Hugues de Chalon (prince-évêque)
| Archevêque de Besançon | |
|---|---|
| - | |
Eudes de Rougemont (d) Vital de Maignaut (d) | |
| Évêque de Liège Diocèse de Liège | |
| - | |
| Naissance |
Date inconnue |
|---|---|
| Décès | |
| Surnom |
Le Sourd |
| Activité | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Laure de Commercy (d) |
| Fratrie |
Hugues de Chalon (frère consanguin) Jean Ier de Chalon-Auxerre (frère consanguin) Jean Ier de Chalon-Arlay Marguerite de Chalon (d) Agnès de Chalon |
Hugues de Chalon, ou encore de Salins, dit le Sourd, mort en 1312 à Besançon, est prince-évêque de Liège (1296-1301), puis archevêque de Besançon, issu de la maison de Chalon.
Biographie
Origines
Hugues de Chalon le fils de Jean le Sage († ), ancien comte de Chalon (1227-1237), sire de Salins (à partir de 1237), et de sa troisième épouse, Laure de Commercy († )[1], fille Simon [II] de Broyes-Commercy († /48), seigneur de Commercy[2].
De ce troisième mariage, il a pour frères et sœurs Jean († ), seigneur d'Arlay (1266-1315) et vicomte de Besançon (1293-1315) ; Marguerite († ) qui épouse Hugues, fils du duc Hugues IV de Bourgogne ; et Agnès († ) qui est marié avec Amédée II, comte de Genève[1].
Prince-évêque de Liège
Il est élu prince-évêque de Liège à la fin du mois d'août 1296, après une période de sede vacante de près de cinq ans, ce qui constitue une durée particulièrement longue[3].
Guerre des Awans et des Waroux
Son règne sur la principauté de Liège est fortement perturbé par la faide entre les seigneurs d'Awans et de Waroux.
Vers 1297, alors qu'il est absent et a confié les affaires temporelles à son frère Jean de Chalon, qui assume la fonction de mambour, Guillaume de Waroux dénonce la destruction de moulins, d'habitations et de la brasserie situés sur ses terres par les troupes du seigneur d'Awans. Ces destructions constituent une usurpation du droit épiscopal d'abattis qui réserve au prince-évêque le pouvoir de détruire les habitations de ses sujets. Le mambour Jean de Chalon mobilise ses troupes afin d'organiser une expédition punitive, qu'il abandonne en raison d'une infériorité numérique. À son retour, Hugues de Chalon réunit ses troupes afin de restaurer la paix publique. Il fait détruire le château de Guillaume de Rouveroy, fidèle du seigneur d'Awans[4].
Plus tard, il réagit également à l'incendie du château de Slins par les alliés du seigneur d'Awans. Il considère cet incendie comme une usurpation du droit d'arsin, le pouvoir de condamner le meurtre. Il mobilise une nouvelle fois son armée et assiège la tour d'Awans, tout en négociant une réparation. Les responsables, dont Humbert Corbeau, sont condamnés à l'humiliante peine du harnescar : ils doivent, vêtus d'une chemise et portant une selle de cheval sur la tête, descendre de la collégiale Saint-Martin vers la cathédrale Saint-Lambert où ils doivent demander pardon à genoux au prince-évêque[5].
Manipulations monétaires
Avec l'aide de son frère Jean de Chalon, il manipule le poids des monnaies. Au cours de l'été 1299, les patriciens liégeois, lésés par ces opérations s'allient aux masses populaires. Mené par Eustache le Franchomme de Hognoul, ils chassent le prince-évêque qui se réfugie à Huy[6].
Depuis Huy, il ordonne à son frère Jean de détruire le domaine d'Eustache le Franc-Homme et tente de s'allier aux seigneurs en leur promettant des biens de l'Église[7].
D'après la chronique de Saint-Trond, il fut cité devant la curie romaine en pour ses manipulations monétaires et l'accaparement des biens cléricaux.
Archevêque de Besançon
Le pape Boniface VIII lui enlève alors la principauté de Liège et le transfère à l'évêché de Besançon le , où il demeurera jusqu'à sa mort[7].
Notes et références
- 1 2 Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne avec des documents inédits et des pièces justificatives, t. IV, Paris, Lechevalier, , Deuxième tableau : Généalogie de Jean de Chalon, le Sage ou l'Antique, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Simone François-Vivès, « Histoire des seigneurs et de la seigneurie de Commercy des origines à 1415 », Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1932 pour obtenir le diplôme d'archiviste paléographe, Paris, École nationale des chartes, , p. 81-88 (lire en ligne).
Simone François-Vivès, Les seigneurs de Commercy au moyen âge (XIe siècle-1429), Nancy, impr. A. Humblot et Cie, , XII-200 pages. - ↑ Masson 2013, p. 418.
- ↑ Masson 2013, p. 408.
- ↑ Masson 2013, p. 410.
- ↑ Masson 2013, p. 419.
- 1 2 Masson 2013, p. 420.
Voir aussi
Bibliographie
- Alfred Journez, « Hugues de Chalons », dans Biographie nationale, t. 9, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1886-1887 (ISSN 0770-7150, lire en ligne), p. 660-662.
- Joseph Daris, Histoire du diocèse et de la principauté de Liége pendant le XIIIe et le XIVe siècle, Liège, Louis Demarteau, , 710 p. (lire en ligne), « La principauté et le diocèse sous Hugues de Châlons », p. 293-320.
- Alain Marchandisse, « Un franc-comtois sur le trône de saint Lambert. Hugues de Chalon, prince-évêque de Liège (1295–1301) », dans Laurence Delobette et Paul Delsalle, La Franche-Comté et les anciens Pays-Bas, XIIIe – XVIIIe siècles, t. 1 : Aspects politiques, diplomatiques, religieux et artistiques, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, (DOI 10.4000/books.pufc.24762, lire en ligne), 229-248.
- Christophe Masson, « La guerre des Awans et des Waroux. Une « vendetta » en Hesbaye liégeoise (1297-1335) (1re partie) », Le Moyen Âge, revue d'histoire et de philologie, De Boeck, t. CXIX, no 2, (DOI 10.3917/rma.192.00403, hdl 2268/110633)
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à la religion :
- (en) Charles Cawley, « Burgundy duchy – Beaune & Chalon », sur MedLands – Foundation for Medieval Genealogy, dont la notice (en) « Hugues de Salins ».
- « Sceaux de Hugues V de Chalon », sur Sigilla : base numérique des sceaux conservés en France (consulté en ).
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