Jeanne Manford

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(à 92 ans) Daly City |
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Manford family (d) |
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Jules Manford (d) |
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Morty Manford (d) |
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| Archives conservées par |
Jeanne Sobelson Manford, née le 4 décembre 1920 et morte le 8 janvier 2013, est une enseignante et militante américaine. Elle est la cofondatrice de PFLAG (en), un organisme pour la défense des droits LGBT+. Elle reçoit en 2012 la Presidential Citizens Medal pour son engagement pour les droits des personnes LGBT+.
Biographie
Jeanne Sobelson naît à Flushing en 1920. Elle est la troisième des cinq filles de Sadie et Charles Sobelson, respectivement femme au foyer et vendeur[2].
Elle étudie pendant une courte période dans l'Alabama. Suite à la mort de son père, elle arrête ses études pour rentrer chez ses parents. Elle épouse ensuite Jules Manford, et a trois enfants (Charles, Morty et Suzanne). Durant sa trentaine, elle obtient son baccalauréat au Queens College et retourne à l'université, en rejoignant la faculté de PS 32 dans le Queens en 1964[2].
Jeanne Sobelson Manford vit à New York jusqu'en 1996, date à laquelle elle déménage dans le Minnesota pour prendre soin de son arrière-petit-enfant pendant que sa petite-fille étudie à la faculté de médecine. Elle part ensuite vivre avec sa fille en Californie[3].
Fondation de PFLAG
En avril 1972, Jeanne Manford et son mari Jules apprennent par un appel téléphonique que leur fils, Morty, militant gay, a été agressé pendant qu'il distribuait des tracts au cinquantième dîner annuel de l'Inner Circle (en), un rassemblement de journalistes et de personnalités du monde de la télévision[4]. Les rapports indiquent que Morty a été « frappé à coups de pied et piétiné » alors qu'il était emmené par la police[5].
Suite à l'événement, Jeanne Manford écrit une lettre au New York Post, dans lequel elle s'identifie comme la mère d'un manifestant gay, et se plaint de l'inaction de la police face aux violences[6]. Durant les semaines suivantes, elle donne des interviews et participe à des émissions radio et de télévision dans plusieurs villes, toujours accompagnée de son mari ou de son fils[7].
Le 25 juin 1972, Jeanne Manford participe avec son fils à la marche des fiertés de New York (en) et porte une pancarte sur laquelle elle écrit « Parents d'homosexuels, unissez-vous pour soutenir nos enfants »[8]. À cette époque, l'homosexualité est encore considérée comme une maladie mentale, et la sodomie comme un crime. Le sénateur californien Mark Leno déclare par la suite que « descendre dans la rue pour exprimer son soutien à son fils hors-la-loi, malade mental, n'était pas une mince affaire… Mais c'était l'effet de l'amour maternel » (« [f]or her to step into the street to declare support for her mentally ill, outlaw son - that was no small act... But it was what a mother's love does[3]. Jeanne Manford raconte, lors d'une interview en 1996, l'accueil très positif qu'elle reçoit durant la marche[2]. Poussée par cet enthousiasme, Jeanne Manford et son mari souhaitent créer une organisation de parents d'homosexuels et de lesbiennes afin de faire davantage dialoguer entre les communauté gay et hétérosexuelle[9].
Rapidement, elle organise des réunions de parents, auxquelles sont mari participe lui aussi. La première réunion du groupe, alors nommée Parents of Gays, réunit environ 20 personnes[10] dans la Metropolitan-Duane Methodist Church, aujourd'hui rebaptisée Church of the Village[11]. Cette organisation est par la suite renommée Parents, Families and Friends of Lesbians and Gays, abrégé PFLAG (en).
En 1993, Jeanne Manford crée une section locale de PFLAG à Astoria. Elle évoque son fils et la fondation de PFLAG dans le podcast All Gay Long[12].
L'agresseur de Morty s'est par la suite engagé pour les droits des homosexuels et a noué une relation cordiale avec Morty[5].
Fin de vie
Après avoir enseigné à l'école primaire 32 de Flushing pendant 26 ans, Jeanne Manford prend sa retraite en 1990 à l'âge de 70 ans[13].
Son fils Morty, devenu procureur général adjoint de l'État de New York, décède du sida en 1992, à l'âge de 41 ans. Son fils Charles décède en 1966 et son mari Jules en 1982. Jeanne Manford démange à Rochester en 1996 pour se rapprocher de sa famille[14]. En octobre 2009, le président américain Barack Obama raconte la fondation du PFLAG par Jeanne Manford dans un discours télévisé avant le dîner annuel de la Human Rights Campaign[15].
Jeanne Manford meurt à son domicile à Daly City le 8 janvier 2013, à l'âge de 92 ans[3]. Une collection de documents de Manford est archivée à la Bibliothèque publique de New York[16].
Prix et distinctions
En juin 1991, Manford est la Grand Marshall de la marche des fiertés de New York[17]. En 1993, elle est la Grand Marshall de la première marche des fiertés dans le Queens[18].
En février 2013, Barack Obama annonce décernser à titre posthume la Presidential Citizens Medal à Jeanne Manford, pour son travail de cofondation de PFLAG et ses années de défense des droits LGBT[19]. Il s'agit de la deuxième plus haute distinction civile décernée par les États-Unis[20]. Jeanne Manford est l’une des 18 citoyens sélectionnés pour recevoir le prix parmi plus de 6 000 nominations[19]. Le 15 février 2013, la fille de Manford, Suzanne Manford Swan, reçoit le prix en son nom lors d'une cérémonie à la Maison Blanche, durant laquelle Barack Obama prononce un discours en l'honneur de Jeanne Manford et de PFLAG[21]. Il valorise notamment les répercussions de ces actions à l'échelle internationale[22].
Le 26 avril 2014, la 171e rue, entre les 33e et 35e avenues, dans le quartier de Flushing, à New York, est rebaptisée « Jeanne, Jules, Morty Manford PFLAG Way »[23],[24].
Le 20 mai 2017, le bureau de poste Jackson Heights (en), dans le Queens est dédiée à Jeanne et Jules Manford[25].
En juin 2019, Manford est l'une des cinquante premiers « pionniers, précurseurs et héros » (pioneers, trailblazers, and heroes) étasuniens intronisés au National LGBTQ Wall of Honor (en) du Stonewall National Monument (SNM) au Stonewall Inn de New York[26],[27]. Le SNM est le premier monument national américain dédié aux droits et à l'histoire des personnes LGBTQ[28], inauguré pour le 50e anniversaire des émeutes de Stonewall[29].
Le sixième épisode de la saison 1 du podcast Making Gay History (en) mentionne Jeanne Manford et son fils Morty. Le 11e épisode de la saison 3 de ce podcast est entièrement consacré à Morty[30],[31].
Bibliographie
- (en) E. Marcus, Making Gay History: The Half-Century Fight for Lesbian and Gay Equal Rights, New York, HarperCollins, (ISBN 0060933917)
Notes et références
- ↑ « https://archives.nypl.org/mss/1857 » (consulté le )
- 1 2 3 Trounson, R., « Jeanne Manford dies at 92; co-founder of group for parents of gays », Los Angeles Times, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 Coté, J., « Jeanne Manford, PFLAG founder, dies », San Francisco Chronicle, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ B. Lambert, « Morty Manford, 41, a Lawyer And Early Gay-Rights Advocate », New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 J. H. Lii, « Unlikely Supporter of Gay Rights Recalls Pivotal Night », New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Marcus 2002, p. 170-71
- ↑ Marcus 2002, p. 172
- ↑ Marcus 2002, p. 173
- ↑ Marcus 2002, p. 175
- ↑ « Plaque To Mark Greenwich Village Church As Site Of First PFLAG Meeting », CBS New York, (consulté le )
- ↑ Schulz, « HOW ONE MOTHER'S LOVE FOR HER GAY SON STARTED A REVOLUTION », The New Yorker, , p. 42–49 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « PFLAG Co-Founder Jeanne Manford « All Gay Long », All Gay Long, (consulté le )
- ↑ R. A. Bernstein, Straight Parents, Gay Children: Keeping Families Together, Da Capo Press, (ISBN 9781560254522, lire en ligne), p. 51
- ↑ J. H. Lii, « A Movement Misses Its Nurturing Mother », New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Sweet, L., « Obama Human Rights Campaign speech on gay rights », Chicago Sun-Times, (lire en ligne [archive du ])
- ↑ « Manford (Jeanne) Papers, 1972-1995: Table of Contents » [archive du ], New York Public Library (consulté le )
- ↑ Marcus 2002, p. 340
- ↑ Marcus 2002, p. 354
- 1 2 Coccaro, K., « President Obama to Honor Recipients of the 2012 Citizens Medal », whitehouse.gov, (consulté le )
- ↑ Ring, T., « Obama to Honor PFLAG Founder », The Advocate, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Obama honors fallen educators who died protecting Newtown students with citizenship medals », Washington Post, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Chris Johnson, « Obama awards Citizens Medal to PFLAG founder », Washington Blade, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Street to be named after PFLAG founder | gay news | Jeanne Manford », Washingtonblade.com, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Liam La Guerre, « Northeast | Flushing gay rights activist honored with street co-naming », Queens Courier, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ « Post Office Dedicated To Gay Rights Activists Who Formed PFLAG « CBS New York », Newyork.cbslocal.com (consulté le )
- ↑ Glasses-Baker, « National LGBTQ Wall of Honor unveiled at Stonewall Inn », www.metro.us, (consulté le )
- ↑ (en) Rawles, « National LGBTQ Wall of Honor to be unveiled at historic Stonewall Inn », San Diego Gay and Lesbian News, (consulté le )
- ↑ (en) « Groups seek names for Stonewall 50 honor wall », The Bay Area Reporter / B.A.R. Inc. (consulté le )
- ↑ « Stonewall 50 », San Francisco Bay Times, (consulté le )
- ↑ « Season One », Making Gay History (consulté le )
- ↑ « Season Three », Making Gay History, (consulté le )
Liens externes
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