Huadu (Taïwan)
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Indépendance de la République de Chine, abrégée en chinois par Huadu, est une doctrine portant sur le statut de Taïwan qui postule que l'île de Taïwan et les territoires périphériques (archipels et îles) forment un État souverain, distinct de la République populaire de Chine.
Les partisans de Huadu rejettent le principe d’une seule Chine, reconnaissant à la place :
- l'existence d'une nation taïwanaise ayant pour nom officiel République de Chine pour des raisons uniquement historiques, et/ou ;
- la poursuite du principe qui reconnaît l'existence de facto de deux États portant le nom de Chine qui coexistent au sein d'une nation unitaire, et revendiquant de jure, plutôt que dans les faits, la souveraineté sur l'ensemble du territoire chinois.
Cette doctrine politique a pour effet de maintenir l'ambiguïté juridique existant sur le statut politique de Taïwan, ce qui permet à la RPC de toujours considérer l'île comme le gouvernement républicain en exil.
Un deuxième courant traverse le mouvement nationaliste taïwanais[1], celui du Taidu (chinois traditionnel : 臺獨 ; chinois simplifié : 台獨 ; pinyin : ), abréviation syllabique de la locution indépendance de Taïwan (chinois traditionnel : 臺灣獨立運動 ; chinois simplifié : 台湾独立运动 ; pinyin : ). Il propose une rupture plus radicale avec le statu quo en faisant une déclaration formelle d'indépendance pour officiellement créer la République de Taïwan.
Le Huadu est la solution privilégiée par le Parti démocrate progressiste (DPP), même si avant 1996, le DPP était plus favorable à Taidu que Huadu[2]. Aujourd'hui, le Taidu est davantage porté par ses partenaires comme le Parti de la construction de l'État de Taiwan et l'Union de solidarité de Taïwan, favorables à une véritable indépendance.
Cela n'empêche pas certains partisans du huadu, comme Lai Ching-te, de soutenir que la République de Chine est déjà indépendante de fait[3]. Ils considèrent le huadu comme un moyen efficace d'affirmer l'indépendance de l'île sans aggraver les tensions avec la RPC[2],[4]
Certains politiciens du Kuomintang (KMT) soutiennent le Huadu, qu'ils ont été les premiers à porter[5]. Cependant, s'ils s'opposent au principe « un pays, deux systèmes » en tant qu'étape vers la réunification[6], ils refusent l'adoption de nouvelles mesures vers l'indépendance de jure[7],[8]. Si l'ancien président du KMT Johnny Chiang, aujourd'hui membre de la coalition pan-bleue, s'oppose au maintien du consensus de 1992, 80% des membres de son parti continuent de le soutenir[9].
Voir aussi
- La théorie des quatre étapes de la République de Chine
- Statu quo
- Soutien au statu quo
- Deux Chines
- Taïwanisation
- Anticommunisme en Chine (en)
- Mouvement de contestation à la république populaire de Chine (en)
- Pro-République de Chine (en)
- Taiwanese Localism Front (en)
- Third Society Party (en)
Références
- ↑ (en) « We're all pro-Taiwan independence now », Taiwan News, (consulté le ) : « Broadly speaking, they are divided into two camps: “Taiwan” independence (台獨 or 臺獨, taidu) and “Republic of China (ROC)” independence (華獨, huadu). The basic difference between the two is between renaming the country Taiwan or maintaining Taiwan as an independent nation under the ROC name and maintaining the constitution. »
- 1 2 (en) « What is ROC Independence versus Taiwanese Independence ? » [« Quelle différence entre RPC indépendante et Taïwan indépendante ? »], New Bloom Magazine, (lire en ligne
) - ↑ (en) « No, Taiwan's President Isn't 'Pro-Independence' » [« Non, la présidente de Taïwan n'est pas "indépendantiste" »], The Diplomat, (lire en ligne
) :« Taiwan is already an independent country as the ROC, so we do not need to push for any other sort of formal independence. »
- ↑ (en) « Taiwan: The Future of the ‘Republic of China’ » [« Taïwan : le futur de la "République de Chine" »], The Diplomat, (lire en ligne
) :« The question is whether the Lai administration will maintain this “Republic of China, Taiwan.” If the new president chooses not to maintain it, then he will likely opt for so-called “Taiwanese independence” (台独), which says that Taiwan is Taiwan. »
- ↑ (en-US) Isabelle Cockel, « Taiwan’s rocky road to independence and democracy », sur The Conversation, (consulté le )
- ↑ (en-US) Nick Aspinwall, « Taiwan News: KMT Disputes Xi’s ‘1992 Consensus,’ DPP Faction Challenges Tsai », sur The News Lens International Edition, (consulté le )
- ↑ Fabry, « The Effect of ’One China’ Policies of Foreign States on the International Status of Taiwan », Diplomacy & Statecraft, vol. 35, no 1, , p. 90–115 (DOI 10.1080/09592296.2024.2303855) :
« In contrast, the 2005 law designed to forestall Taiwanese ‘secession’, which also outlined a positive agenda aimed at convincing the Taiwanese of the benefits of peaceful unification, left out the third part. »
- ↑ « Xi’s Top Taiwan Hand Targets ‘Hostile Forces’ in Taiwan’s ‘Green’ and ‘Blue’ Camps », Global Taiwan Institute, (lire en ligne, consulté le ) :
« In fact, Wang notes that in its latest political platform, the KMT simultaneously stated its opposition to both “Taiwan independence” and “one country, two systems.” »
- ↑ « We're all pro-Taiwan independence now », Taiwan News, (lire en ligne, consulté le )
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