Hans Walter Gruhle

Hans Walter Gruhle est un psychiatre allemand, né à Lübben le et mort à Bonn le . Il a étudié la psychologie des criminels.

Hans Walter Gruhle
Biographie
Naissance
Décès
(à 77 ans)
Bonn
Nationalité
Formation
Activité
Enfant
Wolfgang Gruhle (d)
Autres informations
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Biographie

Hans Walter Gruhle est né le à Lubben[1]. Il a grandi à Dresde. Il étudie ensuite la médecine à Leipzig[1] et débute des études de psychologie avec Wilhelm Wundt. Il sert comme volontaire pendant un an à Würzbourg, où il assiste aux conférences d'Oswald Külpe. Au cours du semestre d'hiver 1901/1902, il s'inscrit à l'Université Louis et Maximilian de Munich. Il y rencontre grâce à son ami d'enfance Herbert Koch, alors étudiant en archéologie l'écrivaine Franziska zu Reventlow[2], avec laquelle il se lie d'amitié et entretiendra une correspondance de à [note 1].

Dans l'un de ses romans satyriques, non traduit en Français, intitulé Herrn Dames Aufzeichnungen oder Begebenheiten aus einem merkwürdigen Stadtteil de , l'écrivaine utilise d'ailleurs Hans Walter Gruhle comme modèle pour son personnage principal (Herr Dame). Cette ressemblance a été découverte et démontrée par Franz van der Haak, dans sa thèse sur Hans Walter Gruhle qu'il n'a pas pu achever, du fait de son décès prématuré[2].

En , Hans Gruhle est admis en doctorat à l'université de Munich et commence des recherches ergographiques pour sa thèse avec Emil Kraepelin[3]. Il termine sa thèse à Heidelberg en [3], après s'être disputé avec son premier directeur de recherches qui lui en a voulu d'avoir quitté son laboratoire pour celui de Franz Nissl, à la clinique psychiatrique de l'université de Heidelberg. Sous la direction de Nissl, il est habilité en [4] et exercera 30 ans dans cette clinique dont il sera le médecin chef[5],[1].

En 1934, Hans Gruhle, jugé peu fiable par le régime nazi[6][5], est nommé à la direction de l'hôpital wurtembergeois de santé et de soins de Zwiefalten[6] et est mobilisé en 1939[7]. Ne voulant pas être impliqué dans le programme Aktion T4 des nationaux-socialistes, qui prévoit le meurtre systématique des malades mentaux, il prend la direction de l'institution de Weißenau en [7]. En , à l'âge de 65 ans, il est nommé professeur titulaire de la Clinique universitaire psychiatrique de l'Université de Bonn, qu'il dirigera jusqu'à sa retraite en [6]. Il s'éteint le .[6]

Travaux et influences

Publié en , son livre Die Ursachen der Jugendlichen Verwahrlosung und Kriminalität. (Les causes de l'errance et de la criminalité chez les adolescents) sera suivi de nombreux articles dans les journaux médicaux sur la psychologie des criminels[8]. Il s'oppose aux théories de Ernst Kretschmer sur les morphotypes humains et leur relation avec la criminalité[9]. Ses recherches sur la Schizophrénie l'amènent à s'opposer aux théories émises sur le sujet par Jaspers en et à considérer que cette maladie aurait une origine organique et non psychologique[4].

A Heidelberg, Hans Gruhle rencontre Max Weber dont il va influencer les travaux en psychologie expérimentale[10]. Sous Franco, ses travaux sur la psychologie des criminels vont également intéresser le psychiatre Antonio Vallejo-Nájera. Ce dernier, persuadé que les républicains souffraient de troubles psychologiques va être à l'origine du vol et de l'adoption illégale de 30 000 enfants de parents républicains [11].

Sélection des publications

  • (de) Grundriss der Psychiatrie, Heidelberg, J. F. Bergmann Verlag, , 17e éd., 187 p. (ISBN 978-3-662-30440-2, présentation en ligne)
  • (de) Verstehende Psychologie (Erlebnislehre): Ein Lehrbuch, Stuttgart, Thieme, (présentation en ligne)
  • (de) Die Ursachen der Jugendlichen Verwahrlosung und Kriminalität : Studien zur Frage: Milieu Oder Anlage., Heidelberg, Berlin, Heidelberg : Springer Berlin, (ISBN 978-3-642-50928-5, présentation en ligne)

Références

Notes

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Hans Walter Gruhle » (voir la liste des auteurs).
  1. Leur correspondance est archivée au Monacensia (en) à Munich.

Références

  1. 1 2 3 Sass 2009, p. 333.
  2. 1 2 (de) Brigitta Kubitscheck, Franziska Gräfin zu Reventlow: Leben und Werk ; eine Biographie und Auswahl zentraler Texte von und über Franziska Gräfin zu Reventlow, Profil, coll. « Profile », (ISBN 978-3-89019-437-0, lire en ligne), p. 412-417
  3. 1 2 Schipperges 1966, p. 209.
  4. 1 2 (en) Edward Shorter et Max Fink, The Madness of Fear: A History of Catatonia, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-088119-1, lire en ligne), p. 80
  5. 1 2 « Ein Institut entsteht - IV Während des Nationalsozialismus », sur www.psychologie.uni-heidelberg.de (consulté le )
  6. 1 2 3 4 Sass 2009, p. 334.
  7. 1 2 (de) Bernd Reichelt et Thomas Müller, « Universitätspsychiatrie, Heilanstalt, Wehrmachtslazarett: Der Heidelberger Psychiater Hans W. Gruhle (1880 – 1958) in der württembergischen Anstaltspsychiatrie 1935 – 1945 », Psychiatrische Praxis, vol. 45, no 05, , p. 236–241 (ISSN 0303-4259 et 1439-0876, DOI 10.1055/a-0607-0217, lire en ligne, consulté le )
  8. Wetzell 2003, p. 168.
  9. Wetzell 2008, p. 169.
  10. (en) The Cambridge companion to Weber, Cambridge Univ. Press, (ISBN 978-0-521-56753-4 et 978-0-521-56149-5), p. 69
  11. Paul Preston, « Les républicains, des bêtes au sabot fendu », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )

Voir aussi

  • Franziska zu Reventlow (1871-1918) autrice du scandaleux Herrn Dames Aufzeichnungen (les Carnets de Monsieur Dame) en .
  • Franz Nissl (1860-1919) neuropsychiatre allemand.

Bibliographie

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Liens Web

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