Jean IV de Chalon-Auxerre
| Comte d'Auxerre (?) | |
|---|---|
| - | |
| Prédécesseur | |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Surnom |
Chevalier Blanc |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Marie Crespin du Bec (d) |
| Fratrie |
Louis Ier de Chalon-Tonnerre Amé de Chalon (frère consanguin) |
| Conflit |
|---|
Jean IV de Chalon-Auxerre, dit le Chevalier Blanc[1],[2],[3], né en 1337 et mort le , est un comte d'Auxerre et seigneur de Rochefort, issu de la maison de Chalon.
Biographie
Origines
Jean naît en 1337[1],[2]. Il appartient à la tige des comtes d'Auxerre-Tonnerre et seigneurs de Rochefort de la maison de Chalon[1]. Il est ainsi le fils cadet de Jean III de Chalon, comte d'Auxerre (1361-1371) et de Tonnerre (1361/62—1379), et de Marie Crespin du Bec,[4],[3].
Son frère cadet, Louis, hérite du comté de Tonnerre[1],[5],[4],[3].
La notice qui lui ai consacré dans le Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne (1996) indique qu'il est « douteux qu'il soit marié »[2], bien que rapportant une possible union avec Laure de Commercy[6].
Comte d'Auxerre
Il hérite en 1363 d'une partie de la seigneurie de Rochefort (Comté)[2].
Son père, devenu sénile, il gouverne le comté d'Auxerre à partir de 1361[2]. Il réorganise l'administration, fait restaurer les remparts[2].
Il accorde son autorisation pour que la communauté de Chitry fortifie son église[2].
Il se charge d'une expédition contre des brigands et s'empare du château des Murs (Mérobert) depuis lequel la bande rayonnait[2]. Il poursuit sa chevauchée en direction de Chartres, au cours de laquelle il prend Marcheville-en-Beauce, puis se dirige vers le Berry[2].
Certains auteurs anciens, repris notamment par Fromageot (1973), affirmaient que la vente du comté en 1271, lui était due[7]. Toutefois, la vente est bien le fait de son père Jean III[8].
Participation à la guerre de Cent Ans
Le , la cité d'Auxerre est prise par les routiers anglais de Robert Knolles[2],[4]. Pris dans le château, il est fait prisonnier avec sa mère[2]. La ville, ruinée, a du mal à pouvoir payer la rançon[2].
En 1364, il combat les troupes navarraises, tout comme son frère[2],[4]. Son rang lui aurait permis de de commander l'armée, selon le chroniqueur Froissart, il semble pourtant laisser sa place à Bertrand du Guesclin[4]. Il aurait déclaré « Seigneurs, grand merci de l’honneur que vous me portez et me voulez faire ; mais quant à présent je n’en veux pas, car je suis encore trop jeune pour me charger d’une si grande affaire et d’un tel honneur »[4],[9]
Quelques mois plus tard, il participe avec son frère à la bataille d'Auray, où tous deux sont faits prisonniers[4]. Jean est blessé[4] et emprisonné à Cocherel[3].
Le non paiement de la rançon a de telles conséquences qu'un procès s'ouvre après sa mort contre son frère, Louis[4].
Il rentre, en 1365, à Auxerre, ruiné[2]. Afin de fuir ses créanciers, il obtient un sauf conduit du roi pour de se réfugier à Paris[2]. Retrouvé, il tue un sergent du Grand Châtelet, puis confondu par le prévôt de Paris, qu'il moleste, il s'enfuit[2]. Il semble tout de même obtenir des lettres de rémissions du Régent[2].
Conflit avec le duc de Bourgogne et mort en prison
Il se rend en Franche-Comté afin de réclamer une part de l'héritage de son grand-père, Jean II de Chalon-Auxerre († /62), cherchant ainsi querelle auprès de son cousin Tristan de Chalon † [2]. Il en profite pour piller la Comté[4],[2]. Ses actions lui attirent la colère de la comtesse-palatine, Marguerite de Bourgogne[2] et du duc[3]. Moeglin (2023) dans sa notice parle de « faide » contre le duc Philippe II de Bourgogne[4].
Sur ordre du roi[2], il est arrêté et mis en prison au Louvre, en 1367[4],[3],[2]. Il est libéré l'année suivante, à la demande du duc de Bourgogne[2]. Toutefois, Jean IV reprend ses exactions et assassine un sergent ducal[2]. De nouveau arrêté, à Conflans, il est enfermé à Lille[2].
Remis au duc, il est condamné à mort[2]. Il est cependant de nouveau libéré, sa peine est commuée et ses biens confisqués[2]. Refusant sa sentence, il se réfugie dans son château de Rochefort avec une compagnie de routiers[2]. Il ravage les environs de Dole[2]. Il est battu au pont de Belmont, où il est arrêté, puis emprisonné au château fort de Poligny (dit de Grimont/Grémont)[4],[3],[2].
Cherchant à s'échapper, il meurt dans sa prison ()[2], à Poligny[4].
Mort sans descendance, son frère, Louis Ier de Chalon-Tonnerre, hérite de ses biens et titres[3],[2], dès 1366, soit la propriété du château de Rochefort, les châteaux d'Arinthod, Boutavant (actuelle commune de Vescles) et Dramelay[10]. Il tente à partir d'un procès de récupérer Auxerre, mais il n'y parvient pas[2]
Notes et références
- 1 2 3 4 Petit 1894, lire en ligne sur Gallica, p. Troisième tableau.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Dugenne 1996, p. 230.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Marie-Thérèse Caron, « Vie et mort d'une grande dame : Jeanne de Chalon, comtesse de Tonnerre (vers 1388–vers 1450) », Francia, vol. 8, , p. 147-190 (résumé, lire en ligne [PDF]).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Jean-Marie Moeglin, « Chalon-Auxerre-Tonnerre », dans Jean-Marie Moeglin (dir.), Dictionnaire de la Guerre de Cent Ans, Paris, Bouquins éditions, , 1492 p. (ISBN 978-2-38292-336-8, lire en ligne), p. 306-307.
- ↑ Dugenne 1996, p. 229-230.
- ↑ Dugenne 1996, p. 227.
- ↑ Fromageot 1973, p. 131.
- ↑ « Archives de la communauté d'habitants d'Auxerre. Présentation des notices », sur archives.auxerre.fr - Archives municipales. Service affaires juridiques et assemblées. Bibliothèque municipale (consulté en ).
Archives de la communauté d'habitants d'Auxerre, « Achat du comté d'Auxerre par le roi. Feudiste 3 n° 1 », sur francearchives.gouv.fr, (consulté en ). - ↑ Jean Froissart, Chroniques (lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Inventaire sommaire - Archives départementales du Doubs série B (1883), B. 397, p. 167.
Voir aussi
Bibliographie
- Jean Fromageot, Tonnerre et son comté des origines à la Révolution de 1789, Le Livre d'histoire, coll. « Monographies des villes et villages de France », (réimpr. 2000), 540 p. (ISBN 2-84435-156-5).
- Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne. t. I. A.-C., Société généalogique de l'Yonne, , p. 228-229, Chalon, Jean Ier.
- Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne. t. V. S.-U., Société généalogique de l'Yonne, , p. 1779-1781, Comtes de Tonnerre.
- Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne avec des documents inédits et des pièces justificatives. t. 5, Paris, Lechevalier, , « Généalogie de Jean de Chalon, le Sage ou l'Antique », lire en ligne sur Gallica.
Articles connexes
Liens externes
- (en) « Burgundy Duchy - B. Comtes de Tonnerre (Nevers, Courtenay, Bourgogne-Comté) », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy), (consulté en ), dont la notice (en) « Louis Ier d'Auxerre ».
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