Hôpital Dupuytren

Hôpital Dupuytren
Image illustrative de l’article Hôpital Dupuytren
Image illustrative de l’article Hôpital Dupuytren
L'hôpital Dupuytren.
Présentation
Coordonnées 48° 40′ 33″ nord, 2° 24′ 48″ est
Pays France
Ville Draveil
Adresse 1 rue Eugène Delacroix
Fondation 1931
Site web chu-mondor.aphp.fr/joffredupuytren
Organisation
Type Universitaire
Affiliation Assistance publique - Hôpitaux de Paris
Services
Service d’urgences Non
Nombre de lits 677
Spécialité(s) Longue durée et Réadaptation
(Voir situation sur carte : Essonne)
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)

L’hôpital Dupuytren est un hôpital de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) situé dans la commune française de Draveil dans l’Essonne.

Histoire

Le centre hospitalier a porté les noms de l’homme d’État Joseph Joffre et de l’ancien chirurgien du Roi Guillaume Dupuytren depuis la fusion sous une direction unique des deux structures en 1967. Aujourd’hui, l’hôpital Joffre est fermé depuis juin 2018[1] ; l'AP-HP annonce en 2023 que le site sera transformé en un nouveau quartier comprenant de nouveaux logements[2].

En 1931, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) installe à Draveil un sanatorium sous la direction médicale du phtisiologue Henri Nouvion[3].

Pendant la seconde guerre mondiale, des soldats américains évadés ou en fuite après l'échec de leur commandos, des pseudo-malades résistants, juifs, fils et filles de résistants ont été cachés au milieu des malades tuberculeux et dans les familles des médecins du Sanatorium Joffre. Marcelle Auclair, épouse de Jean Prévost, homme de lettres et héros de la résistance, fut recueillie dans la famille Nouvion. Au début de l'année 1945 et à la suite d'une dénonciation, les médecins Nouvion, Guilbaud, Place-Verghnes et Chovelon sont arrêtés par l'armée allemande à leur sortie du sanatorium, puis relâchés quelques semaines après lors de la déroute des troupes allemandes. Seul le docteur Blondeau échappa à la rafle. Doté par le maquis d'une motocyclette, il était en mission ce matin-la pour soigner les résistants réfugiés dans la forêt de Sénart[4].

En 1955, l'hôpital Joffre fait l'acquisition de la Villa Lander entourée d’un parc de 1,3 hectare, bordant la Seine qui a abrité jusqu’en 2003 quatre logements de fonction. Celle-ci va bénéficier d'une restauration complète en 2024 avec le concours de l'AP-HP et de la Fondation du patrimoine[5].

En 1960, le sanatorium devint l'hôpital Joffre spécialisé dans les moyens et longs séjours pour personnes âgées. En 1967, devant l’engorgement des hôpitaux parisiens en patients dits « chroniques », l'AP-HP construisit en complément l'hôpital Dupuytren, rapidement associé à son prédécesseur[6]. Au milieu des années 2000, le groupe hospitalier trouva son nom actuel. Essentiellement consacré à la prise en charge de patients âgés depuis les années 1960, l’hôpital a ainsi accompagné la naissance puis l’évolution de la gériatrie à la fois dans la pratique médicale et au sein de l'AP-HP.

Entre 2006 et 2007, les locaux du site Dupuytren ont été entièrement rénovés. Aujourd’hui, l’hôpital Joffre est fermé depuis juin 2018, Un EHPAD départemental, attenant au site de Dupuytren a été érigé.

En 2010, l'AP-HP modifia son organisation générale avec la création de groupements hospitaliers. L’hôpital de Draveil est ainsi intégré dans le groupe réunissant l’hôpital Henri-Mondor et Albert-Chenevier de Créteil, l’hôpital Georges-Clemenceau de Champcueil et l’hôpital Émile-Roux de Limeil-Brévannes. Un redéploiement des lits de soins de suite et réadaptation au sein de l'AP-HP est envisagé avec le transfert d’une partie des places de Joffre-Dupuytren vers l’hôpital Rothschild de Paris et un regroupement des laboratoires de biologie de Draveil, Champcueil et Limeil-Brévannes sur le site d'Henri-Mondor à Créteil.

Données techniques

En 2010, l’hôpital dispose d’un budget d’exploitation de 57 000 000 , de six cent soixante-dix-sept lits dont quarante-et-un de médecine aigüe (gériatrie, psychogériatrie, soin palliatif), et six cent trente-six lits de moyen séjour pour les soins de suite et réadaptation et lits de long séjour sur le site de Joffre[7]. S’ajoutent douze lits en hôpital de jour et un centre d’imagerie médicale.

Notes et références

  1. Le Parisien, « L’hôpital Joffre de Draveil fermera en juillet », sur www.leparisien.fr, (consulté le ).
  2. AP-HP, « L’AP-HP désigne le projet du groupe Pichet pour la réhabilitation du site de l’hôpital Joffre », sur www.aphp.fr, (consulté le ).
  3. Cf. source Revue de la tuberculose - Volume 18 - Page 1245 « Sanatorium Joffre à Champrosay (A. P. P.), sanatorium public géré par l'Assistance publique de Paris , 532 lits pour hommes à partir de quinze ans. Médecin-Directeur : Dr Nouvion. » - Revue de la tuberculose - Volume 18 - Page 1245
  4. "Notice sur les médecins et le cas du Sanatorium Joffre pendant les années d'occupation" par André-Pierre Nouvion (conservée aux archives de l'AP-HP) - Il s'agissait d'un groupe d'une dizaine de parachutistes américains ayant pris la fuite après l'échec de leur commandos. Dans les souvenirs du fils du docteur Henri Nouvion, André-Pierre Nouvion, un des parachutistes se nommait Bauer et un autre très bon musicien, jouait secrètement du piano chez l'un des médecins de l'hopital. Il s'agissait de pseudo-malades résistants, juifs ou enfants de résistants, cachés au milieu des quelque 600 malades de la tuberculose et au sein même des familles des médecins du Sanatorium Joffre. Marcelle Auclair, épouse de l'homme de lettres et héros de la résistance Jean Prévost, était hébergée par la famille d'Henri Nouvion. Au début de l'année 1945 et à la suite d'une dénonciation d'une fille de salle, Henri Nouvion et les médecins Paul Guilbaud, Arthur Place-Verghnes et Robert Chovelon furent arrêtés et pris comme otages à leur sortie de l'hôpital, en représailles d'actes terroristes. Ils furent internés puis relâchés pendant la débâcle quelques semaines après. Seul le docteur Maurice Blondeau, médecin de la Résistance échappa à la rafle. Doté par le Maquis d'une motocyclette, il était parti ce matin-là soigner des résistants cachés dans la forêt de Sénart. Pendant les années d'occupation, ni l'armée, ni la police allemande n'entrèrent dans l'enceinte de l'hôpital par peur de la tuberculose. Une fois seulement, lors de la débâcle, un officier supérieur allemand ordonna au médecin-chef Nouvion de lui faire visiter l'hopital afin d'y établir sur son point le plus élevé une DCA. Henri Nouvion l'en dissuada avec force sur le motif que son hopital deviendrait une cible militaire. Dès lors, le risque de voir les malades s'en échapper et propager la tuberculose dans la capitale ne serait plus contrôlable. L'exposition organisée par la Direction des archives de l'AP-HP en mai-juin 2025 à l’hôpital Emile-Roux (Limeil-Brévannes) sur la thématique de la Seconde Guerre mondiale à l’Assistance publique fait mention de l'action du Dr Henri Nouvion : "Le sanatorium Joffre, à Champrosay (Draveil, Essonne), abrite aussi son lot d’agents résistants. En septembre 1941 a lieu dans l’établissement l’arrestation de personnels communistes, dont Louis Camatte, garçon de service au sanatorium, fusillé le 15 février 1943 au Mont-Valérien, payant de sa vie le prix de son engagement. Le sanatorium est aussi le lieu où se cachent parmi les malades et jusque dans les logements du personnel, des personnes recherchées par les Allemands : aviateurs anglais, résistants... Ce réseau de protection est notamment le fait du médecin-chef de l’établissement, Henri Nouvion."
  5. Site fondation-patrimoine.org, page sur la Villa Lander à Draveil.
  6. Historique de l'hôpital sur le site de l'AP-HP. Consulté le 1er août 2010.
  7. Page de l'hôpital sur le site officiel de l'AP-HP. Consulté le 01/08/2010.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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