Jehan de Launoy

Jehan de Launoy
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Biographie
Naissance
Décès
(à 42 ans)
Paris 15e
Nom de naissance
Jean Gabriel de Launoy
Pseudonyme
comte de Launoy, Jehan Chouan
Nationalité
française
Activité
militaire, agent d'assurance, résistant

Jehan de Launoy est un résistant français né le à Dunkerque et fusillé par les Allemands le à Paris. Résistant de la première heure, plutôt marqué à droite, il fonde le réseau et le journal clandestin La Vérité française, rattaché ultérieurement au réseau du musée de l'Homme.

Biographie

Jean Gabriel de Launoy naît le à Dunkerque d'un père Victor Achille négociant et de son épouse Marie Marthe Clère[1],[2].

Il s'engage dans l'armée où il sert au 14e régiment de spahis. Il participe à la guerre du Rif au Maroc et obtient la croix de Guerre et la médaille coloniale[3].

Sur le plan politique, il est membre des Camelots du Roi, proche en 1926 de l'Action française[3]. Il se dit « comte de Launoy »[4] et utilise « Jehan » pour prénom.

Il épouse le à Paris Yvonne Kety, dont il a un enfant. Il passe une capacité en droit et travaille dans les assurances : à l'approche de la Seconde Guerre mondiale, il est inspecteur dans la compagnie La Paix, à Paris[3].

Mobilisé en septembre 1939 dans une unité non combattante, il intègre la cavalerie motorisée après avoir demandé à rejoindre le front. À la démobilisation, il regagne la capitale où il se lance dès septembre 1940 dans la résistance, fondant le groupe Vérité française. L'organisation édite et diffuse un journal clandestin du même nom, un des tout premiers en zone occupée, dont 30 exemplaires paraissent de septembre 1940 à novembre 1941. De Launoy y écrit sous le pseudonyme de « Jehan Chouan »[5]. Les membres du groupe clandestin sont plutôt des bourgeois et des notables, conservateurs voire réactionnaires : autour de Jehan de Launoy gravitent des religieux dominicains, des médecins, des vétérinaires, un industriel, un directeur commercial, des anciens officiers comme le capitaine Ernest Massip,  auquel se joignent ses deux filles, Thérèse et Marie-Josette. L'organisation met en place des filières d'évasion, se procure et cache des armes. Sa zone d'action est principalement en région parisienne, à Paris, Versailles et Courbevoie, mais aussi à Soissons et Villers-Cotterêts[3].

En décembre 1940, Launoy rencontre l'ancien colonel Maurice Dutheil de La Rochère et par son intermédiaire[4] s'intègre dans la nébuleuse qui sera nommée après-guerre réseau du musée de l'Homme. Mais son organisation est infiltrée par un agent double, Jacques Desoubrie, dont de Launoy fait son secrétaire[6] : la Vérité française est décapitée le lors d'un vaste coup de filet des occupants, qui procèdent ce jour à plus de cent trente interpellations. Incarcéré à Fresnes avec plusieurs de ses compagnons  dont les Massip , Jehan de Launoy s'y remarie le avec Thérèse, dont il a eu deux enfants. Tenu à juste titre pour l’inspirateur et le chef de file de l’organisation, il est condamné à mort par le tribunal militaire de la rue Boissy-d'Anglas le . Il est fusillé le au stand de tir du ministère de l’Air[3] avec cinq autres membres du groupe[5].

Thérèse est quant à elle libérée en juin[3].

A titre posthume, Jehan de Launoy est nommé capitaine des Forces françaises de l'intérieur, reçoit la médaille de la Résistance française en mars 1947 et est nommé chevalier de la Légion d’Honneur en avril, recevant simultanément la croix de Guerre 1939-1945 avec palme[3].

Distinctions

Références

  1. Fabrice Bourrée, Dominique Tantin, « Jehan de Launoy », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  2. « Jehan.0 de Launoy », sur roglo.eu (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 « DE LAUNOY Jean, Gabriel - Maitron », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
  4. 1 2 « Jean Gabriel de Launoy - Les Français Libres », sur www.francaislibres.net (consulté le )
  5. 1 2 Société scientifique, archéologique et historique de Soissons, « Les débuts de la Résistance dans le Soissonais » [PDF], sur sahs-soissons.org, p. 8-9
  6. Manuel Valls-Vicente et Juliette Rachman, « Germaine Vogel », sur Mémoire et Espoirs de la Résistance (consulté le )
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