Hélène Sée

Hélène Sée
Fonction
Directrice de publication
La Tribune parlementaire (d)
-
Lucien Wolf (d)
Biographie
Naissance

Rue des Trois-Rois (d) (Mulhouse)
Décès
Nom de naissance
Hélène Barbe Wolf
Pseudonyme
Hélène Sée
Nationalité
Domicile
Activité
Rédactrice à
Fratrie
Lucien Wolf (d) (frère)
Conjoint
Paul Caboche (d) ()
Autres informations
Membre de
Distinctions

Hélène Caboche, dite Sée, née Wolf le à Mulhouse et morte le à Paris 1er, est une journaliste française.

Elle est considérée comme la première femme journaliste politique française[1],[a].

Biographie

Fille d’un marchand de vin mulhousien, elle est, sous le nom de jeune fille de sa mère, Henriette Sée, rédactrice parlementaire pour le quotidien entièrement conçu et dirigé par des femmes[2], la Fronde[3], sous la direction de Marguerite Durand et Séverine[4]. Soucieuse s’assurer à son quotidien la parité avec ses homologues dans l’accès aux sources d’information, Durand, pour qui la politique est aussi l’affaire des femmes, a fait cesser l’usage interdisant aux femmes de pénétrer dans l’enceinte du palais Bourbon. Cette avancée lui a permis de rencontrer les députés dans le « salon de la Paix » de la Chambre et d’être la première femme à intégrer les rangs de la presse parlementaire[5].

Première femme à pouvoir assister aux débats parlementaires[6], elle rend compte régulièrement des travaux des députés, pour la Fronde[5], ce qui lui a parfois valu d’être dénigrée par ses confrères[b]. Elle recevra néanmoins les palmes académiques en 1899[8], puis la rosette d’officier de l’Instruction publique, par approbation unanime, en 1904[9]. Pendant l’affaire Dreyfus, elle est, comme sa rédaction, dreyfusarde[10], et lutte en faveur la révision du procès[11]. Elle sera également du « banquet de la liberté de la presse », donné à l’Hôtel Continental pour fêter l’acquittement d’Urbain Gohier, poursuivi pour son pamphlet antimilitariste l’Armée contre la Nation[12].

La Fonde disparue, en 1905, elle continue ses activités au quotidien de gauche anticlérical l’Action[13] et au Rappel, média radical-républicain d’Henry Bérenger et Victor Charbonnel, où officie son frère Lucien Wolf[14]. À ce titre, elle fait partie de la délégation des journalistes français accompagnant le président Loubet en visite d’État à Rome en 1904[15].

À la mort, en novembre 1918, de son frère, directeur de la Tribune parlementaire[16], à laquelle collaboraient, entre autres, Lazare Weiller, Henri Michel, Gustave Rouanet, Georges Reynald, Lucien Cornet, Paul Degouy, Charles Bomard[17], elle en reprend la direction[18].

Ayant épousé le Dr Paul Caboche, le à Paris 8e, elle s’est éteinte au domicile conjugal. Elle avait été, avec Marguerite Durand, au nombre des deux premières femmes à être admises, le , dans l’Association des journalistes républicains[19].

Publications partielles

Distinctions

Notes et références

Notes

  1. Ses actes de mariage et de décès la mentionnent néanmoins comme « sans profession ».
  2. « Parmi les noms figurant au dossier transmis à la Chancellerie de la Légion d’honneur se trouvaient ceux de Mlle Hélène Sée et de M. Israël. Mlle Hélène Sée n’est pas une consœur bien laborieuse ; mais elle rend parfois de certains services. Et si à la Chambre on la voit peu à la Tribune de la Presse, en revanche elle fait chaque jour sa partie avec quelques-uns de ses confrères[7]. »

Références

  1. « Hélène Sée », sur senat.fr (consulté le ).
  2. (es) Carmen Quereguän, El derecho de las mujeres en la Union Europea : vision històrica y textos legales vigentes, (lire en ligne).
  3. Mathilde Larrère (ill. F. Sochard), « Une fronde de papier », dans Guns and roses : les objets des luttes féministes, Paris, Éditions du Détour, , 224 p., illustr. ; in-8º (ISBN 9782493229045, OCLC 1348851843, lire en ligne), p. 42-61.
  4. Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard, Féminisme et syndicalisme en France, Paris, Anthropos, , 326 p., ill., couv. ill. ; in-8º (ISBN 9782715703100, OCLC 4967341, lire en ligne sur Gallica), p. 62.
  5. 1 2 Jean-Louis Debré, Ces femmes qui ont réveillé la France, Paris, Fayard, , 382 p. (ISBN 978-2-21367-566-4, OCLC 1476300027, lire en ligne), p. 159.
  6. Annie Dizier-Metz, La Bibliothèque Marguerite-Durand : Histoire d’une femme, mémoire des femmes, Paris, Bibliothèque Marguerite Durand, coll. « Bibliothèque Marguerite Durand », , 83 p., ill. (ISBN 978-2-90686-938-7, OCLC 1050067326, lire en ligne), p. 22.
  7. « Parmi les noms… », L’Assiette au beurre, Paris, no 565, , p. 7 (ISSN 2021-0558, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  8. « Les Palmes académiques », Le Rappel, Paris, no 10581, , p. 2 (ISSN 1257-5917, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  9. « Nouvelles féministes », La Fronde, Paris, vol. 8, no 2099, , p. 1 (ISSN 1256-0138, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  10. Emmanuel Naquet, « Aux origines de la Ligue des Droits de l’Homme : affaire Dreyfus et intellectuels », Bulletin du Centre d’histoire de la France contemporaine, Paris, no 11, , p. 61-81 (ISSN 3076-3444, lire en ligne, consulté le ).
  11. « Nos leaders : les triomphateurs », Le Rappel, Paris, no 10676, , p. 1 (ISSN 1257-5917, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  12. « Le Banquet de la Liberté de la Presse », Le Rappel, Paris, no 10620, , p. 1-2 (ISSN 1257-5917, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  13. « Notre confrère… », Le Temps, Paris, vol. 47, no 16839, , p. 3 (ISSN 2420-2789, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  14. Albert Barbieux, « Nos Collaborateurs : Héléne SEE (Informations politiques) », Le Rappel, Paris, no 14828, , p. 4 (ISSN 1257-5917, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  15. « France-Italie : Le Président à Rome », Le Rappel, Paris, no 12466, , p. 2 (ISSN 1257-5917, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  16. « Deuils », Excelsior, Paris, vol. 9, no 2930, , p. 4 (ISSN 1255-9997, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  17. Valfleury, « Nous apprenons… », Le Gaulois, Paris, no 45018, , p. 2 (ISSN 1160-8404, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  18. Henry de Pène, « La Tribune parlementaire », Paris, Paris, vol. 21, no 2736, , p. 1 (ISSN 1256-0391, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  19. « Le Comité… », Le Rappel, Paris, no 10955, , p. 2 (ISSN 1257-5917, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
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