte de Barras annonça alors à Granchain que le Congrès américain l'avait fait membre de la Société des Cincinnati le 16 février 1784[8].

Commandant l'Escadre de Brest en 1786, le capitaine de Granchain fut sous-secrétaire de l'Académie royale de Marine en 1778[25].

Son parcours pendant la Révolution française

Quand éclata la Révolution française, Guillaume de Liberge était seigneur et patron de Granchain depuis vingt-trois ans, et capitaine de vaisseau depuis sept ans. Il fit partie des gentilshommes du bailliage secondaire de Beaumont-le-Roger qui comparurent à l'Assemblée Générale de l'ordre de la noblesse du grand bailliage d'Évreux qui se tint le en la Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, pour l'élection des députés aux États généraux de 1789[26].

Directeur des Ports et Arsenaux de France de novembre 1790 à décembre 1791, il fut élu le 5 ventôse an IV ou 24 février 1796 associé non résidant de la deuxième classe (Sciences morales et politiques) de l’Institut National des Arts, des Sciences et des Lettres, dans la section Géographie et statistique. En 1797, il intégra une commission chargée d'étudier un projet de descente en Angleterre. La Classe des sciences morales ayant été supprimée le 3 pluviôse an XI, un arrêté du 8 pluviôse an XI ou 28 janvier 1803 répartit les membres de l’Institut entre quatre classes : sciences physiques et mathématiques, langue et littérature françaises, histoire et littérature ancienne et Beaux-Arts. Granchain fut alors nommé membre correspondant de première classe (sciences physiques et mathématiques).

Le château de Granchain

Atteint de goutte et demeuré aveugle après une mauvaise opération de la cataracte, l'Amiral de Granchain mourut le 30 prairial an XIII, « dans les sentiments de la foi chrétienne la plus vive, au milieu des larmes des siens, laissant sur la terre la réputation d'un homme de bien [...], sans autre ambition que celle de servir la France »[27], en son château de Granchain. Il fut plus tard inhumé sous un mausolée encore visible au cimetière de Granchain.

Postérité

La carrière de l'Amiral de Granchain est évoquée sur la plaque de marbre apposée sur le mur nord du château éponyme :

« 

A la mémoire de
Guillaume Jacques Constant
De Liberge de Granchain
Capitaine des vaisseaux du Roi
Membre de l'Institut
Chevalier des ordres
De St Louis et de Cincinatus
Né à Granchain le 9 février 1744
Combat de l'Emeraude
12 septembre 1757
Bataille d'Ouessant
27 juillet 1778
Bataille de la Chesapeak
16 mars 1787
Expédition de Terre-Neuve
Septembre 1784

 »

Au total, Granchain-Sémerville servit la France durant trente-cinq ans, naviguant sur vingt-et-un vaisseaux différents, prenant part à seize campagnes en mer (dont sept en temps de guerre) et participant à six combats navals. Il laissa la réputation d'un homme d'une brillante intelligence, d'une grande droiture et toujours estimé de ceux qui l'entouraient, marins ou paysans. C'est un grand nom du panthéon français du siècle des Lumières.

Granchain-Sémerville épousa le au château de Sémerville sa cousine germaine Marie Françoise Amélie de Mauduit de Carentonne-Sémerville (Le Havre - Granchain ). Une fois veuve, celle que les villageois surnommaient « la bienfaitrice du pays d'Ouche », tomba malade, tant et si bien que l'on crut qu'elle avait rendu le dernier soupir en 1807. Trois jours après que le glas funèbre eût été sonné en l'église voisine, « la morte [...] fit un profond soupir et l'air vital pénétra dans sa poitrine. En sortant de sa léthargie comme d'un long rêve, voyant tout le monde en larmes autour de sa couche : "Ne pleurez plus, mes enfants, dit-elle, votre mère est vivante". »[28] Lors de l'été 1812, infirme mais consciente, elle mit à profit les derniers mois de son existence en soulageant la famine des victimes de la crise générée par la sous-production agricole[29].

De la seconde alliance entre les Liberge de Granchain et les Mauduit de Carentonne-Sémerville naquirent huit enfants, dont seulement quatre filles survécurent à leur père: 1°) Marie Émilie (Granchain 1786 - Lisieux 1870), mariée le 27 mai 1805 à Granchain à Joseph-François de Bellemare (Lisieux 1773 - ibidem 1858), chevalier de Saint-Louis, maire de Lisieux, conseiller général, député du Calvados du 6 mars 1824 au 31 mai 1831, nommé pair de France le 11 septembre 1835 par le roi Louis-Philippe; 2°) Victorine (Granchain 1787 - ibidem 1844), mariée les 24 et 25 juillet 1809 à Léonor, Stanislas Deshais, baron de Forval (Notre-Dame-de-Courson 1777 - Granchain 1860), demeurant aux Moutiers-Hubert, maire de Granchain; 3°) Constant (Granchain 1789 - 1794); 4°) Clémence' (Granchain 1790 - ibidem 1792); 5°) Marie Blanche (Rouen 1794 - Grand-Camp 1868), mariée le 14 octobre 1813 à Granchain à Charles IV Anne François Victor de Margeot de Saint-Ouen (Orbec 1781 - Contrexéville 1854), maire de Grand-Camp de 1813 à 1854, et conseiller général de l’Eure en 1827; 6°) Amédée (Granchain 1796  - ibidem 1796); 7°) Claire Marguerite (Granchain 1799 - Grand-Camp 1819), mariée le 27 juin 1818 à Grand-Camp à Maurice, Paul Ier, Joseph, Victor de Margeot (Orbec 1782 - ap. 1864), chevalier de Saint Louis et de la Légion d’honneur, lieutenant de vaisseau du Roi en activité à Brest en 1818, capitaine de frégate, survivant de la célèbre débâcle de Trafalgar; 8°) Eugène Désiré (Granchain 1801 - - ibidem 1801)[30].

Toutes les archives de l'amiral ont été remises par ses descendants au Musée de la marine. Un fonds Liberge de Granchain est aussi conservé aux archives nationales sous la côte 764 AP.

Notes et références

  1. Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, 2e série, 5e volume, tome XVe de la collection (année 1846), Paris : Derache ; Caen : Hardel, et Rouen : Le Brument, 1846, p. 17.
  2. Cf. Thomas Basin (1412-1490), évêque et comte de Lisieux (1447-1474), Histoire des règnes de Charles VII et de Louis XI, tome IVe, Jules-Étienne Quicherat (pub.), Paris : J. Renouard, 1859, p. 206.
  3. Louis-Étienne Charpillon (1817-1894) et l’abbé Anatole Caresme (1815-1876), Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, tome ier (1868), 960 p., p. 307
  4. Louis-Étienne Charpillon (1817-1894) et l’abbé Anatole Caresme (1815-1876), Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, tome 1 (1868), 960 p., p. 324
  5. Registre mémorial 34, folio 219.
  6. Cte Gérard d’Arundel de Condé (1938-2010), Dictionnaire des Anoblis normands (1600-1790), Rouen, chez l’auteur, , 319 p., p. 96
  7. Claude Michaud, L’Église et l’Argent sous l’Ancien Régime : les receveurs généraux du clergé de France aux XVIe- XVIIe siècles, Paris, Fayard,
  8. 1 2 3 4 5 Abbé Adolphe de Bouclon (1813-1882), curé de Sacquenville, Étude historique sur la marine de Louis XVI. Liberge de Granchain, capitaine des vaisseaux du roi, major d’escadre, directeur général des ports et arsenaux…, Évreux : Auguste Hérissey, 1866, p. 441-443.
  9. Les consentements sont reçus par Pierre de Liberge, prêtre, curé de Moyaux.
  10. L'état des officiers du Roi tués, blessés ou prisonniers à la bataille de Todenhaufen (1er août 1759) publié en page 435 du recueil des Gazettes de France fait état d'un Granchain blessé au visage au sein du régiment de Vastan
  11. Registres paroissiaux de Saint-Pierre de Granchain, microfilms 8 Mi 2051 (1646-1719) et 8 Mi 2052 (1720-1792), Archives départementales de l'Eure, Évreux.
  12. 1 2 (en) Richard Neill, « What's in a name? A toponymic study of St.Lunaire Bay, Newfoundland », Newfoundland Quarterly Magazine, vol. Volume 97, no 1 (Printemps 2004), , p. 43 (lire en ligne)
  13. 1 2 Jean-René de Verdun de La Crenne (1741-1805), Jean-Charles de Borda (1733-1799) et le chanoine Alexandre-Guy Pingré (1711-1796), Voyage fait par ordre du Roi en 1771 et 1772 en diverses parties de l'Europe, de l'Afrique et de l'Amérique pour vérifier l'utilité de plusieurs méthodes & instruments, servant à déterminer la latitude et la longitude, tant du vaisseau que des côtes, isles et écueils qu'on reconnoît, suivi de Recherches pour rectifier les cartes hydrographiques, Paris, Imprimerie Royale, , 389 (tome 1) (lire en ligne), p. 21 et 24
  14. memoiredudauphin1795, « Louis XVI, le Roi-Marin », sur La Mémoire du Dauphin, (consulté le )
  15. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Christophe-Paulin de La Poix, chevalier de Fréminville (1787-1848), « Mémoires pour servir à l'Histoire de la Marine française depuis 1775 jusqu'à 1785, avec des détails inédits sur la Guerre de l'Indépendance. Correspondance de M. le Comte de Granchain, capitaine de vaisseau, membre de l'Académie de Marine, avec M. du Bourblanc d'Apreville, mise en ordre et annotée par M. le Cher de Fréminville », Revue Bretonne, vol. 1ère année, no tome 2e, , p. 268
  16. Jacques de Trentinian, La France au secours de l'Amérique. Autopsie de l'expédition particulière du comte de Rochambeau et du chevalier de Ternay (mars-décembre 1780), Paris, SPM, , 348 p. (ISBN 978-2-917232-50-7), p. 28
  17. Jules Cavelier de Cuverville (1837-1912), « La France et l'Indépendance des États-Unis. Le rôle de la Marine française », Armée et Marine, vol. 4e année, no 23, , p. 405-406 (lire en ligne)
  18. Jacques de Trentinian (1930-2017), « Yorktown : La Capture des redoutes », sur cincinnatidefrance.fr
  19. Vte Christian de Taffanel de La Jonquière (1912-1992), Les Marins français sous Louis xvi. Guerre d’indépendance américaine, Issy-les-Moulineaux, Muller, , 294 p., p. 124
  20. Abbé Albert Anthiaume (1855-1931), Évolution et Enseignement de la science nautique en France, et principalement chez les Normands, Paris, Librairie Ernest Dumont, , 447 p. (Tome Ier http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31724164m), p. 322-323 et 444-445
  21. (en) American Academy of Arts and Sciences, Memoirs of the American Academy of Arts and Sciences, Cambridge, John Wilson and son, volume 11 (1882), 524 p. (lire en ligne), p. 55
  22. 764AP/9, Archives Nationales de France, Pierrefitte-sur-Seine
  23. Frank Beaumont et Philippe Seydoux, Gentilhommières des pays de l’Eure, Paris, Éditions de La Morande, , 466 p., p. 314
  24. Guillaume de Liberge de Granchain (1744-1805), Instructions nautiques relatives aux cartes et plans du Pilote de Terre-Neuve, publié par le Dépôt général des Cartes, Plans et Journaux de la Marine en 1784... Extraites du Recueil de divers mémoires anglais intitulé : Sailing Directions for the North american Pilote, Paris, Imprimerie Royale, , 232 p. (lire en ligne)
  25. Académie de Marine, « Bureau de l'Académie de Marine »
  26. Louis de La Roque et Édouard de Barthélemy, Catalogue des gentilshommes de Normandie qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux assemblées de la noblesse pour l’élection des députés aux États-Généraux de 1789, Ire livraison, Paris : E. Dentu et Auguste Aubry, 1864, p. 85.
  27. Abbé Adolphe de Bouclon (1813-1882), curé de Sacquenville, Étude historique sur la marine de Louis XVI. Liberge de Granchain, capitaine des vaisseaux du roi, major d’escadre, directeur général des ports et arsenaux…, Évreux, Imprimerie Auguste Hérissey, , 563 p., p. 547-549
  28. Abbé Adolphe de Bouclon (1813-1882), curé de Sacquenville, Étude historique sur la marine de Louis XVI. Liberge de Granchain, capitaine des vaisseaux du roi, major d’escadre, directeur général des ports et arsenaux..., Évreux, Imprimerie Auguste Hérissey, , 563 p., p. 550
  29. Catherine Rollet, « L'Effet des crises économiques du début du XIXe siècle sur la population », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. tome 17, no 3 (juillet-septembre 1970) La France à l'époque napoléonienne, , p. 394-395 (lire en ligne Accès libre)
  30. Abbé Adolphe de Bouclon (1813-1882), curé de Sacquenville, Étude historique sur la marine de Louis XVI. Liberge de Granchain, capitaine des vaisseaux du roi, major d’escadre, directeur général des ports et arsenaux…, Évreux, Auguste Hérissey, , 564 p. (lire en ligne), p. 554-558

Annexes

Bibliographie

  • Abbé Adolphe de Bouclon (1813-1882), Étude historique sur la marine de Louis XVI. Liberge de Granchain, capitaine des vaisseaux du roi, Évreux : Auguste Hérissey, 1866 (ouvrage fouillé mais donnant une généalogie largement erronée des Liberge, d'après un mémoire domestique complaisant fourni par les Deshais, barons de Forval, et depuis conservé aux archives départementales du Calvados).
  • Pierre Cinquabre (1908-1993), « Guillaume Liberge, seigneur et châtelain de Granchain, capitaine des vaisseaux du roi (1774 - 1805) », Châteaux et châtelains en Normandie, Cahiers Léopold Delisle TX.L-1991, Limeil-Brévannes, Société parisienne d'histoire et d'archéologie normande, 1994.
  • Bernard Lizot (1936-2024), « Le château de Granchain », in Connaissance de l'Eure, no 147.
  • Biographie de Liberge de Granchain, in Rouen lecture, no 117.

Articles connexes

Liens externes

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